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Birmanie: la justice argentine va enquêter sur des crimes contre les Rohingyas

Birmanie: la justice argentine va enquêter sur des crimes contre les Rohingyas
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Par AlAhed avec AFP

La justice argentine a annoncé l'ouverture d'une enquête sur des accusations de crimes commis par des militaires birmans sur la minorité musulmane rohingya, en vertu du principe de compétence universelle, selon une décision de la Cour d'appel fédérale.

L'Argentine «est habilitée à poursuivre les investigations même si les faits ont eu lieu en Birmanie en vertu de la réception du principe de compétence universelle qui a été consacrée constitutionnellement», indique une décision vendredi de la Chambre criminelle et correctionnelle fédérale, dont l'AFP a eu copie lundi.

«On ne peut ignorer que les crimes signalés pourraient être de ceux envisagés dans diverses conventions internationales (...) dans lesquelles les crimes de génocide et contre l'humanité sont punissables», poursuit la Cour. «La gravité des faits imputés (...) autorisent qu'ils soient entendus dans notre pays».

Cette décision va à l'encontre d'un jugement en première instance qui avait refusé l'ouverture d'une enquête après une plainte déposée.

La justice argentine avait accepté d'examiner l'affaire fin 2019 après une requête de Maung Tun Khin, président de l'Organisation des Rohingyas birmans du Royaume-Uni (BROUK), basée au Royaume-Uni.

«Un jour d'espoir»

«C'est un jour d'espoir non seulement pour nous, les Rohingyas, mais aussi pour les personnes opprimées partout dans le monde. La décision en Argentine montre qu'il n'y a nulle part où se cacher pour ceux qui commettent un génocide. Le monde est fermement uni contre ces crimes odieux», a réagi dans un communiqué Maung Tun Khin.

Six femmes rohingya de Birmanie, réfugiées au Bangladesh, ont participé en août à une audience virtuelle devant la Cour d'appel fédérale qui avait accepté d'examiner leurs cas.

Selon l’une des plaignantes, les six femmes «ont été agressées sexuellement et nombre de leurs proches sont morts comme conséquences de la répression» de l'armée birmane, le 27 août 2017, rappelle le tribunal.

La justice argentine a déjà accepté d'examiner d'autres dossiers en vertu de sa compétence universelle, notamment des crimes commis sous le régime franquiste en Espagne.

La compétence universelle permet de poursuivre les auteurs des crimes les plus graves quels que soient leur nationalité et l'endroit où les crimes ont été commis.

Environ 850.000 Rohingyas ayant fui leur pays sont entassés dans des camps le long de la frontière entre Bangladesh et Birmanie.

La plupart ont fui en 2017 une sanglante répression de l'armée birmane qui, selon l'ONU, pourrait constituer un génocide.

La Cour pénale internationale (CPI) a ouvert une enquête sur les atrocités commises à l'encontre des Rohingyas.

La Birmanie fait également face à des accusations de «génocide» devant la Cour internationale de justice, plus haute instance judiciaire de l'ONU.

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