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Birmanie: tournée attendue de l’émissaire de l’ONU, le cap des 600 morts franchi

Birmanie: tournée attendue de l’émissaire de l’ONU, le cap des 600 morts franchi
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Par AlAhed avec AFP

L'émissaire de l'ONU pour la Birmanie doit débuter une tournée diplomatique en Asie pour tenter de trouver une issue à la crise, alors que le bilan de la répression de la junte militaire a passé vendredi le cap des 600 morts.

La tournée de Christine Schraner Burgener intervient dans un contexte d'inquiétude croissante de la communauté internationale sur la situation en Birmanie, secouée par des manifestations quotidiennes depuis le coup d'Etat le 1er février qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi.

La diplomate est attendue ces jours-ci en Thaïlande dans le cadre de cette tournée qui devrait la conduire aussi en Chine, alliée traditionnelle de l'armée birmane. Les détails de son voyage ne sont pas encore connus.

Au moins 614 civils ont été tués par les forces de sécurité lors des manifestations, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP).

Mais le bilan pourrait être plus lourd: plus de 2.800 personnes ont été arrêtées. Beaucoup, sans accès à leurs proches ou à un avocat, sont portées disparues.

Le sang a de nouveau coulé vendredi matin. Selon les secours, au moins quatre personnes ont été tuées lorsque les forces de sécurité ont détruit des barricades de contestataires dans la ville de Bago (aussi appelée Pégou), à environ 65 km au nord-est de Rangoun.

Cette féroce répression continue de faire des remous au sein de la communauté internationale.

Dernier incident en date: l'ambassadeur birman à Londres, favorable à Aung San Suu Kyi, a été évincé de son poste, suscitant jeudi la condamnation de Londres qui n'a cependant eu d'autre choix que d'accepter la décision de la junte.

De leur côté, les Etats-Unis ont annoncé jeudi des sanctions contre une entreprise d'Etat birmane de production de pierres précieuses, disant vouloir priver la junte de cette manne.

«Chemin démocratique»

L'émissaire de l'ONU réclame depuis le 1er février une rencontre avec les généraux mais elle n'a pas reçu l'autorisation de se rendre en Birmanie. Avec le soutien du Conseil de sécurité, elle souhaite aussi rencontrer des dirigeants civils détenus, incluant le président Win Myint et Aung San Suu Kyi.

«Elle est évidemment prête à reprendre le dialogue avec les militaires pour contribuer à un retour de la Birmanie sur le chemin démocratique, de la paix et de la stabilité», a déclaré jeudi le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

Interrogé pour savoir si le contact a été rompu, il a répondu qu'il se poursuivait par écrit mais qu'il n'y avait pas eu d'entretien téléphonique depuis des semaines.

L'émissaire «débutera sa tournée par Bangkok où elle rencontrera les autorités, les responsables onusiens de la région et des ambassadeurs accrédités en Birmanie», a affirmé Stéphane Dujarric.

Des discussions sont en cours pour une visite dans d'autres pays membres de l'association régionale Asean et des Etats de la région.

«Comme elle l'a souligné à maintes reprises, une réponse internationale solide à la crise actuelle en Birmanie nécessite un effort régional unifié impliquant les pays voisins qui peuvent exercer une influence sur la stabilité de la Birmanie», a précisé le porte-parole.

Un sommet de l'Asean est en principe prévu à la fin du mois sur la Birmanie.

Réunion informelle

A l'initiative du Royaume-Uni, une réunion informelle du Conseil de sécurité de l'ONU est par ailleurs prévue vendredi pour entendre notamment Daw Zin Mar Aung, membre civil élu du Parlement birman et un universitaire, Sai Sam Kham.

Daw Zin Mar Aung s'exprimera au nom du groupe de résistance baptisé CRPH, le Comité pour représenter le Pyidaungsu Hluttaw, l'organe législatif birman.

Le CRPH assure avoir déjà rassemblé quelque 270.000 éléments prouvant des violations des droits humains "de grande ampleur". Il a déjà entamé cette semaine des discussions avec des enquêteurs de l'ONU.

Le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, accuse de son côté les manifestants de vouloir «détruire le pays», assurant résoudre la crise «de manière démocratique».

Lorsqu'elle a pris le pouvoir, la junte a instauré l'état d'urgence pour un an mais un porte-parole, Zaw Min Tun, a indiqué sur CNN qu'il pourrait être prolongé d'un an, tout en assurant que des élections seraient organisées.

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