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Grèce-Turquie: nouveau round des pourparlers à Athènes, la méfiance persiste

Grèce-Turquie: nouveau round des pourparlers à Athènes, la méfiance persiste
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Par AlAhed avec AFP

Des diplomates grecs et turcs ont commencé mardi à Athènes à discuter des délicates relations entre les deux pays voisins, tous deux membres de l'Otan, qui peinent à régler leurs différends historiques, auxquels se sont ajoutées les récentes convoitises d'Ankara en Méditerranée.

Entamées en fin matinée dans un hôtel d'Athènes, ces discussions interviennent au lendemain d'une note diplomatique adressée par la Turquie à la Grèce, l'Union européenne et «Israël», leur enjoignant d'obtenir son autorisation pour tous éventuels travaux dans le plateau continental revendiqué par Ankara en Méditerranée orientale, frontière extérieure de l'UE.

Cette mise en garde intensifie encore la méfiance entre les deux pays, alors qu'Ankara a souhaité lundi par la voix de son ministre de la Défense qu'Athènes abandonne son «comportement provocateur et intransigeant le plus tôt possible».

Les relations entre la Grèce et la Turquie avaient connu une crise l'été dernier après l'envoi du navire turc de recherches sismiques Oruç Reis dans des zones disputées, notamment près de l'île grecque de Kastellorizo proche de la Turquie, dans une zone considérée riche en hydrocarbures.

La réunion de mardi s'inscrit dans la deuxième phase des pourparlers dits «exploratoires», un mécanisme réactivé fin janvier après cinq ans d'interruption.

Il s'agit de la 62e réunion de ces pourparlers entamés au début des années 2000 mais qui n'ont pas eu de résultat tangible jusqu'ici, les deux pays se disputant sur la liste des questions à aborder.

C'était le cas lors de la dernière réunion à Istanbul le 25 janvier. Athènes a souhaité uniquement discuter de la délimitation du plateau continental de ses îles en mer Egée alors qu'Ankara a insisté pour parler de la définition des zones exclusives économiques et de l'espace aérien des deux Etats.

Athènes mise sur ses partenaires européens, qui lors de leur dernier sommet en décembre avaient mis en garde Ankara contre d'éventuelles sanctions. Le sommet européen prévu fin mars devrait aborder à nouveau la question, selon une source diplomatique grecque.

La Grèce espère aussi le soutien de la nouvelle administration américaine de Joe Biden, ce que souhaite également l'UE pour réduire les tensions avec Ankara, selon la même source.

L'Otan «préoccupée»

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a exprimé lundi «de sérieuses préoccupations en ce qui concerne les divergences de vues (entre alliés) en Méditerranée orientale, la décision de la Turquie d'acheter le système de défense antimissiles russe S400 et les violations des droits démocratiques en Turquie».

Sur l'issue des pourparlers d'Athènes, le ton a été donné par Ankara lundi.

«La Grèce veut transformer les questions gréco-turques en un problème entre la Turquie et l'UE et entre la Turquie et les Etats-Unis mais (...) nous ne l'acceptons pas» et «cela ne va conduire nulle part», a prévenu Hulusi Akar, le ministre turc de la Défense lors d'une visioconférence avec des responsables militaires.

Il a toutefois souligné «l'importance des discussions exploratoires» et celles qui auront lieu dans une semaine entre les pays membres de l'Otan, indiquant qu'Ankara était prêt à «discuter sur tout sujet».

Hulusi Akar a également critiqué l'achat par Athènes de 18 avions de combat français Rafale. La France a été le pays européen qui a le plus soutenu la Grèce lors de la crise gréco-turque de l'été dernier.

La mise en garde lundi soir d'Ankara ajoute au climat tendu. Selon la presse turque, la démarche d'Ankara a été décidée en réaction à un accord signé le 8 mars entre Chypre, la Grèce et «Israël» pour la mise en œuvre du plus long câble électrique sous-marin au monde, de plus d'un millier de kilomètres, qui passerait sous le plateau continental revendiqué par la Turquie.

Ces discussions interviennent en outre à quelques jours du 5e anniversaire de la déclaration controversée UE-Ankara signée le 19 mars 2016, qui avait contraint la Turquie à réduire le nombre de migrants passant en Europe.

La question migratoire est souvent utilisé par Ankara comme un levier de pression sur l'UE dont la Grèce est membre, pour réclamer plus d'aide financière pour gérer les 3,5 millions de réfugiés, surtout syriens, sur son territoire, selon des experts.

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