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Deux hauts gradés irakiens tués par un drone turc au Kurdistan: La tension monte entre Bagdad et Ankara

 Deux hauts gradés irakiens tués par un drone turc au Kurdistan: La tension monte entre Bagdad et Ankara
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Par AlAhed avec AFP

Bagdad a annulé une visite d’un ministre et convoqué l’ambassadeur turc après qu’un drone turc a tué, mardi 11 août, deux hauts gradés irakiens dans le nord du pays, où Ankara estime être dans son droit en bombardant des positions du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, opposition kurde en Turquie).

Depuis que la Turquie a lancé en juin son opération «Griffes du Tigre» au Kurdistan irakien, les deux voisins n’ont cessé de s’opposer – sur le plan diplomatique – au sujet des frappes aériennes et de l’incursion terrestre de commandos turcs.

Mardi, la mort pour la première fois de commandants des forces régulières irakiennes a suscité des mesures plus drastiques : le ministère des affaires étrangères a annoncé que Bagdad ne voulait plus recevoir jeudi le ministre turc de la défense.

En outre, le ministère a ajouté que l’ambassadeur turc à Bagdad serait de nouveau convoqué – pour la troisième fois depuis juin – et se verrait remettre «une lettre de protestation comprenant des termes forts pour dire que l’Irak refuse catégoriquement les agressions et les violations» d’Ankara.

La présidence irakienne a, elle, dénoncé «une violation dangereuse de la souveraineté de l’Irak», appelant Ankara à «cesser toutes ses opérations militaires». Invariablement, Ankara assure lutter contre le PKK qu’elle considère comme une organisation «terroriste» à l’instar des Etats-Unis et de l’Union européenne.

La Turquie possède depuis vingt-cinq ans une dizaine de postes militaires au Kurdistan irakien. Autant de positions qu’elle n’entend pas perdre et auxquelles elle aurait même ajouté de nouvelles implantations, selon des sources kurdes.

Mardi, c’est un drone turc qui a frappé dans la région de Pradost, aux confins de l’Irak, de la Turquie et de l’Iran, dans le nord de la province d’Erbil. Deux haut gradés irakiens, à la tête de bataillons de gardes-frontières, ont été tués avec un chauffeur alors qu’ils se trouvaient à bord d’un véhicule, a déclaré l’armée irakienne qui dénonce «une agression turque flagrante».

Ils sortaient, selon Ihssane Chalabi, maire de la localité proche de Sidakan, d’une «réunion entre des commandants des gardes-frontières irakiens et des combattants du PKK». Des témoins ont rapporté que des accrochages avaient eu lieu dans la matinée entre combattants du PKK et forces irakiennes. La réunion visée par le drone avait été convoquée en urgence pour tenter de calmer les tensions, selon des sources locales.

Depuis le début, mi-juin, de «Griffes du tigre», au moins cinq civils ont été tués, tandis qu’Ankara a annoncé la mort de deux de ses soldats. Le PKK et ses alliés déplorent le décès de dix combattants et partisans.

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