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La pandémie menace le Yémen. Poursuite des raids aériens malgré l’annonce d’un cessez-le-feu

La pandémie menace le Yémen. Poursuite des raids aériens malgré l’annonce d’un cessez-le-feu
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Par AlAhed avec AFP

«Le monde entier a peur du coronavirus. Pas le Yémen. Ici, nous sommes habitués à la mort», lance à l'AFP Amjad Ali, un jeune yéménite de 28 ans.

Le Yémen a officiellement annoncé son premier cas d’infection au nouveau coronavirus vendredi dernier. Les organisations humanitaires redoutent une catastrophe si la pandémie se propage dans ce pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, dont le système de santé a été ravagé par plus de cinq ans de guerre.

La coalition sous commandement saoudien, qui intervient depuis 2015 pour appuyer le gouvernement déchu d’Abd Rabbu Mansour Hadi, a déclaré un cessez-le-feu unilatéral de 15 jours afin de prévenir une crise sanitaire. Mais les frappes aériennes de la coalition se poursuivent.

«Le monde entier a peur du coronavirus. Pas le Yémen. Ici, nous sommes habitués à la mort», lance à l’AFP Amjad Ali, un jeune yéménite de 28 ans.

Confrontés à la pire crise humanitaire au monde, environ 24 millions de Yéménites – plus de 80 % de la population – dépendent d’une forme d’aide ou de protection, selon l’ONU.

Plus de trois millions de personnes sont déplacées, dont beaucoup dans des camps particulièrement vulnérables à la propagation de maladies.

Vendredi, l’émissaire spécial de l’ONU pour le Yémen, Martin Griffiths, a annoncé avoir envoyé de nouvelles propositions aux deux parties pour obtenir un cessez-le-feu national et la «reprise urgente» du dialogue politique.

La confirmation du premier cas d’infection à la maladie Covid-19 au Yémen «rend encore plus impératif l’arrêt immédiat des combats», a-t-il insisté.

Ansarullah négocie actuellement en position de force après de récents succès militaires. Contrôlant déjà plusieurs pans du territoire, ils avancent vers le dernier bastion du gouvernement au nord, Marib, une région stratégique riche en pétrole.

Ansarullah a publié une liste de conditions pour une trêve, dont le retrait des troupes étrangères et la fin du blocus aérien, maritime et portuaire imposé par la coalition au Yémen.

Il a également exigé que la coalition paie les salaires du gouvernement pour la prochaine décennie et finance la reconstruction du pays, en particulier les maisons détruites par les frappes aériennes.

«L’Arabie saoudite pourrait vouloir se retirer de la guerre au Yémen et est certainement prête à payer pour une grande partie de la reconstruction», dit à l’AFP Elana DeLozier, du think-tank Washington Institute for Near East Policy.

Mais, selon cette analyste, «il est peu probable» que Ryad accepte de signer un accord qui implique «sa capitulation totale».

L’annonce du cessez-le-feu intervient à un moment délicat pour l’Arabie saoudite, pays du Golfe le plus touché par la pandémie et dont l’économie souffre particulièrement de la chute des prix du pétrole.

«L’Arabie saoudite veut de plus en plus mettre fin à la guerre au Yémen. Leurs priorités changent. La guerre au Yémen est coûteuse et militairement impossible à gagner», observe Elena DeLozier.

Ces derniers mois, la coalition a été mise à rude épreuve, selon les experts: pression internationale en raison des victimes civiles des frappes aériennes, retrait des Emirats arabes unis de la coalition et conflit entre frères d’armes au sein du camp des mercenaires l’ont affaiblie et ont renforcé la détermination d’Ansarullah.

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