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Conférence de Bahreïn: des articles critiques bloqués en Jordanie

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Par AlAhed avec RSF

La conférence de Manama (Bahreïn) a suscité un vif débat au sein de la presse du Moyen-Orient, notamment en Jordanie, pays participant. RSF a dénoncé ce contrôle visant à dissimuler les voix critiques sur un choix politique contesté.

Au moins trois journalistes ont vu leurs publications censurées, notamment en Jordanie lors de la tenue de la «conférence de Bahreïn» le mardi et mercredi 25 et 26 juin cette semaine pour tenter de relancer le soi-disant «processus de paix au Proche-Orient», rapporte Reports sans Frontières (RSF).

Selon des informations recueillies par RSF, au moins trois journalistes jordaniens ont été empêchés de publier des articles critiques sur cette conférence, dont deux travaillant pour le journal Al-Ghad. Le premier, Majed Tobeh, explique sur Facebook qu’il avait qualifié ce «plan de paix» de «science-fiction» pour les Palestiniens, sans mentionner la participation de la Jordanie. Le deuxième, Jamil Nimri, s’intéressait notamment à la résistance civile dans le pays et à la montée des prix.

Contacté par RSF, le rédacteur en chef d’un média jordanien en ligne, qui souhaite garder l’anonymat, a indiqué que cette censure émane des «services de sécurité générale» qui ont enjoint par téléphone les responsables de plusieurs rédactions à ne pas publier d’informations «négatives» sur la participation de la Jordanie à cette conférence. Il ajoute qu’ils ont aussi été poussés à retirer un article annonçant le refus du Koweït de se joindre aux pourparlers.

«Les autorités jordaniennes ne doivent pas intervenir dans le contenu éditorial des médias locaux sur des mesures ou des décisions politiques jugées impopulaires, déclare le bureau Moyen-Orient de Reporters sans frontières (RSF). Les directives transmises aux rédactions sur la façon de traiter l’événement relèvent d’une volonté de masquer le débat d’opinions et ne font que renforcer le sentiment de frustration des journalistes.»

Selon des sources concordantes, cette pratique des appels téléphoniques est aussi constatée au Bahreïn, où les rédactions ont pour consigne de ne pas traiter l’événement de façon critique.

Opposés à la tenue de la conférence, plusieurs syndicats de journalistes au Liban, en Jordanie et dans les territoires palestiniens ont appelé au boycott. Outre la Jordanie, les Emirats Arabes Unis, l’Arabie Saoudite et l’Egypte ont annoncé leur participation. De leur côté, les journalistes israéliens ont obtenu une autorisation spéciale du Bahreïn pour entrer sur le territoire et couvrir l’événement.

En 2019, la Jordanie est classée 130e sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF.

 

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