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Turquie: 24 condamnations à la prison à vie dans le procès des meneurs du putsch manqué

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Par AlAhed avec AFP

Un tribunal turc a condamné ce jeudi 20 juin à la prison à vie 24 personnes, dont un ancien chef de l’armée de l’air et un ex-aide de camp du président Recep Tayyip Erdogan, à l’issue de l’un des principaux procès du putsch manqué de 2016.

Parmi elles, 17 ont reçu 141 peines de prison à vie aggravée pour «tentative de renversement de l’ordre constitutionnel», l’assassinat de 139 personnes et «tentative d’assassinat du président», a rapporté l’agence étatique Anadolu.

Plus de 200 prévenus étaient jugés durant ce procès, l’un des plus grands en lien avec le putsch manqué de 2016, dont une majorité de militaires. Les 224 personnes, dont une vingtaine d’anciens généraux, jugées étaient accusées notamment de «violation de la Constitution», «assassinat de 250 personnes» et «appartenance et direction d’une organisation terroriste».

Le procureur avait requis des peines de prison à vie aggravée contre près de quarante d’entre eux, selon les médias turcs.

La tentative de coup d’Etat qui s’est déroulée dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016 a fait près de 250 morts, sans compter les putschistes, et des milliers de blessés.

Ankara impute cette tentative de renversement du président Erdogan à son ancien allié Fethullah Gülen, un prédicateur installé aux Etats-Unis depuis une vingtaine d’années. L’intéressé, dont Ankara n’a de cesse de demander l’extradition, dément tout rôle dans le putsch manqué.

55 000 personnes arrêtées lors de purges

Les procédures judiciaires lancées après le putsch avorté sont d’une ampleur sans précédent en Turquie. Plus de 55 000 personnes ont été arrêtées lors de purges engagées après le 15 juillet.

A ce jour, 3 239 personnes ont été condamnées à l’issue de 261 procès liés au putsch, et 28 audiences sont encore en cours, selon des chiffres du ministère de la Justice.

Parmi les accusés de premier plan jugés jeudi, outre Fethullah Gülen, figurent l’ancien chef de l’armée de l’air, Akin Öztürk, l’ancien général Mehmet Disli, frère de l’ambassadeur de Turquie aux Pays-Bas, ainsi que le colonel Ali Yazici, ancien aide de camp militaire d’Erdogan.

En mai, le procureur avait requis la relaxe de 12 accusés dont les noms n’ont pas été diffusés.

Lors de l’ouverture du procès en mai 2017, des familles de victimes du putsch s’étaient rassemblées devant le tribunal, exigeant le rétablissement de la peine de mort, abolie dans le cadre de la candidature turque à l’Union européenne.

Si le président Erdogan a assuré à plusieurs reprises qu’il était disposé à la rétablir, évoquant même un potentiel référendum sur le sujet, aucune mesure en ce sens n’a encore été prise.

Selon l’acte d’accusation, plus de 8 000 militaires ont pris part à la tentative de putsch, au cours de laquelle 35 avions de guerre, 37 hélicoptères, 74 chars, 246 véhicules blindés et près de 4 000 armes légères ont été utilisés par les putschistes.

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