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Soudan: les militaires admettent avoir ordonné la répression sanglante des manifestants

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Par AlAhed avec AFP

Le Conseil militaire de transition, au pouvoir au Soudan depuis la destitution du président Omar el-Béchir, a reconnu ce jeudi pour la première fois avoir ordonné la dispersion d'un sit-in de contestataires début juin à Khartoum qui a fait des dizaines de morts.

«Le Conseil militaire a décidé de disperser le sit-in et un plan a été établi en ce sens (...) Mais nous regrettons que des erreurs se soient produites», a déclaré à des journalistes le général Chamseddine Kabbachi, porte-parole de cette instance.

M. Kabbachi a également exprimé sa «compassion à l’égard des manifestants tués», les qualifiant de «martyrs de la révolution».

Ces développements surviennent alors que les discussions sur la transition démocratique ont repris, pilotées par l’Union africaine (UA) et l’émissaire américain Donald Booth.

Militaires et manifestants ne se parlent plus depuis le 20 mai, mais les diplomates négocient avec chaque partie séparément.

Les discussions «avancent bien»

À en croire l’agence de presse soudanaise Suna, les discussions menées par l’UA «avancent bien».

Devant la presse, l’émissaire de l’organisation, Mohamed Al-Hassan Labbat, s’est même déclaré «raisonnablement optimiste».

La pomme de discorde entre le Conseil militaire et l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, reste la répartition du pouvoir dans les futures instances. L’ALC réclame un pouvoir civil dans les plus brefs délais tandis que les militaires veulent continuer à piloter la transition.

Selon le Sudan Tribune, «le Conseil militaire est déterminé à ce que la présidence du Conseil souverain (le futur exécutif de la période de transition) revienne aux militaires et non aux civils», jugeant que «la situation sécuritaire du pays l’exige».

Le bras de fer entre les deux parties avait pris une tournure sanglante avec la violente dispersion du sit-in à Khartoum le 3 juin.

La répression avait duré quatre jours.

Selon des médecins proches de la contestation, 118 personnes sont mortes et plus de 500 ont été blessées, les autorités estiment à 61 le nombre de morts, dont 49 par des «tirs à balles réelles» à Khartoum.

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