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La guerre au Yémen a fait plus de 70 000 victimes selon l’ACLED

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Par AlAhed avec Le Monde Arabe

Selon l’ONG ACLED, les chiffres officiels, qui font état de 10 000 victimes, sont « nettement inférieurs » à la réalité.

Au cours des 5 derniers mois, au Yémen, plus de 10 000 personnes sont mortes, a fait savoir la semaine dernière l’ACLED (Armed Conflict Location and Event Data Project), une ONG qui collecte et analyse des données sur les terrains de crise. « Ce qui porte à plus de 70 000 le nombre total de victimes de la guerre depuis 2016 », renseigne-t-elle également dans son communiqué, alors que les « compteurs officiels » se sont arrêtés à quelque 10 000 Yéménites tués par le conflit.

23 000 « événements » en octobre 2018

Pourquoi une telle différence entre les chiffres régulièrement avancés dans les médias et ceux de l’organisation ? « Les données sur les décès sont généralement la partie la plus biaisée et la moins exacte de tout rapport dans les conflits, car elles sont particulièrement sujettes à la manipulation par les groupes armés et, parfois, les médias, indique l’ACLED dans une note explicative. La rareté ou la partialité des reportages, ainsi que l’accès limité des médias aux sites de violence, peuvent en effet donner lieu à des estimations très différentes du nombre de victimes d’un même événement. »

Les estimations officielles, s’appuyant sur des « données sélectionnées provenant d’établissements de santé », apparaissent ainsi « nettement inférieures » à la réalité. Pour le seul mois d’octobre 2018, environ 23 000 « événements » ont été « géolocalisés » dans plus de 2 000 lieux différents au Yémen. Ce qui explique la difficulté de la tâche consistant à dénombrer toutes les victimes du conflit. « Il s’agit notamment de villes (et de quartiers de grandes villes, comme Sanaa, Aden, Hodeïda et Taïz), de villages et d’autres lieux habités, ainsi que […] les zones désertiques du nord-est du pays », affirme l’ONG.

Concernant les « attaques directes ciblant les civils », l’ACLED en a dénombrées 3 155 depuis 2016, faisant plus de 7 000 victimes. « La coalition dirigée par l’Arabie saoudite et ses alliés est responsable du plus grand nombre de décès de civils signalés en raison d’attaques directes : plus de 4 800 ». Si le nombre de victimes a globalement diminué au Yémen – en particulier dans des zones comme Hodeïda (ouest) et Sanaa, la capitale -, l’ACLED affirme que « les combats meurtriers se poursuivent dans tout le pays et se sont même intensifiés » à Taïz (sud-ouest) et Hajjah (nord-ouest), où les « décès signalés ont augmenté de façon spectaculaire ».

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