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Loujain al-Hathloul proposée pour le prix Nobel de la paix 2019

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Par AlAhed avec rtbf et MEE

Loujain al-Hathloul, icône de la lutte pour les droits des femmes en Arabie saoudite, détenue depuis dix mois par les autorités saoudiennes, a été proposée pour le prix Nobel de la paix 2019.

Ses ancien(ne)s  enseignant(e)s de la Sorbonne à Paris ont appelé à proposer la candidature de Loujain al-Hathloul pour le prix de Nobel de la paix 2019.

« Arrêtée par les autorités saoudiennes, Loujain al-Hathloul n’a malheureusement pas pu finir son parcours de master, et si nous souhaitons qu’elle puisse le faire un jour, le plus important et l’urgence sont évidemment qu’elle soit libérée et affranchie de conditions de détention insupportables » a revendiqué le collectif des enseignants et enseignantes dans une tribune publiée dans le quotidien français Libération.

Le collectif a demandé « justice et liberté pour Loujain » et a soutenu « sa candidature pour le prix Nobel de la paix 2019 ». Une candidature qui a été aussi appuyée par la députée canadienne Hélène Laverdière. « Le courage de Loujain, qui continue à travailler pour l’égalité des femmes saoudiennes alors même qu’elle subit des punitions extrêmes et injustes, est plus que digne du prix Nobel de la paix » a-t-elle déclaré.

Depuis 10 mois, une jeune saoudienne, Loujain Al Hathloul est détenue dans son pays sans motif d’inculpation ni charge précise. Sa famille s’inquiète. Sa sœur installée depuis des années en Belgique craint pour sa vie.

Loujain a en effet expliqué à ses proches avoir été victime d’actes de tortures. Elle milite depuis des années pour améliorer les droits des femmes. Elle a déjà été emprisonnée pour avoir conduit une voiture.

Elle a disparu un jour, sans laisser de trace. Entre mai et août 2018, elle n’a pu communiquer avec sa famille. Loujain était dans une prison « non officielle » où elle a été frappée, électrocutée, fouettée, harcelée sexuellement et menacée de viol et de meurtre. Pour quelle raison? Sa famille se pose encore la question.

Loujain n’est pas une inconnue en Arabie saoudite. Pour certains c’est un exemple de courage, une passionaria de la défense des droits des femmes. Pour d’autres, dont le pouvoir en place, une véritable menace.

Prisonnière d’opinion

Loujain n’est pas la seule dans son cas. Sur son site, Amnesty international publie d’ailleurs les photos de ses femmes prisonnières politiques. L’association dénonce régulièrement les crimes commis envers les femmes dans le pays de celui qu’on surnomme MBS, Mohammed ben Salman.

« On sait que MBS a pris la main sur les services de sécurité » explique Philippe Heynsmans, directeur d’Amnesty international Belgique. « Cela l’implique dans l’assassinat de Jamal Khashoggi. Il est responsable, donc il téléguide, il a le pouvoir de remettre les choses en place et les libérer. » Les conditions de détention sont épouvantables et inquiètent les membres d’Amnesty.

Un procès sans charge

La famille de Loujain vient d’être informée que la jeune femme avait été transférée de sa prison en vue d’un procès. Pour quel motif ? Quelles sont les charges ? Personne ne sait.

« Elle ne parle pas beaucoup quand nous pouvons lui téléphoner. C’est plutôt nous qui lui racontons nos vies, pour lui changer les idées » raconte sa sœur. « Elle reste forte et ça me rassure. Elle a dû signer un papier demandant une grâce royale. Même à l’intérieur de la prison, elle continue son combat, elle fait bouger les choses. Elle a demandé une salle de sport ! »

Les médias locaux parlent de faits de traîtrise, de liens présumés entre Loujain et des organisations internationales. Les charges de traîtrise peuvent conduire à une peine de prison de 20 ans, voire à la peine de mort.

Cela fait 10 mois que la famille de Loujain tente depuis l‘Arabie Saoudite et la Belgique de faire bouger les choses. « J’ai peur pour elle, c’est normal » explique sa sœur. « Cela fait 10 mois et toujours rien. On n’a pas trouvé de solution. On a plus de questions que de réponses. »

 

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