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Le Hezbollah empêche la discorde au Liban

Le Hezbollah empêche la discorde au Liban
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Par Samer R. Zoughaib


Une fois de plus, les calculs du Courant du futur (CDF) et de ses sponsors régionaux se sont avérés faux. Non seulement Ahmad el-Assir a échoué dans la mission qui lui était confiée, celle de poignarder la Résistance dans le dos, mais son aventure sanglante et déraisonnable s'est retournée contre eux. Pour un courant qui prétend défendre le projet de l'Etat, des institutions et du règne de la loi, l'image de miliciens assassinant des soldats et affrontant l'Armée libanaise est embarrassante, voire désastreuse. Surtout que tout le monde sait qu'Ahmad el-Assir jouissait de la bienveillance, quand ce n'est du soutien direct et généreux, de la député Bahia Hariri et de son fils Ahmad, secrétaire général du Moustaqbal. Dans tous leurs communiqués, ainsi que ceux de l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, jamais le nom d'Ahmad el-Assir n'a été prononcé. Et même lors des derniers événements de Saïda, le CDF etLe Hezbollah empêche la discorde au Liban ses responsables ont toujours évité toute allusion directe au cheikh de Abra. Ils se contentaient de propos vagues et de principes généraux, dénonçant toute atteinte à l'armée et leur refus de la prolifération des armes illégales. En revanche, ils ne rataient pas une occasion de mêler le nom du Hezbollah aux incidents de Saïda, même au plus fort des combats, alors que les extrémistes de leur poulain el-Assir avaient déjà tué 17 soldats libanais et en avaient blessé une centaine d'autres. Et lorsque les canons se sont tus, les responsables du CDF et ses journalistes de service se sont littéralement lâchés. Ils ont inventé des patrouilles du Hezbollah tirant sur la villa de Bahia Hariri à Majdelioune, imaginé des rôles pour les «Brigades de la Résistance» aux côtés de l'Armée libanaise, et ressorti l'affaire des appartements de Abra, habités depuis un quart de siècle par des familles proches de la Résistance. Il s'agit d'une tentative de diversion grotesque et hystérique pour faire oublier que le véritable problème est «l'assassinat de sang-froid» des militaires de l'armée par un fou furieux qu'ils ont créé, financé, encouragé et entretenu.

La discorde interdite

Mais malgré l'écran de fumée que le Courant du futur tente de répandre, la majorité des Libanais savent qu'Ahmad al-Assir était un pion dans le projet de discorde au Liban, que le Hezbollah veut à tout prix faire avorter. Dans ce contexte, un diplomate occidental en poste à Beyrouth a tenu, en comité restreint, un discours qui a surpris son audience. Bien que son pays adopte des positions critiques vis-à-vis de la Résistance et soutient à fond les rebelles syriens, il souhaite le maintien de la stabilité du Liban. Ce diplomate a affirmé que le Hezbollah fait preuve d'un grand sens de la responsabilité et d'une patience remarquable. La communauté internationale, a-t-il dit, est étonné de la capacité de ce parti à ignorer les provocations en tout genre, à éviter les réactions impulsives, et les décisions irréfléchies. Il a rappelé, dans ce cadre, la décision du Hezbollah de ne pas se laisser entrainer dans des polémiques à connotation confessionnelle; ses démarches visant à calmer sa base populaire après l'enlèvement des onze pèlerins à Alep, en mai 2012; sa décision de ne pas réagir après la fermeture de la route du Sud par Ahmad el-Assir, il y a un an; son geste humanitaire qui a consisté à faciliter le transport des rebelles syriens blessés dans des hôpitaux libanais à traversLe Hezbollah empêche la discorde au Liban ses fiefs dans la Békaa; ses efforts d'apaisement après l'assassinat à caractère sectaire des quatre jeunes gens à Ras Baalbek. A ceux parmi les présents qui semblaient dubitatifs, le diplomate est revenu plusieurs années en arrière. Il a rappelé comment le parti n'avait pas réagi violemment à la mort de treize de ses partisans sur le pont de l'aéroport, en septembre 1993, lors de la répression d'une manifestation hostile aux négociations de paix israélo-arabes; son attitude «civilisée et exemplaire» après le retrait israélien du Liban-Sud, lorsqu'il a interdit les représailles contre les collaborateurs et leurs familles, s'en remettant à la justice libanaise; sa décision de remettre à la justice le résistant qui a abattu par erreur le pilote libanais Samer Hanna. Les habitants de Ersal ou ceux de Tripoli en ont-ils fait autant avec ceux qui ont assassiné les officiers et les soldats de l'armée? s'est interrogé le diplomate avant de poursuivre son énumération. Il a notamment rappelé les efforts d'apaisement déployé par le parti et le Mouvement Amal pour apaiser la rue après la mort, sous les balles de l'armée, en janvier 2007, de sept jeunes gens qui manifestaient contre les coupures d'électricité, près de l'église Mar Mikhaël. Il a conclu en rappelant les derniers propos du secrétaire général du parti, Hassan Nasrallah, qui a rejeté les accusations lancées contre les habitants de Ersal d'être à l'origine des tirs de roquettes contre le Hermel.

Après cette longue tirade, le diplomate a affirmé que le Hezbollah résiste opiniâtrement aux tentatives effrénées de l'entrainer dans une discorde confessionnelle à travers une exacerbation du discours sectaire et une multiplication des provocations. Selon lui, certains pays du Golfe n'ont plus d'autres cartes que celle de la fitna et ils ont trouvé des acteurs libanais prêts à la jouer. «La discorde, c'est comme le tango, il faut être deux. Et le Hezbollah n'en veut pas», a plaisanté le diplomate.

Les propos de ce diplomate rejoignent les informations sur un rapport de services de renseignements européens faisait état de craintes sérieuses sur un embrasement général au Liban d'ici à deux mois. Cette note, circulant à Beyrouth depuis plusieurs jours, et dont des extraits ont été publiés par le quotidien As Safir mardi, indique que «la décision de la paix et de la guerre est entre les mains du parti le plus puissant politiquement et militairement, le Hezbollah».
Or la boussole du Hezbollah indique clairement la Palestine, et toutes ses priorités sont définies en conséquence. La discorde entre sunnites et chiites n'en fait pas parti.

Source : French.alahednews

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