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Attentat de Christchurch: la Nouvelle-Zélande mécontente des propos d’Erdogan

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Par AlAhed avec agences

La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern a déclaré mercredi que le ministre des Affaires étrangères, Winston Peters, allait se rendre en Turquie afin de réagir en personne aux déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan sur la fusillade de Christchurch qui a fait au moins 50 morts.

Erdogan, s'exprimant mardi durant un meeting de campagne en vue des élections municipales à la fin du mois, a appelé la Nouvelle-Zélande à rétablir la peine de mort pour l'auteur présumé de l'attaque contre deux mosquées de Christchurch vendredi dernier.

La Turquie fera payer le suspect si la Nouvelle-Zélande ne le fait pas, a ajouté le chef d'Etat.

Brenton Harrison Tarrant, un ressortissant australien âgé de 28 ans qui a été identifié comme un suprémaciste blanc, est accusé d'avoir abattu 50 personnes et blessé plusieurs dizaines d'autres. Il a été inculpé de meurtres par la justice néo-zélandaise, devant laquelle il comparaîtra de nouveau le 5 avril.

Ardern a déclaré devant les journalistes que Peters allait «remettre les pendules à l'heure, en face-à-face» en Turquie, après les commentaires d'Erdogan.

Parallèlement, le Premier ministre australien Scott Morrison a déclaré avoir convoqué l'ambassadeur de Turquie pour une réunion durant laquelle il a demandé que les déclarations d'Erdogan ne soient plus diffusées par la télévision publique turque.

Scott Morrison a jugé mercredi «irréfléchis», «ignobles» et «offensants» les propos tenus par le président turc.

«J'attends, et j'ai demandé, que ces propos soient clarifiés, soient retirés», a déclaré le chef du gouvernement australien.

«J'attendrai de voir ce que sera la réaction du gouvernement turc avant de décider d'autres mesures, mais je peux vous dire que toutes les options sont sur la table», a insisté Scott Morrison.

L'ambassadeur d'Australie en Turquie va rencontrer mercredi des membres du gouvernement turc, a-t-il ajouté devant les journalistes à Canberra.

Des propos «irréfléchis» et «ignobles»

Lundi, Recep Tayyip Erdogan avait déclaré que l'attentat commis par un extrémiste de droite contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande fait partie d'une «opération» plus large qui vise la Turquie.

«Ce n'est pas un acte isolé, c'est quelque chose d'organisé», a-t-il déclaré lors d'un meeting dans l'ouest de la Turquie à moins de deux semaines d'élections locales qui s'annoncent serrées. «Ils sont en train de nous tester avec le message qu'ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16 500 kilomètres d'ici».

Le président turc avait en particulier lancé que «les Australiens qui seraient hostiles à l'islam subiraient le même sort que les soldats australiens tués par les forces ottomanes lors de la bataille de Gallipoli, pendant la Première Guerre mondiale».

«Nous sommes ici depuis mille ans et si Dieu le veut, nous resterons ici jusqu'à l'Apocalypse. Vous n'arriverez pas à faire d'Istanbul une Constantinople», a lancé Erdogan lors de son discours de lundi. En référence à la présence de contingents australiens et néo-zélandais affrontant les forces ottomanes pendant la Première Guerre mondiale, il a ajouté: «Il y a un siècle, vos aïeuls (...) sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons».

Le Premier ministre australien a appelé les Australiens qui se rendraient en Turquie à la prudence et a précisé que les autorités australiennes étaient en train de réexaminer leurs conseils aux voyageurs dans ce pays.

Le vice-Premier ministre néo-zélandais Winston Peters a protesté lundi contre une telle utilisation politique du massacre de Christchurch. Cette utilisation est «totalement injuste» et «menace l'avenir et la sécurité du peuple néo-zélandais et de nos citoyens à l'étranger», a-t-il dit.

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