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Le détroit d’Ormuz et l’équation difficile

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   Par Mohammed Ali Jaafar

Quand on parle du conflit entre Washington et Téhéran, il ne suffit pas de lire les évènements actuels, mais il faut revenir dans le temps jusqu’à la victoire de la Révolution islamique d'Iran, là où la guerre a commencé. C’est à partir de là qu’il est possible de comprendre les secrets du conflit et ses causes réelles. Le pouvoir de Téhéran, et sa capacité à résister aux plans américains dans la région, en particulier en Asie occidentale, figure parmi ces facteurs.

Le détroit d'Ormuz et l'équation difficile

Parmi toutes ces différences et ces équations, l'équation du détroit d'Ormuz rebondit de nouveau. Cette question était l'objet des entretiens avant même la guerre syrienne. L'échec américain dans la région notamment dans la guerre en Afghanistan puis en Irak, a poussé Washington à réfléchir comment contenir l'Iran. La guerre du Liban en 2006 et la guerre de Gaza en 2008 ont ramené l’entité sioniste à sa place première dans un conflit visant à briser l’axe de la résistance. Le pari a échoué et la résistance a gagné, ainsi que l'Iran. La lecture des résultats primaires de l’état des partis concernés, laisse constater  une augmentation significative des capacités et du rôle de l'Iran et de ses alliés dans l'axe de la résistance.

Le plan américain est sorti avec un ultimatum annonçant la fin à l'ère de l'hégémonie américaine. A partir de là, les alliés de Washington doivent s’attendre à un nouvel avenir dans lequel Téhéran contrôlerait l'Asie occidentale. Mais l’objectif de contenir Téhéran est resté une priorité. Les conseillers à la sécurité nationale ont lancé de nouvelles stratégies de confinement. Malgré leurs tactiques différentes, Brezinski le démocrate, et Kissinger le républicain, se sont rencontrés sur les objectifs, tandis que la classe politique américaine était en désaccord sur la politique intérieure. Puis vint l’ère de la confusion claire des États-Unis.

Selon le point de vue américain, la guerre syrienne est venue à la suite du printemps arabe. Mais la vérité est que la guerre syrienne était un objectif en soi, dans un plan américain qui commence par briser le régime syrien et assiéger le Hezbollah libanais et ainsi frapper l'axe de la résistance, ce qui signifiera alors  l’arrêt de l'expansion iranienne. Ce projet consistait à faire de la question syrienne une alternative à celle du détroit d'Ormuz. Le détroit est un point fort pour l'Iran et donc une carte stratégique que les Iraniens n'ont pas utilisée jusqu'à présent. Cela a incité les Américains à envisager de dépouiller l'Iran de son pouvoir stratégique. La guerre syrienne était un moyen de trouver une ligne d'approvisionnement de pétrole et de gaz, des pays du Golfe vers l'Europe, marginalisant la valeur du détroit d'Ormuz dans le commerce international. De là, nous pouvons comprendre les raisons du soutien turco-qatari à la guerre menée contre la Syrie et comment ces partis ont joué un rôle central dans cette guerre! Et pourquoi la Russie s’est-elle mêlée ensuite de cette guerre!

Aujourd'hui, après des années de guerre, les américains n'ont pas gagné le pari en Syrie. Vaincus, ils sont soumis à une nouvelle réalité établie par l'axe de résistance et de la Russie. La Syrie vit maintenant des victoires au sud, l'une des menaces que l'armée syrienne et ses alliés ont transformées en un point de force. Sinon, le sommet d'Helsinki qui aura lieu ce mois entre Trump et Poutine n'aurait pas eu lieu. En plus de tout ce qui se passe en marge du sommet, le discours israélien sur la défaite retentissante des paris israéliens sur Washington et sur le «Deal du siècle».

Toutes ses questions sont connectées: les équations du conflit, ceux qui les contrôlent et ceux qui les gèrent. Ces équations sont fortement présentes dans la relation des forces et leurs alliances, qui sont les sources d'énergie, qui sont les sources les plus importantes du pouvoir économique et donc la persistance des nations et leur croissance. C’est à partir de cette base que se font les alliances des parties et des forces, et c’est pour ces causes que se font les guerres.

Aujourd'hui, Téhéran mène une lutte pour les mêmes raisons, Washington essaye de dépouiller la République islamique de ses forces. Il ne fait aucun doute que la guerre économique actuelle, entre Washington et Téhéran, est la pire et la plus importante du conflit qui dure depuis des années. Mais la réalité n'est pas celle exposée par les médias occidentaux, mais plutôt comme l’a montré l'équation du détroit d'Ormuz annoncée par les responsables iraniens. Comment peut-on lire la nouvelle menace iranienne?

La réponse en bref est comme telle:

Premièrement: Washington a prouvé sa mauvaise lecture de la situation interne de la République islamique d’Iran. En plus de l’erreur qu’elle fait de confondre le peuple iranien avec le reste des peuples fragmentés de la région. Négligeant la règle de l'histoire et de la géographie évoquée par Mohamed Hassanein Heikal, quand il a dit que celui qui possède l'histoire et la géographie ne peut pas être vaincu. Une erreur qui explique l'échec permanent des paris américains. Cela peut être mis en évidence par les positions de l'État (le président de la République d’Iran) et les gardiens de la révolution harmonieux et unifiés.

Deuxièmement: Téhéran a été en mesure en temps opportun, d'activer une question sensible existante. Aujourd'hui, l'Iran embarrasse le monde entier. Il n'y a pas d'alternative au détroit d'Ormuz comme passage obligatoire pour un quart de la consommation quotidienne du pétrole dans le monde. Tout le monde sait ce que signifiera la fermeture du détroit. Le message n'est pas seulement adressé à l'Amérique, mais aussi à l’Europe, la Chine et la Russie, en marge du mouvement international mené par ces pays. L'objectif est de mettre en évidence une formule de force qui entre dans les calculs de chaque parti, et dont tout le monde connaît les résultats dans le commerce international.

Il y a des années, la ville syrienne Deraa a déclenché la guerre en Syrie. Aujourd'hui, l'armée syrienne met fin à Deraa, au rêve de Washington et de ses alliés. Dans ces moments difficiles, l'Iran a commencé à sortir ses équations offensives se basant sur les victoires de l'axe de résistance en Syrie et dans la région. Aujourd'hui le temps est différent. Les forces premières ont commencé à se baser sur le terrain. Il semble que Téhéran ait décidé de faire des pas en avant, pour faire face à la guerre américaine. Peut-être que le simple fait que l’Iran soit entrée dans l'arène de la menace met l'Iran aujourd'hui dans le statut des vainqueurs. Ainsi les règles du marché de l'énergie sont soumises à ces débats, en particulier le prix du pétrole et la question de l’offre et de la demande. L'Iran voulait rappeler au monde qu'elle pouvait jouer le rôle de parrain à travers une carte que beaucoup auraient pu oublier. Celle du détroit d'Ormuz!

Source: Al-Ahed, traduit par l’équipe du site

 

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