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Si j’étais un fonctionnaire saoudien?

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Par Ibrahim al-Amine

Après l’annonce des résultats des élections législatives, un Saoudien de la tribune al-Cheikh, a diffusé un tweet dans lequel il appelait le peuple du Golfe à quitter le Liban pour affamer son peuple et tuer son économie, car la majorité des Libanais ont voté pour «transformer le Liban en un Etat perse».

Bien sûr, cette personne est censée savoir, avant tout, si le Golfe peut tuer le Liban économiquement. Cependant, le débat sur ce point est compliqué face aux fanatiques et aux paresseux, il est utile de conseiller les autorités saoudiennes d'imiter leurs amis américains et de se poser une question très précise: Pourquoi nous échouons au Liban?

Aujourd'hui, demain et pour un certain temps, tout le monde sera préoccupé par une lecture approfondie des résultats du vote et des voix qu’ont remporté les candidats. Cependant, il peut être utile d’analyser les résultats, afin de faire comprendre à l'Arabie Saoudite la réalité de ce qui s'est passé et comment la situation pourrait se développer bientôt.

Premièrement : les résultats des élections législatives libanaises ont prouvé en général, et dans les bureaux de vote des électeurs sunnites en particulier, que les partis politiques islamiques au Liban et dans la région subissent une défaite amère depuis une décennie. Ni le «Groupe islamique» (Frères musulmans) ni les courants salafistes dans le nord, à Beyrouth, à la Békaa et à Sidon, n’ont pu obtenir le nombre de voix nécessaire pour gagner un siège au Parlement libanais.

Deuxièmement : les résultats des élections ont montré que les dirigeants et les personnalités politiques noyés dans l’«idéologie wahhabite» ont subi une défaite amère, aucun des candidats qui s’étaient présentés sous la bannière de Ashraf Rifi n’a réussi, que ce soit au nord ou dans le reste du pays, à obtenir le pourcentage des voix leur permettant de gagner une véritable force représentative.

Troisièmement : les résultats ont montré que toute l'oppression et l'exclusion qu’ont subies les partis islamistes des doctrines non-Takfiri n'ont pas réussi à les exclure. L'Association des projets charitables islamiques (Ahbash) a obtenu de très bons résultats à Beyrouth et à Tripoli. Ces résultats indiquent que cette tendance, qui a émergé il y a des décennies face au wahhabisme et ses dérivées, est encore forte et soutenue par les Libanais, et les citadins en particulier. Toutes les illusions et les aberrations promues par «les savants et les penseurs des cours royales» et les mouchards des ambassades au Liban se sont évaporés en un instant.

Quatrièmement: Les élections législatives ont montré que les hommes religieux mobilisés par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, ainsi que le Qatar, n’ont eu aucune vraie présence en dehors de la liste électorale du premier ministre actuel Saad Hariri. Par ailleurs, toutes les tentatives menées au cours des 6 derniers mois incitant les citoyens à voter contre Hariri car, selon eux, «il s’était aplati face au Hezbollah», se sont traduites par le boycott des élections par une grande partie des libanais, ainsi «les candidats et les listes des ambassades» n’ont remporté aucune victoire valable pouvant menacer la présence politique de Hariri.

Cinquièmement: Hariri a payé le fardeau de la mobilisation sectaire et politique pathétique, qu’il a mené durant des mois, par crainte du fait que son discours modéré et règlementaire, qu’il a adoptée au cours des deux dernières années, lui cause la perte des voix au cours des élections. Hariri a peut-être réalisé que son échec interne, à la fois politique et en terme de développement, est la vrai raison de sa défaite, et non pas son discours modérateur. Ceci est une preuve supplémentaire que l'incitation sectaire et n'a plus d’effet significatif au Liban.

Sixièmement : les Saoudiens ne sont pas conscients que le public a un réel désir de revoir les politiques adoptées au Liban et dans la région. Ceux qui disent que la victoire « des Perses » augmente les craintes du public libanais, devraient avoir une nouvelle approche et comprendre que la crainte est dans l'incapacité des partisans de cette logique à expliquer logiquement la cause des pertes au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen et dans d’autre régions arabes.

Septièmement: Les Saoudiens ont négligé les effets profonds de l’enlèvement de Hariri en Octobre dernier, pensant que le nombre de photo prise par Hariri aux cotés des dirigeants saoudiens effacerait la honte et le scandale qui s’est passé. Ce scandale a semé la crainte parmi leurs partisans d’une éventuelle trahison, notamment après la diffusion des documents des ambassades de l'Arabie Saoudite et des EAU qui montrent la taille du mépris et de l'arrogance envers les serviteurs et les alliés, ce qui s’est traduit dans les élections législatives, toutes les indications prouvent que les alliés de Riyad et Abu Dhabi (les forces libanaises et la Phalange et les restes du 14 Mars), ont reçu un soutien financier, contrairement à Hariri, leur allié primordial.

Les responsables saoudiens peuvent ressentir la joie, quand ils entendent les dirigeants du courant du futur qui continuent à nier leur défaite, et se lancent les accusations les uns les autres, sachant que le groupe Hariri a remarqué, pour la première fois lors du vote dimanche, l'expiration de la propagande de l'assassinat du Premier ministre Rafic Hariri et du tribunal international.

Personne ne peut envier les responsables saoudiennes aujourd’hui pour leur échec. Mais il est certain que lorsque la haine contrôle l’absurde, il ne cessera pas de frapper sa tête contre le mur, et rejouera la même pièce, et trouvera toujours des mercenaires pour travailler à son compte en échange d'argent. Ces responsables ne renonceront pas à leur profession, et poursuivront la seule chose qu’ils savent faire, pousser leurs pions à faire leur sale travail. À ce stade il ferait mieux de dire: Eh bien, heureusement pour moi, je ne suis pas un fonctionnaire saoudien !

Article paru dans le quotidien libanais Al-Akhbar, traduit par l’équipe du site

 

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