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Le discours de Donald Trump du 13 octobre, refusant de certifier l’accord historique sur le nucléaire iranien conclu en 2015, fait naturellement beaucoup réagir en «Israël». La presse israélienne ne cache pas un certain soulagement face à un Trump qui n’est pas allé un pont trop loin.

Vu d’«Israël». Nucléaire iranien : Trump est une bénédiction et une malédiction

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La remise en cause par le président américain, Donald Trump, de l’accord international sur le programme nucléaire iranien, vendredi 13 octobre, a au moins fait deux heureux, estime Hemi Shalev dans le quotidien de gauche Ha’Aretz. D’un côté, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui vendredi soir «était sans doute devant son écran, fumant un cigare, dégustant un verre de champagne et affichant un sourire béat». «Un président américain attaquait l’Iran en ‘Bibi langue’. Comme Ronald Reagan à propos de l’URSS en 1983, Trump dénonçait ‘les pulsions agressives d’un empire du Mal’. Netanyahu et beaucoup d’autres Israéliens s’imaginaient déjà voir la république islamique d’Iran s’effondrer d’ici six ans, comme l’Union soviétique après le discours de Reagan», poursuit-il. «Mais Trump a également comblé d’aise les faucons du régime iranien et le guide de la révolution, Ali Khamenei, tous trop heureux d’être à nouveau désignés par les États-Unis comme l’ennemi public numéro un des Occidentaux», ajoute-t-il.

Le constat est partagé par Yossi Melman dans le journal de centre droit Maariv :

Pour la première fois depuis son entrée en fonction, Trump s’est comporté en chef d’État en prononçant un discours soigneusement préparé. Après huit années de calme sous la présidence Obama, voilà que son successeur abreuve d’insultes le régime iranien et l’accuse de tous les crimes possibles commis au Moyen-Orient, du soutien aux organisations terroristes du Hezbollah et du Hamas à l’utilisation d’armes chimiques en Syrie, en passant par l’ingérence dans les affaires intérieures de pays comme le Yémen et la Syrie.

C’est sans doute Ron Ben-Yishaï qui, dans le journal de droite Yediot Aharonot, cache le moins sa joie d’«entendre enfin un président américain rappeler le rôle mortellement déstabilisateur joué par l’Iran au Moyen-Orient. Il était nécessaire de taper du poing sur la table et de réaffirmer qu’il existe des lignes rouges».

Ne pas crier victoire trop vite

Pour autant, dans quelle mesure «Israël» peut-il vraiment se réjouir du changement de cap décrété par Donald Trump ? Sans exception aucune, les commentateurs israéliens estiment que le gouvernement Netanyahou serait mal avisé de crier trop vite victoire. Dans Maariv, Udi Segal met ses lecteurs en garde contre toute euphorie déplacée :

«Sous couvert de l’anonymat, les responsables militaires israéliens craignent que l’entourage de Trump le pousse à aller jusqu’à une révocation pure et simple du deal nucléaire, ce qui plongerait la région dans une incertitude, voire une explosion générale dont Israël n’a absolument pas besoin […]. En se faisant plus Netanyahou que Netanyahou, Trump est à la fois une bénédiction et une malédiction pour Israël, Yossi Melman, son confrère de Maariv, tempère également l’enthousiasme de Netanyahou. Ne nous méprenons pas. La décision de Trump de s’en remettre au Congrès et aux cosignataires internationaux du deal iranien est une ruse de l’histoire […] sans se retirer formellement de l’accord, Trump laisse Netanyahou les bras ballants, lui qui espérait il y a un mois une abrogation pure et simple», explique-t-il. «Peut-être ne s’agit-il ici que de donner quelques sueurs froides à l’Iran et, qui sait, d’envisager l’éventualité d’une renégociation à la marge dont Israël ne sera que l’observateur désarmé», conclut-il.

Quant à Ron Ben-Yishaï, dans le Yediot Aharonot, il ferme le ban :

«Trump n’a pas cassé la vaisselle et ne s’est pas réellement retiré du deal international sur le nucléaire. Et Israël devrait plutôt s’en féliciter, car trop de tensions risqueraient d’échapper à tout contrôle».

Mais, au fond, le discours de Trump a-t-il vraiment quelque chose à voir avec le Moyen-Orient et les intérêts des alliés régionaux ? Peut-être que non. Ainsi, la palme de la douche froide revient incontestablement à Chemi Shalev dans Ha’Aretz.

Trump a besoin de ‘victoires’ (même à la Pyrrhus) et ce n’est pas un hasard si son retrait informel de l’accord sur le nucléaire iranien survient dans la foulée de l’édiction de décrets présidentiels détricotant l’Obamacare. Ce n’est pas à l’Iran que Trump s’en prend, mais à un ennemi plus dangereux à ses yeux et à l’égard duquel il nourrit une haine inextinguible : Barack Obama.

Source : courrierinternational

17-10-2017 | 15:10
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