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Damas a adressé une lettre à l'Onu, demandant de lancer une enquête sur l'attaque chimique du 4 avril dans la province d'Idlib, sans recevoir aucune réponse. Ainsi, les États-Unis et d'autres pays occidentaux bloquent toutes les tentatives pour mener une enquête, a déclaré à l’agence Sputnik le Président syrien Bachar el-Assad.

Assad: les Occidentaux bloquent les tentatives d’investigation sur l’incident à Idlib

«Formellement, nous avons fait parvenir une lettre à l'Onu où nous avons demandé d'envoyer une équipe d'experts pour enquêter sur l'incident survenu à Khan Cheikhoun. Bien entendu, jusqu'au présent, ils ne nous ont envoyé personne, parce que les pays occidentaux et les États-Unis empêchent l'arrivée de toute délégation», a-t-il indiqué.

Le Président de la Syrie a également souligné qu'après la première attaque, perpétrée par les terroristes contre l'armée gouvernementale à Alep il y a quelques années, Damas s'était adressé à l'Onu et avait formulé la même demande. En vain.

«Et puis il y a eu beaucoup de cas similaires, mais l'Onu n'a jamais envoyé en Syrie aucune délégation», a-t-il précisé.

Et d'ajouter que si des experts viennent finalement, ils découvriront que toutes les histoires autour de l'incident à Khan Cheikhoun et de l'attaque sur la base d’al-Chaayrate ne sont que mensonges.

«C'est à cause de cela qu'ils n'envoient personne», a-t-il conclu.

Selon Bachar el-Assad, la Russie, avec probablement l'aide d'autres pays, s'occupe de la venue d'une délégation d'experts.

Le président a en outre affirmé que la frappe américaine contre la base aérienne d’al-Chaayrate était préparée à l’avance et les événements de la province d’Idlib, qui l’ont précédée, sont une provocation.

Il n'y a pas eu d'attaque chimique le 4 avril à Khan Cheikhoun, dans la province syrienne d'Idlib, c'est une provocation destinée à justifier la frappe américaine portée peu après contre la base aérienne d’al-Chaayrate, a-t-il dit.

«Nous croyons à cette hypothèse parce que la frappe a été préparée à l'avance, ils [les États-Unis, ndlr] ne voulaient pas écouter, enquêter, ils ne souhaitaient que bombarder. Nous estimons que c'est une provocation pour une seule raison : s'il y avait une fuite de gaz ou une attaque chimique […], comment la ville continuerait-elle à vivre ? La population n'a pas été évacuée. Personne n'a quitté la ville, la vie y suit son cours, pourtant selon leur hypothèse, on y a utilisé des armes de destruction massive», a indiqué le Président.

Ensuite, la base aérienne d’al-Chaayrate, où les États-Unis affirment avoir détecté «des stocks de gaz», a été la cible d'une frappe aux missiles.

«Ils ont visé tous les dépôts, mais il n'y a pas eu de fuite de gaz dans l'enceinte de l'aérodrome. Aucun de nos officiers ou personnels n'a été victime de gaz. Nous croyons donc qu'il n'y a pas eu d'attaque au gaz toxique, c'était une provocation destinée à justifier l'attaque contre Al-Chaayrate», a noté Assad.

L'armée syrienne a effectivement visé les sites contrôlés par les terroristes à Khan-Cheikhoun, mais elle n'a pas eu recours aux armes chimiques et son opération ne s'est pas tenue à l'heure indiquée par les médias occidentaux comme celle de l'attaque chimique, a précisé le Président syrien.

D'après Assad, le gouvernement syrien ne dispose pas d'informations sur la présence d'armes chimiques dans les sites des terroristes à Khan-Cheikhoun.

«Cette région se trouve sous le contrôle du Front al-Nosra, qui est en fait une partie d'Al-Qaïda. Les seules informations que le monde a obtenues [concernant les événements de Khan Cheikhoun, ndlr] proviennent d'une vidéo publiée sur YouTube par cette organisation — le Front al-Nosra, nous ne pouvons donc pas fonder notre opinion sur ces informations. Nous ne savons pas si le site que nous avons frappé le 4 avril à 11h30 était un dépôt d'armes chimiques. Ils affirment que l'attaque a eu lieu vers 06h00 ou 06h30. Nous n'avons entrepris aucune action à cette heure. Nous n'avons donc que deux versions : soit l'attaque s'est tenue vers midi ou 11h30, soit, c'est une provocation et il n'y a eu aucune attaque», a noté le Président.

Il a d’ailleurs souligné que tout ce que le monde entier a vu sur les photos et les vidéos ressemblait aux images diffusées depuis deux ans par les Casques blancs et ce sont toujours des images truquées.

«Leurs photos où l'on voit des enfants qui auraient été tués par une frappe russe — on apprend par la suite qu'il s'agit d'un faux, qu'ils ont filmé un garçon après l'avoir recouvert de boue et aspergé de sang, qu'ils s'agit d'un faux sang, etc. Ces truquages feraient partie de leurs activités», a noté Bachar el-Assad.

D’autre part, le Président syrien a démenti les informations diffusées par certains médias, selon lesquelles le chef de l'organisation terroriste «Daech», Abou Bakr al-Baghdadi, avait été enlevé en Syrie à proximité de la frontière irakienne.

«Non, non. Ce n'est pas vrai. Quoi qu'il en soit, ces frontières sont actuellement sous le contrôle de Daech, elles ne sont ni syriennes, ni russes, ni même occidentales ou américaines ou tout autre. Ce n'est que Daech qui contrôle ces frontières, il n'est donc pas dangereux pour al-Baghdadi de rester là-bas», a affirmé Bachar el-Assad.

Source : Sputnik et rédaction

21-04-2017 | 09:31
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