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Par Hamza Khansa

La Jordanie observe avec appréhension les décisions en voie d'élaboration sur la bataille de Raqqa. L'inquiétude des responsables jordaniens augmente avec les rapports en provenance de la frontière, sur des affrontements entre les militaires et des individus ou des groupuscules qui s'infiltrent du territoire syrien vers le royaume. En effet, la crainte de la Jordanie réside dans la possibilité de voir le royaume devenir une scène d'action de «Daech», comme substitut à celles de Syrie et de l'Irak.

Une décision américano-russe sérieuse

Les responsables américains ont reconnu dernièrement, même dans les coulisses, le danger imminent que constitue «Daech» pour les États-Unis et leurs alliés européens. En dépit du fait que la Turquie d'Erdogan a joué un rôle décisif dans la création de l'organisation en Syrie et en Irak, la décision exécutive était du ressort de Washington. Par ailleurs, des sources bien informées indiquent que la décision  d'affronter «Daech» a été prise par les responsables américains, en coordination avec les russes puissants sur le territoire syrien, non avec les Turcs.

Ces sources précisent que le plan relatif au lancement de la bataille contre «Daech», consiste à activer la machine de guerre américaine à Raqqa. On affirme que l'entrée  des forces américaines à Raqqa sera en compagnie des forces kurdes, comme le stipule le premier accord conclu à Anatolie entre des militaires russes et américains, durant le mandat de Trump.

«L'insistance des responsables américains de réaliser un exploit rapide est un besoin ressenti par l'administration de Donald Trump, à  la suite surtout de l'échec des plans américains d'intervenir dans les batailles de Mossoul et de Tallafar en Irak. Une insistance qui accélèrera  le déclenchement de la bataille de Raqqa», affirment les sources. Ces dernières  précisent que parallèlement à l'entrée des forces américaines et kurdes à Raqqa, l'armée syrienne et son allié russe concentreront leur action sur le front de Deirezzor, finaliseront la bataille sur le front de Qalamoun et de l'Anti-Liban, et renforceront la défense à Homs, dans le but de couper la voie à la fuite de «Daech» dans cette direction.

Deraa un refuge idéal…qu'en est-il de la Jordanie?

Le plan tracé minutieusement pour étrangler  «Deach» de toutes les directions évoque  des couloirs ouverts vers Deraa, où se situe le fief d'«Al-Nosra». Les sources expliquent que ces couloirs visent à rassembler les effectifs de «Daech» et d'«Al-Nosra» dans la même marge géographique. Un fait qui provoquera de nouveaux conflits entre les deux factions ayant constitué les ailes de la dite révolution en Syrie.

De fait, «Daech» est en quête d'un substitut à ses fiefs. L'organisation réalise  que sa carte est mise en échec, et comprend  l'ampleur du renoncement régional  et international à exploiter son action, sur les scènes syrienne et irakienne.

Les mêmes sources avancent que la Jordanie servira de refuge aux terroristes, vu  l'environnement populaire et économique  propice à cette organisation.

Les garde-frontières jordaniens renforcent les mesures de sécurité tout au long de la frontière  nord du royaume. On évoque des plans tracés par les autorités du pays pour la disposition permanente à agir contre des vagues de combattants qui prendraient la fuite vers le territoire jordanien en raison des batailles féroces  prévues dans l'avenir.

Dans le même contexte, la frontière nord de la Jordanie avec la Syrie constitue un  grand embarras pour le gouvernement et les militaires. Cette charge dont souffre le gouvernement qui n'a jamais ménagé la communication et la coordination avec les groupes armés de différentes allégeances, sous le slogan-prétexte du «pragmatisme».

Cette fois-ci, les sources indiquent que depuis l'immolation par le feu de l'officier Moaz Kasasba, les autorités jordaniennes trouvent des complications dans la communication avec des factions armées  de différentes appartenances, si ce n'était pas elles qui avaient contribué à  créer.

Amman mise-t-elle sur Riyad?

A l'ombre des faits précités, il ne semble pas que le gouvernement jordanien mise sur un rôle saoudien ou qatari pour freiner l'action américano-russe vers Raqqa. On affirme que Riyad et Doha se sont soumis aux décisions américaines à l'égard  de «Deach». On ajoute que l'Arabie pourrait tenter de lancer l'action de certains de ses bras en Syrie, sur le front de Hama, dans le but de briser le statuquo, parallèlement avec la progression de l'armée syrienne et de ses alliés à Deirezzor, et des forces américaines et kurdes à Raqqa.

En dépit de ces faits, les sources révèlent  que Amman essaye de relancer la communication avec Damas, étant donné que la tentative saoudienne de jouer la carte d'«Al-Nosra» pour une nouvelle reprise, a été perçue par les Américains. Ces derniers auraient informé l'Arabie du refus de tout développement qui entraverait l'action de leurs forces sur la scène syrienne.

Et c'est dans ce contexte que s'inscrit notamment la campagne américaine de liquider les hauts responsables du front «Al-Nosra» et des autres factions affiliées au front, sur le territoire syrien.

Source : Al-Ahed, traduit par l’équipe du site

 

25-03-2017 | 07:59
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