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Par Samer R. Zoughaib

Aucune exaction n’a eu lieu contre les habitants de l’ancienne zone occupée par «Israël» au Liban-Sud, en mai 2000. Il s’agissait de la libération la plus propre et la plus exemplaire de l’histoire, non seulement du Liban, mais aussi du monde entier.

Liban-Sud: En 2000, la libération la plus propre de l’Histoire

Un article publié récemment par une certaine presse libanaise tend à oublier la vérité éclatante qu’aucune persécution n’a été infligée aux habitants de l’ancienne zone occupée pendant 22 ans par «Israël», et libérée en mai 2000. Cette presse a mis en exerce de prétendues menaces de mort proférées –à l’époque- par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah. Elle a par ailleurs évoqué des craintes «de subir des interrogatoires, des humiliations et des tortures en prison». Rien de tout cela ne s’est jamais produit ni pendant ni après la libération.

De l’avis des analystes et des médias libanais et internationaux, dont certains ont couvert «en direct» le retrait humiliant de l’armée «israélienne» et de ses collaborateurs de «L’armée du Liban-Sud» (ALS), la libération était l’acte le plus propre et le plus exemplaire de l’histoire, avec un grand «H».

Pas de massacres pendant ou après la libération

Jusqu’à la dernière minute, entre le 22 et le 25 mai 2000, les forces d’occupation et leurs auxiliaires tiraient à la mitrailleuse et au canon de char sur les foules de civils libanais en liesse, qui prenaient d’assaut, les mains nues, les barrages et les «portes» installées par l’occupant pour séparer la bande frontalière du reste de la patrie. De nombreux martyrs sont tombés et des dizaines de personnes ont été blessées. Et pourtant, aucun acte de vengeance ne s’est produit ni pour les crimes des derniers jours, ni pour tous ceux qui ont été commis pendant les 22 ans d’occupation.

Le président de la République à l’époque, le général Emile Lahoud, et sayyed Hassan Nasrallah, avaient donné des instructions claires sur la nécessité de ne pas se livrer à des actes de représailles contre les suspects de collaboration avec l’ennemi. Ceux qui ont été arrêtés ont été remis aux services de sécurité libanais et déférés devant les tribunaux compétents, conformément aux dispositions de la loi libanaise, qui interdit et sanctionne toute collaboration avec l’ennemi.

Devant les foules enthousiastes et désarmées, composées essentiellement d’habitants des villes et villages occupés, les collaborateurs d’«Israël», effrayés et abandonnés par leurs maîtres, se sont enfuis avec leurs familles. Des centaines d’autres personnes, craignant des «massacres» et des actes de vengeance qui n’ont jamais eu lieu, sont également parties. Il s’agissait environ de 7500 personnes, appartenant aux différentes communautés libanaises. Car la trahison n’a pas de religion.

Mais des dizaines de milliers d’habitants de la zone occupée sont restés sur place, accueillant avec des youyous les libérateurs et saluant leur propre retour dans le giron de la Nation, après 22 ans d’occupation, marquée par des persécutions, des tortures, des rapts et des exécutions sommaires, la tristement célèbre prison de Khiyam symbolisant toutes les souffrances subies par la population de la zone occupée. Toutes ces tragédies sont passées sous silence par cette presse tendancieuse.

Beaucoup de civils sont revenus

Pas une seule gifle n’a été administrée à un habitant, personne n’a été humilié ou persécuté. La libération de mai 2000 fut un acte des plus civilisés, qui a provoqué l’étonnement de la presse internationale. Il n’y a pas eu, non plus, d’«épuration» post-libération, comme ce fut le cas en France après la défaite allemande, lorsque plus de 30000 personnes suspectées –parfois injustement- d’avoir pactisé avec les nazis, ont été exécutées sommairement. Pas de femmes aux crânes rasés, non plus…

Les civils qui ont fui vers «Israël» et qui n’avaient pas collaboré avec l’occupant ont commencé à rentrer dans les années qui ont suivi la libération. Quelque 2000 personnes, des femmes et des enfants en majorité, ont ainsi regagné leurs villages sans être inquiétées. Beaucoup d’anciens «collabos» ont écopé de peines légères et sont ressortis de prison pour continuer leur vie normalement. Ceux qui ont du sang d’autres libanais sur les mains n’ont pas osé rentrer. Certaines voix au Liban se sont élevées pour réclamer une amnistie générale. Mais cela aurait encouragé la haute trahison et la collaboration avec l’ennemi. Toutefois, à l’initiative du Courant patriotique libre (CPL), le Liban a décidé, en 2011, de clore ce dossier sous certaines conditions. Les dossiers des hommes encore réfugiés en «Israël» seraient étudiés au cas par cas. Une amnistie indirecte a été décrétée pour les familles, essentiellement les femmes, enfants et vieillards. Les anciens membres de l’«ALS» restent soumis à la loi libanaise, comme des personnes qui ont collaboré avec l’ennemi.

La tentative de cette presse de réécrire l’histoire, ou plutôt de la falsifier, est inadmissible et sape les fondements de l’unité nationale. Si les Libanais sont incapables de s’entendre sur le fait de savoir qui sont leurs vrais «amis», il faudrait au moins qu’ils s’accordent sur leur ennemi. Sinon comment parviendront-ils à construire une identité et une mémoire collective communes.

Source : French.alahednews

06-02-2017 | 15:39
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