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La tradition des clichés  où l'enfance cristallise les tragédies humaines est souvent présente dans les médias. Ces photos sont censées éveiller les consciences. L’on se demande qui a le droit de qualifier de grave tel ou tel cas où l’enfance et l’innocence sont attaquées ? Quelle tragédie est plus grave de celle que vit l’enfance yéménite, le pays étant sous un blocus total et l’offensive saoudienne n’épargnant personne. Pourquoi alors ne pas diffuser ceci dans les médias ?

Photos de guerre: entre Aylan et Ichraq, qui qualifie de grave les tragédies de l’enfance ?

En effet la photo permet de figer des images dans le temps, pour le meilleur ou pour le pire. Et de nos jours elle est sans doute exploitée politiquement. Le fait de mener une campagne médiatique à la base d’une photo et non d’une autre reflète un double-jeu de la part des médias.

Ainsi la photo d’Aylan Kurdi a fait le tour du monde et ému les lecteurs et les internautes. Par contre un nombre limité de personnes observent et défendent les enfants yéménites qui subissent chaque jour les cruautés d’une coalition arabe sous commandement saoudien.

Dans une interview au site d’Alahednews, dr Abbas Mzannar, professeur à la faculté d'information et de documentation à l’Université libanaise, et expert dans l’image médiatique, a souligné que le black-out imposé par les médias occidentaux sur les photos d’enfants yéménites victimes de l’offensive saoudienne, notamment Ichraq Almoafa tuée dans le bombardement contre l’école de Nihm le 10 janvier, est un moyen de camoufler le côté humain dans cette guerre farouche afin de garder dans l'ombre les cruautés saoudiennes soutenues par les Américains.

Selon dr. Mzannar, les USA tentent d’améliorer leur image, devenue horrible, dans le monde. Ils veulent cacher les massacres de civils et d’enfants et les destructions au Yémen.  D’ailleurs la coalition internationale et les USA ont entravé la libération de Mossoul sans leur intervention.

«Le Yémen est un cas exceptionnel. Ce qui arrive au Yémen n’a lieu nulle part. Le Yémen et son peuple ont présenté un modèle de persévérance et de ténacité. Ce qui arrive dans ce pays ressemble à un miracle. Il y a près de deux ans au début de l'offensive, et ils tiennent bon. En effet les ennemis du pays veulent détruire ce modèle. Ils veulent le briser parce qu’il renforce l’axe de la Résistance. Ils ont tenté de faire de même jadis, en 2006 (avec la guerre israélienne contre le Liban et le Hezbollah). L'objectif annoncé était d'imposer la dissuasion, et ils ont échoué. Puis dans les années 2008-2009, 2012, 2014 dans la guerre contre Gaza, et ils ont échoué aussi».

Et de poursuivre : «Cette guerre médiatique contre le Yémen a lieu parce que le modèle yéménite est un modèle qui pourrait être suivi. On fait ce black-out parce qu’on ne veut pas que la guerre s’arrête. Lorsque les images humaines frappantes apparaissent, les guerres s’arrêtent. Tel était le cas du massacre israélien à Qana (Liban-sud), quand les photos de victimes ont été diffusées il y a eu un cessez-le-feu. […] L’opinion publique est importante, les peuples ont un grand rôle mais malheureusement ils sont leurrés de la part de l’universalisation médiatique».

L’expert souligne qu’un grand nombre de photos au Yémen n’a pas été diffusé. D’autre part, des photos du conflit en Syrie ont été fabriquées. C’est une «diversion délibérée». Nous remarquons que le côté humain apparait tout de suite lorsque l’aviation russe et l’armée syrienne mènent une offensive, mais n’apparait pas quand l’aviation américaine bombarde en Irak.

D’après dr. Mzannar, ils s’agit d’une guerre contre le vrai islam et l’axe de la Résistance (les Hachd al-Chaabi, le Hezbollah, Ansarullah). Les ennemis veulent défigurer l’Islam et répandre l’idéologie extrémiste sanglante. Par exemple des photos montrent des enfants-soldats, des vidéos montrant des scènes de décapitation après la récitation de versets coraniques. Par ailleurs ces ennemis oeuvrent pour changer l’identité des peuples, ils focalisent alors sur l’Islam défiguré afin de fragmenter la région en plusieurs confessions, communautés et ethnies.

Le professeur a indiqué que les médias doivent montrer la véritable réalité des agresseurs qui tuent et massacrent. Ce type de photos a été utilisé en Syrie et en Irak.

Et d’ajouter : «Les médias sociaux contribuent à cette nouvelle guerre dont a parlé Chomsky sous le titre d’’humanisation de la force agressive’. L'Otan procède de cette façon. On l’utilise avec Daech pour monter l’opinion publique contre l’Islam. On fait une mondialisation des photos et les politiciens exploitent ces photos.

Et donc la photo de la fille yéménite (tuée près de son école) est interdite de diffusion (parce qu’elle condamne l’Arabie saoudite et ses alliés). Par contre d’autres photos sont largement diffusées et d’autres sont fabriquées (pour diaboliser l’Islam et l’axe de la Résistance), conclut l’expert.

Source: french.alahednews

17-01-2017 | 10:50
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