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   Par Samer R. Zoughaib

La privation de cinq millions de personnes à Damas et ses environs d’eau potable par les extrémistes est un exemple frappant de la politique des deux poids deux mesures, pratiquée par la communauté internationale et les Nations unies.

Cinq millions de Damascènes assoiffés par les extrémistes: l’Occident ferme les yeux

Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et d’autres pays occidentaux se murent dans un silence complice, alors que cinq millions de personnes sont privées d’eau potable à Damas et ses environs depuis plus de deux semaines. Les droits de l’homme, la protection des civils et le respect des lois de la guerre ne sont plus, à leurs yeux, une priorité lorsqu’ils sont violés par des groupes extrémistes qu’ils appuient et encouragent. Aucun responsable de ces pays n’a jugé la situation assez alarmante pour faire le moindre commentaire. Les rares interventions sur les événements de Wadi Barada ont dénoncé la «violation de la trêve par le régime». Personne ne s’est ému du fait que des millions de personnes n’ont plus une goutte d’eau dans les robinets pour boire, faire la toilette et cuisiner. Ce même silence criminel avait déjà été observé lorsque les extrémistes d’Alep, qui contrôlaient la principale station de pompage d’eau, dans le quartier de Sleimane Al-Halabi, coupaient l’eau pendant des jours entiers des quartiers ouest de la ville, où vivent 1,5 millions de personnes.

Pourtant, ces mêmes responsables occidentaux remuent ciel et terre quand des violations de bien moindre envergure qu’une punition collective frappant cinq millions de civils, étaient imputées au gouvernement syrien.  

Réaction tardive de l’Onu

Les mêmes reproches peuvent être adressés aux Nations unies. Ce n’est que le vendredi 6 janvier, soit exactement deux semaines après le début de la pénurie d’eau, que Jan Egeland, chef du groupe de travail de l'Onu sur l'aide humanitaire en Syrie, a dénoncé comme un «crime de guerre» la privation d'eau potable infligée aux cinq millions d'habitants de Damas. Ce retard de la réaction de M. Egeland et d’autant plus étonnant que des employés onusiens se trouvent en permanence dans la capitale syrienne et ont certainement dû constater que l’eau ne coulait plus dans les robinets, depuis le 22 décembre. Pourquoi avoir attendu le 6 janvier avant de réagir?

Et comme M. Egeland a eu peur de trop se «mouiller» en qualifiant la privation d’eau de «crime de guerre», il a évité de désigner le coupable, jugeant «difficile de savoir quel camp était responsable de cette situation».

Est-il raisonnable de croire un seul instant que le gouvernement syrien a sciemment assoiffé ses partisans, ses soldats et leurs familles, ses fonctionnaires et la population civile qu’il administre?

Tout le monde sait que la source d’Al-Fija, qui alimente Damas en eau potable, se trouve dans une région contrôlée depuis plus de quatre ans par les groupes extrémistes. Pour empêcher la conclusion d’un accord de réconciliation et de pacification, semblable à ceux qui ont eu lieu tout autour de Damas, ces groupes ont contaminé l’eau au diesel, la rendant inconsommable. Ils n’ont laissé d’autre choix à l’Armée arabe syrienne et à ses alliés que d’utiliser la force pour reprendre la source d’Al-Fija, afin de rétablir l’eau courante à Damas et ses environs. La machine médiatique s’est alors mise en marche, prétendant qu’il n’existe pas de membres du Front quaïdiste al-Nosra (rebaptisé Fateh al-Cham) à Wadi Barada, et que ceux qui combattent l’armée syrienne sont des habitants des villages de la région. Pourtant, l’émir d’«al-Nosra», Abou Malek al-Tallé (originaire de la localité al-Tall, près de Damas), a lui-même reconnu, dans un tweet, que ses hommes se battaient à Wadi Barada et qu’il était responsable de la rupture de l’approvisionnement de Damas en eau. En Occident et aux Nations unies, personne n’a voulu lire ce tweet.

«Al-Nosra» veut torpiller la réconciliation

La bataille de Wadi Barada est vitale pour les terroristes d’«Al-Nosra». Si les habitants et les combattants locaux acceptent un accord de réconciliation, «Al-Nosra» n’aura pratiquement plus de présence significative dans la province de Damas, à l’exception du maquis du Qalamoun, à la frontière libano-syrienne, qui est complètement encerclé par l’armée syrienne et les résistants du Hezbollah.

Après la progression des alliés à Wadi Barada ces derniers jours, la situation des combattants est devenue désespérée. C’est sans doute pour cette raison qu’ils ont finalement accepté les termes d’un accord négocié, vendredi 6 janvier, par des médiateurs russes avec des notables de la région. Le texte prévoit la réparation, par des techniciens des ministères syriens concernés, des installations de la source d’Al-Fija pour la dépolluer; le retrait des extrémistes et de leurs familles vers Idleb; l’amnistie pour les combattants qui souhaitent rester sur place et leur incorporation dans l’Armée de défense nationale (ADN). Enfin, l’armée syrienne installera des check-points à l’entrée des onze villages de Wadi Barada, consacrant le retour de cette région dans le giron de l’Etat, après quatre ans d’occupation par les extrémistes.

Si cet accord est respecté, il ne restera plus que quelques petites poches hors du contrôle de l’Etat à l’ouest, au nord et au sud de Damas. Le dernier bastion extrémiste important, dans la Ghouta orientale, est totalement encerclé par l’armée et ses alliés.

Source : french.alahednews

 

07-01-2017 | 14:25
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