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L’opposant bahreïni Nabil Rajab, qui obtenu sa libération dans le cadre d’une des poursuites à son encontre, restera en détention, mis en cause dans une affaire de «cybercriminalité» liée à «la propagation de fausses informations sur la situation dans le royaume».

Faux espoir pour Nabil Rajab: Bahreïn maintient l'opposant en détention

M. Rajab, 52 ans, «restera en prison» pour une affaire de cybercriminalité liée à la «propagation de fausses informations sur la situation dans le royaume» de Bahreïn «jusqu'à ce que l'enquête soit terminée», a indiqué le procureur en chef Mohammed Salah, cité par l'agence de presse officielle BNA.

Adam, le fils de l'opposant, s'est insurgé contre cette décision. «C'est triste, mon père ne sera pas libéré. Ces oppresseurs ont déjà une autre affaire toute prête pour lui. Ils ne veulent pas qu'il sorte».

Nabil Rajab, défenseur des droits de l'Homme connu à travers le monde, souffre de problèmes de santé notamment cardiaques.

Figure de proue de l'opposition et déjà emprisonné dans le passé, Nabil Rajab avait été arrêté le 13 juin pour cette affaire de tweets critiquant l'intervention de pays du Golfe dans la guerre au Yémen.

Des audiences reportées à plusieurs reprises

Il y a deux semaines, le célèbre opposant avait vu son procès pour «insulte aux autorités bahreïnies et saoudiennes» être de nouveau décalé, après de précédents reports en juillet et en octobre. Le tribunal de Manama avait notamment expliqué ces décisions en expliquant attendre le rapport d’expertise sur «qui gère le compte Twitter» de l’opposant durant son incarcération. C’est sur ce compte que les «insultes» alléguées ont été tenues : il avait critiqué dans plusieurs messages les frappes aériennes saoudiennes au Yémen, qui visent des hôpitaux, des écoles, provoquant la mort de nombreuses victimes civiles,

En plus de ces «insultes», Nabeel Rajab est également poursuivi pour avoir écrit en 2015, depuis sa cellule une lettre ouverte publiée dans le «New York Times», dans laquelle il dénonce des actes de "torture" à la prison de Jaw à Bahreïn.

«Il y a quelques 4000 prisonniers politiques au Bahreïn, qui a le plus haut taux de prisonniers par personne au Moyen-Orient. C’est un pays qui a emprisonné, torturé et même tué son peuple pour avoir osé demander la démocratie. Mon collègue Abdulahdi al-Khawaja a été torturé et condamné à la prison à vie en 2011 pour son travail en faveur des droits de l’Homme», a-t-il écrit.

De nombreuses organisations de défense des droits de l'Homme, dont Amnesty International et Human Rights Watch, s'étaient mobilisées ces dernières semaines pour obtenir la libération de M. Rajab, cofondateur et président du Bahrain Center for Human Rights (GCHR).

Source : agences et rédaction

29-12-2016 | 08:43
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