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Les États-Unis et leurs alliés suivent toujours une stratégie inefficace en face de l'organisation terroriste «Daech» en Irak et en Syrie et ce pour ne pas dire que leur seule stratégie consiste à allonger la durée de la guerre dans ces deux pays.

Les États-Unis et la Turquie incitent «Daech» à lancer une bataille à Palmyre.

Selon la conduite du secrétaire  d'Etat américain, John Kerry, l'administration sortante d'Obama avait toujours adopté la stratégie  de faire passer le temps. C'est ce qu'a annoncé indirectement le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, lorsqu'il avait dit que les Américains font une promesse à laquelle ils renoncent le jour suivant.

Au début de la guerre syrienne, les États-Unis et leurs alliés ont misé sur les factions  takfiristes armées pour renverser le régime du président Bachar Assad. La base de ce pari était le grand nombre de ces factions et le déploiement  de leurs effectifs sur le territoire syrien, notamment à la frontière avec la Turquie. Un fait qui a facilité l'armement et l'acheminement des munitions à ces groupes. On estimait alors que le régime  syrien ne survivra pas à la crise. C'est ce qu'avaient déclaré les responsables du Pentagone et les chefs de Turquie, de France et des pays du Golfe. Mais l'échec du pari a été flagrant.

A la suite des évènements irakiens et de la formation des forces paramilitaires et l'obligation des États-Unis de les reconnaitre comme force essentielle dans les batailles de la libération de toutes les villes d'Anbar, à partir de Ramadi, passant par Fallouja et arrivant à Mossoul, les Américains ont dernièrement réalisé que leurs chances en Irak sont moins que les leurs en Syrie. Pour cette raison, l'administration américaine  a concentré ses efforts sur le soutien des factions syriennes armées, par l'intermédiaire de ses alliés et des turcs. La diplomatie américaine s'est efforcée de protéger  les factions armées à la suite de l'intervention russe en Syrie. La confusion des responsables a été claire dans le contexte du passage des Kurdes vers l'est de l'Euphrate et l'intervention militaire turque pour freiner l'avancée des kurdes. En effet, les deux parties sont des alliés de Washington.

Tous ces faits ont été suivis de l'avancée rapide de l'armée syrienne et de ses alliés dans la finalisation de la bataille d'Alep, sans grande résistance du «front Al-Nosra» et des autres factions sur lesquelles les États-Unis et leurs alliés ont misé. Un fait qui a placé ces derniers dans une situation de faiblesse devant la Russie, surtout que l'administration sortante d'Obama adoptait une attitude vindicative en Syrie, à la suite de la défaite des Démocrates dans la présidentielle et de l'accusation contre la Russie de provoquer cette défaite, notamment en raison de l'absence de tout exploit d'Obama en Syrie et en Irak. On dira toujours que son mandat était une période des plus sanguinaires. Un fait qui a poussé son homologue turc à recourir à la carte que constitue «Daech», pour freiner l'avancée des forces loyalistes et russes à Alep, par l'ouverture d'une bataille dans l'entourage de Palmyre, dans l'est de Homs.

Quels sont les objectifs de la bataille de Palmyre?

En effet, «Daech» ne cesse de compter les coups qu'il a dernièrement reçus. L'organisation terroriste mène des combats sur plusieurs fronts en Irak et en Syrie. La bataille de Mossoul est survenue pour l'affaiblir à la suite de l'avancée des forces paramilitaires et de la troupe irakienne vers la frontière syrienne et à la suite de la position offensive prise par les Peshmergas kurdes dans l'est. Ainsi, «Daech» ne pourrait pas entrer dans ces régions pour y trouver refuge. Les faits précités ont plongé l'organisation dans une bataille défensive, dans un contexte de recul de ses forces sur les territoires syrien et irakien.

Sur le plan syrien, les faits sont désormais plus compliqués pour l'organisation. La situation peut être résumée par un seul mot qui constituerait le salut: c'est Palmyre. Suite au revers  dans la bataille de Hassaka en début de 2016 et à son recul permanent  dans le nord d'Alep depuis la mise en place des forces Bouclier de l'Euphrate, «Daech» mène les batailles sur trois fronts.

L'observateur de la carte des fronts syriens peut facilement déduire que «Daech» contrôle trois zones en Syrie, situées dans le nord, près de la frontière turque:

1-La zone du nord-ouest, exposée à la défaite rapide pour sa proximité des fronts d'Alep.

2-La zone située au centre des frontières  du nord, Ain Arabe et son Rif. Une zone de lancement de l’offensive kurde soutenue par l'occident contre le rif de Raqqa. Elle constitue l'axe principal de l'offensive voulue par les États-Unis contre Raqqa.

3-La zone de Palmyre, la plus large et la plus dangereuse.

Palmyre se caractérise par sa proximité de la frontière  irakienne et son extension vers le rif Est de Homs et vers le rif Est de Damas et son entourage. Elle constitue le centre sud-est de la Syrie, ouvert à la capitale Damas et aux lignes frontalières de trois pays, l'Irak, la Jordanie et le Liban. Elle communique de même avec la région du centre. Pour ces raisons, «Daech» juge la région la plus appropriée pour constituer un refuge, en raison des défaites essuyées en Irak, dans le nord et l'est de la Syrie. Ainsi, la chute de Palmyre assure à l'organisation  un refuge qui remplacerait Raqqa.

Les États-Unis estiment que la prise de Palmyre par «Daech» lui assurerait les faits suivants:

1-Couper des lignes d'acheminement des renforts à l'armée syrienne et à son allié, le Hezbollah, notamment vers l'Irak. Par contre, seront ouvertes des lignes d'acheminement d'armes à «Daech» à partir des régions irakiennes. Un fait qui constitue un investissement américain dans les batailles d'Anbar et de Mossoul.

2-«Daech» assure la protection des passages frontaliers avec le gouvernorat d'Anbar et des zones plus profondes dans le but d'assurer les ravitaillements et les lignes de retrait.

3-Palmyre constituera un point de départ  sécurisé pour  «Daech» pour ouvrir de nouveaux fronts à Homs et le Qalamoun et puis Damas.

4-Préparer la prise du contrôle par «Daech» de tous les passages frontaliers avec la Jordanie dans le sud syrien.

De ce qui précède, on déduit que les États-Unis et la Turquie poussent «Daech» à ouvrir la bataille de Palmyre, plaçant l'armée syrienne et ses alliés devant des choix difficiles: Ou bien poursuivre la bataille d'Alep et délaisser Palmyre, ou envoyer des forces à Palmyre et par la suite réduire la pression sur leurs alliés à Alep.

En plus, le lancement de la bataille de Palmyre facilitera le déroulement de la bataille de Bab et puis celle de Raqqa aux Américains et aux turcs, puisque «Daech» enverrait ses effectifs de Raqqa vers Palmyre, cette dernière devenue un front décisif pour la survie de l'organisation, alors que le rôle de Raqqa diminuerait pour constituer un front marginal conformément à une entente tacite entre l'organisation, la Turquie et les États-Unis.

Par-là, on pourrait classer les fronts de «Daech» en Syrie en fronts décisifs et en fronts de guerre d'usure, et ce selon les récentes  données survenues à la suite de la bataille de Palmyre.

Les fronts décisifs: Palmyre et ce qui suivra dans la zone ouest.

Fronts de guerre d'usure: front de Raqqa et de Bab.

Ainsi, le front décisif aura deux rôles:

1-encombrer l'armée syrienne et ses alliés dans la bataille de Palmyre au moment où l'annonce de leur victoire dans cette ville s'approche.

2-le retrait de la majorité des effectifs de «Daech» de Raqqa et ainsi, faciliter la mission américaine et turque et présenter Obama en tant que victorieux dans la bataille contre «Daech», avant la fin de son mandat, le 20 janvier prochain.

Source: Al-Ahednews, traduit par l’équipe du site

14-12-2016 | 11:18
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