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Bismillah al Rahmane al Rahim, je vous salue, vous le peuple le plus noble et le plus pur. Je rends grâce à Dieu dont la promesse a été tenue. Il nous a aidés et aidé le Liban contre son ennemi. Rendons grâce à Dieu qui nous a donné la détermination, qui nous a chargés de la mission et qui nous a aidés. Rendons grâce à Dieu qui a toujours été fidèle à Lui-même, Dieu qui nous a appuyés et nous a donnés la grâce.

Chers frères et sœurs, je m’adresse à vous tous. En ce 22 septembre 2006, vous étonnez de nouveau le monde et vous confirmez à juste titre que vous êtes un grand peuple, un peuple fidèle, courageux et noble. Cela fait quelques jours que certains mènent campagne contre ce rassemblement, tout comme ils menaient une guerre psychologique sur la résistance. Ils ont dit que cette place sera bombardée et que cette tribune sera détruite pour effrayer les gens et les empêcher de venir. Aujourd’hui, par votre présence à cette cérémonie en guise de couronnement de la victoire, vous montrez que vous êtes plus courageux que le 12 juillet et plus courageux que le 14 août. Certes, le fait que je me trouve là parmi vous est un danger pour vous et pour moi. Il y avait d’ailleurs d’autres options, nous avons discuté jusqu’à il y a une demie heure. Mais mon cœur, ma raison et mon esprits me dictaient de venir vous parler en personne, non à travers un grand écran ou de loin. On peut imaginer le pire, c’est-à-dire que l’ennemi fasse une faute ou accomplisse un crime. Mais cet ennemi sait qui nous sommes. Nous sommes les fils de cet imam qui a dit : Me menacez-vous de la mort ? Ne savez-vous pas que la mort est pour nous une habitude et le martyre notre dignité ?

Bienvenue à vous tous, du Sud combattant et résistant à la Békaa solide et déterminée, au Nord loyal, au Mont-Liban fidèle, à Beyrouth capitale de l’arabité et jusqu’à la banlieue sud de la dignité. Bienvenue à vous tous, que vous veniez aussi des camps de réfugiés palestiniens, de Syrie, d’Iran, du Koweit, de Bahrein… Bienvenue à vous tous qui êtes venus partager avec nous ce moment de victoire et de célébration.

Paix à vous et à vos familles, paix à vos martyrs et à leurs familles. Paix à vos blessés et à vos blessures qui continuent de saigner. Paix à vos personnes enlevées, paix à votre sang, à vos larmes, à vos orphelins, à vos veuves, à vos maisons détruites, à vos biens brûlés, à votre esprit, à votre détermination plus solide que les montagnes du Liban.

Nous célébrons aujourd’hui une victoire divine stratégique immense. Comment un cerveau humain peut-il imaginer que quelques milliers de vos fils résistants – si je le voulais je donnerais le chiffre avec précision- ont pu tenir bon pendant 33 jours à ciel ouvert, face à l’armée de l’air la plus puissante du moyen orient, qui, en plus bénéficiait d’un pont aérien qui transportait les bombes intelligentes des Etats-Unis et de Grande Bretagne vers «Israël», face aussi à 40 000 officiers et soldats israéliens appartenant aux troupes d’élites : quatre brigades d’élite et trois unités de réserve, des troupes blindées, bref l’armée la plus puissante de la région ? Comment quelques milliers de combattants ont pu rester debout et combattre dans des circonstances difficiles, alors que leur combat a abouti à faire sortir les navires de guerre israéliens de nos eaux territoriales ? A ce sujet je dois dire que l’armée et la résistance sont en mesure de protéger les eaux territoriales libanaises de toute profanation de l’ennemi israélien et sont aussi en mesure de détruire le fleuron de l’industrie militaire israélienne, les blindés Merkava. Ils sont aussi en mesure de paralyser les hélicoptères de combats israéliens de plein jour et même désormais la nuit et de transformer les troupes d’élite en rats effrayés par vos fils. Regardez pour cela les médias israéliens. Ces quelques milliers ont tenu bon, face à l’abandon du monde et des Arabes, au milieu d’une profonde division  politique- bien que l’élan de solidarité populaire était élevé, et ils ont pu vaincre cette armée. Comment ont-ils pu le faire ? Avec la victoire de Dieu et son aide. L’expérience de cette résistance qui doit s’étendre au monde est basée sur la foi, la confiance, la préparation au sacrifice, morale, physique et spirituelle. Mais en même temps, elle compte sur le cerveau, la raison, la planification, l’entraînement et l’armement. Nous ne sommes pas une résistance désordonnée, virtuelle ou théorique. Nous sommes une résistance pure, croyante, dévouée mais aussi raisonnable, performante, bien entraînée et prête. C’est cela le secret de cette victoire que nous célébrons aujourd’hui.

Chers frères et sœurs, vous êtes venus et cette victoire a besoin d’une attitude courageuse comme la vôtre aujourd’hui. Vous adressez ainsi un message politique et moral fort et de la plus haute importance aux Libanais, aux Arabes et à tout le monde, les amis et les ennemis. Vous avez étonné le monde par votre résistance en tant que peuple du 12 juillet au 14 août, alors qu’ils faisaient des paris sur nos divisions et notre effritement. Vous avez résisté pendant toute cette période, ceux qui ont fui leurs maisons et ceux qui les ont accueillis. Même le 14 août, ils misaient sur le fait la présence des déplacés constituerait une pression sur les habitants  et sur la résistance qui la pousserait à accepter de nouvelles conditions, alors qu’elle n’en avait accepté aucune. Mais là aussi vous avez surpris le monde, lorsque les déplacés sont montés à bord de leurs voitures et de leurs camionnettes, certains ont même été à pied. Et à partir de 8 heures du matin, les rues se sont remplies des convois de ceux qui rentraient chez eux, à partir de la banlieue sud, de la Békaa ou d’ailleurs, la tête haute et la dignité intacte. Vous avez étonné le monde et répondu aux Américains qui disaient hier encore avoir reçu des informations selon lesquelles la popularité de la résistance était en baisse…C’est vous le peuple de la résistance et je dis aux Américains d’envoyer des lettres de protestation à ceux qui vous envoient de fausses informations sur la base desquelles vous échafaudez de mauvais plans.

Nous devons confirmer aujourd’hui que cette guerre était bien celle des Etats-Unis sur le plan de la décision, de la planification, des armes, de la volonté et même dans l’octroi de délais aux sionistes : une semaine, puis deux, puis trois puis quatre…Ce qui a arrêté la guerre c’est l’impuissance des sionistes. Si vous vous rappelez des derniers jours de la guerre, vous verrez  que le plus grand nombre de blindés a été détruit vendredi, samedi et dimanche. Même chose pour les morts parmi les soldats ennemis et pour la destruction des hélicoptères ennemis. Les sionistes ont compris que s’ils continuent un jour encore, ce sera une catastrophe. Les américains sont alors intervenus et ils ont accepté même les brouillons pour que la guerre s’arrête. Ils n’ont donc pas arrêté la guerre  pour le Liban, pour les enfants du Liban ses femmes, sa beauté. Ils ont arrêté la guerre pour Israël et seulement pour cette raison. Mais ils ont voulu nous vendre cette décision au Liban. Alors comme cela, nos amis les Américains ont arrêté la guerre ?  Nos amis les Américains ont refusé les premiers jours d’arrêter la guerre. Ils ont aussi refusé la première semaine, la seconde, la troisième et la quatrième… Ils misaient simplement sur l’élimination du Hezbollah. Ce terme a été utilisé dans les coulisses diplomatiques. Après l’élimination du Hezbollah, ce sera le moment de régler leur compte à tous ses alliés et ses amis dans les rangs nationaux qui veulent une réelle souveraineté et une réelle indépendance. Ce qui a donc arrêté la guerre, après l’intervention divine, ce sont donc vos fils et cette population loyale, courageuse et fidèle qui a appuyé la résistance des frontières aux frontières et qui l’a accueillie dans ses mosquées, ses églises, ses couvents, ses écoles. Ce sont ceux-là qui ont arrêté la guerre. Si donc quelqu’un a le droit de célébrer cette victoire, c’est bien vous qui êtes là aujourd’hui.

Il y a une controverse aujourd’hui sur le fait de savoir si ce qui s’est passé au Liban est une défaite ou une victoire. Je ne veux pas entrer dans cette polémique. Je me contenterai de ceci : celui qui sent que son projet, sa vision et sa ligne  ont gagné célèbre la victoire et celui qui considère qu’il a perdu parle de défaite. Nous autres, nous sentons que nous avons gagné, nous sentons que le Liban  la Palestine et la oumma arabe ont gagné, ainsi que tous ceux qui sont opprimés dans le monde. Cette victoire n’est donc pas celle d’un parti. Je vais répéter ce que j’avais dit à Bint Jbeil le 25 mai 2000. Il ne s’agit pas de la victoire d’un parti ou d’une confession ou encore d’une partie. C’est la victoire du Liban, de sa population et de tout homme libre dans le monde. N’enfermez pas cette grande victoire historique dans des boîtes partisanes ou confessionnelles. Cette victoire est beaucoup trop grande pour être absorbée par nos cerveaux. Les semaines, les mois et les années à venir confirmeront cela. Il me suffit d’énumérer les résultats immédiats : votre résistance a mis en échec tous les objectifs de l’agression. C’est déjà une victoire. Votre résistance a porté un coup dur au projet de Nouveau Moyen Orient évoqué par Condoleeza Rice qui avait dit que la guerre de juillet était les douleurs de l’enfantement de ce Nouveau Moyen Orient… qui a finalement avorté parce qu’il était illégitime. Votre résistance a dévoilé les politiques américaines trompeuses qui parlent de droits de l’homme, de libertés, de démocratie et de respect. Votre résistance a relevé le niveau d’éveil et par conséquent d’hostilité à l’encontre des politiques américaines, au Liban, dans le monde arabe et dans le monde tout entier. A cause de votre résistance, un homme que je qualifierai d’Arabe et encore d’Arabe, Hugo Chavez a pu dire devant les Nations Unies : la résistance au Liban inspire aujourd’hui tous les résistants dans le monde, tous ceux qui aspirent à la liberté dans le monde et tous ceux qui  refusent l’humiliation qu’infligent les Américains au monde. C’est cela notre victoire et le résultat de notre combat. Comme elle avait offert un modèle en 2000, votre résistance a donné la victoire de 2006, une résistance historique, miraculeuse et c’est devenu un modèle pour les Arabes, les musulmans, les dirigeants, les armées et les populations.  Hier, le groupe des Etats Arabes s’est rendu au Conseil de sécurité, quémandant un compromis et la paix. Et moi je leur dis : je ne vous parle pas d’éliminer Israël. Je vous parle du compromis que vous réclamez : comment peut-il être respectable et honorable si vous déclarez vous-mêmes que vous ne vous battrez pas pour le Liban, ni pour Gaza, ni pour la Cisjordanie, ni même pour Jérusalem. Comment comptez-vous obtenir un accord honorable alors que vous répétez chaque jour que vous n’avez pas l’intention d’utiliser l’arme du pétrole et si quelqu’un vous en parle, vous vous moquez de lui.

Vous ne voulez pas vous battre, vous ne voulez pas boycotter et vous ne voulez pas utiliser l’arme du pétrole. Vous ne voulez pas laisser les gens descendre dans la rue et vous ne laissez pas la résistance en Palestine s’armer. Vous l’encerclez et vous ne lui donnez pas de l’argent, vous la privez des salaires, vous l’affamez pour faire plaisir à Condoleeza Rice. Comment dans ce cas, comptez-vous obtenir un accord honorable et juste ?  Les Israéliens font-ils cas de vous ? Je vous dis aujourd’hui que les Israéliens respectent la résistance et le peuple du Liban. Mais ils méprisent tous ceux qui quémandent des accords.

Même l’initiative arabe sur laquelle vous vous êtes entendus pendant le sommet de Beyrouth exige de la force, du courage et des hommes. Mais vous ne voulez pas utiliser la force. Vous ne pouvez même plus utiliser l’argument de la faiblesse, le peuple du Liban a fait tomber cet argument aux yeux de tous les peuples du monde et face à toutes les armées arabes et musulmanes. Les peuples et les armées arabes ne sont pas seulement capables de libérer Gaza et la Cisjordanie et Jérusalem est. En toute simplicité, il suffit d’une décision et de volonté et ils pourront reprendre la Palestine de la mer jusqu’au fleuve. Mais le problème c’est quand l’homme se place devant ce choix : entre son peuple et son trône, il choisit son trône et entre Jérusalem et son trône, il choisit son trône, entre la dignité de sa patrie et son trône, il choisit son trône.

La particularité de la résistance au Liban et en Palestine, c’est qu’elles ont choisi la dignité de leur peuple et leur liberté et elles ont offert leurs fils et ceux qu’elles aiment pour aller vers le royaume de Dieu. Votre résistance aujourd’hui a ébranlé Israël et l’image de l’armée invincible, ainsi que celle de l’Etat que nul ne peut faire plier. C’est fini tout cela et ce ne sont pas des slogans que je lance. Pour vous en convaincre il vous suffit de lire et de regarder ce qui se passe chez les sionistes, ce que disent les généraux israéliens. Ehud Olmert a protesté et a demandé pourquoi nous sommes en train de célébrer la victoire. Pourtant le quotidien Yedioth Ahronaut a publié un sondage dans lequel les israéliens doivent nommer la personnalité qu’ils jugent la plus apte à être Premier ministre et Olmert a obtenu 7% des voix. L’héroïque ministre de la Défense a obtenu 1%. Israël est vaincu dans son entité politique et dans son appareil militaire, y compris les services de renseignements. Son image a changé. Plus aucun dirigeant arabe  n’est désormais en mesure de présenter des concessions, sous prétexte  qu’on ne peut rien faire contre Israël.

Un jour, un vieil homme avec une grande expérience avait dit : si chacun de nous verse un seau d’eau sur la Palestine, Israël sera noyé sous les eaux.  Cent, deux cents ou trois cents millions d’individus peuvent vaincre Israël. Quelques milliers de Libanais l’ont fait. L’argument de l’impuissance est donc tombé. Nous devons donc entrer dans une nouvelle ère, celle où nous pouvons dicter nos conditions à l’ennemi, celle où nous retrouvons notre dignité, notre liberté, notre souveraineté et nos symboles sacrés.

En cette journée de la victoire divine, et avant d’évoquer les questions internes,  je voudrais confirmer deux souhaits qui sont comme un testament. Comme je l’avais fait le 12 juillet, je voudrais dire que notre tristesse est aujourd’hui pour la Palestine, pour Gaza, pour Nablus, pour Ramallah, pour Jénine et pour chaque localité palestinienne. Chaque jour des Palestiniens sont tués et frappés dans le silence du monde, le monde arabe avant la communauté internationale. Jusqu’à quand le silence continuera à régner ? jusqu’à quand se poursuivra cette honte ? On ne vous demande pas d’envoyer vos armées en Palestine, juste d’aider ce peuple, moralement et politiquement, financièrement et en matière d’armes et en Palestine, il y a des chefs, des organisations, des unités, des jeunes, des femmes, des hommes des enfants capables de renouveler le miracle divin que nous venons de vivre.

Le second message est pour l’Irak, que nous Libanais, devons regardez comme un exemple. Si la guerre contre le Liban avait réussi, les Américains auraient voulu étendre ce modèle à l’Irak. Au Liban, nous avons eu des martyrs, de l’armée, de la résistance, des forces armées, de la Défense civile, de la Croix Rouge, des médias, des différents partis et de notre peuple tant aimé. Nous avons eu 1200 martyrs. En Irak, chaque mois, des dizaines de milliers de gens sont tués dans une guerre absurde financée par les Américains et le Mossad. C’est la résistance au Liban qui a protégé ce pays de l’éclatement d’une guerre civile. Certains disent que la résistance pousse le Liban vers la guerre civile. C’est faux. Si Israël avait remporté la victoire c’est alors que la guerre civile aurait éclaté. Vous auriez alors entendu parler de fédération, de cantons, de partition. Vous auriez entendu l’hébreu. Nous devons nous arrêter devant le modèle irakien et notre message au peuple irakien est de résister, de patienter, d’être sage, de maintenir le contact entre ses différentes composantes et de ne pas tomber dans la discorde et le pari sur l’ennemi.

Notre message au Liban est que notre sauvetage à tous, notre espoir et notre souhait est dans l’édification d’un Etat fort et capable, juste et propre. C’est notre espoir. En principe cela devrait faire l’unanimité chez les Libanais. Au nom du sang de nos martyrs, nous disons par anticipation : tout propos sur la partition du Liban est d’origine israélienne. Même chose pour tout ce qui évoque la fédération, ou les cantons. Notre sort, notre destin, notre volonté et notre décision au Liban sont de vivre ensemble dans un Etat unique, fort et juste. C’est cet Etat qui protège le Liban des ambitions israéliennes, qui traite les questions quotidiennes, préserve chaque goutte d’eau du Wazzani et du Hasbani, qui protège les citoyens, par la force, la loi, la raison, l’unité et la volonté nationale. Les larmes ne protègent personne. Nous voulons cet Etat fort, indépendant, équitable, qui refuse toute tutelle et toute hégémonie étrangère, un Etat digne qui rejette les conditions humiliantes, où il n’y a pas de place pour le vol, le gaspillage et le pillage. C’est de cet Etat que nous avons besoin.

C’est cela le moyen naturel de régler la question de la résistance. Dans ce contexte, il y a ceux dont les cœurs brûlent à cause de la volonté de régler la question des armes de la résistance.  A ceux-là, je dis : ne traitons pas les résultats, mais les causes. La résistance est le résultat de l’occupation, de la détention des prisonniers chez l’ennemi, du vol de notre eau, des menaces israéliennes et des violations de la souveraineté libanaise. Ce sont celles-là les causes qui ont donné naissance à la résistance. Traitez-les et les résultats seront facilement réglés. Lorsque nous bâtirons un Etat fort, juste qui protège le Liban et les Libanais, nous trouverons une solution honorable pour la question de la résistance et de ses armes. Je voudrais que les Libanais entendent clairement ce que je vais dire : Nous ne disons pas que les armes de la résistance devront rester éternellement. Ce n’est pas logique qu’elles restent indéfiniment. IL faudra bien un jour mettre fin à la présence de ces armes. La façon naturelle de régler cette question est de traiter les causes qui l’ont créée. Construisons ensemble un Etat fort et juste qui protège la patrie et les citoyens, leurs biens et leur dignité et on verra alors que la question de la résistance n’exige pas une conférence de dialogue. Mais il n’est pas possible de permettre à l’Israéliens d’avancer vers Chebaa, d’avancer vers Khiam, Marouahine et Dhaïra et lui permettre de voler l’eau du Wazzani au lieu de la préserver. Ce n’est pas comme cela que l’on protège la patrie.

C’est pourquoi je dis que parler de déposer les armes de la résistance à l’ombre de l’Etat actuel et du régime actuel, c’est garder le Liban à découvert face à Israël qui pourra tuer les personnes de son choix, bombarder quand il le souhaite, violer notre terre et voler notre eau. En toute clarté, une telle situation est inacceptable. Nous ne nous sommes pas battus à partir de 1982 et nous n’avons pas passé ces 26 dernières années à nous battre, perdant la fleur de nos jeunes et de nos années pour en arriver là. C’est absurde. La solution logique est donc d’édifier un Etat fort qui inspire confiance aux citoyens et qui peut les protéger.

Face à ces figures illuminées qui viennent de tous les coins du Liban et qui appartiennent à toutes les communautés et à toutes les confessions, je voudrais dire ceci : croire que l’on peut mettre fin à la résistance par les menaces, les pressions et l’isolement est illusoire. Croire que l’on peut en finir avec la résistance en l’entraînant dans une discorde avec l’armée est aussi illusoire. L’armée et la résistance sont deux frères qui s’aiment et que nul ne peut séparer. Ceux qui croient qu’on peut briser la résistance par le biais d’une nouvelle guerre israélienne doivent réécouter ce que disent les Israéliens eux-mêmes : Tsipi Livni, Moshé Arens notamment : nous pensions pouvoir défaire le Hezbollah mais nous avons découvert qu’aucune armée dans le monde ne peut défaire cette organisation. J’ajoute : aucune armée dans le monde ne peut nous ôter nos armes, tant que ce peuple loyal et aimant nous appuie. Je ne brandis pas la menace des armes. Je mise sur ce peuple qui appuie la résistance. Je mise sur cette femme âgée qui devant sa maison en ruines a lancé : ma maison, ma vie, tout est dédié à la résistance et à ses armes. Certains ont même dit ; si le sayed dépose les armes, il sera un traître et moi je leur réponds : je vous promets, peuple noble et loyal que je n’aspire pas à finir ma vie dans la trahison mais dans le martyre.

Tous ces paris sont donc perdants, car, au Liban, il y a un peuple et une résistance qui refusent l’occupation, l’humiliation, l’insulte et l’oppression. Ce peuple et cette résistance sont prêts à se sacrifier et à sacrifier leurs fils et ceux qui leurs sont chers pour la patrie. Le Liban, dans la région aujourd’hui, est grand grâce à vous. Je le dis sans exagérer. On tient compte de lui , l’Occident le fait et Israël aussi. Le monde opprimé le regarde avec respect et fierté.

Pour que nul ne s’inquiète, je le répète, nous ne voulons pas conserver nos armes éternellement. Je le répète aussi, comme je l’avais dit il y a 25 ans, ces armes ne sont pas destinées à l’intérieur du pays et elles ne seront pas utilisées à l’intérieur. il ne s’agit pas d’armes chiites, mais libanaises. Ce ne sont pas les armes du chiite, du sunnite,, du druze, du chrétien ou du musulman. Ce sont les armes de tous les Libanais qui veulent protéger le Liban, sa souveraineté et son indépendance. Je vous promets que l’identité de ces armes restera la même. C’est une promesse  que je fais à Dieu, à la oumma et aux martyrs. L’introduction au retrait de ces armes est donc la construction d’un Etat  juste et fort, résistant, noble et propre. C’est peut-être un trop grand objectif. Pour ne pas rester dans la théorie, je dirais que nous ne sommes pas là aujourd’hui pour dire qui a réussi et qui a échoué à l’examen. Quels que soient nos conflits et quelles que soient nos rivalités et aussi difficiles que soit notre situation, nous sommes aujourd’hui  dans une véritable impasse. Nul ne peut prétendre constituer une majorité et ignorer les autres, en se disant que tout va bien.

Il y a donc une véritable impasse au Liban, aujourd’hui, surtout après la guerre. Il y a une division nationale, qui n’est pas confessionnelle. Il ne s’agit pas d’un conflit entre les sunnites et les chiites, les musulmans et les chrétiens ou entre les druzes, les chrétiens, les sunnites et les chiites. Pas du tout. Il y a donc une division politique nationale. Il y a des choix stratégiques sur lesquels des parties chiites, sunnites, druzes et chrétiennes sont d’accord et d’autres sur lesquels des parties chiites, sunnites, chrétiennes et druzes sont d’accord aussi.Lorsque des chiites ont fait des déclarations qui ne vont pas dans le sens des choix du Hezbollah et du mouvement Amal, certains ont cru que cela allait nous attrister. Mais au contraire, nous étions heureux car ces déclarations montrent que le conflit n’est pas confessionnel, mais politique.

Regardez comment ils font de faux calculs. Ils croient nous faire du tort, mais au contraire, ils nous rendent service. Nous nous trouvons face à une division politique. En ce rassemblement de la victoire, je vous appelle donc à ne pas laisser ceux qui le souhaitent transformer le conflit politique en conflit confessionnel. Il ne faut pas utiliser les fibres confessionnelles pour défendre des choix politiques. Ce serait jouer avec le feu et détruire le pays. Oui, nous sommes divisés sur les choix politiques, nous nous disputons, nous dialoguons, nous nous attaquons à travers les médias et parfois nous descendons dans la rue et nous allons vers des élections, selon les procédés démocratiques légitimes. Je voudrais confirmer cela aujourd’hui. Tant qu’il y a une division politique, il y a des défis graves à relever. L’équipe actuellement au pouvoir au Liban ne peut continuer à faire comme si de rien n’était. L’issue naturelle est la formation d’un gouvernement d’union nationale. Lorsque je parle d’un gouvernement d’union nationale, cela signifie que je ne veux éliminer ou exclure personne. Comme je l’ai dit le 25 mai dernier, essayons ensemble de protéger le Liban, de construire le Liban, de le fortifier et de l’unifier. En toute franchise, le gouvernement actuel n’est pas capable de protéger le Liban, ni de le reconstruire, ni de l’unifier.

Cela ne signifie pas que nous voulons écarter ou éliminer quelqu’un. Au contraire, nous lançons un appel pour travailler ensemble à la reconstruction du pays, à l’édification d’un Etat juste et fort. Cela commence par la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il ne s’agit pas d’un slogan pour la consommation locale, ou pour gagner du temps ou encore pour satisfaire les amis et les alliés. C’est notre projet sérieux pour lequel nous travaillerons sérieusement au cours de la période à venir. La seconde étape sera la construction d’un Etat fort, juste et cela commence par l’adoption d’une loi électorale équitable qui permet à toutes les communautés de se sentir représentées  de façon réaliste et équitable, sans qu’aucune ne se sente lésée. C’est comme cela que nous bâtirons un Etat fort, juste et capable qui nous permettra de résoudre nos problèmes. Nous en arrivons  aux dossiers qui restent. Au sujet des armes de la résistance, il y a un aspect lié à la situation actuelle.

Ils viennent pour faire un blocus maritime. Pourquoi ? Pour protéger le Liban ? Non. La chancelière allemande a elle-même déclaré que la flotte allemande assure un rôle historique dans la protection du droit à l’existence d’Israël. Ils viennent donc par la mer et cherchent  à contrôler le ciel et les frontières. Mais je leur dis, faites tout cela, cela ne changera rien à la détermination de la résistance et cela ne réduira pas ses armes. Nous avons mené une guerre de 33 jours et nous étions prêts à continuer pour une période encore plus longue. Ce que nous avons utilisé pendant cette guerre n’est qu’une partie infime de nos moyens. A Bint Jbeil j’avais dit nous avons plus de 12000 missiles. J’ai ensuite rectifié en précisant que nous avions au moins 12000 missiles. Aujourd’hui, je le dis clairement : vous pouvez imposer un blocus maritime, fermer le ciel et les frontières terrestres, la résistance possède plus de 20 000 missiles. En quelques jours et après avoir mené une guerre féroce, elle a réussi à recosntituer ses unités et sa structure militaire et organisationnelle et elle est aujourd’hui plus forte qu’elle ne l’était le 12 juillet. Car elle a acquis une expérience et une détermination encore plus forte. Aujourd’hui, la résistance est plus forte qu’elle ne l’a jamais été depuis 1982.

Au sujet des détenus en Israël, je vous dis qu’ils vous reviendront tous avec l’aide de Dieu. Au nom de la résistance, je vous l’avais promis le 12 juillet. J’avais dit que le monde entier peut bien intervenir, les otages israéliens ne reviendront chez eux que dans le cadre de négociations directes ou indirectes qui seront suivies d’un échange. Après le 12 juillet, je répète cela : le monde entier est intervenu, il y a eu une guerre d’une rare violence et les otages sont toujours avec nous. Ils ne seront rendus que lorsque ceux que nous réclamons seront libérés. Ce dossier est clair et le monde entier doit se reposer. Il n’y a rien à faire.

Au sujet des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba, les habitants de ces localités ont eu peur ces derniers jours à cause des nouvelles mesures dans la zone frontalière. Je leur dis clairement : nous n’abandonnerons pas les fermes de Chebaa ni les collines de Kfarchouba. Nous ne renoncerons à aucun pouce du territoire libanais occupé. Dans le cadre des négociations pour mettre un terme à la guerre, il y a eu des discussions sur la libération des fermes de Chebaa, les Américains ont accepté, puis ils se sont rétractés, comme à leur habitude. Ils ont dit : nous ne pouvons pas restituer les fermes de Chebaa au Liban à l’heure actuelle. Pourquoi ? Car ils ne veulent pas donner une victoire au Hezbollah. Je leur dis, donnez cette victoire à qui vous voulez mais rendez les fermes de Chebaa au Liban.

Si la volonté politique sérieuse avait existé et si la résistance politique était complémentaire avec celle sur le terrain, il aurait été possible, dans le sillage de la guerre de reprendre les fermes de Chebaa et les collines de Kfarchouba. Mais je vous affirme que de toute façon, elles sont dans le collimateur de la résistance. Aujourd’hui, l’armée est présente à la frontière, l’armée nationale libanaise  ainsi que les soldats de la Finul dont le nombre a atteint 5000 hommes.  Quand la résistance était sur place, il suffisait à un tracteur israélien d’avancer de quelques mètres pour être la cible d’une attaque. Maintenant, les frontières sont plus ouvertes. Ce n’est certes pas lié à l’armée libanaise qui a le courage et la volonté de s’opposer  à l’occupant. Ses officiers et ses soldats sont nos frères. Cette question relève de la décision politique. Si le gouvernement veut transformer l’armée en force qui enregistre les plaintes et les violations, ce serait injuste et humiliant pour l’armée. L’armée ne l’acceptera pas et le peuple libanais ne l’acceptera pas. L’armée ne sera pas comme la Finul présente depuis 1982 à compter les violations sans réagir. L’armée libanaise a pour mission de défendre la patrie, les citoyens et leurs biens. C’est sur cette base qu’elle a été envoyée au Sud par une décision du gouvernement. Aujourd’hui, la souveraineté de la patrie est violée, des citoyens sont enlevés de temps à autre et sont agressés dans leurs droits. Quelle décision politique prendra le gouvernement ?

Nous avons patienté jusqu’à présent car nous ne voulons pas violer la résolution 1701, qui n’est d’ailleurs pas sacrée. Car nous savons que toute violation, même infime, de notre part soulèvera un vaste tollé contre nous. Depuis la cessation des hostilités, Israël multiplie les violations et les exactions et le monde entier se tait. Mais soyez sûrs que notre patience a des limites. Si l’Etat et le gouvernement n’assumeront pas leurs responsabilités dans la défense de la terre et des citoyens, le peuple libanais assumera la sienne comme il l’a fait en 1982.

Aux sionistes, je dis, si quelqu’un vous a donné des garanties sécuritaires, je l’ignore. Si on vous a donné des garanties sécuritaires sous la table ou au-dessus d’elle, nous ne sommes pas concernés, ni la résistance ni le peuple libanais ne sont concernés. Nous devons donc mobiliser notre volonté nationale et nous tenir derrière l’armée, pour qu’elle soit forte et bien équipée et qu’elle soit en mesure de remplir sa mission de protection du peuple, de la patrie et des biens des citoyens.

Au sujet de la Finul, nous avons accueilli les casques bleus avec bienveillance car leur mission est de soutenir l’armée libanaise. Leur mission n’est donc pas d’espionner le Hezbollah ou de retirer les armes de la résistance. C’est ce qu’a dit le secrétaire général de l’ONU M.Kofi Annan et plusieurs responsables internationaux. Jusqu’à présent je n’ai pas entendu un seul pays participant à la Finul dire qu’il envoie ses soldats  pour défendre le Liban et les Libanais. Ils parlent de protéger Israël. Les soldats de la Finul sont donc les bienvenus tant qu’ils respectent la mission qui leur a été confiée. Je voudrais d’ailleurs alerter les responsables des casques bleus car j’ai entendu dire qu’il y aurait un projet d’entraîner la FINUL dans une confrontation avec la résistance. J’ai entendu dire que la présence de la Finul pourrait rééquilibrer les forces internes en défaveur de la résistance. Ce serait une option dangereuse. Les casques bleus sont venus dans le cadre d’une mission précise, celle de soutenir l’armée libanaise. Ils doivent s’y conformer et ne pas intervenir dans les affaires internes libanaises.

Au sujet des polémiques politiques, je voudrais dire que nous ne souhaitons pas entre dans une polémique politique avec qui que ce soit. Pendant la guerre, nous avons entendu beaucoup de propos désobligeants. Nous nous sommes tus et nous avons patienté. Les polémiques se sont poursuivies après la fin de la guerre. Nous avons été attaqués dans les médias et sur le plan politique. Mais dans les derniers communiqués, les choses sont devenues inacceptables, même pour les Prophètes, ce que nous ne sommes pas.

Que les critiques viennent d’une personne ou deux ou même trois passe encore. Mais que de nombreuses personnalités se réunissent au Bristol pour dire que la guerre au Liban est une guerre pour le compte de l’Iran, pour favoriser le dossier nucléaire iranien et pour saboter le TSL, cela dépasse l’entendement. Nous sommes fiers de notre relation avec la République islamique d’Iran dirigée par l’imam Khomeiny. Nous sommes aussi fiers de notre relation avec la Syrie, commandement et peuple. Mais nous sommes des gens indépendants et libres. Notre décision est souveraine et notre passé le prouve bien plus que le leur. Cette guerre a été menée par Israël et les Etats-Unis et Condoleeza Rice a parlé de douleurs de l’enfantement du Nouveau Moyen Orient. Olmert et d’autres dirigeants israéliens ont déclaré qu’ils voulaient à travers cette guerre briser le Hezbollah et malgré cela, on nous accuse de l’avoir menée pour le compte des Iraniens ou pour saboter le TSL ! Ces propos sont une honte. Certains me disent : « sayed, n’entrez pas dans cette polémique ». Je les remercie pour leur souci de me protéger et pour leur respect à mon turban de dignitaire religieux, mais je leur dis, si j’ai de la dignité et si je suscite le respect c’est à cause de la résistance et du sang de ses martyrs. J’appelle donc à cesser les polémiques et à renoncer aux affirmations ridicules, qui font mal mais n’ont aucun lien avec la réalité. Gardons donc le débat dans les limites de la rivalité politique logique. En définitive, notre sort est le même et nous devons au final édifier le Liban ensemble. Mais je ne me tairai pas sur les insultes adressées à la résistance et à son peuple. Il y a quelques jours, un pilier du 14 Mars a dit que le peuple de la résistance ne réfléchit pas. Etes-vous réellement dépourvus de raison et ne réfléchissez-vous pas ? Personnellement, je respecte leur public et leurs partisans, mais je n’accepte pas que le peuple de la résistance soit insulté de la sorte. Cette personnalité doit présenter ses excuses. Nous ne sommes pas un parti totalitaire, ni un groupe ou une organisation totalitaire. Mon père n’était pas un bey, mon grand père non plus et mon fils ne le sera pas. Nous voulons des hommes politiques qui nous sortent de la division actuelle. Nous sommes engagés dans l’édification de l’Etat et notre projet est celui-là. Nous avons notre dignité et nous n’acceptons pas qu’elle soit bafouée. Nous n’acceptons pas d’être humiliés par ceux qui affirment vouloir reconstruire nos maisons, qui ont justement été détruites pour préserver notre dignité. Que personne ne croit pouvoir se gausser de nous en bafouant notre dignité. Nous avons donné du sang et des martyrs pour elle et nous sommes prêts à le refaire. C’est pourquoi je lance donc un appel au calme, à la raison. Nous sommes à la veille du mois du Ramadan que Dieu fasse qu’il soit bon pour tous et qu’il soit une occasion pour revenir à soi, pour réfléchir, pour étudier les réalités telles qu’elles sont. Ne faites donc pas de faux calculs et ne bâtissez pas votre vision sur des données fausses.  

Source : French.alahednews

14-08-2015 | 12:04
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