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La bataille de Kobané… La Turquie et le prix exorbitant à payer!

La bataille de Kobané… La Turquie et le prix exorbitant à payer!
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Par Akil Cheikh Hussein

La zone-tampon revendiquée par Erdogan comme un pas sur la voie de la réalisation de son rêve hystérique de neutraliser la Syrie n'acquiert pas le consentement de Washington qui craint un nouvel embourbement après toutes ses défaites dans la région. N'ayant pas pu renverser le régime syrien, le projet israélo-américain ne trouve pas mal le fait de liquider la Turquie. C'est la guerre de tous contre tous à l'intérieur du camp qui réunit les ennemis de la Syrie.
Erdogan a du se sentir effrayé en observant la grande mobilisation conduite par Washington en vue de former la Coalition internationale contre «Daech». Sa frayeur vient d'une erreur de pronostic : Pensant que «Daech» sur lequel la Turquie nourrissait, en parfait accord avec les Etats-Unis, des grands espoirs et lui consacrait un traitement préférentiel sur les plans de l'accueil, du financement, de l'entrainement et de l'armement, allait se vaporiser sous les frappes aériennes de la Coalition.

Ankara et Washington en accord pour permettre à «Daech» d'envahir Aïn-al 'Arab

Cependant, Erdogan ne pouvait, après un mois entier de bombardement qui n'a pas réussi d'empêcher «Daech» de poursuivre son avancée rapide, que réviser ses convictions et se constituer une nouvelle façon de voir qui l'aiderait à se rassurer au sujet de ce groupe terroriste et takfiri. Surtout avec l'éclatement de la question de Aïn-al 'Arab (Kobané) et l'éclaircissement de la position américaine telle qu'elle s'est exprimée dans les déclarations de John Kerry affirmant qu'empêcher la chute de la ville ne fait pas partie de la stratégie américaine.
Ces déclarations, d'une part, et non seulement la passivité turque face à l'avancée de «Daech»,La bataille de Kobané… La Turquie et le prix exorbitant à payer! mais surtout l'interdiction par le gouvernement Erdogan aux volontaires kurdes venus de Turquie de franchir les frontières pour porter secours à Aïn-al 'Arab, d'autre part, tout cela ne fait, malgré la prétendue guerre mondiale dirigée par Washington contre «Daech», que prouver le désir qu'ont Ankara et Washington de livrer la ville à «Daech» afin qu'il y commette ses exactions habituelles envers ses défenseurs et les civils qui n'ont pas pu ou voulu la quitter.
Pourtant l'accord total de Washington et d'Ankara sur cette question cèdera la place, dans les conditions des divergences grandissantes entre les parties engagées dans la guerre contre la Syrie, à des différences de vues en ce que concerne l'étape qui suivra la chute de Aïn-al 'Arab et la conquête par «Daech» de territoires supplémentaires sur les frontières turques.
De son côté, Erdogan voit dans la chute de la ville, en plus du renforcement de la puissance de «Daech» qui est devenu le principal cheval dans la guerre contre la Syrie, une punition aux Kurdes syriens qui refusent de rejoindre le camp des ennemis de la Syrie.
D'un autre côté, la possible adhésion de la Turquie à la prétendue coalition contre «Daech» lui permet de jouer le rôle de la victime en prétendant qu'elle se trouve d'ores et déjà sous la menace de «Daech». En outre, cela donne de la force à ses revendications en ce qui concerne la création d'une zone-tampon qui mettrait ses frontières à l'abri de cette menace. En même temps, cela lui permet de poursuivre son action visant à réaliser le grand rêve d'Erdogan représenté par la destruction de la Syrie le plus rapidement possible.
Cependant, les Américains qui tiennent à leur tour à détruire la Syrie mais qui sont certains de l'impossibilité d'atteindre cet objectif à court terme, considèrent cette idée d'Erdogan (elle n'est admirée que par François Holland) comme maladroite et débile. Elle requiert l'accord du Conseil de sécurité qui, plus d'une fois, s'est heurté au véto russe et chinois. En outre, Washington qui n'a jamais respecté le Conseil de sécurité et la loi internationale n'est plus à même de mener une guerre d'agression contre la Syrie ou tout autre pays, car elle sait qu'une telle aventure l'embourbera dans une nouvelle guerre qui ne pourra que lui être beaucoup plus désastreuse que toutes ses guerres perdues en Afghanistan, en Irak, en Liban, à Gaza et au Yémen...

Guerre civile à l'intérieur de la Turquie

Pour toutes ces raisons, mais aussi en raison des difficultés et de la longue durée nécessaire pour entrainer ce qu'on appelle l'opposition syrienne, ou pour former des armées arabes et/ou musulmanes pour intervenir en Syrie sous le couvert de la lutte contre «Daech», Washington préfère que la Turquie se charge, elle-même, qu'elle le veuille ou non, de cette tâche... ce n'est pas pour rien qu'elle possède la deuxième plus puissante armée dans le Nato, et rien n'empêche de l'engouffrer dans une guerre qui, l'affaiblissant, l'ajoute aux pays que le projet dit du Grand Moyen-Orient vise à déchirer et à détruire.
La Turquie refuse, certes, de s'engager «toute seule» dans une telle guerre. Pourtant, personne ne lui demandera son avis lorsque les ordres seront donnés à «Daech» et à ses cellules dormantes partout en Turquie d'entrer en action.
Même en laissant de côté la maladresse d'Erdogan quant à son pari concernant le renversement de la Syrie, ou au fait qu'il compte sur une fidélité absolue qui lui est due -pense-t-il- de la part de «Daech», son arrogance et son peu d'imagination quant à sa manière d'agir envers le Kurdes et leur cause, ont introduit la Turquie, déjà affaissée sous ses problèmes, dans la fournaise d'une véritable guerre civile. Ainsi, depuis le 7 octobre, le cessez-le feu en vigueur depuis un an et demi avec la Parti des Travailleurs Kurde (PKK) est rompu. Il s'ensuit que la Turquie entière, et non seulement ses régions kurdes, est devenue, selon radio «France Internationale», le théâtre de violences «sans précédent». Es centaines de morts et de blessés et d'incalculables manifestations de destruction et de chaos à Istanbul, Ankara, Izmir et autres villes... A rappeler que le problème kurde n'est qu'un seul parmi d'autres problèmes qui pèsent lourd pour Erdogan et son gouvernement.

Source : French.Alahednews

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