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65% des kamikazes de Daech sont Saoudiens

65% des kamikazes de Daech sont Saoudiens
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Par Samer R. Zoughaib

65% des kamikazes de Daech et 44% du total des morts de l'organisation terroriste seraient de nationalité saoudienne. Que fait le monde «civilisé» face à ces réalités?

Après avoir fait la sourde oreille pendant trois ans et demi aux mises en garde de la Syrie au sujet de l'afflux de dizaines de milliers d'extrémistes du monde entier sur son territoire, l'Occident commence à prendre la mesure de la gravité du danger. Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et d'autres pays sont en train de récolter le fruit amer et empoisonné qu'ils ont semé. Dans l'espoir de renverser le président Bachar al-Assad, ils ont, en effet, encouragé l'«émigration jihadiste» vers la Syrie, principalement à travers la Turquie mais aussi via le Liban et la Jordanie. Les filières sont organisées et financées par des milieux officiels ou officieux saoudiens et d'autres pays du Golfe. 

Pas plus tard que lundi, le quotidien algérien An-Nahar a rapporté que les forces de sécurité65% des kamikazes de Daech sont Saoudiens
algériennes ont démantelé un réseau qui envoyait en Europe du Sud des kamikazes et des terroristes recrutés par l'«Etat islamique» (ex EIIL, ou Daech, en arabe) pour perpétrer des attentats.
Une partie des terroristes en puissance sont donc des kamikazes potentiels. Aujourd'hui, l'«Etat islamique» (EI) disposerait d'une armée de fanatiques prêts à se faire sauter n'importe où. Alain Rodier, directeur de recherche chargé du terrorisme et de la criminalité organisée au Centre français de Recherche sur le Renseignement (CF2R) estime qu'«il est légitime de s'interroger sur le risque que cela fait peser sur les pays occidentaux si des fanatiques en venaient à commettre ce type d'opérations dans une grande ville.»

50000 combattants étrangers

Le chercheur français indique que de nombreuses nationalités sont représentées au sein de l'EI, avec de gros contingents maghrébins (surtout des Tunisiens et des Marocains), saoudiens, libyens, caucasiens et Européens, ainsi qu'une poignée d'Américains. «Globalement, depuis 2011, 12000 étrangers seraient passés en Syrie et 3000 seraient actuellement présents sur place», ajoute M. Rodier.

Mais des sources bien informées à Beyrouth assurent que plus de 50000 étrangers sont passés dans les camps de l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi et des milliers combattent actuellement dans ses rangs. Ce phénomène répond à la stratégie de Daech qui se présente comme le champion du «jihad mondial». C'est ce qui explique que la majorité des kamikazes qui commettent des attentats en Syrie ou en Irak sont des étrangers. Ces attaques sont médiatisées à outrance par l'EI, qui poste des vidéos sur les réseaux sociaux, pour attirer de nouvelles recrues.

Une étude préparée par le journaliste Bill Roggio du «Long war journal», montre que sur 26 cas d'attaques suicide, 24 ont été perpétrées par des étrangers: 10 Tunisiens, 5 Saoudiens, 2 Libyens, 2 Egyptiens, 1 Danois, 1 Tchétchène, 1 Iranien, 1 Tadjik et 1 Allemand.

Le nom de l'Arabie saoudite revient fréquemment sur les réseaux sociaux, dans les enquêtes journalistiques ou dans les rapports confidentiels des services de renseignements arabes et étrangers.

Citant un site extrémiste proche de l'EI, la chaine de télévision panarabe al-Mayadeen affirme que 65% des kamikazes de l'organisation terroriste sont de nationalité saoudienne. 20% sont Libyens, et Tunisiens et 15% viennent d'autres pays. Une infographie publiée par ce même site montre que 44% du total des morts de Daech sont des Saoudiens. 

Les premiers contingents de Saoudiens partis en Syrie étaient constitués de détenus d'Al-Qaïda, amnistiés par les autorités à condition qu'ils aillent se battre contre le régime syrien. Une enquête publiée par le prestigieux journal américain USA Today, en septembre 2013, précise que 1239 détenus ont été libérés avec la promesse que des salaires seraient versés à leurs familles s'ils vont pratiquer le «jihad» en Syrie.

Il est clair que l'élément saoudien occupe une place centrale au sein de Daech, aussi bien au niveau du commandement que des combattants de base. La lutte contre cette organisation ne peut être efficace que si l'Arabie saoudite prend elle-même des mesures sérieuses contre ses responsables impliqués dans le soutien de tout genre accordé à l'EI, même s'ils occupent un rang important au sein de la famille royale ou de la hiérarchie religieuse.

Source : French.alAhednews

 

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