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Au Liban, le complot continue…

Au Liban, le complot continue…
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  Par Soraya Hélou

Depuis ce sinistre 14 février 2005 qui a vu le terrible attentat contre l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, le complot se poursuit au Liban et contre ce pays, dans un seul but: y semer la discorde et détruire la force grandissante du Hezbollah qui en a modifié les équilibres internes, tout en ayant un impact déterminant sur les rapports de forceAu Liban, le complot continue…
régionaux, en redonnant du poids au courant de la résistance face à «Israël».

La lecture peut paraître simpliste, mais elle reste la plus logique, loin des réactions instinctives et affectives. Si on reprend la triste série d’événements sanglants qui ont secoué le Liban depuis cette date fatidique, la même question se pose chaque fois: à qui profite le crime?

Et à chaque fois, la réponse est la même. Elle permet au camp hostile au Hezbollah de le pointer du doigt et de tenter d’obtenir des acquis politiques en guise de compensation à la perte humaine qu’il a subie. C’est ainsi que le camp du 14 Mars a pu faire passer la création du «Tribunal Spécial pour le Liban», ainsi que toutes les étapes qui ont suivie cette décision du Conseil de sécurité et qui ont permis de concrétiser la résolution.

Aujourd’hui, l’assassinat de l’ancien ministre Mohammed Chatah, figure modérée du Courant du Futur et conseiller proche de cheikh Saad Hariri mais aussi proche des chancelleries occidentales et homme de dialogue, pousse son camp politique à réclamer rapidement la formation d’un gouvernement dans lequel il espère obtenir les portefeuilles de sécurité (ministère de l’Intérieur et ministère de la Défense) pour pouvoir assurer sa protection.

Etrange équation que celle qui place le sang des victimes dans le plateau face à des acquis politiques! Mais au-delà du jugement moral, ce qui apparaît, c’est que le schéma est toujours le même. Le sang de la victime de l’attentat n’a pas encore séché que les accusations «politiques» commencent à pleuvoir et pointent du doigt le Hezbollah et le régime syrien.

Aussitôt après, des revendications politiques en guise de compensation commencent à être formulées, le 14 Mars «victime de la violence des assassins» exigeant des garantiesAu Liban, le complot continue…
pour être rassuré, ces garanties étant essentiellement des points politiques.

Dans le cas de l’assassinat de Mohammed Chatah, tout le monde feint d’oublier les menaces réelles formulées contre le Hezbollah par des parties régionales qui se promettent de lui faire payer le prix lourd pour sa participation au conflit syrien.

Le 14 Mars oublie aussi que le fait d’assassiner une figure modérée au sein du Courant du Futur ne sert absolument pas les intérêts du Hezbollah qui subit depuis les attentats exécutés ou manqués dans la banlieue sud la haine des courants extrémistes en Syrie et au Liban.

Enfin, comment peut-on penser qu’une résistance suffisamment intelligente et efficace pour avoir mis en échec les plans américano-israéliens de «Nouveau Moyen Orient» pourrait brusquement être assez stupide pour assassiner une figue modérée qui ne représente aucune menace, sachant qu’elle sera aussitôt pointée du doigt?

Mais à ce stade de la colère, nul dans le camp du 14 Mars ne veut entendre la voix de la raison. Pour ce camp, affaibli par ses divisions, par son appui à l’opposition syrienne qui s’est montrée incapable de renverser le régime syrien après trois ans de combats féroces, par les divisions et le discrédit du «TSL», par le nouveau contexte régional et international, et, surtout, par le nouveau positionnement du chef du PSP Walid Joumblatt, l’assassinat de Mohammed Chatah est malheureusement une chance de rétablir un équilibre dans le rapport de forces interne et de tenter de récupérer ce pouvoir tant désiré.

C’est malheureusement ce qui se passe aujourd’hui sous les yeux rougis de pleurs des Libanais. La mort d’un homme de la pensée, doublé d’un diplomate et d’un économiste, est exploité politiquement et humainement pour reprendre le pouvoir et l’initiative au Liban et tenter de retrouver la crédibilité et l’appui populaire qui font défaut depuis la multiplication des erreurs et les alliances avec les extrémistes qui ont ébranlé les partisans du 14 Mars. La manœuvre est évidente et le complot continue. Il est à chaque fois déjoué par la sagesse du camp adverse. Mais à quel prix pour le Liban?

Source: French.alahednews

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