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Le terrorisme aveugle ne brisera pas la Résistance

Le terrorisme aveugle ne brisera pas la Résistance
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  Par Samer R. Zoughaib

La main criminelle a frappé à Roueiss, dans la banlieue sud de Beyrouth. Le bilan de l'attentat le plus meurtrier depuis trois décennies dans cette région est lourd et les dégâts énormes. Mais la population, fière, digne, et déterminée, saura surmonter ses souffrances et ses peines et restera attachée à la Résistance.

Les terroristes ont voulu faire le plus de victimes et de destructions possibles. Le bilan est lourd, 21 morts et 336 blessés, tous des civils innocents fauchés dans la rue, sur leur lieu de travail ou dans leurs maisons. Les dégâts sont considérables: des dizaines de voitures calcinées, desLe terrorisme aveugle ne brisera pas la Résistance
devantures détruites, des balcons effondrés, des façades éventrées, et des appartements dévastés.

A travers ce terrorisme aveugle et inhumain, les criminels veulent, surtout, faire plier les habitants de la banlieue sud, le vivier de la Résistance; les briser psychologiquement; creuser un fossé entre eux et leur leadership, représenté par le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah et ses alliés. Mais ils ont encore une fois échoué. Quelques minutes seulement après l'explosion, alors que les victimes étaient encore sous les décombres et que les flammes consumaient la pierre, une foule déterminée et en colère s'est spontanément rassemblée, bravant tous les dangers, dont la possible existence d'une seconde voiture piégée. Les jeunes gens ont scandé des slogans à la gloire de sayyed Nasrallah et de la Résistance. La réaction de la foule est très significative et dénote une maturité politique exceptionnelle. Car l'attentat a été perçu comme une réponse aux propos de sayyed Nasrallah, mercredi soir, lors d'une interview accordée à la chaine panarabe al-Mayadeen. Le leader du Hezbollah a délivré, dans cette intervention, de nombreux messages. Mais le plus important reste sa revendication de l'embuscade contre la patrouille israélienne qui a violé l'intégrité territoriale du Liban dans la région de Labbouné, le 7 août. Il a assuré que la Résistance «ripostera de la manière qu'elle jugera appropriée à toute violation israélienne... et tranchera les jambes de ceux qui fouleront le sol du Liban».

L'embuscade de Labbouné -qui constitue une violation de la souveraineté libanaise, selon le chef de la Finul, le général Paolo Serra- a prouvé à tous que la Résistance reste vigilante et alerte et dispose toujours de toutes ses capacités, en dépit de son engagement sur le terrain syrien faceLe terrorisme aveugle ne brisera pas la Résistance
aux extrémistes et autres takfiristes, qui sèment la mort et la désolation en Syrie, au Liban et en Irak.

Dans cette interview, sayyed Nasrallah a mis en évidence le rôle suspect et négatif joué par le 14-Mars et ses sponsors régionaux, notamment l'Arabie saoudite, dans la guerre de juillet 2006. Il a souligné, dans ce contexte, que le Premier ministre de l'époque, Fouad Siniora, et ses alliés politiques, continuaient de réclamer le désarmement de la Résistance au Sud du fleuve Litani, alors que les Israéliens et les Américains avaient abandonné cette exigence après la défaite de l'armée israélienne sur le terrain. M. Siniora a retardé de plusieurs jours la réponse du Liban aux Nations unies pour l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, dans l'intention d'exercer des pressions sur la Résistance. Pendant ce temps, l'aviation et l'artillerie israélienne s'acharnaient sur la banlieue sud et le reste du pays, faisant des dizaines de morts et de blessés supplémentaires.

Dans ce même ordre d'idée, le timing de l'attentat de Roueiss est très significatif. Il intervient au lendemain du 14 août, qui marque la défaite israélienne et la victoire de la Résistance. Le chef du Pati socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt, a souligné, à juste titre, cette concomitance. «C'est Israël qui a perpétré cet acte pour se venger de sa défaite lors de la guerre de juillet», a-t-il dit. Le président de la République, Michel Sleiman, a également accusé «Israël».

Guerre universelle contre la Résistance

Tout observateur alerte ne peut pas séparer l'attentat de Roueiss de la campagne tous azimuts lancée contre la Résistance au niveau local, régional et international. Il s'agit, en fait, plus qu'une campagne, c'est une véritable guerre, initiée par «Israël» et les Etats-Unis, et exécutée par leurs alliés, libanais, arabes et européens.

Elle prend diverses formes: harcèlement des communautés libanaises dans le monde sous prétexte de vouloir «assécher les sources de financement du terrorisme». La décision des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) de sanctionner les Libanais partisans de la Résistance en est l'illustration la plus vivante; inscription de «l'aile militaire» du Hezbollah sur la listeLe terrorisme aveugle ne brisera pas la Résistance
européenne des organisations terroristes; réactivation -sur demande- du Tribunal spécial pour le Liban dans l'affaire Hariri, après une longue hibernation; intensification de la campagne de dénigrement et des pressions contre le Hezbollah au Liban, qui a atteint son apogée avec les tentatives de l'exclure du prochain gouvernement; enfin, les attaques qui ont commencé avec le tir des roquettes contre la Banlieue sud, le 26 mai, les attentats à la bombe contre de présumés convois du Hezbollah sur la route Beyrouth-Damas, l'attentat à la voiture piégée du 10 juillet à Bir el-Abed, et, finalement, l'explosion meurtrière de Roueiss.

Selon des informations concordantes, le maitre d'œuvre de cette campagne serait le chef des services de renseignements saoudiens, Bandar Ben Sultan. Ce dernier aurait dit à une délégation de personnalités libanaises qui l'a rencontré à Riyad, que même si un compromis était trouvé entre l'Arabie saoudite et l'Iran, la guerre contre le Hezbollah se poursuivrait jusqu'au bout. Selon d'autres visiteurs, il aurait menacé la Banlieue sud de dix attentats... nous en sommes au deuxième.

Reste que l'arme principale utilisée contre la Résistance est celle de la discorde sectaire entre sunnites et chiites. La revendication de l'attentat de Roueiss par un groupuscule extrémiste inconnu, portant un nom à forte connotation sunnite, participe de cet effort. «La brigade d'Aïcha oum el-Mou'minine» (du nom de l'épouse du prophète Mohammad), a revendiqué dans une vidéo l'attaque de Roueiss. «Hassan Nasrallah, nous t'envoyons notre deuxième puissant message, car tu ne comprends toujours pas», a indiqué un homme cagoulé lisant un communiqué aux côtés de deux hommes armés.

Mais le Hezbollah ne se laissera pas entrainer dans ce piège, car sa boussole indique toujours la direction de la Palestine, et il n'a d'autres ennemis que les Israéliens, et leurs agents. S'exprimant depuis les lieux de l'explosion, le ministre de l’Agriculture, Hussein Hajj Hassan, a affirmé que cet attentat «n’affectera pas la politique» du Hezbollah. «Nous n’avons pas l’intention d’accuser quiconque. Mais nous vaincrons le terrorisme d’où qu’il vienne», a-t-il conclu.

Source: french.alahednews

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