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La France et le Hezbollah: entre le poids du passé et les suspicions de l’avenir

La France et le Hezbollah: entre le poids du passé et les suspicions de l’avenir
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 Par Nidal Hmédé

L'Union européenne, sous les grandes pressions exercées par les États-Unis et les pays du Golfe, a décidé d'inscrire «la branche militaire du Hezbollah», sur sa liste noire. Cette mesure sans précédent est très significative, notamment de la part de la France. Ce pays européen avait entravé, tout au long de la dernière décennie, toutes les tentatives britanniques dans ce sens.

Ce qui a eu lieu prouve un changement stratégique dans la politique de la France, même si certains au Liban ou en France, tentaient de réduire la portée de la décision européenne, estimée française par excellence.La France et le Hezbollah: entre le poids du passé et les suspicions de l’avenir

La mise en œuvre de cette décision aura certainement des effets négatifs sur les relations de la France avec le Liban, censé être le dernier bastion français au Moyen Orient; les pays arabes, en l'occurrence les monarchies pétrolières étant sous l'influence des États-Unis et de l'Angleterre. Effectivement, ces deux derniers ne tolèrent aucun pouvoir politique ou économique de la France dans ces pays arabes, depuis le mandat du président français Charles De Gaulle.

En dépit de l'attitude de la France, longtemps opposée à l'inscription du Hezbollah sur la liste européenne du terrorisme, les relations entre le Hezbollah et la France, ou précisément entre les musulmans chiites et ce pays, n'étaient point en bon état tout au long des quatre dernières décennies.

Paris avait accueilli l'imam Khomeiny dans les derniers mois de son exil, en réponse à la demande du gouvernement du Chah d'Iran, comme avait révélé l'ancien président français Valérie Giscard d'Estaing dans ses mémoires.

Mais la France changea plus tard de position. Ce pays a adopté une attitude hostile à l'égard de l'Iran, surtout durant la guerre imposée par l'Irak contre l'Iran. La France avait alors fourni toutes les aides militaires possibles à Saddam Hussein pour faire face à l'avancée de l'Iran dans l'ile Fao.

Dans le contexte libanais, les positions de la France n'étaient pas meilleures. Elle avait soutenu les adversaires du Hezbollah depuis la fondation du parti. A rappeler que depuis la date de l'assassinat du premier ministre Rafic Hariri, la France s'était ingérée dans l'affaire et fut à l'origine de la proposition de la mise en place du Tribunal spécial pour le Liban. En plus, la France a organisé plusieurs conférences en faveur des adversaires du parti sur son territoire, dont les trois conférences économiques de Paris, dans le but d'assister le gouvernement de Siniora.

Puis est survenue l'offensive israélienne de juillet 2006. La France a alors soutenu l'offensive en son début, avant de revenir sur sa position après deux semaines pour appeler à un cessez-le-feu, mais selon les conditions américaines.

La France a traité la question libanaise du point de vue de ses propres intérêts et des relations personnelles. Elle avait mis tous les œufs dans le même panier. Celui du premier ministre Rafic Hariri. Il a suffi que cet homme soit assassiné pour que s'effondre le pouvoir de la France sur la scène libanaise. Les gouverneurs de la France n'avaient pas tissé des liens avec toutes les composantes de la société libanaises ou avec les institutions étatiques. Ils ont compté sur l'amitié personnelle, disparue avec le décès de l'ami. Cette méthode a jeté une ombre sur la relation entre le Hezbollah et la France, surtout que ce pays accuse le parti d'être derrière l'explosion du bâtiment des parachutistes français à Beyrouth en 1983 et l'enlèvement des otages français, en dépit de l'absence de toute preuve sérieuse à ce propos; De surcroit, le Liban était alors occupé et plusieurs organisations étaient alors actives sur la scène libanaise.

Malgré ce climat, la position française au sein du comité européen de la lutte contre le terrorisme, contribuait à détendre l'atmosphère entre le Hezbollah et la France, sans que cette dernière ne soit forcée de consentir aucun effort ou prix.

Mais la guerre en Syrie a éveillé la France coloniale, sa logique et ses ingérences dans les affaires des autres. Un genre de paranoïa a touché les responsables dans ce pays dépourvu d'une classe politique habile et expérimentée. En plus, les politiques françaises sont influencées par les lobbys israéliens. A ces facteurs s'ajoute la crise économique qui a poussé la France, une des grandes puissances, à suivre les politiques d'une petite monarchie, telle le Qatar. La France, ce pays moderne jouissant du droit du veto au Conseil de Sécurité, traite avec les petits pays de la région arabe, juste à cause de ses gouverneurs opportunistes, toujours en quête d'argent. D'ailleurs Nicolas Sarkozy quasi-résident à Doha n'est qu'un modèle de ces politiciens.

Dans sa politique syrienne, Paris revêt l'habit du colonialisme. Tout ce qu'elle peut faire à ce titre, est d'exercer des pressions sur une partie des expatriés libanais sur le territoire français. Mais si cette méthode adoptée depuis un certain temps se développe, elle aura des résultats catastrophiques sur les intérêts de la France au Liban et dans les pays alliés avec la résistance.

Source: Alahednews, traduit par l'équipe du site

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