Egypte : premier vendredi du mois du Ramadan sous tension
L'Egypte devrait vivre une journée test pour le premier vendredi du mois sacré de Ramadan. De nouvelles manifestations des partisans et opposants de Mohamed Morsi, le président déchu, sont attendues. Une centaine de personnes ont été tuées depuis que l'ex-chef de l'État a été renversé, le 3 juillet.
Les deux camps restent mobilisés. De nouvelles violences ne sont pas à exclure, quelques jours après les heurts sanglants qui ont fait 53 morts et plusieurs centaines de blessés lors d'une manifestation pro-Morsi. Les anti-Morsi ont prévu un rassemblement pour la rupture du jeûne, sur la place Tahrir du Caire. Depuis mercredi, après le coucher du soleil, les manifestants pro-Morsi se retrouvent, eux, devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le quartier de Nasr City. Mohamed Morsi se trouve «en lieu sûr, pour son propre bien», et il ne fait «l'objet d'aucune poursuite», d'après les autorités. La défiance des islamistes à l'égard des nouvelles autorités a été renforcée mercredi par le lancement d'un nouveau mandat d'arrêt contre le Guide suprême, Mohamed Badie, et d'autres responsables de la confrérie, recherchés pour incitation à la violence en lien avec les graves incidents de lundi. Quelque 200 personnes ont en outre déjà été inculpées, parmi les 650 interrogées. Elles sont accusées d'avoir voulu forcer l'entrée de la Garde républicaine.
Les Etats-Unis appellent au calme... et livrent des avions. Jeudi, les Etats-Unis ont pressé l'armée et les autorités intérimaires en Egypte de «cesser les arrestations arbitraires de membres des Frères musulmans», assurant que cela ne pouvait que contribuer à aggraver la crise politique dans le pays. «Ceci ne va pas dans le sens de l'objectif de réconciliation nationale que le gouvernement intérimaire et l'armée disent viser», a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki. Si les arrestations et les détentions politiques continuent, il est difficile de voir comment l'Egypte va pouvoir sortir de cette crise», a-t-elle encore commenté. Les Etats-Unis, un important soutien financier de l'Egypte - et en particulier de son armée -, ont dans le même temps indiqué qu'ils allaient poursuivre la livraison de chasseurs F-16, achetés par l'Egypte en 2010. «Ce qui était dans les tuyaux continue d'être honoré (...) Tous les programmes se poursuivent», a indiqué Jennifer Psaki. Mardi, après avoir exprimé ses craintes des violences, Washington avait aussi dit être «prudemment encouragé» par le calendrier des élections.
La tâche du gouvernement compliquée. Jeudi, le nouveau Premier ministre Hazem Beblawi, 76 ans, a affirmé ne pas exclure une participation des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi, au gouvernement qu'il s'efforce de former. «Jusque-là je n'ai contacté personne», a-t-il relevé par téléphone, expliquant vouloir identifier les meilleurs candidats sur «deux critères» : «L'efficacité et la crédibilité». «Je ne me préoccupe pas de l'appartenance politique», a encore assuré cet ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances de la première période de transition, en 2011. Il a relayé l'offre déjà évoquée par la présidence intérimaire : si «quelqu'un est proposé par le Parti de la liberté et de la justice (PLJ, bras politique des Frères musulmans) et que cette personne est qualifiée», sa nomination pourra être envisagée. Cette tentative de main tendue a toutefois été rejetée dès mercredi par la confrérie, qui a écarté toute possibilité de pactiser «avec des putschistes». Et alors que la première mission de Hazem Beblawi est de maintenir sur les rails le processus de transition politique, qui prévoit notamment l'adoption d'une nouvelle Constitution et la tenue de législatives d'ici début 2014, ce cadre institutionnel est aussi rejeté par les islamistes. Il est également critiqué par les laïcs anti-Morsi, qui ont promis de présenter des amendements.
Un policier égyptien de haut rang a été tué et un autre blessé dans une attaque contre un point de contrôle du Sinaï (nord-est), dans la nuit de jeudi à vendredi. Un poste de police a aussi été attaqué dans la ville d'El-Arish par des hommes armés. Le Sinaï connaît des problèmes de sécurité récurrents depuis la chute d'Hosni Moubarak en 2011, et ils se multiplient depuis l'éviction de Mohamed Morsi, contribuant à l'aggravation du climat de tensions et de graves violences régnant dans le pays.
Source: AFP
Les deux camps restent mobilisés. De nouvelles violences ne sont pas à exclure, quelques jours après les heurts sanglants qui ont fait 53 morts et plusieurs centaines de blessés lors d'une manifestation pro-Morsi. Les anti-Morsi ont prévu un rassemblement pour la rupture du jeûne, sur la place Tahrir du Caire. Depuis mercredi, après le coucher du soleil, les manifestants pro-Morsi se retrouvent, eux, devant la mosquée Rabaa al-Adawiya, dans le quartier de Nasr City. Mohamed Morsi se trouve «en lieu sûr, pour son propre bien», et il ne fait «l'objet d'aucune poursuite», d'après les autorités. La défiance des islamistes à l'égard des nouvelles autorités a été renforcée mercredi par le lancement d'un nouveau mandat d'arrêt contre le Guide suprême, Mohamed Badie, et d'autres responsables de la confrérie, recherchés pour incitation à la violence en lien avec les graves incidents de lundi. Quelque 200 personnes ont en outre déjà été inculpées, parmi les 650 interrogées. Elles sont accusées d'avoir voulu forcer l'entrée de la Garde républicaine.
Les Etats-Unis appellent au calme... et livrent des avions. Jeudi, les Etats-Unis ont pressé l'armée et les autorités intérimaires en Egypte de «cesser les arrestations arbitraires de membres des Frères musulmans», assurant que cela ne pouvait que contribuer à aggraver la crise politique dans le pays. «Ceci ne va pas dans le sens de l'objectif de réconciliation nationale que le gouvernement intérimaire et l'armée disent viser», a déclaré la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki. Si les arrestations et les détentions politiques continuent, il est difficile de voir comment l'Egypte va pouvoir sortir de cette crise», a-t-elle encore commenté. Les Etats-Unis, un important soutien financier de l'Egypte - et en particulier de son armée -, ont dans le même temps indiqué qu'ils allaient poursuivre la livraison de chasseurs F-16, achetés par l'Egypte en 2010. «Ce qui était dans les tuyaux continue d'être honoré (...) Tous les programmes se poursuivent», a indiqué Jennifer Psaki. Mardi, après avoir exprimé ses craintes des violences, Washington avait aussi dit être «prudemment encouragé» par le calendrier des élections.
La tâche du gouvernement compliquée. Jeudi, le nouveau Premier ministre Hazem Beblawi, 76 ans, a affirmé ne pas exclure une participation des Frères musulmans, dont est issu Mohamed Morsi, au gouvernement qu'il s'efforce de former. «Jusque-là je n'ai contacté personne», a-t-il relevé par téléphone, expliquant vouloir identifier les meilleurs candidats sur «deux critères» : «L'efficacité et la crédibilité». «Je ne me préoccupe pas de l'appartenance politique», a encore assuré cet ancien vice-Premier ministre et ministre des Finances de la première période de transition, en 2011. Il a relayé l'offre déjà évoquée par la présidence intérimaire : si «quelqu'un est proposé par le Parti de la liberté et de la justice (PLJ, bras politique des Frères musulmans) et que cette personne est qualifiée», sa nomination pourra être envisagée. Cette tentative de main tendue a toutefois été rejetée dès mercredi par la confrérie, qui a écarté toute possibilité de pactiser «avec des putschistes». Et alors que la première mission de Hazem Beblawi est de maintenir sur les rails le processus de transition politique, qui prévoit notamment l'adoption d'une nouvelle Constitution et la tenue de législatives d'ici début 2014, ce cadre institutionnel est aussi rejeté par les islamistes. Il est également critiqué par les laïcs anti-Morsi, qui ont promis de présenter des amendements.
Un policier égyptien de haut rang a été tué et un autre blessé dans une attaque contre un point de contrôle du Sinaï (nord-est), dans la nuit de jeudi à vendredi. Un poste de police a aussi été attaqué dans la ville d'El-Arish par des hommes armés. Le Sinaï connaît des problèmes de sécurité récurrents depuis la chute d'Hosni Moubarak en 2011, et ils se multiplient depuis l'éviction de Mohamed Morsi, contribuant à l'aggravation du climat de tensions et de graves violences régnant dans le pays.
Source: AFP
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