Egypte: Mohamed Morsi rejette l’ultimatum de l’armée
Mohamed Morsi n'aura pas attendu mardi soir pour répondre à l'ultimatum posé par l'armée égyptienne. L'armée avait donné 48 heures au chef de l'Etat pour satisfaire les «demandes du peuple» après les manifestations massives de dimanche à travers le pays.
Dans un communiqué la présidence rejette implicitement l'ultimatum affirmant que «la déclaration des forces armées n'a pas été soumise au président» avant sa diffusion et contient «des signes pouvant causer la confusion», se disant déterminée «à poursuivre dans la voie qu'elle a choisi pour mener une réconciliation nationale globale». Le communiqué indique que le président Morsi «poursuit ses consultations avec toutes les forces nationales afin de sécuriser la voie du changement démocratique et la protection de la volonté populaire» et dénonce «toute déclaration qui approfondirait la division» et qui «pourrait menacer la paix sociale».
Un défi à l'armée
Ce communiqué publié à 2h du matin est en fait un défi lancé à l'armée de la part de Mohamed
Morsi. Le président égyptien estime qu'il continue à représenter la légalité, que l'armée n'avait pas le droit de faire une lui proposer l'ouverture d'un dialogue sous la menace de passer à la vitesse supérieure, en imposant la feuille de route de Tamarrod, le mouvement qui a fait descendre des millions d'Egyptiens dans la rue.
Cette feuille de route inclut plusieurs mesures : la nomination d'un président par intérim qui serait le président de la Haute Cour constitutionnelle ; un Conseil présidentiel où seront représentées toutes les forces politiques ; un représentant de l'armée ; et un Premier ministre consensuel qui serait chargé de l'économie, de la sécurité et d'une nouvelle Constitution. Un Premier ministre qui n'aura pas le droit de se présenter à la présidence.
Les pro et anti-Morsi dans la rue
Lundi soir, la place Tahrir ressemblait en effet au grand soir de la Révolution de 2011, avec une marée de manifestants venus spontanément saluer la décision de l'armée d'intervenir dans la crise. Un rassemblement dans le calme et dans l'enthousiasme, car pour la plupart des personnes présentes, l'ultimatum de l'armée sonne comme la fin de la présidence Morsi.
Toute la nuit, les anti-Morsi ont donc célébré cette intervention de l'armée avec des chants, avec des danses, et bien sûr, avec les slogans de la Révolution, détournés pour brocarder l'actuel président égyptien et les Frères musulmans.
Le ton est en revanche radicalement différent parmi les sympathisants du pouvoir en place. Ils sont plusieurs centaines à camper depuis vendredi devant une mosquée d'un autre quartier du Caire.
Le président Morsi apparaît de plus en plus isolé. Six ministres, dont celui des Affaires étrangères, ont quitté son gouvernement. Il faut y ajouter le ministre de la Défense en raison de l'ultimatum de l'armée. Le ministère de l'Intérieur a publié un communiqué où il dit qu'il se rangeait du côté du peuple et des manifestations, et qu'il était pour les revendications et leur réalisation des revendications du peuple. Un mouvement de désobéissance civile s'étend désormais un peu partout en Egypte. La province de Louxor est même allée jusqu'à décréter son indépendance.
Source : RFI
Dans un communiqué la présidence rejette implicitement l'ultimatum affirmant que «la déclaration des forces armées n'a pas été soumise au président» avant sa diffusion et contient «des signes pouvant causer la confusion», se disant déterminée «à poursuivre dans la voie qu'elle a choisi pour mener une réconciliation nationale globale». Le communiqué indique que le président Morsi «poursuit ses consultations avec toutes les forces nationales afin de sécuriser la voie du changement démocratique et la protection de la volonté populaire» et dénonce «toute déclaration qui approfondirait la division» et qui «pourrait menacer la paix sociale».
Un défi à l'armée
Ce communiqué publié à 2h du matin est en fait un défi lancé à l'armée de la part de Mohamed
Morsi. Le président égyptien estime qu'il continue à représenter la légalité, que l'armée n'avait pas le droit de faire une lui proposer l'ouverture d'un dialogue sous la menace de passer à la vitesse supérieure, en imposant la feuille de route de Tamarrod, le mouvement qui a fait descendre des millions d'Egyptiens dans la rue.Cette feuille de route inclut plusieurs mesures : la nomination d'un président par intérim qui serait le président de la Haute Cour constitutionnelle ; un Conseil présidentiel où seront représentées toutes les forces politiques ; un représentant de l'armée ; et un Premier ministre consensuel qui serait chargé de l'économie, de la sécurité et d'une nouvelle Constitution. Un Premier ministre qui n'aura pas le droit de se présenter à la présidence.
Les pro et anti-Morsi dans la rue
Lundi soir, la place Tahrir ressemblait en effet au grand soir de la Révolution de 2011, avec une marée de manifestants venus spontanément saluer la décision de l'armée d'intervenir dans la crise. Un rassemblement dans le calme et dans l'enthousiasme, car pour la plupart des personnes présentes, l'ultimatum de l'armée sonne comme la fin de la présidence Morsi.
Toute la nuit, les anti-Morsi ont donc célébré cette intervention de l'armée avec des chants, avec des danses, et bien sûr, avec les slogans de la Révolution, détournés pour brocarder l'actuel président égyptien et les Frères musulmans.
Le ton est en revanche radicalement différent parmi les sympathisants du pouvoir en place. Ils sont plusieurs centaines à camper depuis vendredi devant une mosquée d'un autre quartier du Caire.
Le président Morsi apparaît de plus en plus isolé. Six ministres, dont celui des Affaires étrangères, ont quitté son gouvernement. Il faut y ajouter le ministre de la Défense en raison de l'ultimatum de l'armée. Le ministère de l'Intérieur a publié un communiqué où il dit qu'il se rangeait du côté du peuple et des manifestations, et qu'il était pour les revendications et leur réalisation des revendications du peuple. Un mouvement de désobéissance civile s'étend désormais un peu partout en Egypte. La province de Louxor est même allée jusqu'à décréter son indépendance.
Source : RFI
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