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Egypte: Le pays retient sous souffle avant les manifestations de masse

Egypte: Le pays retient sous souffle avant les manifestations de masse
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Des manifestations de masse sont attendues dimanche en Egypte pour réclamer la démission ou au contraire défendre le président islamiste Mohamed Morsi, confronté à une grave épreuve de force pour le premier anniversaire de son arrivée au pouvoir.

L’armée a indiqué s’être déployée dans les divers gouvernorats pour renforcer la protection des installations vitales, et se poser en garante de la stabilité du pays en cas de troubles graves.

Plusieurs défilés doivent converger en fin d’après-midi vers le palais présidentiel dans le quartier d’Héliopolis, en périphérie du Caire, pour demander le départ du chef de l’Etat, accusé par l’opposition de gouverner au seul profit des Frères musulmans, la confrérie dont il est issu.

Egypte: Le pays retient sous souffle avant les manifestations de masse

Les islamistes ont prévu quant à eux la poursuite de rassemblements entamés depuis plusieurs jours à Nasr City, un faubourg de la capitale, pour défendre la «légitimité» du président. Le Parti de la liberté et de la justice, émanation des Frères musulmans, a appelé samedi à une «mobilisation générale» pour M. Morsi.

Des manifestations sont également attendues en province, où des heurts entre adversaires et partisans du chef de l’Etat ont fait huit morts, dont un Américain, ces derniers jours.

Cette crise traduit, près de deux ans et demi après la chute du régime de Hosni Moubarak, la persistance de clivages profonds et d’un climat de crise dans le plus peuplé des pays arabes (plus de 80 millions d’habitants), qui pèsent également lourdement son économie.

Les adversaires de M. Morsi dénoncent une dérive autoritaire du pouvoir destinée à instaurer un régime idéologiquement et politiquement dominé par les islamistes, ainsi que son incapacité à relancer l’économie.

Les appels à manifester contre le président égyptien ont été lancés par un mouvement, Tamarrod (rébellion en arabe), qui a revendiqué quelque 22 millions de signatures réclamant son départ et l’organisation d’une présidentielle anticipée, soit plus que le nombre d’électeurs de M. Morsi en 2012 (13,23 millions).

Le camp présidentiel met néanmoins en avant que cette pétition n’a pas de valeur constitutionnelle, alors que M. Morsi affirme vouloir rester jusqu’à l’échéance de son mandat, en juin 2016.

Craignant des dérapages violents, le département d’Etat américain a annoncé le départ d’une partie de son personnel diplomatique et conseillé aux Américains de différer tout voyage non-indispensable en Egypte.

Samedi, plusieurs parlementaires de la chambre haute (Choura), de tendance laïque, ont démissionné pour afficher leur soutien aux manifestations anti-Morsi.

L’opposition a refusé l’appel au dialogue, jugé de «pure façade», lancé cette semaine par M. Morsi pour qui la polarisation extrême du pays pourrait conduire au «chaos».

La première année au pouvoir du premier président civil et islamiste d’Egypte a déjà été marquée par plusieurs crises, en particulier fin 2012 lors de la rédaction et l’adoption par référendum d’une nouvelle constitution soutenue par les islamistes.

Source: Libération









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