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Alain Chouet: démentir la présence d’el-Qaëda en Syrie est un mépris de de la raison

Alain Chouet: démentir la présence d’el-Qaëda en Syrie est un mépris de de la raison
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Nidal Hemadé - Paris

Le chef du service de renseignement de sécurité de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Alain Chouet, est bien connu par les Français, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme salafiste et l’organisation el-Qaëda. Ses compatriotes se rappellent toujours de ses propos clairs et tranchants, et de ses discours s’en prenant à l’Arabie saoudite dans plusieurs occasions, au Sénat et aux universités françaises.

Les services de sécurité de son pays le considèrent une référence essentielle, à propos de tout ce qui concerne les organisations salafistes, notamment l’organisation el-Qaëda au Maghreb. Ses prises de position relatives à la crise syrienne sont radicalement opposées à celles de l’ancien gouvernement de Sarkozy et à la méthode adoptée par la France à l’égard de la Syrie.
Alintiqad a eu un entretien téléphonique avec l’ex-patron de la DST et l’a interrogé sur la situation en Syrie.

- D’après-vous, qui est derrière les derniers attentats perpétrés à Damas ?

« Je ne dispose pas d’informations à ce propos. Je peux vous donner mon avis personnel, d’après ma propre expérience dans ce domaine. Il est évident que l’organisation el-Qaëda et les salafistes-jihadistes sont les auteurs de ces attentats, qui portent leurs empreintes et qui frappent des cibles syriennes particulières. Ces attentats ont une dimension psychique, puisqu’ils ciblent d’importants postes sécuritaires, en une tentative visant à fragiliser le moral des partisans du régime et à hausser celui de ses opposants en leur donnant de l’espoir. Les milieux occidentaux affirment récemment que l’organisation el-Qaëda est derrière ces attentats. Ils ont enfin reconnu ce fait après tout ce temps ! Ils auraient du se comporter d’une manière différente avec la crise syrienne, au lieu d’appuyer la chute du régime, qui jouit du soutien populaire.

- Le Conseil National Syrien dément fermement la présence de l’organisation el-Qaëda en Syrie. Qu’en dites-vous ?

Ces affirmations sont un mépris de la raison…démentir la présence d’el-Qaëda au cœur des événements en Syrie est un mépris de la raison.

- Comment estimez-vous l’attitude du nouveau président français François Hollande à l’égard de la crise syrienne ? Serait-elle similaire à celle de Sarkozy ou différente ?

Cette question doit être posée à Hollande qui peut seul y répondre. Mais je crois que la France a ses propres problèmes. En tout cas, la position de la France sera déterminée par le nouveau ministre des Affaires étrangères. Je ne crois pas que Hollande adopterait l’attitude de Sarkozy et d’Alain Juppé vis-à-vis de la crise syrienne. Hollande est un homme de compromis et non de confrontation.

- L’opposition syrienne indique que le régime tue son peuple quotidiennement. L’occident appuie-t-il la véracité de ces propos ?

Il faut prendre en compte la spécificité de la situation syrienne. La Syrie ne ressemble guère à la Lybie où la majorité des gens, soit 99% sont de confession sunnites. Par contre, la carte ethnique et confessionnelle en Syrie est assez-compliquée. Il y existe des minorités alaouites, chrétiennes, kurdes-sunnites, druzes et chiites qui craignent l’accès des extrémistes sunnites au pouvoir. Ces minorités comptent 35 % du nombre des citoyens. Ce nombre permet aux minorités de se défendre, un fait qui s’ajoute à l’existence de sunnites arabes qui soutiennent le régime ou qui refusent l’arrivée des Frères Musulmans au pouvoir. Les pays occidentaux devaient rassurer ces minorités sur leur sort et qu’elles ne subiront pas l’injustice ou la persécution en cas de changement du régime, au lieu de soutenir les Frères musulmans et les Salafistes pour parvenir au pouvoir, sans penser aux conséquences.

- Estimez-vous qu’il y ait une intervention militaire de l’Otan en Syrie ?

Je réaffirme que le cas de Syrie est différent de celui de la Lybie... En France, le nouveau gouvernement se penchera longtemps durant sur les affaires internes. Les Etats Unis sont en pleine campagne électorale, pour les présidentielles prévues dans cinq mois. Tous les pays sont occupés par leurs problèmes internes et ne pourront aborder d’autres crises avant au moins deux ans. Le plus important demeure le veto sino-russe constant en Conseil de Sécurité, tout comme l’appui du Hezbollah et de l’Iran au régime syrien. Reste enfin la Turquie sur laquelle compte certaines parties ! A mon avis, la Turquie hausse le ton, mais ne peut point intervenir. Elle ne pourra prendre ce risque car elle sera indirectement confrontée à l’Iran, mais aussi à la Russie et sera menacée par le danger de mouvements kurdes et alaouites sur son territoire. Il n’y a guère de fondements sérieux et solides pour une intervention occidentale en Syrie.


Source: Alintiqad, traduit par moqawama.org

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