Sabra Et Chatila: 27 ans déjà
Dans son ouvrage intitulé “les secrets de la guerre du Liban- du coup d’état de Bachir Gémayel aux massacres des camps palestiniens” Alain Ménargues, journaliste d’investigations et ancien directeur de l'information de Radio France internationale et son correspondant à Beyrouth de 1982 à 1995, retourne sur la scène de la mort, il y avait tellement de choses qui se disaient à droite et à gauche qu’il a voulu savoir.
Il voulait savoir la vérité du massacre de “Sabra et Chatila”, (deux camps palestiniens dans Beyrouth Ouest) du 16 au 18 septembre.
La vérité que personne n’a démentie selon Alain Ménargues, c’est qu’il y a eu 3 groupes de tueurs, le premier est celui qui est arrivé dans la nuit qui a suivi la mort de Bachir Gémayel, dans le nuit de 14 à 15 septembre. Un commandos israélien commandé par un colonel qui avait une liste de 120 palestiniens à abattre, ils ont pu tué 62, utilisant une arme spéciale avec un calibre de 9 mm, ces calibres comme le cite Ménargues “ont été trouvés dans les têtes des morts”.
Ensuite le chef d’état Major israélien Raphael Itan a ordonné à une demi-compagnie de l’ALS (armée du Liban Sud) de rentrer dans les camps et de récupérer tous les documents qui étaient dans les bureaux, et tous les documents palestiniens pour qu’ils ne reviennent plus. Le gros paquet de morts été fait par ce groupe là, dont certains membres ont été tués en ressortant par les israéliens car ils ne sont pas sortis du bon endroit”. Les israéliens ont participé donc physiquement dans un premier groupe ensuite ils ont envoyé leur milice qu'ils avaient au Sud-Liban.
"Le 3ème groupe des tueurs était composé de groupes d'Elie Houbeika mais eux ils sont arrivés le jeudi" ajoute Ménargues.
Pour lui ce qui est assez intéressant dans cette affaire c'est que les trois groupes ont utilisé des armes différentes avec des calibres différents, un rapport plus tard vient révéler qui était tué par quel groupe.
À la suite des massacres commis dans Sabra et Chatila, le gouvernement israélien décidait le 28 septembre 1982 de créer une commission d'enquête nommée par le président de la Cour supreme, le juge Itzhak Kahane.
La commission Kahane a remis le 8 février 1983 un rapport, long et détaillé, dans lequel Israel a été condamné moralement. Selon Ménargues il y a deux parties du rapport, une publique et l'autre non publique, lui il a eu accès à cette dernière, "Kahane est sorti à condamner la responsabilité morale d'Israel parce que l'ordre signé par le président israélien Menahim Begin ordonne au juge Kahane d'enquêter sur les agissements des libanais, il ne lui a pas dit d'enquêter sur ce qui s'est passé" affirme Ménargues tout en ajoutant qu'à partir de là le juge était le plus loin possible en disant que dans les agissements des libanais les israéliens ont une responsabilité morale, Kahane ne s'est jamais pronounce sur tous les faits et la réalité".
Cet ouvrage d'Alain Ménargues dans lequel il cite ces réalités a été sorti quelques années après le massacre.
Aujourd'hui ce sont 27 ans déjà, pour Ménargues ce sont les images qui restent, les cadavres gonflés, les gens assassins dans les cuisines et les repas qui ne sont pas terminés, ce sont également les mêmes images de n'importe quelle guerre, que ce soit au Vietnam, en Irak, ou en Afrique.
Se souvenant difficelement de ce qui a écrit après avoir visité les deux camps, une image semble être gravée dans la mémoire de Ménargues, celle d'une petite gamine vivante qui doit avoir 3 ans, assise dans un coin et qui ne savait pas ce qui s'est passé, elle avait à côté d'elle sa mère morte, elle ouvrait ses grands yeux à pleurer et ne disait rien, ça fait trois jours qu'elle était là, La durée du massacre de Sabra et Chatila".
Alain Ménargues a été accusé d'être anti-sémiste car pendant la promotion d'un de ses derniers ouvrages "le mur de Sharon", il a dit qu'Israel est un état raciste. Cela lui a coûté son dernier poste comme directeur général de l'information à la RFI.
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