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Dispositions post-Brexit en Irlande du Nord: confiance à Dublin, prudence à Londres

Dispositions post-Brexit en Irlande du Nord: confiance à Dublin, prudence à Londres
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Par AlAhed avec AFP

Vers un dénouement pour l'épineux dossier des dispositions post-Brexit en Irlande du Nord? Le premier ministre irlandais s'est dit «confiant», ce vendredi, qu'un accord puisse intervenir rapidement entre Londres et Bruxelles, son homologue britannique prévenant quant à lui qu'il reste encore «du travail» pour y parvenir.

Trois ans après le Brexit, le protocole nord-irlandais, qui crée une frontière douanière interne au Royaume-Uni entre la province et l'île du Grande-Bretagne, reste le principal sujet de discorde entre le gouvernement britannique et l'Union européenne.

Il est aussi à l'origine de la décision des unionistes du DUP de paralyser les institutions politiques locales de la province au passé sanglant, qui dispose de la seule frontière terrestre britannique avec l'UE.

Mais les déclarations acerbes ont cédé la place depuis l'arrivée de Rishi Sunak à Downing Street en octobre à un ton plus accommodant de part et d'autre et les négociations ont semblé s'accélérer.

Le premier ministre irlandais Leo Varadkar s'est dit «confiant que d'ici une semaine ou deux nous puissions être en position de signer un accord entre l'Union européenne et le Royaume-Uni».

«Il reste encore du travail», «nous n'avons pas encore un accord», a tempéré le chef du gouvernement britannique Rishi Sunak, après avoir rencontré les responsables des cinq principaux partis locaux près de Belfast.

«Encore du chemin»

Selon certains médias, Rishi Sunak pourrait finaliser un accord lors d'ultimes consultations avec les Européens en marge de la conférence sur la sécurité de Munich pendant le week-end puis annoncer un accord dès mardi prochain, au Parlement à Londres.

«Il semble que même s'il n'était pas en mesure de nous donner les détails, les choses bougent petit à petit en direction d'un potentiel accord», a réagi à l'issue de la rencontre Naomi Long, du parti nord-irlandais Alliance (centre non-aligné).

Rishi Sunak «a dit qu'il y avait encore du chemin, donc j'en conclus qu'un accord n'a pas encore été finalisé», a tempéré Doug Beattie, du parti unioniste Ulster.

La dirigeante irlandaise du Sinn Fein (républicains) Mary Lou McDonald a salué «des progrès bienvenus».

Frontalement opposés au protocole, qui remet selon eux en cause la place de l'Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni, les unionistes du Democratic Unionist Party (DUP) bloquent depuis un an la formation de tout exécutif local et s'annoncent difficiles à rallier à tout accord.

Soulignant que l'Irlande du Nord se trouvait à «un moment crucial», leur dirigeant Jeffrey Donaldson a reconnu «des progrès dans certains domaines», mais estimait que le travail devait se poursuivre.

«La confiance s'est installée»

Négocié et signé en même temps que l'accord de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, le protocole maintient la province britannique dans le marché unique européen tout en prévoyant des contrôles pour les marchandises en provenance de Grande-Bretagne.

Jamais totalement appliqué, le texte vise à la fois à préserver l'accord de paix de 1998 qui a mis fin à trois décennies de conflit sanglant (3500 morts), en évitant le retour d'une frontière dure, et à protéger l'intégrité du marché unique européen.

Mais face au rejet des unionistes, Londres a demandé à rouvrir les discussions, menaçant au grand dam des Européens de revenir unilatéralement sur ce traité qu'il a signé.

Poussé par le DUP, Londres demande notamment à l'UE d'alléger les contrôles douaniers entre l'Irlande du Nord et le reste du Royaume-Uni, fustigés par les unionistes.

Les Britanniques réclament également que le rôle de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), qui supervise l'application du protocole, soit supprimé ou atténué.

Les pourparlers à Belfast visent à «s'assurer que toute solution résout les problèmes pratiques sur le terrain, répond à nos objectifs et préserve la place de l'Irlande du Nord dans le marché intérieur du Royaume-Uni», a souligné une porte-parole de Downing Street.

Autre signe d'accélération des discussions, le ministre britannique des Affaires étrangères James Cleverly a évoqué vendredi un «travail intensif» en cours, après avoir rencontré à Bruxelles le vice-président de la commission européenne, Maros Sefcovic.

Le chef de la diplomatie irlandaise Micheal Martin a confirmé que «la confiance s'est installée» entre Londres et Bruxelles mais prévenu qu'il «reste encore du chemin à parcourir».

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