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Discours du secrétaire général du Hezbollah à l’occasion de la cérémonie en hommage à l’uléma sayyed Mohammed Ali al Amine

Discours du secrétaire général du Hezbollah à l’occasion de la cérémonie en hommage à l’uléma sayyed Mohammed Ali al Amine
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Au nom de Dieu

Je voudrais d’abord vous remercier pour votre participation à cette cérémonie qui est un hommage à cette personnalité  résistante, moujahida, exceptionnelle et dévouée.

Après ces remerciements, je voudrais  m’adresser à la famille du disparu, chaque membre séparément et en tête le cher frère sayyed Mohammed Mehdi al Amine. Je voudrais aussi remercier tous les habitants de la localité de Chakra, grands et petits, femmes et enfants, ainsi qu’à l’ensemble des gens de Jabal Amel, je m’adresse aussi à tous les Libanais et à tous les musulmans pour leur présenter mes condoléances pour la disparition de notre cher uléma.

Je voudrais donc diviser mon discours en deux parties, la première consacrée à notre cher disparu et la seconde portant sur des développements au Liban et dans la région.

Nous sommes aujourd’hui face à un uléma doté d’un grand savoir. J’ai eu la chance de le rencontrer récemment et je peux dire qu’au cours des quelques heures de notre rencontre, j’ai beaucoup appris. Il parle des anciens ulémas et il connaît parfaitement leur parcours au cours des derniers siècles. Il allie aussi le savoir à la modestie, à la miséricorde, à la patience, la moralité, les valeurs et la détermination. Nous avons de nombreux ulémas qui se sont distingués au cours des années et qui viennent de toutes les régions. Certains noms sont connus, d’autres moins. Nous avons découvert leur histoire, leurs combats et grâce à leurs efforts, l’histoire s’est écrite et elle est truffée de positions courageuses, lumineuses...

Nous avons besoin aujourd’hui de connaître la véritable histoire de nos pays et de la région, pour pouvoir tirer les leçons qui s’imposent et essayer de prévoir l’avenir. Nos ulémas font partie intégrante de cette Histoire, avec ses aspects positifs et ses aspects négatifs, ses conflits, ses rancœurs, ses joies et ses peines, ses victoires et ses défaites. Nous devons perpétuer leur parcours et leurs expériences. Les jeunes générations doivent les connaître et profiter du savoir de ces ulémas. Pour cela, il faut un effort collectif et une coopération étroite et généralisée pour pouvoir perpétuer les acquis de nos ulémas. J’invite à cet égard chaque famille  qui a des manuscrits et des ouvrages à les montrer à en faire des copies et à préserver ce trésor  culturel, scientifique et spirituel, énorme.

Revenons à sayyed  al Amine. Parmi les points marquants de sa vie, il a travaillé de près et assez tôt avec l’imam disparu Moussa Sadr, d’abord lorsqu’il était à l’étranger, puis lorsqu’il est revenu au Liban et jusqu’à sa disparition. A cette époque, il y avait un débat dans les milieux des ulémas au sujet de l’intervention du monde religieux dans le monde politique. Il y avait des opinions différentes à ce sujet et certains étaient opposés à l’intervention des ulémas dans la politique et ils lançaient des accusations violentes. Heureusement, ce phénomène s’est réduit aujourd’hui, mais dans de nombreux pays islamiques il y a encore beaucoup qui sont convaincus que l’uléma doit se contenter d’aller à la mosquée, de prier, de répondre à certaines questions religieuses et de prononcer le sermon du vendredi... Mais il ne devrait pas intervenir dans les questions publiques, dans la politique et même d’intégrer les mouvements de résistance, de mener des luttes militaires. C’était l’un des souffrances endurées par l’imam Moussa Sadr lorsqu’il est arrivé au Liban. Cette souffrance avait des expériences identiques dans d’autres pays.

En Iran, la Révolution islamique qui a remporté la victoire et a instauré un Etat islamique dont le monde musulman et les musulmans en général peuvent être fiers, a opéré une transformation énorme dans ce domaine. L’imam Khomeiny, son chef, avait déclaré à la fin de son parcours béni qu’il a souffert de ceux qui prônaient cette attitude traditionnelle et qui refusaient l’intervention du religieux dans la vie publique et dans la chose publique, plus qu’il n’a enduré du Shah et de son régime. Cela explique le niveau de mal qui était fait à nos grands chefs qui ont voulu assumer la responsabilité de leurs pays, de leur oumma et de la protection de leur islam et de leurs symboles sacrés.

L’imam Moussa Sadr au Liban a souffert de cela. Je ne veux pas prendre du temps pour cela, mais nos frères les ulémas et nos grands maîtres qui ont vécu cette période connaissent cela. Des accusations ont été lancées contre l’imam Moussa Sadr de la part de ces milieux laïcs et religieux, au sujet notamment de ses positions et de son attitude, au sujet de ses rencontres et de ses discours. Notre cher uléma dont nous évoquons le souvenir aujourd’hui a depuis le début été perspicace et il s’est tenu depuis le début aux côtés de l’imam Sadr. Il l’a suivi, même si le prix pour cela était lourd, car l’accusation ne frappait pas seulement l’imam Moussa Sadr mais aussi tous ceux qui le suivaient et appuyaient ses positions.

Aujourd’hui, lorsque nous voulons parler de l’uléma sayed Mohammed Ali, nous ne pouvons que relever son appartenance à cette ligne, son attitude unioniste en ce qui concerne l’unité islamique et l’unité nationale, la vie ensemble dans le cadre de la paix civile, sa position à l’égard du dialogue national et à l’égard de la cause palestinienne et celle d’Al Qods. C’est une partie de ses positions. Il suffit de dire qu’il faisait partie et il était une partie importante de l’équipe de l’imam Moussa Sadr, dans tout ce que signifie cette option, du début jusqu’à la fin.

Notre grand disparu avait une présence fondamentale à l’Institut des études islamiques à Tyr et une présence déterminante au sein du Conseil Supérieur Chiite, il était en réalité membre de sa commission chériée élue jusqu’à sa disparition.

Certains peuvent s’étonner de tout cela aujourd’hui, mais à cette époque, c’était un grand sacrifice d’adopter cette voie et il fallait alors subir beaucoup de critiques et de dommages... Je ne veux pas entrer dans les détails.

En tout cas, cela raconte une partie de la personnalité de notre uléma, cette aptitude au sacrifice, cette perspicacité et cette détermination.

Il faut aussi signaler son rôle dans la fondation et le fonctionnement de l’Institut des études islamiques  à Tyr. Il y a assumé des responsabilités pendant 12 ans, au niveau notamment de la formation des nouveaux étudiants, des nouveaux ulémas. Il avait cette culture, cette vision et cette sagacité. Notre grand martyr, sayyed Abbas Moussawi a été un des étudiants de cet Institut alors que notre cher uléma en avait la charge. Beaucoup ne connaissent pas ce fait. Sayed Abbas a donc été étudiant dans cet institut avant d’avoir l’honneur d’intégrer l’école religieuse de Najaf et d’y poursuivre ses études.

L’uléma auquel nous rendons hommage aujourd’hui a côtoyé de grands événements au cours de sa longue existence, notamment l’émergence de l’entité injuste en Palestine à la suite de la guerre de 1948, l’éparpillement du peuple palestinien, dans le monde et au Liban, lorsque l’ennemi a occupé le Nord de la Palestine et les Palestiniens ont fui vers le Liban. Il a côtoyé aussi la guerre de 1967, l’occupation de Jérusalem, les agressions israéliennes répétées contre le Liban, surtout qu’il est originaire d’une localité proche de la frontière avec la Palestine, les guerres israéliennes contre le Liban, dont la dernière est celle de 2006 et il a aussi côtoyé  les développements internes au cours des dernières décennies.

Depuis le début son choix en faveur de la résistance et de son appui était clair. Les organisations sont des mesures concrètes sur le terrain, mais le plus important reste la pensée de la résistance, sa culture, la volonté de résister et la décision de résister ainsi que le mode de vie que cela impose. Ce choix et cette pensée se traduisent dans un travail concret mais au départ il y a l’idée et la décision.

Le sayyed était depuis le début avec cette option, ce chemin et il s’est tout naturellement retrouvé aux côtés de l’imam Sadr.

Lorsque j’ai eu l’honneur de le rencontrer il y a quelque temps, il était fier de la résistance, de ses réalisations, de ses hommes, de ses femmes, de ses martyrs et de ses victoires. Parmi ses sujets préférés, il y avait le fait que la résistance est une bénédiction, même si elle est aussi une responsabilité. Il m »’a personnellement parlé de la bénédiction que constitue la résistance qui a permis à tous de jouir de la sécurité, de pouvoir sortir de chez eux de nuit et de jour. Il a dit cela parce qu’il a côtoyé la période des massacres et les événements déplorables à une certaine période qui ont entraîné l’exode des habitants du Sud Liban, ainsi que les agressions répétées et les guerres.

Ceux qui ont vécu ces événements et les drames qui ont eu lieu à cette époque peuvent comprendre plus que les autres l’importance de ce que nous vivons aujourd’hui en matière de sécurité, de calme, d’honneur et de dignité. Hélas, un député a parlé récemment de ce public en disant qu’il est privé de dignité en raison des conditions actuelles, mais ceux qui disent que ces gens n’ont pas de dignité sont en réalité ceux qui n’en ont pas.

Cette situation de sécurité, de tranquillité et de calme dans laquelle vivent les gens aujourd’hui, notamment au sud du Liban, cette situation de paix interne qui ne constitue pas seulement la sécurité, il y a aussi en plus un sentiment de dignité et la conviction que cette paix n’est pas le fait de la FINUL ou d’une force externe, du Conseil de sécurité ou de toute autre composante externe, mais bien le résultat d’une force interne, elle est le fruit d’une réalisation interne faite par les Libanais, faite par nos ulémas comme sayyed Mohammed Ali al Amine et par les bras de nos jeunes. Cette dignité, ce calme et cette sécurité sont le fruit de nos souffrances, celles de nos gens et de nos ulémas comme sayyed Mohammed Al Amine, ses fils et ses étudiants ainsi que toute cette génération qui a étudié dans son école et écouté ses discours et ses enseignements.

Pour toute cette raison, il mesure l’importance de cette bénédiction. Nous aussi nous avons besoin d’en prendre conscience, pour apprendre du sayyed et des ulémas.

Nous devons apprendre d’eux à apprécier cette bénédiction et remercier Dieu de nous l’avoir donnée tout en priant pour qu’elle reste.

Nous en avons plus que jamais besoin en ces temps  où il n’y a plus de valeurs, ni de lois internationales, ni de morale, où les lois qui règnent sont celles de la jungle, et où les capacités de destruction, de diabolisation, d’élimination, de falsification et de corruption sont énormes, plus grandes qu’elles ne l’ont jamais été.

Ce que nous vivons c’est la suite de ce qui a commencé en Palestine et personnellement j’ai toujours senti que la Palestine était présente dans l’esprit du sayyed.

C’est pourquoi nous devons être plus attachés que jamais à cette bénédiction et ne pas écouter les voix qui se présentent comme une solution de rechange. Ces voix font de la poésie et parlent d’illusions, alors que la résistance elle, a fait du concret, elle a remporté des victoires, alors que les autres parlent d’hypothèses et de scénarios virtuels et même sur le plan virtuel, elles n’offrent rien.

Aujourd’hui, le peuple palestinien qui a désespéré d’Oslo et des négociations, retrouve la résistance en Cisjordanie, en Palestine, à Gaza, à Jérusalem et dans toutes les régions. Il y a désormais des  générations de martyrs, des jeunes, des enfants. Et les Palestiniens n’ont plus d’autre choix que la résistance.

Une des positions importantes, à mon avis, du sayyed, c’est au sujet de la confrontation avec les groupes takfiristes  et terroristes au cours des dernières années, que ce soit au Liban, dans la chaîne orientale, ou en Syrie et en Irak entre autres. Cette position montre une conscience totale de la part du sayyed de la menace que représentent ces groupes, et des conséquences de leurs actes. Aujourd’hui, beaucoup de gens ont modifié leur position à cet égard car au cours des 10 dernières années, beaucoup de vérités ont été dévoilées, des documents ont été révélés, des aveux ont été faits, des généraux, des présidents, des ministres, des chefs de services de renseignements et des personnes de poids, des chefs de gouvernements  ont parlé de ce qui se passé et ont participé aux événements des dernières années, au Liban, en Syrie, en Irak et dans le reste de la région. Aujourd’hui, ils dévoilent la réalité de ce qui s’est passé  et qui n’avait rien à voir avec le changement démocratique ni avec les droits des peuples, ni avec leur avenir prometteur. Tout ce qui s’est passé s’inscrivait dans le cadre d’un projet très dangereux. Il y a quelque temps, un sénateur, républicain, américain a parlé franchement  de tout ce qui s’est passé en Syrie, des plans pour la Syrie et l’Irak et pour la région. Il a parlé du pillage du pétrole et du gaz pour que les gens meurent de froid. Imaginez un peu ! Certains parlent du pillage du blé pour que les gens meurent de faim, on parle aussi d’autodestruction, de destruction des armées, des institutions et des peuples.  Tout ce que nous disions pendant 11 ans, ils l’ont dit il y a quelques semaines, ou quelques mois.  Ce sénateur a certes été puni à travers les élections pour sa franchise. Ce n’est toutefois pas important que l’image soit claire maintenant. Ce qui compte c’est qu’elle l’ait été depuis le début, lorsque cela exigeait une position difficile, sérieuse, une position de défi et de responsabilité face à un danger grave et une position qui sera prise en compte lors du Jugement Dernier. Nous sommes des croyants religieux, nous prenons des positions en pensant à ce qui nous sera demandé le jour du Jugement Dernier. Nous serons comptabilisés et rendus responsables de nos décisions. Tout ce que nous disons et faisons sera évalué lorsque nous nous tiendrons devant Dieu Tout Puissant. C’est pourquoi chaque position exige de la perspicacité, de la clarté et de la responsabilité. Le sayyed avait la vision claire depuis le début. Lorsque nous voyons des imams de son importance avoir une vision aussi claire, nous ne pouvons que nous sentir tranquilles et cela augmente notre confiance dans nos choix. Surtout que ces choix nous poussent à envoyer nos proches vers le combat et sur les fronts. Et ce n’est pas souci de verser du sang. Le sayyed, en dépit de son grand âge et de son état de santé, tenait à participer à l’enterrement de nos martyrs. Il voulait personnellement prier pour eux et cela a une grande valeur pour nous.

Je termine cette partie en demandant à Dieu toute sa miséricorde pour le sayyed. Nous lui demandons de lui accorder la place qu’il mérite et nous demandons à Dieu de donner à sa famille la patience et le courage de poursuivre sur la même voie. Elle le fera sans doute, notamment  le cher frère sayyed Mohammed Mehdi al Amine et les membres de sa famille. Ces ulémas et tous les autres resteront et en tout cas ils seront toujours présents dans nos cœurs et dans ceux des générations à venir.

Je passe maintenant aux développements actuels.

D’abord, au sujet des frontières maritimes et des champs de pétrole et de gaz. Après ces mois d’efforts, de lutte politique et de jihad sur le terrain et dans les médias, nous avons vu aujourd’hui, à travers les médias, les présidents recevoir de façon officielle le document de la proposition de règlement soumise par la partie médiatrice. C’est un pas très important. On ne peut plus parler de supputations ou d’échos différents selon chaque responsable. Désormais il y a un document officiel, qui est peut-être en train d’être traduit, à moins que ce ne soit déjà fait. Je disais, depuis l’ouverture de ce dossier. Dans la foulée des élections législatives, je disais que ce dossier est devenu brûlant, alors qu’il est ouvert depuis longtemps et les négociations durent depuis plus de dix ans, mais que la responsabilité reste celle de l’Etat. C’est à lui de prendre la décision. Ce sont les responsables de l’Etat qui prennent la décision qu’ils jugent dans l’intérêt du Liban. Cela signifie que nous sommes face à des jours décisifs dans ce dossier. Beaucoup attendaient le mois de septembre, avant ou après... Nous sommes maintenant dans la période décisive. Cela veut dire que cette semaine, les Libanais devraient étudier la proposition, en discuter. Il faut aussi attendre la réponse de l’ennemi à la proposition. La position des responsables libanais sera claire dans quelques jours et on verra dans quel sens iront les événements.

De notre côté, nous espérons que les choses aillent vers une conclusion satisfaisante pour le Liban et pour tous les Libanais. Si Dieu nous en donne la chance, ce dossier devrait ouvrir de nouveaux horizons pour le Liban, des horizons prometteurs. Et comme nous le disions ces derniers temps,  c’était la seule option possible. Vous suivez les développements internationaux et vous avez dû remarquer que même les Etats qui auraient pu fournir des aides au Liban, ou des crédits, subissent les contrecoups de la crise mondiale. Vous suivez tous les changements des monnaies internationales, la situation du gaz et du pétrole... Maintenant on commence à parler d’une crise dans la nourriture, dans plusieurs pays, même en Europe. Je ne parle pas ici de l’Afrique ou de la Somalie. C’est pourquoi, nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre sur le chemin des aides par ci et des crédits par là. Notre trésor est à côté de nous, dans la mer et nous en sommes en mesure de l’extraire, lorsque nous profitons de notre force, de notre sagesse et de notre unité.

Aujourd’hui, si inchallah ce dossier arrive à une conclusion heureuse, ce sera le fruit de l’unité, de la coopération, de la solidarité nationale, sans nul doute. Certes, certains ne veulent pas que ce dossier aboutisse à une conclusion positive, car ils n’y voient que l’aspect partisan et se posent une question : il s’agira d’une victoire pour quel parti ?  Et contre quel autre ? Malheureusement, cela existe, alors que si ce dossier aboutit, il sera l’exemple de la réussite que peuvent enregistrer les Libanais lorsqu’ils sont ensemble  et utilisent leurs éléments de force... Oui, nous pouvons obtenir des résultats efficaces. Nous reviendrons sur ce point ultérieurement.

Le second point que je voudrais évoquer c’est celui de l’élection présidentielle. Le fait que la séance se tienne jeudi est un point important. Par ailleurs, cette séance a confirmé ce que nous disions après les élections législatives. Vous vous souvenez que certains, après les élections ( ils continuent d’ailleurs de le faire) ont déclaré qu’ils avaient obtenu la majorité parlementaire et qu’ils ont remporté des victoires et éliminé d’autres...Il s’agissait de conclusions fausses. L’élection du président de la Chambre, du vice-président de la Chambre  et tout ce qui a eu lieu depuis ont montré le contraire. Ce qui s’est passé jeudi  confirme qu’aucune partie politique ou coalition politique ne dispose de la majorité parlementaire. Il y a simplement des forces qui  si elles s’entendent entre elles s’entendent entre elles sur un point précis peuvent avoir la majorité sur cela. Il s’agit donc d’une majorité à la carte.

DE même, la séance de jeudi a montré que ceux qui veulent réellement aboutir à l’élection d’un président doivent s(éloigner de la logique du défi, des présidents ou des candidats de défi. Imaginez un peu comment ce pays peut être mené à l’ombre d’une crise  aussi profonde sur plusieurs niveaux. Il y a une crise politique, économique, quotidienne, financière, monétaire, avec des développements internationaux et régionaux importants par un président qui veut défier une partie importante de son peuple, toute cette partie qui appuie la résistance et son option ?  Comment peut-on construire un pays avec un président qui veut défier tous ceux-là ?  En parlant d’un président de défi, on cherche à détruire le pays non à le construire.

La séance de jeudi confirme le fait que les forces politiques doivent se concerter, qu’elles renforcent leurs contacts au cours de la période  à venir dans l’espoir que tous ces contacts puissent aboutir  à un choix qui bénéficie d’une majorité réelle au Parlement, et que le Liban puisse avoir un nouveau président là la première occasion possible.

Le troisième point porte sur le gouvernement. Le temps commence à presser. Je parle d’un grand espoir. Je continue à porter cet espoir. Nous espérons aboutir, dans les prochains jours à la formation d’un nouveau gouvernement, qu’un nouveau président soit élu dans les délais ou non.

Le quatrième point porte sur les bateaux de la mort. Hélas, plus d’un drame ont eu lieu. Le dernier en date est très malheureux, plus de 90 personnes chères y ont trouvé la mort, le long de la côte au large de Tartous. Ce sont des Libanais, des Palestiniens et des Syriens. C’est très triste et cela ne peut pas laisser une personne ayant un minimum de sensibilité indifférente. Certains passent sur une information de ce genre sans s’y arrêter. Mais d’autres ne peuvent pas s’empêcher d’être affectés. Toute personne ayant un minimum d’humanité ne peut pas ne pas éprouver de la peine face à l’ampleur d’un tel drame, d’abord pour quitter son pays ou son lieu de vie pour l’inconnu et ensuite pour mourir dans une telle tragédie en mer...Nous présentons nos sincères et profondes condoléances aux familles des victimes, mais pour nous, il faut découvrir toute la vérité sur ce qui s’est passé. Ce qui s’est passé ressemble à un crime, qui se répète sous couvert d’émigration illégale.  Ceux qui font le trafic des émigrants illégaux les emmènent dans des barques privées du minimum de sécurité et en plus, ils prennent un nombre très élevé de migrants, alors que la barque ne peut pas le supporter. Ils ne font même pas attention aux conditions climatiques et au moindre changement de temps, la barque est soumise au gré des flots. C’est un crime commis à l’égard de ces familles désespérées à la recherche d’un avenir meilleur, à l’égard de ces enfants qui meurent dans des conditions terribles...Il faut mener une enquête pour voir s’il y a de la corruption, si certains services de sécurité ont accordé des facilités aux passeurs... En tout cas, il est de notre devoir de remercier les autorités syriennes, le gouvernement, le gouverneur de Tartous et aux habitants de l’île de Arouad, car ils ont contribué, aux côtés des services de sécurité à porter secours aux victimes ou à chercher à retrouver les corps des disparus. Ils ont pris des risques pour cela et ils continuent de déployer des efforts pour essayer de retrouver les corps encore disparus. Ils le font à la place des Libanais et des Palestiniens, et pour tous les Syriens. Nous ne pouvons que les remercier.

Cinquièmement, en une ligne, nous suivons tous les développements internationaux. Certains peuvent dire que cela ne concerne pas le Liban. Je dis que ce qui se passe pourrait changer la face du monde. L’événement russo-ukrainien n’est pas limité à ces deux pays ou cette région. Cela l’était depuis le début. Mais ce qui se passe désormais avec les positions américaine, européenne et celle de l’Otan, les divisions tout cela montre que nous nous trouvons devant un événement à l’échelle planétaire qui aura des conséquences sur le monde. Le Liban doit suivre ce qui se passe, en étant responsable  et conscient de l’importance des développements qui auront forcément des répercussions sur lui et sur la région.

Le dernier point porte sur la République islamique d’Iran qui occupe le monde entier. C’est le développement régional le plus important. Je voudrais revenir sur ce qu’avait déclaré l’imam auquel nous avons rendu hommage sur le fait que les cellules terroristes ne sont pas éliminées. «Daech» n’est pas finie, même si son Etat et son gouvernement ont été détruits. Le grand martyr hajj Kassem Soulaymani l’avait déjà déclaré et il est clair que le projet de «Daech» et son instrumentalisation ne sont pas terminés. Vous vous souvenez que lorsque le désert syrien, Deir Ezzor, al Mayadeen, Bou Kamal et Mossoul en Irak ont été libérés comment les hélicoptères américains emmenaient les grands chefs et les cadres ? Ils les avaient peut-être eux-mêmes enrôlés. Je ne dis pas que tous les membres de «Daech» sont des agents de la CIA, mais l’ampleur des infiltrations étrangères au sein de «Daech»  permet d’instrumentaliser un grand nombre de ses membres. Ces cadres et chefs ont été transportés en Afghanistan. On voit ce qui se passe dans ce pays, chaque vendredi une mosquée est attaquée, je ne parle pas seulement des chiites, des ambassades sont attaquées, avant-hier un centre éducatif a été attaqué. 300 élèves ; garçons et filles étaient en train de réviser pour les examens. Un kamikaze les a attaqués et il y a eu plus de 50 martyrs. Ils étaient chiites. Cela se passe devant les yeux du monde. Avez-vous vu quelqu’un bouger ? Une Iranienne est décédée dans des conditions obscures, et personne ne sait jusqu’à présent ce qui lui est exactement arrivé, mais le monde entier s’est soulevé, les Etats-Unis, la Maison Blanche, les Européens, dirigeants et médias,  des médias arabes et régionaux, le monde entier s’est mobilisé pour Mme Amini. Mais plus de 50 jeunes en Afghanistan qui meurent sous l’attaque d’un kamikaze n’intéressent personne. Le moindre incident en Iran est exploité. Je dis que «Daech» existe encore et elle est en train de se reconstituer en Syrie, en Irak,  et en Afghanistan où elle frappe régulièrement, et on sait qui se tient derrière elle et continue de la protéger (les renseignements américains) et facilite ses déplacements et ses activités et assure son financement. Par contre, la République islamique d’Iran est une cible permanente, surtout maintenant où elle est devenue le pilier de l’axe de la résistance. Depuis les premiers jours, elle a été visée, des ulémas ont été assassinés, de grands chefs, des hommes politiques, des militaires, il y a eu des événements internes, des incitations permanentes sur des bases ethniques ou confessionnelles dans les mohafazats, sans parler de la guerre de 8 ans financée par les Etats du Golfe avec l’Irak qui était alors appuyé par toute la planète, l’URSS et les Etats-Unis... Il y a aussi les sanctions qui se sont aggravées récemment, ainsi que les campagnes médiatiques incroyables et la création de nombreux médias en langue persane, des armées électroniques... Bref le pari est sur des troubles à l’intérieur de l’Iran, parce que l’Iran est fort. On a beaucoup parlé d’une attaque américaine contre l’Iran, mais elle n’a pas lieu parce que les Américains ont compris que l’Iran est fort. Les Américains ont donc été vers le choix de miser sur des troubles internes, avec des sanctions très dures. Il s’agit de monter les gens contre le régime islamique comme cela se passe au Liban où on veut monter les gens contre la résistance et les convaincre que tous leurs problèmes viennent de cette résistance. Parfois, ils vont jusqu’à inventer des faits, ils utilisent les armées électroniques  et répandent des faits inventés sur lesquels ils bâtissent des analyses. Ce sont les rumeurs destinés à faire douter les gens, comme par exemple les informations sur la santé de l’ayatollah Khamenei et sur le fait qu’il serait mort mais on le cache... De toute façon, ce n’est pas nouveau. Ce procédé a été utilisé avec l’ayatollah Khomeiny. L’imam Khamenei  s’est tenu devant les caméras à l’occasion du 40ième de l’imam Hussein, il a pris la parole et a montré à tous ceux qui répandaient de fausses rumeurs sur lui qu’il est en bonne santé. Tout cela vise à faire douter les gens et à les déprimer en jouant sur leur moral et sur leur confiance  dans leur République, leur régime, leur résistance. Les derniers événements en Iran s’inscrivent dans ce cadre. Les faits seront bientôt connus de tous. Cet incident obscur a été exploité. Des gens sont sortis dans la rue dans plusieurs villes du pays. 1000, 2000 ou 3000 personnes ont manifesté, certains ont commis des exactions, mais les médias du monde entier se sont aussitôt emparés de l’affaire présentant cela comme la colère du peuple iranien. Quelques jours plus tard, lorsque des millions d’Iraniens sont descendus dans la rue pour appuyer le régime, les médias étrangers se sont tus. Ils n’ont pas pu cacher leur déception, en tête les médias israéliens.  Ce que je veux dire au sujet de l’Iran c’est que ce pays est fort, digne et capable. Son peuple est attaché à son pays, à sa religion et à ses principes. Pour s’en convaincre il n’y a qu’à voir comment les Iraniens sortent dans la rue à chaque occasion pour soutenir leur pays et leurs croyances. Rappelez-vous des funérailles du martyr hajj Kassem Soulaymani, cette présence massive inégalée, les gens sont descendus dans la rue pour participer à ces obsèques d’eux-mêmes, petits et grands, ils étaient tous émus. C’est cela la réalité de l’Iran. Je dis à tous ceux qui aiment la République islamique dans le monde : ne pleurez pas et ne vous inquiétez pas. Cette République islamique dont la Constitution a été écrite dans la religion est forte, elle est même plus forte que jamais. Ne vous laissez pas tomber dans le piège des rumeurs. Au cours des 40 ans de la vie de la révolution, il y a eu des événements plus graves et la République islamique est restée car elle est basée sur la foi immense et sur la présence d’un chef historique, exceptionnel, sage et courageux et sur un peuple convaincu, aimant, prêt à tous les sacrifices. C’est pourquoi ils ne pourront pas détruire cette République.

Un dernier mot aux peuples de notre région. Après vous avoir rassurés sur le sort de la République, je voudrais vous rappeler que les médias étrangers et hélas certains du Golfe cherchent à créer une animosité  entre eux et la République islamique C’est certainement une manœuvre vouée à l’échec et elle a échoué déjà dans une grande mesure. Il est plus facile d’être critique à l’égard de ces régimes car la plupart de ces dirigeants sont des instruments entre les mains des Américains. Ils prennent des instructions et les exécutent. La plupart des médias sont aussi dans ce cas de figure car le travail essentiel est fait sur les gens.  Je voudrais ici avoir une mention spéciale pour le cher peuple irakien. Je ne cherche pas à intervenir dans les affaires internes de ce pays, ni demander sur quoi les Irakiens sont en conflit. En Irak, il y a des autorités sages ayant une grande vision, des chefs dévoués et visionnaires, mais je voudrais juste mentionner un point : le fait de présenter la République islamique  d’Iran comme l’ennemie des peuples de la région est un plan américain  diabolique pour déchirer les rangs de la oumma. Je voudrais aussi vous rappeler que cette République, ce régime, ce peuple et ce commandement (et je le dis par expérience puisqu’au cours de ces 40 ans, nous étions en contact direct avec les Iraniens et nous avons dû faire face à d’énormes défis) ne veulent rien des peuples de la région. Ils ne veulent rien du peuple irakien. Au contraire ils sont même particulièrement soucieux du fait que les ressources de l’Irak doivent aller à son peuple, alors que les Américains (Trump l’a clairement dit) veulent le pétrole et le gaz d’Irak La République islamique, n’a aucune ambition ni sur les ressources de l’Irak ni sur ce pays, contrairement à beaucoup d’autres pays.  Tout ce que veut la République islamique  c’est que le peuple irakien vive digne et libre. Le peuple irakien peut-il oublier la présence de hajj Kassem Soulaymani, peut-il oublier l’aide iranienne lorsque tous les autres pays avaient oublié l’Irak ou l’avaient laissé à son sort ?  Toutes les forces armées  iraniennes et tous les moyens de l’Iran avaient été mis à la disposition de l’Irak lorsque «Daech» s’était installée dans ce pays.  Comment le peuple irakien peut-il regarder avec amitié l’Arabie qui avait envoyé 5000 kamikazes  sur son sol et ceux-ci avaient semé la mort et la terreur dans leur pays ? Comment le peuple irakien pourrait-il éprouver de l’animosité envers la République islamique  qui a tout fait pour que l’Irak soit libéré de l’occupation américaine et pour que l’Irak puisse vaincre «Daech» et préserver son identité ? Tous ceux qui disent au peuple irakien que l’Iran a des ambitions sur votre pays sont des menteurs, des traîtres et des lâches. Je ne vise personne en particulier. Je parle d’une idée en général. On peut critiquer l’Iran, avoir des remarques sur le comportement de certains de ses dirigeants, mais de là à se tenir dans le camp des ennemis de l’Iran, c’est grave. Pourquoi et au service de qui ?  Rend-on service à l’Irak si on le place en position d’hostilité avec l’Iran ?  Rend-on service au Liban, à la Syrie, à la Palestine, au Yémen et à Bahreïn en déclarant l’hostilité à l’Iran ?  Où seraient les Palestiniens et Jérusalem sans les Iraniens ?  Où seraient le Liban et «Israël» ? Je vous laisse répondre.  Aujourd’hui, le principal élément de force de l’axe de la résistance, pour la Syrie, le Liban et toute la région, c’est la République islamique d’Iran.

 J’inverse la question : si tous ces combattants terroristes, envoyés de l’aveu des Américains eux-mêmes de tous les coins de la planète, ce fameux printemps arabe, ces centaines de milliers de combattants de «Daech» étaient venus en Syrie,  en Irak que seraient-ils devenus s’il n’y avait pas eu la République islamique d’Iran ? Que serait-il arrivé à tous ces Etats ? Où seraient ces gouvernements ?  Nous disions au début en parlant du sayyed que l’homme doit reconnaître la bénédiction et la remercier, non la renier... A tous ceux qui misent sur les Etats-Unis, je dis voilà les Etats-Unis, ils se battent aujourd’hui jusqu’au dernier Ukrainien... Hier, le pauvre Zelensky a demandé à être inclus dans l’Otan en réponse à l’annexion par la Russie de certaines régions d’Ukraine. Quelle a été la réponse ? Non. Le moment n’est pas propice. Pourquoi ? Parce  si l’Ukraine est admise dans l’Otan cela signifie que les Etats-Unis seront engagés à combattre la Russie. Les Etats-Unis ne veulent pas combattre la Russie. Ils veulent que les Ukrainiens  le fassent et après les Ukrainiens ce sera le tour des Européens. Les Américains les regardent  et accumulent les gains et marquent les points. C’est cela les Etats-Unis. Il faut bien connaître  ses amis, les protéger et les garder. Il faut bien aussi connaître ses ennemis et au moins ne pas se réfugier chez eux, car vous ne trouverez chez eux que la traîtrise ; Je répète mes condoléances aux proches de notre cher disparu qui est désormais parmi les purs auprès de Dieu et de son Prophète.

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