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Discours complet du secrétaire général du Hezbollah, sayed Hassan Nasrallah

Discours complet du secrétaire général du Hezbollah, sayed Hassan Nasrallah
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Au nom de Dieu

Dans les prochains jours, nous célèbrerons une occasion qui nous est chère et qui est très importante, la naissance du Prophète Mohamad. Je profite de l’occasion pour adresser mes vœux un peu en avance à tous les musulmans dans le monde et à tous les Libanais. Inchallah nous organiserons à cette occasion une cérémonie digne de cet anniversaire. Je laisse donc tout ce qui concerne cette occasion au discours que je prononcerai ce jour-là. J’ai aussi divisé les autres sujets en deux, la première série de sujets sera abordée aujourd’hui et la seconde sera laissée au prochain discours.

Je vais essayer d’être bref. Le premier sujet porte sur les prochaines élections législatives. Tout le pays est occupé à les préparer, à fixer le rendez-vous et à prendre les mesures nécessaires pour qu’elles puissent se dérouler.

Au sujet de ces élections, je voudrais préciser quelques points :

D’abord, et nous l’avons déjà dit, nous sommes avec la tenue de ces élections à la date prévue. Malgré cela, certains, dans le cadre des polémiques, nous englobent dans les parties qui chercheraient à reporter les élections… Je voudrais réaffirmer que toutes ces accusations sont dénuées de tout fondement. Nous sommes avec la tenue des élections dans les délais fixés par la loi. Nous pensons aussi que tous les blocs parlementaires vont dans ce sens. Pour être justes, nous dirons que nous n’avons jusqu’à présent, aucun élément sur le fait qu’une partie chercherait ouvertement ou non à pousser vers le report des élections et la prorogation du mandat du Parlement actuel. C’est pourquoi j’appelle à ce qu’on mette ces accusations de côté et que tout le monde traite avec le fait que les élections se déroulent dans les délais légaux. En tout cas, nous sommes de ceux qui œuvrent dans ce sens.

Ensuite je voudrais parler du vote des émigrés. En 2018, nous avions approuvé de nombreux points de la nouvelle loi après les discussions et par souci de nos alliés. Récemment, dans le cadre des réunions des commissions parlementaires, certains blocs ont demandé que soient revus certains points dont celui du vote des émigrés à l’étranger. Il est vrai aussi qu’aujourd’hui, si on veut mener des campagnes électorales à l’étranger auprès des émigrés, il n’y a pas une égalité dans les chances, ni au niveau des candidatures ni à celui des votes. Cela concerne en particulier le Hezbollah. Il y a peut-être d’autres parties dont la situation est délicate dans de telles conditions, mais le plus courant est de considérer que le Hezbollah est défavorisé à ce niveau dans plusieurs pays européens, dans les pays d’Amérique du Nord et dans certains pays arabes, notamment dans le Golfe. Cette inégalité peut faire l’objet d’un recours en invalidation. Mais nous avions dit que nous ne, présenterons pas un à ce sujet. Seulement, d’autres pourraient le faire et demander l’invalidation de tout le processus électoral sur la base de l’inégalité des chances. Dans ce contexte, un conflit est apparu au sujet du vote des émigrés. Il y a eu de longs débats télévisés sur cette question. Nous au Hezbollah, nous avons discuté de cette question et nous avons exprimé notre position dans le cadre des commissions parlementaires. Mais je vais l’annoncer aujourd’hui pour clore le débat. Certes nous sommes conscients que nous sommes défavorisés sur ce point, dans plusieurs pays, nous en tant que formation et les électeurs qui seraient susceptibles de voter pour nous. Mais à partir du moment où l’injustice nous touche à nous, et par souci de l’intérêt national ainsi que du droit des émigrés à voter, nous sommes prêts à surmonter l’injustice qui nous touche. Nous avons donc décidé pour de multiples raisons, dont la volonté de considérer les émigrés libanais comme des partenaires à part entière dans le processus électoral, de ne pas soulever la question de l’injustice. Nous acceptons donc le vote des émigrés  qu’ils donnent leurs voix selon leurs origines dans les circonscriptions déjà existantes ou qu’il s’agisse de leur accorder six nouveaux sièges selon les continents. Nous sommes prêts à discuter ce point qui exige des précisions. Lorsque ce point sera discuté au Parlement, nous participerons à la discussion et s’il ne l’est pas, il y a une loi, il faut l’appliquer. Pour nous, ce sujet est clos. Nous appelons tous les émigrés à s’inscrire sur les listes électorales et nous espérons qu’ils participeront en force au vote et qu’ils pourront exprimer leur opinion en toute liberté.

Concernant le fait de fixer l’âge de vote à 18 ans, il est curieux de constater que ce sujet n’est soulevé que lorsque l’échéance électorale approche et que les délais deviennent serrés. Depuis notre première participation aux élections législatives en 1992, ce sujet revient régulièrement, mais toujours lorsque cela devient difficile de l’appliquer. Lorsque nous en parlons avec les différentes forces politiques, nous constatons que toutes y sont favorables. Mais lorsque nous allons au parlement, cette proposition tombe. Nous autres, nous ne nous contentons pas de la brandir comme un slogan. Nous avons sérieusement travaillé pour qu’elle soit adoptée. Par exemple, en mai 2009, le Bloc de la Résistance a présenté une proposition de loi pour fixer le droit de vote à 18 ans, sachant que ce point exige un amendement constitutionnel. En principe, elle avait été acceptée et le gouvernement avait lui aussi adopté cette proposition à l’unanimité. Elle avait donc été transmise au Parlement en février 2010 avant les élections. 100 députés avaient assisté à cette séance, mais seuls 34 d’entre eux ont voté en faveur de cette proposition. Principalement, le bloc d’Amal, celui du Hezbollah et quelques autres. Les autres blocs se sont abstenus et la proposition est tombée.

Il y a certainement quelque chose d’étrange dans ce pays. Si on fait maintenant un sondage auprès des différentes forces politiques, elles se déclarent toutes en faveur de cette proposition. Mais dès qu’on approfondit un peu le débat, certains commencent à dire qu’il faut sélectionner ou lancer des campagnes d’éveil auprès des jeunes de 18 ans, dans les écoles notamment etc… Au Liban, pourtant, un enfant de six ans parle de politique… En tout cas, comme au sujet du vote des émigrés, nous demandons à ceux qui se sentent lésés par cela qu’ils fassent un sacrifice comme nous et qu’ils acceptent de fixer l’âge de vote à 18 ans. Car, si cela n’est pas fait, ce sont tous les jeunes Libanais qui seront lésés alors que c’est leur droit de participer à l’opération électorale. Les jeunes seront donc privés de ce droit pour des motifs purement partisans ou personnels, non pour des raisons nationales.

Toujours au sujet des élections, nous n’avons aucun problème avec l’installation de Mégacentres, ni avec l’utilisation des cartes magnétiques. Je le dis pour que personne ne déclare par la suite : le Hezbollah empêche ceci ou cela. Nous acceptons tout ce que vous voulez. Nous voulons que les élections aient lieu et que personne ne cherche un prétexte pour les reporter. Les candidatures, les programmes et les alliances, ce sera pour après.

Le second sujet que je voudrais évoquer est celui de l’électricité. Normalement j’aurais dû commencer par lui, mais parce qu’il y a des vexations dans ce sujet, j’ai préféré commencer par les élections. Au cours des derniers jours, les lamentations ont repris en disant que le fuel a été épuisé, les centrales vont s’arrêter et les Libanais seront plongés dans l’obscurité. Heureusement, une solution provisoire a été trouvée et le commandement de l’armée est remercié pour son initiative humanitaire, mais ce sujet doit être la priorité absolue du gouvernement. En ce qui nous concerne, nous pensons que lorsque les plaintes se sont amplifiées, le gouvernement aurait dû tenir une réunion exceptionnelle, pas de deux ou trois heures, mais qui aurait pu se prolonger jusqu’à l’aube, et n’aurait pas été levée avant d’avoir trouvé une solution. Qu’est-ce que cela signifie que le pays soit plongé dans l’obscurité totale ? Il ne s’agit pas seulement de noir, mais de mort clinique. Car sans électricité, les hôpitaux, les coopératives, les secteurs vitaux et les citoyens sont affectés. Mais que s’est-il passé depuis que le règlement provisoire a été trouvé ? Au lieu de chercher à trouver une solution durable, les différentes parties ont commencé à se lancer des accusations et des insultes…Or tout cela n’amène pas le courant. Au final, il faut que les responsabilités soient définies. Mais en général au Liban, au lieu d’aller vers la clarification et vers le but, on se perd dans les méandres et les rancœurs sortent à la surface. Ce que je voudrais dire à ce sujet c’est qu’il faut essayer de trouver des solutions durables. Le gouvernement qui semble se réunir tous les mercredis, doit mettre cette question en tête de ses priorités. Il faut mettre le pays sur la voie du règlement de ce dossier, non que l’on se contente de calmants, à travers l’ouverture d’un crédit  de la Banque centrale pour acheter du fuel et faire fonctionner les centrales pendant quelques heures. Ce n’est pas cela la solution de la crise. Nous avons besoin de trouver une solution radicale. Des offres sont présentées. Il faut prendre une décision, soit on les accepte soit on les rejette. Il faut traiter ce dossier une fois pour toutes.

Aujourd’hui, le gouvernement, l’Etat, a reçu une somme d’un milliard et cent millions de dollars. La priorité est d’utiliser cette somme, ou une partie d’entre elle, pour régler la question de l’électricité, soit en construisant de nouvelles centrales soit en améliorant celles qui existent déjà. Mais il faut trouver une solution. Des propositions de l’Est et de l’Ouest sont faites à ce sujet. Vous ne voulez pas l’Est ? Soit, allez vers l’Ouest, à moins qu’il n’y ait un véto américain. Dans ce cas, il faut dire franchement au peuple libanais : Nous n’osons pas ou ne nous pouvons pas recourir à des sociétés européennes, car les Américains se fâcheront  et ils nous en empêchent. Les Libanais doivent donc vivre dans l’humiliation et les pénuries, dans l’électricité comme dans l’essence et le mazout. Il faut leur dire la vérité. Je sais par exemple qu’en Irak, il y a un problème d’électricité. Les Irakiens ont essayé de s’entendre avec des compagnies européennes, mais les Américains les en ont empêchés. Les Iraniens ont aussi fait une proposition. Elle est ancienne et lorsque le ministre des Affaires étrangères était au Liban, il l’a renouvelée, assurant que l’Iran est prêt à construire deux centrales pour assurer une quantité importante de courant électrique. Il faut lui répondre. Essayez de demander que les Américains vous accordent une exception. Pour vous, ils sont des amis, pour nous ils sont des ennemis. En ce qui nous concerne, nous pouvons tout attendre d’eux. Mais pour vous, qui les considérez comme des amis, des alliés et même plus, demandez-leur de vous accorder une exception. L’Afghanistan sous le précédent gouvernement, celui de Ghani, bénéficiait de certaines exceptions et prenait certains produits d’Iran. C’est le cas aussi d’autres pays voisins de l’Iran. Suivez donc leur exemple. J’ai appris, et c’est presque drôle même si c’est surtout triste, que lorsque le ministre iranien a fait sa proposition à un des responsables libanais ce dernier lui a demandé de solliciter lui-même une exception de la part des Américains. Imaginez donc un peu la situation : le responsable libanais qui demande à l’Iranien qui est en conflit profond avec les Américains, de demander une exception pour que le Liban puisse accepter la proposition iranienne, acheter de l’essence, du mazout etc d’Iran… Est-ce comme cela que l’on assume les responsabilités ?

En tout cas, nous élevons la voix sur ce sujet, avec tous les gens. Nous avons le droit de réclamer que le dossier de l’électricité soit la priorité du gouvernement, dans un Conseil des ministres ordinaire ou exceptionnel. Il faut trouver une solution radicale au lieu de continuer à atermoyer et à se lancer des accusations. Cela ne mène nulle part.

Permettez-moi, dans ce contexte, de poser une question : on dirait qu’il y a un chaînon manquant dans tout ce qui se passe. C’est comme si en fait, l’Etat montre son impuissance et met les Libanais dans des situations terriblement humiliantes et désespérantes, avec les crises d’essence, de fuel et de mazout, dans les pénuries de produits alimentaires, pour arriver à un choix unique : lever de facto les subventions, parce qu’il n’y a plus d’autre possibilité que celle de recourir au Fonds monétaire international lequel va exiger la levée des subventions… L’Etat n’ose pas le décider, il laisse faire et on y arrive de facto.

Les incidents se multiplient, les gens se tirent dessus, se battent pour qu’on en arrive à se dire : même si le bidon arrive à 500000LL tout vaut mieux que cette pagaille. D’ailleurs, nous avons vu des gens appeler à la levée des subventions pour en finir avec cette situation intenable. Tout cela est-il planifié ou non ? cela mérite d’être approfondi.

De plus, toujours lorsqu’on parle du dossier de l’électricité, il est question de le privatiser, ou d’en vendre certains secteurs, ainsi que les biens de l’Etat. Je voudrais justement attirer l’attention sur ce point, sans accuser personne. Pour être franc avec vous, je dirais que ce n’est pas encore clair pour moi. Mais j’ai l’impression qu’il y a une condition cachée dans ce dossier qui pousse vers sa privatisation, à l’intérieur du Liban ou en dehors, à l’intérieur du gouvernement ou en dehors, je l’ignore, dans le camp loyaliste ou dans l’opposition, je ne sais pas. Mais il me semble qu’il y a une possibilité que l’on dise ce secteur est en faillite, l’Etat ne peut pas le restaurer. La seule solution est donc dans la privatisation. Le peuple libanais dira : oui pour la privatisation, nous n’en pouvons plus de vivre dans l’obscurité. Il faut faire attention à cela.

J’en arrive à l’essence et au mazout. J’adresse ici un appel à toutes les forces politiques du pays : allez donc solliciter l’aide de vos amis et alliés. En ce qui nous concerne, nous avons demandé l’aide de l’Iran et que peut faire de plus ce pays ? Il nous a dit : je suis prêt  à vous vendre de l’essence, du mazout et du fuel, je peux vous construire des centrales, un métro et je vous fournis toutes les facilités possibles. De même, la Syrie dit : je n’ai pas de problème, amenez du courant et du gaz d’Egypte et de Jordanie et je suis prête à vous donner toutes les facilités possibles. C’est ce qu’ont fait nos amis.

Mais vos amis qu’ont-ils fait ? Vous ne les avez même pas sollicités. Demandez une exception, demandez de l’aide. S’ils vous disent : nous ne voulons pas aider le Hezbollah, soit. Ne nous faites pas profiter de ces aides. Ne faites pas comme nous et ne donnez pas ces bienfaits à tous les Libanais.  Mais faites quelque chose. Toute la journée, nous entendons des critiques sur le fait que nous amenons du mazout d’Iran. Nous entendons cela le dimanche, avant le dimanche et entre les deux dimanches.  Voyez le niveau de responsabilité dans ce pays. Selon un politicien, lorsque le mazout iranien est arrivé, l’électricité est partie. Ce politicien ne sait pas que les centrales du Liban fonctionnent au fuel non au mazout et il n’y a aucun lien entre le mazout et le fuel. Malheureusement, c’est le niveau qui existe au Liban…

C’est donc un appel que j’adresse pour la dernière fois : au lieu de vous livrer aux accusations et aux insultes, faites pour une fois quelque chose de positif pour vos gens et pour votre pays.

J’en arrive au troisième sujet, celui du mazout et de l’essence que nous amenons d’Iran. Nous considérons que nous sommes encore dans la première phase. Un certain nombre de bateaux est arrivé jusqu’à présent. La première étape durera jusqu’à la fin du mois d’octobre. Dans cette étape, nous avons fait deux choses : nous avons défini des parties auxquelles nous offrions le mazout pendant un mois et d’autres auxquelles nous vendrons le mazout pendant ce même mois. Nous n’avons pas mis ce mazout dans le marché. Nous avons voulu assurer du mazout là où il est absolument nécessaire. Nous ne cherchons pas à faire de la concurrence, ni couper l’herbe sous le pied des compagnies  et des stations qui vendent le mazout. Nous avons aidé là où c’est nécessaire et nous n’avons pas nui à ceux qui vivent de l’achat et de la vente de cette matière. Nous continuerons ainsi jusqu’à la fin du mois. 

Dans le cadre de cette première étape, je voudrais ajouter deux points. D’abord, nous comptons prolonger le don que nous avions fait pour une période d’un mois. Le premier mois s’est écoulé et nous allons ajouter un second, pour les mêmes parties qui avaient bénéficié du don lors du premier mois. J’entends par là les hôpitaux gouvernementaux, les asiles pour les personnes âgées, les orphelinats et les centres pour personnes à besoins spéciaux, les offices des eaux, les puits artésiens relevant des municipalités, à condition que celles-ci soient pauvres, les pompiers de la Défense civile et la Croix rouge libanaise. J’annonce donc que nous continuerons à donner à ces institutions du mazout pour un second mois en guise d’aide.

Le second point que je voudrais ajouter c’est que nous mis les pêcheurs sur la liste des parties qui peuvent acheter notre mazout. Nous avons commencé à le faire après avoir reçu de nombreuses demandes en ce sens. Nous avons donc ajouté les pêcheurs aux autres catégorises qui peuvent acheter notre mazout, à savoir les hôpitaux privés, les usines de fabrication de médicaments, les minoteries, les boulangeries etc.

Au début de novembre, nous entrerons dans la seconde phase et il faudra alors songer au moyen de réchauffer les maisons. Nous avons reçu beaucoup de demandes en ce sens et même de la part d’amis qui nous sont chers mais nous avons fixé des critères auxquels nous devons nous conformer, sinon les choses peuvent échapper à tout contrôle. La question d’assurer aux maisons le mazout nécessaire au chauffage est un grand dossier. Nous allons l’étudier pour essayer de l’ajouter aux autres qui sont déjà prioritaires, comme les hôpitaux privés etc.

Nous pensions que les établissements et les sociétés pour les abonnements électriques représentaient la couche la plus importante. D’ailleurs, ils auront une grande part, peut-être la plus grande. Mais dès qu’on arrive à novembre, il faut aussi tenir compte du froid et de la nécessité de chauffer les maisons surtout dans les régions montagneuses. Là aussi, il faut définir des critères  et un mécanisme de distribution que nous étudions actuellement. Tout cela sera annoncé en détails ultérieurement, par moi ou par mes frères. De plus, avec l’arrivée de l’hiver, d’autres besoins peuvent apparaître. Nous sommes en train d’étudier tout cela, surtout que nous recevons beaucoup de demandes de toutes les régions libanaises. Je le répète, nous recevons bien plus de demandes que nous en attendions, de toutes les régions et de différentes parties. Avec l’approche de l’hiver, les demandes vont encore augmenter. Nous avons décidé de continuer à donner la priorité à l’arrivée du mazout. Nous avons reporté l’échanger avec du mazout auprès des commerçants. Heureusement, les longues files devant les stations d’essence sont terminées, il y a de l’essence désormais. De toute façon, nous ne pensons pas que nous devons travailler sur toutes les matières. Nous donnons donc la priorité au mazout, surtout que l’hiver approche.

Pour clore ce dossier je dirai encore que nous avons entendu des voix lancer qu’il faut laisser l’Etat acheter le mazout et l’essence d’Iran. Nous appuyons ces demandes  et c’est même ce que nous réclamons. Que le gouvernement libanais demande une exception aux Américains et que les sociétés libanaises achètent nous leur assurerons des facilités avec l’Iran ? Qu’elles aillent acheter de l’essence, du mazout, du fuel etc et nous nous retirerons de ce dossier. Nous n’amènerons plus de bateau qui arrivera à Banias et de là la cargaison sera envoyée au Liban. Tout cela sera fini. Mais venez assumer les responsabilités. Ouvrez cette porte qui ne demande qu’un peu de courage et d’audace. D’autres pays l’ont fait et mènent un dialogue avec l’Iran au sujet des carburants et des produits pétroliers. Faites de même et vous qui nous accusez de violer la souveraineté du Liban, aidez-nous à ne pas le faire et demandez aux Américains cette exception. Ouvrez donc cette porte.

Le quatrième sujet que je voudrais évoquer porte sur l’enquête de l’explosion du port de Beyrouth. Je voudrais confirmer ce que j’avais dit : nous sommes avec l’enquête, nous voulons qu’elle aboutisse. Je vais être encore plus sincère : si les familles des martyrs du port renoncent à l’enquête nous ne le ferons pas. Nous considérons que nous faisons partie de ceux qui ont été atteints par cette explosion, non seulement dans le recensement des victimes et des dégâts matériels, mais aussi nous estimons avoir été atteints moralement, politiquement et médiatiquement. Nous voulons donc que la vérité soit faite sur cette explosion,  d’abord humainement par égard pour les familles des martyrs et par souci de punir les coupables  et ensuite sur le plan moral et politique qui nous concerne directement en tant que Hezbollah. Nous voulons donc la vérité et la levée de l’impunité. Cette position est claire et définitive. Ce que je vais donc dire à ce sujet ce soir n’a pas pour objectif d’arrêter l’enquête et de clore le dossier. Au contraire. Celui qui dit cela est injuste avec nous. Ce que je vais dire c’est justement pour aboutir  à un résultat. Ce qui est demandé c’est la vérité et la justice. Le précédent juge d’instruction a été clairement vers la politisation de l’enquête et les initiatives arbitraires. Nous avions alors utilisé un langage clair et  nous avions donné des conseils. Il avait décidé de partir suite à la suspicion légitime. Le juge actuel au lieu de profiter des remarques faites à son prédécesseur a poursuivi les mêmes erreurs. Il a fait fi de toutes les remarques précédentes et il a même fait pire que son prédécesseur.

Dans l’action du juge actuel il y a de la discrimination et du politique. Il y a un ciblage politique qui n’a rien à voir avec la vérité et avec la justice. Je dis aux familles des martyrs du port : si vous croyez qu’avec ce juge vous arriverez à la vérité, vous vous trompez. Et si vous croyez qu’avec son acte d’accusation vous arriverez vers la justice, vous vous trompez aussi. Ce juge travaille avec des intentions politiques et il utilise le sang des martyrs et des blessés ainsi que la tragédie qui a eu lieu dans des buts politiques, pour cibler des parties politiques.

J’avais déjà parlé de cela, mais cette fois je vais insister sur un angle précis car nous sommes arrivés à un stade où la situation est devenue insupportable. On va me dire : c’est une intervention dans les affaires de la justice. Mais je réponds : est-ce là une justice pour définir par la suite s’il y a ou non une intervention ? Ce n’est pas une justice, c’est de l’action politique. Pour cette raison de dire deux mots à ce sujet. Que disent la science et la justice ? Il y a eu une explosion d’une telle ampleur. Il faut rechercher les responsabilités. C’est un point sur lequel je reviendrai.

Je voudrais demander au juge et à son prédécesseur. Ou plutôt oublions ce dernier. Je dis donc au juge actuel : depuis l’arrivée du nitrate d’ammonium au port de Beyrouth il y a eu le président Michel Sleiman et l’actuel président Michel Aoun. Ce dernier a déclaré avec beaucoup de transparence et de franchise : j’ai appris la présence du nitrate tel jour et j’ai procédé aux démarches que je devais entreprendre. Il a même dit qu’il était prêt à faire sa déposition au juge. Celui-ci ne l’a pas entendu. Pourquoi ? De quoi a t-il peur ?

Pourquoi n’a-t-il pas cherché à entendre le président Sleiman ? Lui a-t-il demandé s’il savait que ce bateau est arrivé pendant son mandat et qu’a-t-il fait à son sujet ? Indépendamment du fait de savoir s’il est responsable ou non, ne doit-il pas être entendu ? Depuis l’arrivée du bateau chargé du nitrate d’ammonium à Beyrouth en novembre 2013, plusieurs premiers ministres se sont succédé à la tête du gouvernement, pourtant le juge a immédiatement décidé d’engager des poursuites contre Hassan Diab. Il a probablement jugé qu’il était faible  et qu’il pouvait s’en prendre à lui. Il a donc engagé des poursuites contre lui et émis un mandat d’amener à son encontre.

La question est de savoir pourquoi n’a-t-il pas cherché à entendre les autres présidents du Conseil ? Je ne dis pas qu’il doit les convoquer, mais pourquoi n’a-t-il pas recueilli leurs dépositions ? Etaient-ils au courant de la présence du nitrate d’ammonium et qu’ont-ils fait à ce sujet ? Sont-ils responsables ou non ? Le juge a omis cet épisode, et s’est immédiatement dirigé vers le Premier ministre Hassan Diab. Si la justification est que l’explosion a eu lieu alors qu’il était en fonction, pourquoi  dans ce cas, n’a-t-il pas interrogé les ministres actuels ? Je n’accuse personne et je ne protège personne, je veux juste savoir. Ce sont tous nos amis, les actuels et les anciens, je veux juste comprendre la démarche adoptée. Pourquoi aussi n’a-t-il pas incriminé tous les anciens ministres, se contentant de choisir certains d’entre eux ? Pourquoi un seul ministre des Finances a-t-il été mis en cause ? Même chose pour les ministres des Transports Publics qui se sont succédé depuis novembre 2013. C’est aussi le cas pour les ministres de l’Intérieur. Seul un d’entre eux a été mis en cause et il était à cette époque notre ami. De plus, les ministres des Finances et des Transports publics sont des ministres de tutelle. A-t-il interrogé les ministres de la Défense ? Les ministres de la Justice ? Tous les chefs des services de sécurité et des militaires ? Il n’a rien fait de tout cela. Il a entendu certains d’entre eux, mais pas tous. Comment appelle-t-on cela ? Le fait de cibler tel ministre plutôt que tel autre, tel chef de service plutôt que tel autre et ainsi de suite…Faut-il donc être très intelligent pour déceler dans cette façon discriminatoire d’agir un ciblage précis ? Il s’agit réellement d’un ciblage politique ? Nous avions pourtant prévenu auparavant qu’il ne faut pas agir de manière discriminatoire et arbitraire, avec en arrière-plan une volonté de ciblage politique. Malgré cela, il a préféré faire comme si de rien n’était  et même nous regarder de haut et se comporter comme s’il était le seul maître.

Le second point que je voudrais soulever est à mon avis l’élément le plus important dans cette enquête : qui a apporté le nitrate au port de Beyrouth. C’est un point crucial dans l’enquête que le juge semble occulter. Je ne dis là rien de nouveau. Mais je rappelle au juge qui se réunit régulièrement avec les familles des martyrs qu’au lieu de les monter contre les politiciens, il devrait leur dire comment le bateau est arrivé au port. Il devrait aussi leur expliquer qui l’a fait entrer au port de Beyrouth et qui a donné l’autorisation de garder la cargaison dans le hangar numéro 12 du port. Toutes ces questions, le juge ne s’en soucie pas. Il concentre ses efforts sur les négligences professionnelles qui arrivent au second plan. Il utilise ce dossier pour faire des règlements politiques, alors que je fais partie des gens qui insistent sur le premier point, celui de l’arrivée du bateau et du déchargement de sa cargaison ainsi que du fait qu’elle est restée toutes ces années dans le hangar numéro 12. S’il ne peut pas en parler au peuple libanais qu’il le fasse au moins aux familles des martyrs. Et vous chères familles des martyrs, allez et réclamez qu’on vous dise comment vos enfants ont été tués. Demandez au juge d’instruction qu’il vous dise qui a tué vos enfants. Lui ne le fait pas parce que cela ne sert pas la politisation du dossier à laquelle il œuvre. Il se dirige donc vers la négligence et la faute professionnelles. Ceux qui ont commis une faute ou une négligence professionnelle doivent être punis et obtenir les peines les plus lourdes, mais cela ne signifie pas pour autant qu’il faut négliger l’autre volet. Certes, le secret est requis mais il ne s’agit pas de faire certaines fuites et non d’autres. Il ne s’agit pas là d’un crime banal : X a tué Y. C’est une catastrophe terrible et elle peut s’aggraver si ce juge poursuit son travail de cette façon. Ce dossier a donc besoin d’une nouvelle approche.

Le troisième point de ce dossier c’est le rôle des juges  dont la responsabilité est peut-être plus grande que celle des

Présidents de la République. Je ne sais pas exactement, je ne suis pas juge. Mais il me semble que la responsabilité des juges qui sont concernés par ce dossier est plus importante que celle des chefs de l’Etat, des premiers ministres, des ministres et des chefs de services de sécurité. Car ce sont des juges qui ont donné leur accord pour que la cargaison soit déchargée et pour qu’elle soit entreposée. Les autres responsabilités sont exécutives alors que celles des juges est décisionnelle. J’invite donc les familles des martyrs à demander au juge d’interroger ces magistrats dont la responsabilité est indiscutable. On peut discuter de la responsabilité d’un Premier ministre, d’un ministre ou d’un chef de service sécuritaire ou militaire, mais celle des juges est incontestable. Or, le juge n’a pratiquement rien fait contre eux. Il a envoyé une plainte contre eux devant le CSM et le parquet et il a demandé que soit formé un tribunal spécial pour eux. Donc, il n’a pas vraiment demandé leur arrestation ou leur emprisonnement. Pourquoi ? Parce qu’ils sont des juges et la justice veut se protéger. Si le juge dit que la loi exige que les magistrats incriminés comparaissent devant le CSM, soit. Alors la loi dit aussi que les Présidents, Premiers ministres et ministres sont déférés devant la cour spéciale pour juger les présidents et ministres. Pourquoi en ce qui concerne ces derniers le juge estime qu’il est de son droit et de ses compétences de les juger alors qu’il refuse la même procédure pour les magistrats ? Face à toutes ces questions avons-nous le droit d’avoir des doutes sur le cours de l’enquête ou non ? N’est-il pas justifié que nous craignions un ciblage politique ?

Le dernier point dans ce dossier porte sur la question suivante : lorsque des présidents, des ministres, des députés et autres responsables se sentent victimes d’une injustice vers qui peuvent-ils se tourner ? Dans un Etat de droit, la loi veut qu’ils puissent recourir à une partie judiciaire.  Mais si celle-ci ne répond pas, ne prend même pas la peine de lire les plaintes vers qui peuvent-ils se tourner ? Messieurs du CSM pouvez-vous nous répondre ?  Qui a la compétence pour traiter ce genre de problème ? Pouvez-vous nous piloter et nous orienter vers la partie compétente… En tout cas nous avons des doutes sérieux et de grandes inquiétudes. Nous pensons que ce qui se passe est très très très très grave, je le dis jusqu’à ce que je ne puisse plus respirer. Ce qui se passe ne mène pas vers la justice, mais vers l’injustice et vers l’étouffement de la vérité. Je ne demande pas que l’enquête soit close. Nous voulons une enquête transparente et un juge sincère qui mène une enquête selon les règles et dans une grande transparence, sans décision discrétionnaire. Nous voulons que l’enquête se poursuive pour aboutir à la vérité.

Mais d’abord, nous voulons une réponse à cette question :  celui qui se sent visé ou injustement traité ou qui a des doutes, vers qui peut-il se tourner ?

Ce dossier n’est plus une question de personnes. Il a un impact sur l’ensemble du pays. Je lance donc un appel au CSM (Conseil Supérieur de la Magistrature). Ce qui se passe n’a rien à voir avec  la justice et la vérité. Vous devez trouver une solution. Si le CSM ne le veut pas, c’est au Conseil des ministres de le faire. C’est lui qui a déféré ce dossier devant la cour de justice. Au sein du Conseil des ministres, il y aura un débat. Nous parlerons et d’autres le feront aussi. Ce dossier ne peut pas être poursuivi de cette façon. Il n’y a aucune possibilité pour qu’il puisse continuer ainsi, surtout au cours des  prochains jours. Alors il faut agir dans le cadre des institutions. Que le CSM se réunisse et essaye  de régler cette question. Nous nous exprimons au nom d’un nombre important de gens présents dans ce pays. Nous représentons une partie non négligeable du peuple et nous avons le droit d’être écoutés. Nous avons le droit d’obtenir une réponse et nous avons le droit de réclamer que ce sujet soit discuté en Conseil des ministres et qu’une décision y soit prise. En toute amitié et franchise, je vous dis que ce dossier ne peut pas continuer ainsi.

 

Je voulais aborder d’autres sujets dont le tracé des frontières  maritimes, notamment dans la zone controversée, les négociations à venir, les démarches israéliennes et d’autres, mais tour cela peut attendre la prochaine occasion dans quelques jours.

Je voudrais encore conclure ce discours en évoquant deux points par souci moral. D’abord l’explosion à Kundouz en Afghanistan dans une mosquée lors de la prière du vendredi qui a fait des dizaines de martyrs et de blessés. C’est bien sûr affligeant. Toute personne est choquée de voir cela, qu’elle soit musulmane ou non. Même de loin, nous partageons la tristesse et la douleur de nos frères et nous regrettons ce crime odieux. Mais le plus important c’est qu’il a été commis par Daech. Je dis l’organisation terroriste wahabite Daech et je souhaite que tous nos amis dans les médias et dans notre axe utilisent désormais cette terminologie.  Car ce que fait Daech est le fruit de cette pensée qui va plus loin que la pensée d’ailleurs puisqu’elle légitime le fait de tuer, de détruire la sécurité sociale etc. On peut  avoir des pensées et des idéologies différentes mais de là à tuer à justifier le fait de verser le sang dans le cadre de massacre c’est le fruit de cette pensée qui a fait des ravages dans le monde entier, en particulier dans le monde arabe et musulman. Ceux qui assument la responsabilité de ces actes odieux, en plus de ceux qui portent cette pensée ce sont les Américains. Avant qu’ils ne quittent l’Afghanistan, j’avais dit à plusieurs occasions que nous avions des informations ( nous et d’autres) sur le fait qu’ils sont en train de déplacer Daech de l’Est de l’Euphrate et du camp Al Hol vers l’Irak et l’Afghanistan. Plusieurs s’étaient alors demandé : que veulent les Américains de l’Afghanistan ? Il faut rappeler que Daech n’a jamais réalisé une attaque contre les Américains. Au contraire, cette organisation combattait ceux qui combattent les Américains, notamment les Talibans. Mais aujourd’hui, l’objectif est devenu plus clair. Moi si je le dis, je considère les Américains comme des ennemis. Mais cette fois c’est le ministre turc des Affaires étrangères qui l’a dit. C’est un allié des Américains, même s’il a aujourd’hui un problème avec eux. Il a donc dit : Les Américains sont en train de déplacer Daech de l’Est de la Syrie et de l’Euphrate vers l’Afghanistan. La question qui se pose : pourquoi les Américains font-ils cela au moment où ils sont en train de négocier  avec les Talibans à Doha pour leur propre retrait de ce pays ?   Ils préparaient justement la période d’après leur retrait. De quoi s’agit-il ? d’une guerre civile en Afghanistan. Avec deux instruments. D’abord l’Etat afghan et l’armée afghane sur laquelle ils ont versés des centaines de milliards de dollars et qui s’est effondrée très rapidement. Restait le second instrument, Daech dont la mission aujourd’hui est d’entraîner le pays vers une guerre civile. Ils ont accompli des attaques à Kaboul  et à Jalalabad. Mais l’attaque contre la mosquée à Kundouz  est dirigée contre les musulmans chiites pour augmenter les dissensions internes et les frustrations. Nous faisons donc assumer aux Américains, à l’armée américaine, à la CIA et à tous ceux au sein de l’administration américaine qui travaillent en Afghanistan  et dans le dossier de Daech la responsabilité du sang versé en Afghanistan. La responsabilité des autorités actuelles, que le monde les reconnaisse ou pas, est de protéger les citoyens de ce pays, indépendamment de leur religion ou confession.

Un point que je voudrais encore soulever sur le plan moral, même s’il n’est pas très récent, c’est ce qui s’est passé en Palestine avec le martyr Nizar Banat. Il s’agit d’un résistant courageux, audacieux et porteur d’une pensée profonde qui a été arrêté par des services de sécurité relevant de l’Autorité palestinienne. Ces services l’ont torturé provoquant sa mort. Certains peuvent se dire : pourquoi soulever cette question maintenant ? Je dois dire que lorsque les faits ont eu lieu, nous avons préféré rester discrets car les faits n’étaient pas très clairs. Nous avons cru un moment qu’il pourrait s’agir d’un développement purement interne. Mais j’estime aujourd’hui de mon devoir de m’incliner devant la mémoire de ce grand martyr, ce résistant, ce moujahed et ce penseur courageux qui a été victime d’une injustice. Je dois dire que pour des raisons de sécurité, je n’ai pas l’internet. Mais je reçois des enregistrements et des vidéos. Je les regarde et les écoute et il m’est souvent arrivé d’écouter ainsi ce que disait Nizar. Il avait une pensée pure au sujet des questions de la région, au sujet de la résistance «d’Israël», de l’axe de la résistance, des conflits dans la région. J’étais en admiration devant son courage et la clarté de sa vision, surtout qu’en définitive, il vivait en Cisjordanie. Il pouvait à tout moment être arrêté ou tué par les Israéliens, pas par l’Autorité palestinienne. J’ai donc voulu en deux mots lui rendre hommage et saluer sa personnalité courageuse et ses positions claires. Comme c’est la première fois que je parle de lui, je voudrais aussi m’adresser aux membres de sa famille et à tous ceux qui l’ont connu et aimé. Je demande aussi aux autorités palestiniennes de lui rendre justice, le peuple palestinien aussi, son sang ne doit pas avoir été versé pour rien et ceux qui ont causé sa mort doivent être condamnés.

Comme je l’ai dit au début, dans quelques jours nous célèbrerons une occasion qui nous est chère et précieuse, la naissance du Prophète. Il y aura certainement des cérémonies à cette occasion dans l’ensemble du monde musulman. Mais je voudrais faire remarquer avec une grande admiration, les cérémonies qui seront organisées au Yémen dans les régions sous le contrôle d’Ansarallah. Ils avaient d’ailleurs organisé de telles cérémonies l’an dernier à la même occasion, en dépit de la guerre et des destructions, ainsi qu’en dépit de la crise économique et du blocus qui leur est imposé. Le monde avait pu voir ce qu’ils faisaient pour rendre hommage au Prophète. C’est incroyable ce qu’ils font  et en tant que musulman j’éprouve une certaine honte parce qu’ils font tout cela dans des circonstances terribles alors que nous autres, les musulmans dans le monde qui vivons dans des conditions meilleures nous ne célébrons pas la naissance du Prophète avec tant de faste et de générosité.

Je salue donc le peuple yéménite pour ce qu’ils feront à cette occasion et j’estime que ces célébrations sont un témoignage de leur foi et de leur amour pour l’islam et son Prophète. Certains disent que ces célébrations ne sont pas conformes à la charia. Je dis à ceux-là faites ce que vous voulez, célébrez la fête nationale de la naissance de tel ou tel autre Etat avec un grand faste, mais laissez ceux qui le veulent célébrer avec amour la naissance du Prophète.

Les célébrations des Yéménites sont à mes yeux, un exemple de foi pour tous les musulmans.

En ce qui nous concerne, nous avions réduit nos célébrations à cause du Covid 19 mais cette année, nous comptons organiser une cérémonie digne de notre amour pour le Prophète. Je vous invite à y venir nombreux.

Allez en paix…

 

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