Après les sanctions européennes contre la Syrie, des tentatives pour former un conseil national de transition
Nidal Hamade-Paris
"La France et les Etats Unis projetteraient d'organiser l'opposition syrienne à travers la Turquie qui s'est dite favorable à ce que les Frères Musulmans, comme étant la seule alternative garantie, prennent le pouvoir à la place des régimes arabes déchus ou de ceux qui font face à des agitations populaires", dévoilent des sources à Paris requérant l'anonymat à Alintiqad.
Selon ces sources, les réunions tenues le mois dernier entre les pôles de l'opposition syrienne à Istanbul ou celles qui seraient tenues la semaine prochaine à Antalya sont dues notamment à un accord occidental, turc et américain. Washington et Paris visent, via ces réunions, à trouver un cadre opposant syrien qui sera présenté à l'opinion publique syrienne, arabe et internationale comme un substitut du régime. Ce cadre sera traité de la même manière que le Conseil national de transition à Benghazi en Libye, de sorte qu'il sera le noyau et l'outil à travers lesquels de nouvelles sanctions seraient imposées sur la Syrie et toute ingérence internationale dans les affaires internes de Damas sera légalisée.
Les sources ajoutent que "la Turquie ne réussit pas à parvenir à un consensus minimal entre l'opposition laïque d'une part et les Frères musulmans d'autre part. Les opposants laïcs refusent ce qu'ils nomment les tentatives du Premier ministre turc Recep Tayeb Erdogan cherchant à imposer un cadre syrien opposant présidé par le groupe des Frères musulmans.
Certains opposants laïcs syriens à l'étranger disent que le groupe des Frères musulmans en Syrie suscitent les craintes des minorités qui représentent 32% du peuple syrien. De plus, la plupart des Sunnites syriens refusent que les Frères musulmans gouvernent le pays vu son passé militaire mauvais et sa vision fanatique de la religion et de la société.
De même, il semble que Paris et Washington sont mécontents de la façon avec laquelle Erdogan dirige le dossier de l'opposition syrienne. De fait, ses positions pro-Frères Musulmans au détriment des autres groupes ont abouti à l'annulation de la tenue de la conférence de l'opposition syrienne à Istanbul le début du mois dernier, ce qui a compliqué le fait de rassembler de nouveau les opposants syriens à l'intérieur et à l'extérieur. Des dizaines de personnalités syriennes opposantes ont rejeté les appels lancés pour une seconde conférence à Antalya la semaine prochaine, nuisant ainsi à la politique adoptée pour faire soumettre le régime syrien.
De plus, le conseil suprême militaire en Egypte a également refusé d'accorder à l'opposition syrienne pro-américaine une permission pour tenir une conférence au Caire. Alors, l'opposition a appelé à la tenue de sa conférence à Antalya en guise de former un conseil national de transition en Syrie qui négociera directement avec l'Occident et sera reconnu plus tard comme l'unique représentant légitime du peuple syrien à l'instar du Conseil national de transition (CNT) en Libye.
Enfin, ces mouvements interviennent au temps où une intervention militaire étrangère en Syrie sera impossible.
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