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Discours abordant la décision allemande d’interdire les activités du Hezbollah sur son territoire

Discours abordant la décision allemande d’interdire les activités du Hezbollah sur son territoire
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Au nom de Dieu

J’ai voulu ce soir parler de trois sujets, le premier est lié à la décision allemande (d’interdire les activités du Hezbollah sur son territoire), le second porte sur la situation financière et économique du pays et le troisième porte sur la situation politique générale dans le pays.

Concernant la décision allemande, je voudrais d’abord dire qu’elle était prévisible. Elle a d’ailleurs été précédée de décisions similaires de la part de certains Etats européens, qui faisaient une distinction entre l’aile militaire et l’aile politique du Hezbollah avant de choisir de ne plus faire cette distinction. Nous nous attendons aussi à ce que d’autres Etats européens prennent des décisions similaires.

Nous comprenons cette décision allemande, celles qui l’ont précédée et celles qui vont la suivre comme une obéissance de cet Etat et des autres à la volonté américaine. La poursuite des mouvements de résistance et pas seulement le Hezbollah fait partie du programme du département d’Etat américain. Je parle des mouvements de résistance dans la région, comme la résistance palestinienne, les mouvements en Irak, au Yémen bref partout. Les Américains les poursuivent, cherchent à les encercler, à les isoler, à les combattre de toutes les façons possibles. Ils veulent les affamer, assécher leurs fonds, détruire leur image etc. Cela fait partie de la guerre américano-israélienne sur les mouvements de résistance dans la région.

En toute simplicité, les Etats-Unis ont un projet d’imposer leur hégémonie sur la région. Ils ont un projet d’occuper la région et de consolider cette occupation. Ceux qui se dressent contre ce projet, celui de l’hégémonie américaine et de l’occupation sioniste, ce sont les mouvements de résistance. Il faut donc les affronter, les encercler, les dénoncer et détruire leur image.

C’est dans ce cadre que s’inscrit la décision allemande. Car dans tout ce qu’ils ont dit à ce sujet, les Allemands n’ont apporté aucune preuve sur les activités terroristes en Allemagne. Ils ont donc interdit les activités du Hezbollah en Allemagne, mais quelles sont les activités de ce parti en Allemagne ? Où sont-elles ? Comment le Hezbollah aurait-il des activités terroristes dans ce pays ? Qu’on nous donne une seule preuve de cela ! Il n’y a rien.

Il s’agit donc d’une décision politique qui montre l’obéissance des Allemands à la volonté américaine et au désir de faire plaisir à «Israël».

En tout cas, il y a aussi des propos sur le fait que les déclarations du ministre de l’Intérieur allemand auraient une dimension personnelle sur fond de rivalité entre lui et la chancelière allemande. En réalité, ce serait pour nous un honneur, car dans l’Histoire, il y a de nombreux exemples de parties qui sacrifient le sang des Prophètes et de leurs enfants à l’autel des tyrans.

Aujourd’hui, si quelqu’un veut se rapprocher des Etats-Unis ou d’«Israël» ou sollicite leur aide, il le fait en menant la guerre aux mouvements de résistance, en les accusant de terrorisme et en cherchant à les encercler et à les isoler.

En tout cas, les perquisitions effectuées par le ministère de l’Intérieur allemand dans certaines mosquées et dans certains sièges d’associations sont condamnées et condamnables.

Les Libanais qui se trouvent en Allemagne et que les Allemands considèrent comme appuyant la résistance au Liban sont ceux qui respectent le plus la loi allemande. Leurs activités sont claires et publiques. Ils n’ont rien à cacher et exercent leurs activités dans le cadre autorisé par la loi allemande.

Il n’était donc nul besoin d’utiliser ces procédés barbares juste pour présenter des lettres de créance aux Américains et aux Israéliens. Ce sont sûrement des actes condamnables. Je voudrais encore préciser un point qui concerne l’Allemagne, l’Europe et tous les pays du monde. Depuis de longues années, nous n’avons plus des organisations dans les pays du monde. Je l’ai déjà dit dans le passé et je le répète. Ni dans les pays européens, ni en Amérique latine, ni en Amérique du Nord. Parce que nous avions conscience qu’à cause de notre combat contre l’ennemi israélien et contre l’hégémonie américaine sur la région, bien entendu dans la limite de nos moyens, nous serions exposés à des pressions et à des contraintes. C’est pourquoi nous avions décidé que nous n’avions pas besoin d’avoir des groupes à nous dans le monde. Lorsque nous disons que nous n’avons aucune organisation en Allemagne, nous sommes sincères à 100%. Nous n’avons aucune organisation en France ou en Grande Bretagne, ni dans n’importe quel autre pays. C’est clair.

Maintenant, il y a beaucoup de Libanais à l’étranger qui nous appuient, moralement, politiquement et médiatiquement. D’ailleurs, être avec la résistance contre l’occupation de son pays est une position humaine normale si l’on a un peu d’humanité, de moralité et de nationalisme. C’est d’ailleurs un honneur pour nous et pour ceux qui nous appuient.

Mais tous ceux-là n’ont aucun lieu structurel avec le Hezbollah ; Ils ont des activités dans les pays d’accueil, des clubs, des associations indépendantes, des mosquées qu’ils gèrent et même qu’ils financent dans la mesure de leurs moyens.

C’est la réalité. Si un service de renseignements dans le monde possède des données différentes qu’il nous les présente. Mais il n’y en a pas. Il n’y a aucune relation entre nous et s’il y en avait, un terme y a été mis depuis longtemps. Je ne dirais pas quand. Mais depuis longtemps, nous avons constaté que cela représentait un danger pour ceux qui nous appuient et nous ne voulons pas les mettre en difficulté, ni que du mal leur soit fait à cause d’une relation structurelle avec nous. Toute relation de ce genre a donc été coupée depuis longtemps et tout ce qui a été construit depuis ne repose sur aucune relation structurelle ou organisationnelle.

En tout état de cause, je souhaiterais aujourd’hui, envoyer un message aux Libanais présents en Allemagne pour leur dire de ne pas s’inquiéter. Ils sont en harmonie avec eux-mêmes, ils respectent la loi. Par conséquent, toute poursuite contre eux est une diffamation et ils peuvent y faire face en demandant le respect de la loi. Elle est de leur côté.

Ensuite, le gouvernement libanais est concerné pour protéger ses citoyens en Allemagne et ailleurs. Il doit donc prendre position et des mesures car l’attaque dont les Libanais ont fait l’objet est inacceptable. Il ne doit pas accepter que cela se répète. Ce sont des citoyens libanais et ils ont été injustement attaqués, sans la moindre preuve ni la moindre donnée concrète. Je dirais même sans aucune raison réelle. La décision a été prise juste pour créer un climat médiatique et pour présenter des lettres de créances aux Américains et aux Israéliens.

Le gouvernement libanais et en particulier le ministère des Affaires étrangères sont concernés. C’est à l’Etat de protéger ses citoyens. On ne doit pas nous demander à nous de le faire. L’Etat est responsable de ses citoyens, en Allemagne et ailleurs, sinon nous irons vers un climat différent.

Je voudrais encore remercier tous les gouvernements et les ministères des Affaires étrangères dans le monde, les mouvements, les partis, les organisations, les autorités religieuses et politiques, les personnalités, les élites qui ont exprimé leur solidarité avec le Hezbollah dans ce contexte. Je sais qu’ils ne sont pas nombreux mais je les remercie vivement.

Le dernier point à ce sujet, c’est je le répète, qu’il s’agit d’une décision prévisible. C’est pourquoi elle n’a aucun impact sur notre volonté, ni sur notre détermination, ni encore sur notre position. Nous resterons en première ligne pour lutter contre l’occupation, pour défendre notre pays face aux ambitions israéliennes et sionistes et face au projet d’hégémonie  américaine sur notre région. Nous tendons la main à tous les résistants nobles et la cause palestinienne restera notre principale cause. Toutes les mesures américaines ou européennes et autres n’y changeront rien. Ils ont déjà fait tout ce qu’ils pouvaient. Ils nous ont tués, assassinés, bombardés pendant des dizaines d’années et, à chaque fois, nous étions encore plus déterminés et attachés à nos droits, ayant foi dans notre cause sacrée. Ils ne peuvent donc pas faire plus que cela.

Même sur le plan de la guerre psychologique, ce genre de décision n’a plus aucun impact. Au contraire, cela nous rend encore plus déterminés et convaincus de la justesse de notre cause et du chemin de la résistance.

Je vais aborder le dossier financier et économique. Je vais développer quelques points.

D’abord, le plan général de réformes du gouvernement. En fin de compte, le gouvernement actuel a préparé un plan plus ou moins global et large qui a obtenu l’aval du Conseil des ministres, après qu’il ait entrepris des consultations avec de nombreuses parties, des syndicats, des spécialistes et autres. Indépendamment de notre évaluation ou de celle de toute autre partie, c’est déjà un point positif. Le fait que le gouvernement ait réussi à élaborer un plan aussi global en un temps relativement court et en dépit de tous les problèmes que traversent actuellement le Liban et le monde, à cause notamment du coronavirus et de ses conséquences, est à mettre à son actif. C’est un point positif très important.

Le plan est en réalité une feuille de route. Car il faut d’abord qu’il y ait une vision théorique qui sera par la suite accompagnée de programmes concrets, de mesures  et de démarches. Il s’agit donc d’un premier pas important et positif. C’est ainsi que ce plan doit être abordé.

Mais ce plan a besoin d’être protégé sur le plan national si l’on peut dire. Il faut qu’il y ait un maximum d’entente autour de ce plan, car plus il faut l’unanimité plus cela constitue un moteur vers l’avant et cela poussera le gouvernement, le parlement et les institutions de l’Etat à réaliser des acquis dans les plus brefs délais.

C’est dans ce cadre que nous avons compris la convocation du président de la République des chefs des blocs parlementaires à une réunion à Baabda pour prendre connaissance et discuter du plan.

Nous participerons évidemment à cette réunion et nous considérons que cette convocation est très positive. Nous appelons tous les blocs parlementaires, leurs représentants et leurs chefs à la traiter avec positivisme. Je dirais même plus, nous appelons à la plus large discussion au sujet du plan. Nous demandons à  ce que toutes les parties formulent leurs remarques, ainsi que les partis politiques et les blocs parlementaires, les spécialistes, les élites etc. Au final, le gouvernement doit écouter toutes les remarques et celles qui sont essentielles  et importantes doivent être discutées et prises en compte dans d’éventuelles modifications du plan. Personne, ni le président du Conseil ni les ministres, ne considèrent que ce plan est sacré et qu’on ne peut pas y toucher.  Au contraire, le gouvernement dit : voici mon plan, nous sommes ouverts aux discussions. Certains peuvent dire encore que les discussions auraient dû précéder l’élaboration du plan. Mais je crois qu’avant l’élaboration du plan, il y a eu de longues discussions. En tout cas, le gouvernement n’a aucun problème à ce qu’il soit discuté  et selon mes informations, il est ouvert à cette méthodologie.  En tout cas, certains points doivent faire l’objet d’un suivi pour adopter des mécanismes d’application, d’autres exigent un recours au Parlement parce qu’ils doivent devenir des lois votées donc par le Parlement. Ce sera aussi l’occasion d’une discussion sous la voûte parlementaire. De plus, ce plan peut servir de base à toute discussion avec des parties internationales  qui souhaiteraient aider le Liban ou auxquelles il serait demandé d’aider le Liban. Le plan est donc, à notre avis, un pas, un cadre une première vision à partir de laquelle les discussions peuvent commencer. Ce plan peut être modifié. Mais nous appelons à ce qu’il fasse l’objet d’une approche positive, d’une discussion objective et rationnelle, car ce qu’il faut, c’est sauver le pays. Nous sommes tous d’accord pour dire que la situation  économique est très grave. Certains parlent même d’un effondrement financier et économique.  Dans ce contexte, le gouvernement vient dire : voici mon plan pour sortir de la crise. Nous devons donc avoir une approche rationnelle loin des considérations politiques, des conflits politiques, des  vexations, des pièges et des calculs.  Nous devons donc mettre de côté tout cela.

Regardez par exemple la situation du Liban face au coronavirus. Il se porte plutôt bien. Pourquoi ? Certains peuvent dire que c’est grâce à Dieu. Certainement, mais il y a aussi le fait  que tous les Libanais ont coopéré pour aboutir à un tel résultat. Les présidents, le gouvernement, le Parlement, les partis politiques, les forces politiques, les municipalités, les syndicats, les gens,  les différents secteurs : agricole, industriel, touristique, les services etc.  Lorsque tout le pays a coopéré et lorsqu’il y a eu un engagement collectif dans un esprit positif, malgré un climat négatif au début qui a été rapidement surmonté, et lorsque nous avons décidé d’aborder cette crise dans un esprit humain, moral et national, nous avons pu obtenir des résultats  excellents qui sont une fierté pour le Liban face au coronavirus.

Pouvons-nous faire la même chose dans le dossier économique ?  Pouvons-nous mettre de côté  nos conflits politiques et dire : voilà, il y a un plan de redressement économique que nous pouvons discuter et aller ainsi de l’avant ? C’est en tout cas ce à quoi j‘appelle.

Le second point  dans le sujet économique et financier porte sur le recours au FMI. Bien entendu nous ne sommes pas contre le principe que le Liban demande l’aide ou la coopération de n’importe quelle partie dans le monde, exceptées celles qui constituent des lignes rouges et que tout le monde connaît, c’est-à-dire les ennemis du Liban.  J’ai déjà évoqué ce sujet par le passé.  Je souhaite donc y revenir pour confirmer  cette tendance. Donc, dans le principe, nous n’avons aucun problème à solliciter l’aide du FMI.  Par contre, il ne s’agit pas de le faire les yeux fermés et à l’aveuglette, pour mettre notre sort entre ses mains, ni entre celles de n’importe quel Etat dans le monde. Nous n’avons donc pas de problème à faire appel au FMI mais nous refusons le fait de mettre notre sort entre ses mains.

Logiquement, le gouvernement souhaite mener des négociations avec le FMI. Ce que j’ai compris, c’est que le gouvernement a élaboré le plan pour pouvoir en discuter avec le FMI. Il ne va donc pas vers celui-ci en lui disant : que voulez-vous que nous fassions. Ce que j’ai compris c’est que le Président du Conseil et le ministre des Finances ont signé le plan pour pouvoir en discuter. Il n’y a donc aucun problème à cela. De plus, le plan du gouvernement  et sa décision ne donnent aucune procuration  à qui que ce soit pour conclure un accord avec le FMI. Ce qui obtiendra l’accord de tout le pays sera exécuté. Il y a un climat de méfiance dans le pays que nous appuyons. Les gens doivent donc être méfiants, les yeux doivent être ouverts et les voix doivent s’élever. Il n’y a aucun problème à cela. Par conséquent, tout devra donc être de nouveau discuté au sein du gouvernement. Il faudra voir quelles sont les conditions réclamées en contrepartie, les mesures demandées, si elles sont dans l’intérêt du pays, si le Liban peut les supporter etc. Tout devra donc être discuté. Nous ne permettrons pas que le gouvernement mette le sort du pays entre les mains du FMI.  S’il y avait quelque chose du genre, il faudrait prendre position et traiter cette question. Il faudra donc examiner les conditions, les idées, le plan et les programmes. Au final, il s’agit d’un pouvoir exécutif, mais dans le pays, il y a aussi des responsables, des forces politiques, certains points exigent l’approbation du Parlement. Il faut donc aborder cette question avec un grand sens des responsabilités et avec une grande circonspection.

Il y a encore deux points que je voudrais évoquer dans ce contexte. J’en parlerai cette fois seulement, car au cours des semaines passées, depuis presque un mois en fait, je n’ai pas évoqué les sujets politiques. Le premier porte sur le secteur bancaire et le second sur le secteur des changes en général.

Au cours des dernières semaines, nous avons entendu dans les médias, beaucoup de commentaires sur la position du Hezbollah au sujet du secteur bancaire. On nous a accusés de vouloir détruire le secteur bancaire. Puisque les accusations touchent le Hezbollah, je suis obligé de répondre. Des articles ont été publiés dans la presse accusant le Hezbollah de vouloir mettre la main sur le secteur.  Il s’agit de propos creux, destinés à aveugler les gens. Comme je travaille avec les résistants, je peux dire qu’il s’agit d’une tactique connue : lorsqu’on veut mener une attaque, on cherche à faire de la désinformation, dans le cadre d’une guerre psychologique. On lance ainsi des bombes fumigènes pour cacher l’attaque et détourner l’attention ou pour cacher les défenses. Il y a donc des gens qui savent avec pertinence  que le secteur bancaire a commis de graves fautes à l’égard du pays et qu’il n’a pas été à la hauteur de la crise. C’est pourquoi je ne veux pas seulement défendre le Hezbollah je veux aussi attaquer. On cherche donc à fabriquer des accusations, à créer un chaos médiatique et à lancer des bombes fumigènes pour désorienter l’opinion publique  et s’attirer les bonnes grâces de certains responsables  et autorités du pays, ou encore pour attirer la sympathie  de certains Etats dans le monde pour qu’ils volent à leur secours. Ils disent ainsi : aidez-nous le Hezbollah veut détruire et frapper le secteur bancaire, ou il veut mettre la main sur ce secteur. Protégez-nous !

A ces accusations je réponds en toute sincérité, car la sincérité est la particularité de notre parcours et la façon avec laquelle je m’adresse toujours  aux gens. En toute franchise, je peux dire donc que nous ne voulons, ni frapper, ni détruire ni mettre la main sur le secteur bancaire. Nous ne voulons pas non plus nous venger de ce secteur. Plus que cela : je rappelle que depuis la création du Hezbollah au début des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, nous ne nous sommes jamais approchés  du secteur bancaire.  Nous avons traité ces derniers temps seulement le problème sous trois angles seulement. Je vais les évoquer rapidement :  notre première approche en direction du secteur bancaire a  eu lieu lorsqu’il y a eu les sanctions américaines et lorsque les autorités américaines ont demandé aux banques libanaises de fermer tous les comptes appartenant à des personnes du Hezbollah. Nous avons compris l’attitude des banques et nous avons accepté le fait qu’elles ne peuvent pas faire face aux décisions américaines. Nous sommes conscients de cela parce que nous savons que les banques ne sont pas des jihadistes. Il y a des gens qui donnent leurs enfants pour sauver la patrie. Les banques, dans leur plus grande partie, n‘en font pas partie. Nous avons seulement critiqué le fait qu’elles ont parfois été plus royalistes que le roi. Les Américains leur demandaient de fermer 10 comptes, par exemple, elles en fermaient 200, 5 établissements, elles en fermaient 50.  C’est une injustice et c’est une agression de la part des banques. Nous avons alors élevé la voix en disant : nous comprenons que vous respectiez les listes américaines, mais nous ne comprenons pas le fait que vous soyez plus royalistes que le roi, ou plus Américains que les Américains, plus hostiles que l’ennemi. Voilà cela a été fait. Mais au final, à quelque chose malheur est bon, puisque ceux qui ont fermé leurs comptes après avoir pris leurs fonds auraient pu aujourd’hui malheureusement  se retrouver sans ces fonds.

Le second angle à travers lequel nous nous sommes approchés des banques, c’est quand elles se sont mises à donner aux déposants leurs fonds au compte-gouttes et d’une façon humiliante. Ce qui a nécessité que nous élevions la voix face à ce secteur. N’est-ce pas un droit ? Si quelqu’un vient dire aux banques : vous êtes en train de bafouer la confiance qui a été placée en vous en ne permettant pas aux gens d’avoir accès à leurs fonds, vous êtes en train de les humilier, il chercherait ainsi à frapper, à détruire ou à mettre la main sur le secteur bancaire ? Il parle au nom des petits déposants, ceux qui ont, dit-on un million sept cent milles comptes, à supposer que certains ont plusieurs petits comptes, il parle donc au moins au nom d’un million de personnes. Si nous élevons la voix pour réclamer leurs droits, eux qui sont victimes d’une injustice, nous serions en train d’attaquer le secteur bancaire ?

Le troisième angle est le suivant : lorsque nous entendons que le pays fait face à une très grave crise monétaire et économique, même à l’époque du précédent gouvernement, n’est-il pas normal de demander au banques et au secteur bancaire d’aider le gouvernement ?  Ce secteur a beaucoup d’argent. Je l’ai déjà dit et je le répète, les banques sont les principales bénéficiaires des politiques monétaires, financières et économiques adoptées depuis 1993 à nos jours. Elles ont fait des bénéfices de plusieurs dizaines de milliards de dollars et vous ne voulez pas aujourd’hui faire le moindre pas pour aider votre pays en difficulté, ce pays qui est à l’origine de tous vos gains ? Comme je l’ai dit la dernière fois, n’est- ce pas honteux que le secteur bancaire donne 6 millions de dollars comme contribution pour aider le gouvernement à faire face au coronavirus ? Voilà, c’est le troisième angle. Nous continuons à leur demander le premier angle, en leur disant de ne pas être plus Américains que les Américains, le second angle qui est de respecter les petits déposants, leurs droits et leur dignité et vous devez aussi aider l’Etat et le gouvernement. C’est mieux pour vous et ce serait plus noble de votre part. Des idées circulent et il se peut qu’un jour, certaines soient adoptées. L’Etat pourrait un jour couper certains fonds ou s’en emparer. Je ne parle pas des fonds de ceux qui ont honnêtement gagné leur pain à la sueur de leurs fronts en Afrique ou ailleurs, en travaillant  dans le commerce, l’agriculture et l’économie, mais de ceux qui tranquillement ont prêté de l’argent à l’Etat, ont pris l’argent des déposants  et ont fait ainsi des bénéfices énormes. Il y a d’ailleurs à ce sujet, un débat religieux, juridique et chérié. Je ne veux pas en parler pour l’instant. Mais cette porte doit rester ouverte. C’est donc à travers ces trois angles que nous avons abordé le dossier des banques. Mais dire que nous voulons mettre la main dessus est totalement faux. D’ailleurs, nous ne sommes même pas dans cet univers et ceux qui nous connaissent savent parfaitement que nous ne pensons pas ainsi. Nous sommes un mouvement religieux et nous sommes croyants et pratiquants. Le monde des banques, des intérêts  et des bénéfices comporte pour nous beaucoup de points de complexités religieuses et en général, nous l’évitons et essayons de ne pas l’approcher.  Tout au long des années écoulées, nous avons fondé une chaîne de télévision, une station de radio, des institutions diverses, mais nous n’avons pas ouvert de banque. Car pour nous, il y a un problème religieux à gérer une banque et à l’orienter. C’est d’ailleurs un des problèmes auxquels fait face aujourd’hui, le monde islamique.  Si donc le Hezbollah ne songe pas à ouvrir à une banque comment pourrait-il planifier de mettre la main sur le secteur bancaire ? Comment pourrait-il songer à diriger le secteur bancaire ? Ce n’est pas envisagé et ce n’est même pas possible. De plus, nous avons à cœur l’intérêt du pays et nous savons que si le Hezbollah devait mettre la main sur le secteur bancaire, ce ne serait pas dans l’intérêt  de l’économie libanaise, du commerce, de l’agriculture, du tourisme etc. car nous menons une bataille contre l’hégémonie américaine et l’occupation et cela a des conséquences. C’est pourquoi tous les propos sur l’intention du Hezbollah de détruire, de se venger ou de mettre la main sur le secteur bancaire n’ont aucun fondement et sont totalement ridicules. Certes, nous sommes dérangés par l’action de ce secteur, dans les trois angles que j’ai expliqués et c’est une position justifiée, car il s’agit des droits des gens au Liban. D’ailleurs, si un sondage est effectué sur ce sujet au Liban, je crois que la grande majorité des Libanais appuierait notre position. C’est pourquoi certains de ceux qui profitent des banques  dont ils obtiennent tous leurs bénéfices ne devraient pas trop s’exprimer sur cette question. Ils ne doivent pas être injustes, ni attaquer les autres. Au contraire, ils devraient faire preuve de réalisme et se tenir auprès des gens qui sont la partie la plus faible, injustement traitée, attaquée et dont les droits ont été bafoués.

Même chose au sujet du gouverneur de la banque centrale. On a dit que le Hezbollah voulait le contrôler. Il s’agit aussi de propos déplacés qui n’ont aucun fondement.  Je le répète, ce n’est pas ainsi que nous pensons et ce n’est pas dans l’intérêt du pays. Preuve en est que dans toutes les discussions, l’élément confessionnel apparaît : tel poste revient aux catholiques, tel autre aux orthodoxes ou aux maronites ou aux druzes et nous respectons ce principe en vigueur. On nous appelle le « tandem chiite ». Mais même avec le président Berry nous n’allons pas lui dire : nous voulons ce poste ou nous voulons choisir telle personne pour tel poste. Nous ne pensons pas ainsi. Nous ne nous entendons pas d’abord entre nous, au sein du tandem chiite pour aller ensuite annoncer nos choix au gouvernement ; Ce n’est pas ainsi que nous travaillons. Pour revenir au sujet du gouverneur de la banque centrale. Nous avons certes des remarques et nous en parlons au sein du gouvernement et même en dehors. Mais ça c’est une chose et dire que nous voulons contrôler le gouverneur de la Banque centrale en est une autre. Je le répète dire cela ne repose sur aucun fondement.

Le quatrième titre dans le dossier financier et économique porte sur le secteur des changes, le taux du dollar et la couverture assurée à certains changeurs. Je vais en parler une fois pour toutes car le sujet ne mérite pas que j’en parle plus d’une fois.

a) Le Hezbollah n’a aucune activité de change. Certes, nous sommes une grande institution, mais nous n’achetons ni ne vendons le dollar sur le marché. Si nous avons deux sous et nous voulons les changer dans une autre monnaie, nous le faisons. Cela veut dire que nous sommes des clients chez les changeurs, mais ce n’est pas nous les changeurs. Nous n’avons non plus chargé aucune société ou aucun établissement de pratiquer ce métier. Nous n’avons non plus pas demandé à qui que ce soit au sein du parti de remplir cette fonction. Certes, comme il y a des médecins, des ingénieurs, des commerçants qui appuient le Hezbollah, il pourrait y avoir des changeurs qui nous appuient. C’est possible, mais ils exercent un métier et c’est leur droit.

b) Nous appelons constamment les changeurs  - et je ne l’ai jamais dit publiquement auparavant- à se conformer au plafond fixé par l’Etat et à la loi.  Nous les appelons à ne pas contrevenir à la loi de n’importe quelle façon. Nous leur demandons aussi , surtout ceux qui sont croyants et pratiquants, de faire preuve de compassion envers les autres et de songer à leur fin en menant toutes leurs actions.

c) Nous leur demandons aussi de veiller à ne pas participer au jeu de la hausse du taux du dollar au détriment des gens, aux dépens des prix et de leur peuple. Nous leur demandons de ne pas faire preuve de voracité, comme certains commerçants. Ce sont des recommandations que nous formulons.

d) Il a été dit, et je suis désolé de perdre votre temps et le mien dans de telles sottises, mais il faut en finir- pourquoi la Banque centrale n’est-elle pas en train de jeter des dollars sur le marché afin de baisser les taux ? Parce que les Etats-Unis craignent que le Hezbollah s’empare des dollars frais pour les envoyer en Iran ou en Syrie.  Mes chers amis, nous n’amassons pas les dollars et nous ne les exportons pas ni vers la Syrie, ni vers l’Iran. Vous pouvez aller le vérifier auprès des changeurs, des banques, de la BDL. Tous savent que nous introduisons des dollars dans le pays, nous ne les exportons pas. Je ne veux pas m’étendre sur ce point, car cela pourrait avoir des aspects négatifs. Mais je le répète cette accusation n’a aucun sens. En tout cas, toutes ces accusations d’exporter les dollars vers la Syrie et l’Iran vise à faire assumer au Hezbollah la responsabilité de la hausse du dollar par rapport à la livre.  Alors qu’en réalité, il ne porte aucune responsabilité dans cela. Au contraire, à une certaine période et jusqu’à maintenant, nous avons un rôle positif en essayant de contribuer à empêcher le dollar d’atteindre des taux vertigineux.

e) Le cinquième point dans le dossier financier et économique porte sur la hausse des prix. Certains disent que ce phénomène est lié au taux du dollar et on ne peut pas le traiter  sans traiter la cause. C’est vrai en partie. L’Etat est responsable de trouver une solution autant que possible au taux du dollar à travers l’intervention sur le marché de la BDL, ou à travers l’adoption de certaines mesures. De toute façon, c’est le travail du gouvernement et ce n’est pas ma responsabilité à moi. La cherté des prix a aussi une autre cause, le monopole. Certains commerçants cachent leurs marchandises  pour que leurs prix s’élèvent.  D’autres agissent de façon encore plus flagrante : les marchandises existent mais ils disent qu’ils ne veulent pas les vendre. De quel droit font-ils cela ? Le monopole et la voracité de certains commerçants  les poussent à utiliser les circonstances actuelles pour faire encore plus de bénéfices.

Une autre raison de la hausse des prix c’est la disparition du marché de certains produits. Si ces produits sont demandés et qu’ils sont rares, il est normal que leurs prix s’élèvent. Il faut donc suivre de près  cette question pour surveiller les prix et demander des comptes à ceux qui cachent les produits pour que la demande augmente et avec elle, les prix. Mais c’est au gouvernement de le faire. Il doit traiter ce dossier d’une manière exceptionnelle et il faut cesser de rejeter la responsabilité sur d’autres. La responsabilité n’est pas celle du ministère de l’Economie seulement. Il semble que ce ministère n’ait pas les moyens de supporter seul le poids de ce problème. Tout comme ce n’est pas seulement au ministère de la Santé de faire face au coronavirus. Tout le gouvernement doit y faire face et tout le gouvernement doit faire face à la cherté des prix.  Il faut mettre au point un plan d’urgence pour y faire face. Nous ne pouvons pas attendre le plan global du gouvernement et l’aval du Parlement, ainsi que l’issue des négociations avec le FMI.  Si nous devions attendre tous ceux-là, il y aura des catastrophes avant...Donc, il y a des choses à faire face pour juguler la hausse des prix. Il faut par exemple faire des perquisitions dans les dépôts pour empêcher la dissimulation des marchandises. Il est fort probable que les services de sécurité doivent avoir des informations sur ce sujet. Il faut donc aller chez eux et les obliger à vendre leurs produits au lieu de les cacher. Les commerçants peuvent refuser de vendre des quantités du même produit pour qu’il y en ait pour tout le monde, mais ils ne peuvent pas refuser de les vendre dans l’absolu.  Le gouvernement peut aussi aider à assurer certains produits sur le marché à travers certaines facilités accordées aux commerçants. Mais il est aussi très important d’exercer une surveillance et de faire le suivi. Le ministère de l’Economie peut dire aussi qu’il n’ pas les effectifs suffisants pour accomplir ce travail. Là, il y a trois solutions : 1- de nombreux fonctionnaires de l’Etat sont chez eux et touchent leurs salaires, convoquez-les. De combien d’hommes a besoin le ministère ? 1000,2000 ? 5000 ? Convoquez-les, donnez-leur une session de formation accélérée et qu’ils fassent le travail. 2-On peut faire appel aux municipalités. 3-Vous voulez plus que cela ?  Ouvrez la voie à l’engagement volontaire ! Il y a des jeunes Libanais, étudiants ou non, prêts à travailler. Le ministère de la Santé a ouvert la voie à l’engagement volontaire et de nombreux médecins, infirmiers, infirmières, étudiants et étudiantes  se sont présentés pour s’engager dans la lutte contre le coronavirus. Ce sont des volontaires et ils peuvent ne rien recevoir en contrepartie de leur engagement, ou alors des sommes symboliques versées par le ministère de la Santé.  La porte du volontariat est ouverte. De plus, nous aussi, nous sommes prêts. Combien voulez-vous de volontaires ? 100, 2000, 10 000, 20000 ? Nous sommes prêts à vous les envoyer. Le gouvernement et le ministère de l’Economie en particulier n’ont aucune raison  de ne pas être sérieux  dans le contrôle des prix, dans toutes les régions libanaises. Nous ne parlons pas ici d’une région au détriment des autres. Il y a des volontaires prêts partout. C’est la responsabilité du gouvernement de faire appel à eux. Nous autres, nous pouvons aider, orienter les commerçants, les conseiller ou leur parler simplement, leur dire d’avoir peur de Dieu et de ne pas faire preuve d’avidité. Ils devraient au contraire, faire preuve de noblesse, d’humanité de souci des autres et de ne pas songer uniquement aux bénéfices. J’appelle donc les commerçants  à assurer les produits nécessaires à des prix abordables. Mais nous formulons des souhaits, nous tenons des propos basés sur l’humanité et la morale. Alors que c’est le gouvernement qui possède l’autorité et qui peut prendre des mesures.

Ce dossier doit donc être abordé et suivi avec sérieux. La situation est sur le point de devenir insupportable. Ceux qui  n’ont pas faim qui ne sont pas affolés par les prix des produits peuvent ne pas sentir la gravité de la crise, son ampleur et son poids, mais tous les autres crient leur douleur et leur colère. C’est pourquoi cette crise doit être en tête des priorités dans l’action du gouvernement et dans celle des ministères concernés.

Le dernier point dans le dossier économique et financier porte sur la lutte contre la corruption.

Au mois de mai, il y a deux ans,, pendant la période électorale, nous avions, au Hezbollah, annoncé une orientation nouvelle et avancée pour lutter contre la corruption. Nous avons constitué un dossier, désigné un responsable et une équipe pour le seconder. Nous avons aussi établi un mécanisme pour procéder à cette lutte. En dépit de toutes les difficultés au cours des deux dernières années, notamment le retard dans la formation du gouvernement, le manque de lois adéquates, la situation de la justice, celle du monde politique, les conflits internes, beaucoup de choses ont été accomplies. Nous comptons d’ailleurs continuer dans cette voie car nous considérons  qu’il s’agit d’une bataille sensible et vitale pour le pays, pour son présent et son avenir. Concernant les détails de ce qui a été accompli au cours des deux dernières années, des mesures qui ont été prises et des idées adoptées, je laisse au frère député Hassan Fadlallah qui est le responsable de ce dossier d’en parler dans une conférence de presse qu’il pourrait tenir jeudi ou vendredi. Fadlallah est censé  présenter les documents et les chiffres détaillés de ce qui a été fait au cours des deux dernières années, car les gens ont le droit de demander : qu’avez-vous fait ?  Où allons-nous dans ce dossier ?  Tout cela sera donc exposé dans le cadre de la conférence de presse.

Le dernier sujet que je voudrais évoquer porte sur la situation générale du pays. Je voudrais parler de trois points précis.

Je voudrais d’abord formuler le souhait aux blocs parlementaires, aux forces politiques et aux gens en général, de donner du temps au gouvernement. Vous avez entendu comme moi certains dire que nous avons donné un délai de cent jours au gouvernement. Mais enfin, dans une situation aussi compliquée, avec toutes les difficultés, les conflits, les obstacles, les destructions, donner cent jours au gouvernement, c’est lui demander de faire des miracles. C’est illogique de lui demander des comptes après un tel délai aussi court. Il faut donc lui donner du temps. Je ne demande pas qu’on l’appuie, mais au moins qu’on reste neutre. Il a déjà élaboré un plan, il a fait face au coronavirus, il se débat essaie de faire quelque chose, il souhaite entamer des négociations, donnons-lui une chance et un peu de temps.  C’est le souhait que je formule en m’adressant aux forces politiques. Ce qui s’est passé au cours des deux dernières semaines, suite aux déplacements de l’ambassadrice des Etats-Unis, a pu donner le sentiment que nous sommes face à une nouvelle étape et que la bataille pour faire chuter le gouvernement a commencé. Ce que nous avons entendu de certains leaders politiques du pays et nos informations disent le contraire. Ce n’est pas envisagé pour l’instant. Il y a eu des articles dans la presse, des entrevues effectuées qui ont été amplifiées. Il faut donc donner une chance et du temps. Je crois donc que le climat général est encore au maintien du gouvernement. Nous devons trouver des moyens de mieux coopérer avec lui, ou au moins, de lui donner une chance et d’être patient  pour voir s’il peut faire quelque chose ou non.

Le second point porte sur la relation entre Amal et le Hezbollah. Il y a souvent un incident  et parfois, sans aucune raison, certains s’empressent d’évoquer un conflit entre le mouvement Amal et le Hezbollah.  Cela commence sur les réseaux sociaux et c’est ensuite relayé. Une petite chose devient un fossé profond ; mais ce que je veux dire c’est que notre commandement et celui d’Amal sont très sensibles sur ce sujet et très soucieux de préserver leur relation.  Notre relation est profonde et solide avec Amal. J’y tiens personnellement. Nous sommes en contact quasi-permanent. Nous discutons et nous nous concertons régulièrement. Le président de la Chambre a parlé récemment de cette relation et je confirme chaque mot qu’il a prononcé. Il a été très précis en qualifiant la relation qui nous lie.

Certains, au Liban, dans la région et à l’étranger, n’ont d’autre souci que celui de semer la zizanie entre nous, de nous diviser et de susciter des conflits entre nous. Mais je leur dis : soyez rassurés ; cela n’arrivera pas. Cessez donc de vous fatiguer pour rien. Il n’y aura pas de conflit entre Amal et le Hezbollah.

Le public doit aussi nous aider. Il ne doit pas se laisser influencer par une phrase sur les réseaux sociaux, qui est reprise par d’autres et qui y répondent et cela devient une véritable affaire. C’est le problème des réseaux sociaux. Par contre, les responsables d’Amal et du Hezbollah sont toujours très polis et respectueux les uns envers les autres. Ils ont des relations et des comportements responsables. Alors que sur les réseaux sociaux on a l’impression qu’ils se disputent ...La plupart du temps, notre public n’a rien à voir avec ces échanges sur les réseaux sociaux. Nos frères à Amal connaissent aussi leur public et ils savent s’il est impliqué dans les campagnes sur les réseaux sociaux. Il arrive que certains se prétendent nos amis et fassent des commentaires enflammés sur les réseaux sociaux. Ce que je veux dire  que le public doit être responsable. Comme l’a dit le président Nabih Berry, la relation entre le Hezbollah et Amal n’est pas seulement dans l’intérêt des deux parties. Elle est aussi dans l’intérêt national et dans l’intérêt de la résistance. Ceux qui cherchent à la troubler ont probablement des raisons cachées dans lesquelles je ne souhaite pas entrer maintenant. Cela ne signifie pas qu’il nous arrive d’avoir des visions différentes. Notre public doit comprendre qu’être alliés ne signifie pas être identiques à cent pour cent. C’est vrai pour Amal et pour les autres courants, partis et personnalités. Je ne veux pas entrer dans les détails. Seulement, lorsqu’il y a des visions ou des opinions divergentes, nous discutons entre nous pour gérer au mieux les différences.

Je vais donner un exemple pour plaisanter, puisque nous arrivons à la fin du discours. Lors de la dernière séance plénière, il y avait une proposition de loi  présentée par des députés au sujet de la culture du cannabis. Nous en avons discuté et nous avons pris notre temps pour le faire. Nos frères à Amal ont estimé que la légalisation de cette culture est utile à des fins médicales. Nous autres, après avoir consulté nos experts, nos ingénieurs, les sociétés concernées, nous avons abouti à la conclusion qu’il n’y avait aucune utilité médicale à légaliser la culture du cannabis. Au contraire, cela entraînera des contraintes pour l’Etat libanais. Nous avons eu beau discuter nous ne sommes pas parvenus à un accord. Cela signifie-t-il que nous sommes en conflit ? Non. Nous nous sommes rendus auprès des commissions parlementaires et nous avons constaté que la plupart des députés étaient de l’avis de nos frères à Amal, les amis, les adversaires tous  sauf très peu qui ne dépassent pas les doigts d’une seule main étaient en faveur de cette légalisation. La proposition a été donc votée. Et alors ?

Certains ont voulu en faire un conflit entre Amal et le Hezbollah. Allons à l’exécution. Si cela s’avère utile, nous en serons heureux, car ceux qui vont cultiver le cannabis sont dans la Békaa et au Nord et ils pourront ainsi en profiter.  Rien n’est une vérité absolue. Nous sommes ouverts et nous traitons ces questions avec calme. Je voudrais encore parler d’un point : l’information sur la légalisation du Liban de la culture du cannabis est passée banalement dans les médias étrangers et arabes en particulier. Or, si le Hezbollah avait voté en faveur de cette décision, les médias du Golfe, d’Europe et des Etats-Unis auraient jeté les hauts cris en disant que le Hezbollah légalise  la drogue au Liban. Il y aurait eu des articles sur le fait que le Hezbollah a pris cette décision parce qu’il a des problèmes de financement à cause des sanctions et du blocus qui lui  sont imposés. N’est-ce pas vrai ?

Evidemment, nous n’avons pas abordé cette question sous cet angle. Nous avons examiné la question sous l’angle de l’utilité ou non. Mais c’est comme cela que cela aurait été utilisé et interprété.

IL y a d’autres points sur lesquels nous ne serons pas d’accord avec nos frères à Amal mais soyez sûrs que nous discuterons avec calme, au niveau des commandements. Nous parlerons et développerons nos points de vue et si nous aboutissons à un accord ce sera tant mieux. Sinon, cela ne changera en rien aux liens qui nous soudent. Nous devons d’ailleurs préserver ce climat à tout prix et être toujours très soucieux de nos relations.

Le dernier point dans la situation générale du pays porte sur des tensions qui apparaissent dans certains endroits entre les forces politiques. Je ne veux pas citer de noms. Mais il y en a dans plusieurs régions. Et aussitôt on accuse le Hezbollah. Toutefois qu’a à voir le Hezbollah si deux parties ou personnalités sont en conflit ?  Nous autres, nous ne montons aucune partie ou personnalité contre l’autre.  On nous accuse aussi de vouloir changer le visage du Liban et son système tout cela est faux. De grands propos pour ne rien dire ! Pourtant ceux qui nous accusent savent qu’il n’y a rien de tout cela. Il s’agit le plus souvent de conflit entre deux parties, de conflits politiques sur l’influence, la part de chacun etc. le plafond est connu. Il ne s’agit nullement de changer le système, la culture, le visage la Constitution ou quoi que ce soit d’autre, au Liban.

Nous autres, nous ne sommes pas concernés. Nous ne poussons aucune partie contre l’autre. Au contraire nous préférons que dans cette période, il y ait le moins possible de tensions dans le pays. Nous voulons de la coopération, une approche positive, que tout le monde parle avec tout le monde, que nous tendions la main pour sauver notre pays et le sortir non seulement de la crise du coronavirus, mais aussi de la catastrophe financière et économique dans laquelle il se débat.

Nous appelons au calme et à l’apaisement dans les relations bilatérales entre les forces politiques. Je voudrais dire que non seulement nous n’avons rien à voir avec ces tensions. Nous ne sommes pas à leur origine, mais de plus, nous ne pouvons rien faire. Certains disent toujours : le Hezbollah peut régler ces tensions s’il le veut. C’est possible. En ce mois de Ramadan, celui de l’amour et de la compassion, nous sommes prêts à intervenir là où nous pouvons le faire. Nous sommes prêts à aider nos amis, nos alliés et ceux qui nous aiment. Si nous pouvons contribuer à réduire les tensions, nous sommes prêts à le faire. C’est le message que j’ai voulu transmettre à la fin de ces discours, celui de l’appel à l’apaisement. Le pays a besoin de calme, il a besoin qu’on lui donne une chance pour surmonter la crise. Je ne sais pas dans quelle mesure les pays étrangers sont disposés à aider le Liban. Certains disent qu’avec le coronavirus, la chute des prix du pétrole et d’autres problèmes de nombreux pays traversent des crises financières et économiques qui pourraient les pousser à renoncer à aider le Liban Il se peut que nous ne puissions donc pas compter énormément sur l’aide étrangère. C’est pourquoi il vaut mieux se concentrer sur l’intérieur. Mais il faut pour cela se concentrer sur l’apaisement, le calme et la main tendue. Le climat de conflit, les pièges politiques et les vexations ne favorisent pas la coopération et le calme.

Allez en paix.

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