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Discours à l’occasion de la commémoration d’une semaine du décès de l’uléma moujahed cheikh Hussein Kourani

Discours à l’occasion de la commémoration d’une semaine du décès de l’uléma moujahed cheikh Hussein Kourani
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Au nom de Dieu

Pour commencer je voudrais que nous priions ensemble à la mémoire de notre cher cheikh Hussein Kourani pour que Dieu accueille son âme pure dans Son paradis.

Je voudrais aussi vous adresser à tous, mes frères, mes sœurs, les résistants et les moujahidins, mes sincères condoléances pour la perte de ce frère si cher. Je m’adresse en particulier à sa famille si noble, à la hajja Oum Alaa, à ses fils, qui nous sont tous chers, à ses frères, hommes du savoir, du don et du jihad, à l’uléma cheikh Ali Kourani, à l’uléma cheikh Abbas Kourani et au frère hajj Kassem Kourani , à tous les membres de la famille, aux frères et amis, à tous ceux qui l’aiment et à tous les compagnons de route qui sont très très nombreux.

A cette occasion, je vais diviser mon discours en deux parties. Dans la première j’essaierai de mettre en lumière certains aspects de la personnalité du cher cheikh disparu car cela pourrait être utile pour tous et dans la seconde, j’évoquerai certaines questions politiques d’actualité, aussi brièvement que possible.

Beaucoup d’entre nous, ici, au complexe al Moujtaba dans la banlieue sud et dans la husseyniyé de Yater, connaissent le cheikh depuis longtemps, depuis que nous étions de jeunes hommes. Personnellement, je l’ai connu quand j’avais 18 ou 19 ans. Nous nous sommes rencontrés pour la première fois à l’école religieuse (Haouza) de l’imam Mountazar à Baalbeck et jusqu’à la dernière seconde de sa vie, il était connu pour être un uléma pieux, moujahed, résistant, un éducateur et un enseignant qui connaissait à la perfection les messages divins et savait les transmettre à la perfection.

Il est aussi le fils d’une maison connue pour sa piété et ses valeurs morales, une maison de savoir et d’ulémas. Il était connu pour avoir une personnalité solide forte, avec des convictions bien ancrées. Et en même temps, il était humble, proche des gens, surtout les moujahidins et les résistants, les pauvres et les opprimés.

Pour ne pas rester dans les généralités, je vais évoquer certains points précis qui sont aussi utiles parce qu’ils nous permettent de tirer des leçons importantes.

Le premier point : Cheikh Hussein Kourani est un des fondateurs de ce parcours, celui du Hezbollah et de la résistance islamique au Liban, qui a été lancé à la suite de l’invasion israélienne de 1982. Il était présent dans les premiers groupes et les premières formations.

Ici, je dois ouvrir une parenthèse. Contrairement à d’autres forces et formations, le Hezbollah n’a pas un seul fondateur. Sa fondation est due à un grand groupe d’ulémas, de hajjs et de moujahidins. Comme je l’ai dit, il s’agit d’un grand groupe. On ne parle pas ici, de deux ou trois, ni même de 15, 20 ou 30. Il s’agit donc d’un grand groupe de personnes qui se sont retrouvées, sont devenues solidaires et ont abouti aux mêmes convictions. Ensemble, ces personnes ont créé cette entité bénie, basée sur la piété depuis le début. Depuis les premiers instants, ce groupe a été loyal et a mis de côté les considérations personnelles, les intérêts partisans et individuels. Ils ont trouvé cette formule bénie et belle, dans la ligne de Dieu Tout puissant qui a permis à ce parcours de se renforcer, d’évoluer, de se développer et de devenir de plus en plus efficace, dans la fierté et dans la dignité. Dans certaines histoires du Hezbollah, il est question d’un groupe de 9 frères. En réalité, le groupe est beaucoup plus nombreux et ces neuf frères ont été élus dans le cadre organisationnel comme représentants de l’ensemble du groupe. Il faut préciser cela pour la vérité historique. Donc, aucun de nous n’a le droit de dire, à n’importe quelle occasion qu’il est le fondateur du Hezbollah. C’est donc ce groupe béni et dévoué qui est à l’origine de la formation du Hezbollah et cheikh Kourani faisait partie de ce groupe, auquel il a donné sa force de conviction, sa détermination et au service duquel il a mis toutes ses amitiés et son influence. C’est pourquoi je peux dire que cheikh Kourani fait partie du groupe fondateur  et il a donc largement contribué à donner  ce groupe ses victoires et ses réalisations, sur tous les plans : spirituels, religieux, culturels, jihadistes, politiques et sociaux.

Le second point que nous apprenons de cheikh Kourani est qu’il est effectivement et sans conteste le fils de l’institution, pour utiliser un terme moderne. Dans notre langage interne, nous disons qu’il était à juste titre le fil de la wilaya. Que signifie la wilaya ?

Cheikh Kourani, tel que nous le connaissons, avait des convictions et des opinions. Il avait des opinions tranchées sur la plupart des sujets pour ne pas dire sur tous. Mais son opinion était basée sur la logique, la vision et les arguments. C’est-à-dire qu’il ne disait pas : c’est mon avis, point final. Non, il donnait des arguments et discuter avec lui n’était jamais simple, surtout dans les sujets où il avait des convictions solides. De plus, lorsqu’il prenait une décision, selon les procédures légales et religieuses en vigueur, il s’y tenait, défendait sa décision et l’appliquait. C’est cela que j’ai voulu dire en le qualifiant de fils de l’institution. Pour ne pas rester dans les généralités, je vais donner un exemple. En 1992, les premières élections législatives depuis la guerre devaient être organisées au Liban. Le Hezbollah se trouvait donc face à une échéance nouvelle. Nous nous retrouvions et nous discutions. Lorsque les discussions ont commencé, le martyr sayed Abbas était encore vivant et il était le secrétaire général. Moi j’étais au service des frères. Nous étions un groupe de 11 ou 12 concernés d’une façon ou d’une autre dans la prise de décision. Nous discutions longuement. Nous l’avons fait pendant des mois. La grande majorité des frères était en faveur de la participation aux élections. Un petit groupe était contre. Cheikh Kourani était fermement opposé à la participation aux élections. Il avait des arguments pour cela et il discutait ferme. La majorité n’a pas réussi à le convaincre de changer d’avis. Il n’était pas seulement opposé à la participation. IL y était hostile et estimait que ce serait négatif. Mais lorsque la décision a été prise, cheikh Kourani en dépit de son opposition a adopté la décision et l’a défendue. Il a appelé à la participation aux élections législatives et il s’est rendu personnellement à son village natal à Yater pour voter. C’est cela un fils de l’institution, le fils de la wilaya.

Et c’est ainsi que ce parcours s’est poursuivi, avec ce même esprit qui fleurit chez nos frères et nos sœurs.  Depuis 1982 à nos jours, nous avons affronté de nombreux dangers, fait face à de nombreuses échéances et relevé de nombreux défis, surmonté des obstacles, il y a eu des divergences dans les points de vue, mais elles sont restées des exceptions. En dépit de quelques rares exceptions, ce parcours s’est poursuivi et notre groupe s’est agrandi tout en restant uni, discipliné et homogène, avec le même esprit et le même souci d’unité et de cohésion représenté à merveille par cheikh Kourani que Dieu ait son âme.

Le troisième point : Cette qualité qu’il avait je considère qu’elle est essentielle, car elle représente le véritable examen de soi. Il s’agit de voir la place des considérations personnelles, comment on se comporte, avec qui on est en contact, car cela indique beaucoup sur la véritable personnalité de chacun. A ce sujet, cheikh Kourani depuis le début, dépassait les considérations personnelles. Depuis le début, il a passé avec succès l’examen. C’est aussi le cas de nombreuses personnes au sein du Hezbollah. Je les citerai. De quel examen s’agit-il ? Celui de la loyauté, de la sincérité et de l’aptitude à travailler dans n’importe quelle position, l’essentiel étant de pouvoir servir la bonne cause et de contribuer à ce parcours hors normes, au service de la résistance, des gens et des objectifs  pour lesquels d’autres ont donné leur sang, leur âme et leur esprit. Etre prêt à donner tout ce qu’on a, sans s’arrêter à la moindre considération personnelle.  Je vais donner un témoignage. Dans les années 80, il n’y avait pas de nominations au sein du Hezbollah, notamment concernant le poste de secrétaire général. Il y avait un conseil consultatif, qui existe toujours mais on y a ajouté le poste de secrétaire général. A cette époque, ce conseil avait décidé de créer une structure exécutive centrale, car à cette époque, la plupart du temps, nos formations étaient régionales. Le conseil avait donc décidé qu’il y aurait désormais  un responsable exécutif général qui serait le chef de la structure consultative exécutive, qui s’appelle aujourd’hui le conseil exécutif. Le Conseil m’avait choisi à l’époque pour diriger cette nouvelle structure, responsable exécutif général du Hezbollah, en dépit de mon jeune âge à l’époque (j’avais moins de 30 ans). Je devais donc former la structure consultative exécutive. Je devais par conséquent présenter des noms au Conseil Consultatif pour qu’ils soient acceptés. Cheikh Kourani était plus âgé que moi de plusieurs années et il était plus ancien dans l’école islamique et dans l’action islamique. Il avait aussi plus de qualités personnelles que moi. D’ailleurs il avait été mon professeur à l’école religieuse de Baalbeck et j’ai étudié sous sa supervision pendant des années. Donc, j’ai voulu présenter le nom de cheikh Kourani en tant que responsable culturel et éducatif central au Hezbollah, mais j’étais à un poste de responsabilité supérieur. Ce qui était une position difficile. Difficile pour moi et sans doute pour lui. C’est une épreuve difficile d’accepter que votre élève devienne votre supérieur, alors que vous l’avez formé pendant des années et peut-être même que vous lui êtes supérieur en matière de connaissances et d’expérience. Ce qui est le cas pour nous deux. Mais malgré cela, il a accepté pendant des années que je préside le Conseil consultatif exécutif alors qu’il y était le responsable éducatif central. Plus tard, lorsque je suis devenu secrétaire général, il était président de la commission de soutien à la résistance. Mais jamais il ne s’est dit : pourquoi mon élève est-il devenu mon supérieur ?... C’est aussi le cas de tous nos frères au Hezbollah, parce que nous donnons tous la priorité à servir la cause et l’objectif que nous nous sommes fixés. Grâce à Dieu, nous mettons toujours de côté les considérations personnelles. C’est un point essentiel et c’est sûrement Dieu qui nous aide en cela, nous oriente, nous pousse et nous donne cet esprit de cohésion qui est essentiel pour la victoire.

Le quatrième point : Son grand souci de la cohésion de notre parcours, de l’unité et de l’homogénéité de la formation. Cela était d’ailleurs connu. Il était toujours soucieux d’unifier, de rassembler. Nous passions toujours par des circonstances difficiles  et dures et nous avions souvent des divergences dans les points de vue, au sujet de tel dossier et de telle affaire, dans cette bataille et avec cette partie politique. Mais malgré cette diversité dans les opinions, dans les débats  et les discussions qui se déroulent entre nous à l’interne. Mais malgré cela, notre parcours était toujours solide et homogène. Dans les périodes difficiles, c’était le véritable examen. A un moment donné, j’ai traversé une épreuve de ce genre. Je suis témoin que cheikh Kourani a toujours mis ses sentiments de côté, pour privilégier l’unité de la résistance, pour préserver sa force. Il avait des positions décisives à ce sujet et jusqu’à son dernier souffle, il n’a jamais permis qu’une divergence dans les points de vue soit exploitée pour devenir une lacune dans le corps de la résistance. Il a toujours mis ceci en avant dans tous ses discours et même dans ses prières, dans ses écrits et dans ses lectures à toutes les étapes de sa vie.

Le cinquième point : Cheikh Kourani avait une foi inébranlable dans l’imam Khomeiny, sa voie, sa pensée et son parcours. C’était même étrange cet attachement incroyable qu’il avait dans les idées, les théories et le parcours de l’imam Khomeiny. Il essayait d’ailleurs de mettre l’accent sur cela dans tous ses discours, ses mots, son comportement au sein du Hezbollah. Il le faisait avec tous et à tous les niveaux. Au point que je lui ai dit un jour : vous êtes le gardien de ce parcours. Lorsque nous sommes pris par les détails concrets, l’organisation, les nominations, la résistance, les mesures exécutives, vous restez celui qui nous oriente, qui donne les conseils et attire l’attention. Jusqu’à son dernier jour, il n’a jamais cessé d’exprimer sa fidélité et son amour à la voie tracée par l’imam Khomeiny et à sa pensée.

Le sixième point : L’éducation dans la foi et la formation morale. Pendant des années, cheikh Kourani a été occupé par les fonctions exécutives, puis il a pris la charge de la commission de soutien à la résistance. Mais au cours des dernières années de sa vie, il s’est consacré totalement à l’écriture et à la formation et nous avions énormément besoin de cela. Cheikh Kourani a rempli un grand vide dans notre structure et avec sa disparition, il y a de nouveau un vide que je demande à nos frères fidèles loyaux et sûrs de le remplir, pour que nous puissions réapprendre la patience, le fait de compter sur Dieu. Nous en avons besoin dans les périodes difficiles et dans celles qui le sont moins. Nous en avons besoin en cette période de sanctions et de difficultés comme nous en avons besoin en période de victoire et lorsque nous arrivons à faire des réalisations. Nous avons toujours besoin de cette éducation religieuse  qui forge l’âme et l’esprit, qui éduque l’âme. C’est ce qu’a donc accompli cheikh Kourani au cours des dernières années et il y a consacré toute sa vie et son parcours noble.

Le dernier point, je vais me contenter de cela, c’est que le cheikh n’hésitait pas à donner tout ce qu’il avait. Je le connais bien et vous aussi. Il donnait tout, sa vie, sa santé, son sang, ses efforts, son esprit et toutes ses capacités au service de l’islam et de la oumma. Il donnait tout aux causes que nous défendions et pour lesquelles nous nous battions. Il n’hésitait jamais à le faire et il était toujours là, appuyant, soutenant, convaincu, solide et dévoué. Il n’hésitait jamais à prendre position, à aller de l’avant. Au sujet des Etats-Unis, il m’a envoyé deux messages pour me proposer de boycotter les produits américains. Il avait toujours une longueur d’avance et pour lui, c’était une forme de jihad et de confrontation avec ce grand Satan. Sa position à l’égard d’Israël, à l’égard de la résistance, des Palestiniens, la cause palestinienne, à l’égard de la guerre au Yémen, il était toujours en première ligne et sa voix était haute et forte. Certes, il ne passait pas à la télévision, mais dans les rencontres internes, il élevait la voix, dans tous les sujets régionaux. Il était présent et donnait son avis clairement jusqu’à la fin, sans faire de calcul, jusque pour servir cette cause et ce parcours. Que Dieu ait son âme. Il nous manque réellement, mais c’est la loi de la vie. Certains vieillissent et disparaissent pour laisser la place aux jeunes générations, certains meurent en martyrs et d’autres continuent le chemin. C’est la règle divine et nous l’acceptons.

Je vais entamer maintenant les questions d’actualité mais cela va prendre un peu de temps, même si je vais essayer d’être aussi bref que possible. 

Hier, dans sa conférence de presse, le ministre de la Défense a évoqué la question des deux drones. Le premier intact et le second détruit. Il a présenté des données importantes et détaillées sur la dernière agression israélienne contre la banlieue sud. Il m’importe de confirmer deux choses à ce sujet. D’abord, le maintien des équations en vigueur. Nous avons refusé  toutes les équations nouvelles  ou toutes les nouvelles règles de la confrontation. La riposte de la résistance islamique a confirmé l’équation en vigueur et nous continuerons à nous y conformer. Ensuite, nous confirmons notre droit à affronter les drones israéliens. Un de ces drones est tombé  mais l’affaire ne s’arrête pas là. C’est le début d’un processus. Nous continuerons  à travailler dans ce sens, comme je l’ai déjà dit, car cette question est tributaire des circonstances qui prévalent sur le terrain et des intérêts.

En tout état de cause,  jusqu’à maintenant, la décision d’affronter les drones a eu un grand effet sur le nombre de ces drones et leur taille. Le nombre des violations israéliennes de l’espace aérien libanais s’est nettement réduit. Nous exposerons plus tard le nombre de ces violations avant et après cette décision. Mais je tiens aujourd’hui à confirmer qu’il s’agit désormais d’un processus permanent qui est entre les mains du terrain.

 Le second point porte sur les agents libanais qui ont fui vers l’entité israélienne en 2000. Au cours des derniers jours, l’un d’eux a été arrêté. Il s’agit de l’ancien responsable de la prison de Khiam. Cette affaire a suscité des polémiques. Je n’ai pas besoin de revenir sur les détails, vous les connaissez tous.  Mais je voudrais évaluer la position et essayer de trouver des solutions.

Parler de ceux qui ont été détenus  à Khiam ou dans les prisons israéliennes ( il faut préciser que la plupart des détenus en Israël sont passés par cette prison) en les qualifiant d’otages est sincère et conforme à la réalité. Ce cri de colère et de douleur est justifié et naturel. C’est une réaction normale. Ceux qui se sentent irrités ou énervés par cette réaction devraient au contraire essayer de la comprendre et l’accepter. En tout cas, ce cri a été utile, non seulement pour arrêter cet agent, mais aussi pour tirer la sonnette d’alarme au sujet d’une tendance dangereuse qu’il faut arrêter, dans la façon de traiter avec les agents  et les collaborateurs. Je voudrais ne pas rester dans les généralités et être plus précis.

Le premier point que je veux évoquer porte sur les collaborateurs avec l’ennemi israélien jusqu’en 2000. Je parle de ceux qui se sont enfuis à cette date. Certains d’entre eux ont intégré l’armée de Lahad et d’autres ont collaboré avec les services de sécurité. D’autres encore, ont collaboré avec les services civils établis par les Israéliens. Ils étaient donc des soldats, des serveurs, des fonctionnaires et des travailleurs chez les Israéliens. Ils sont donc des collaborateurs et ils doivent être jugés. Plus tard, le degré de leur collaboration et donc du crime accompli sera défini. Untel a tué, volé, violé, causé des dommages physiques et moraux et tel autre a monté la garde devant une position, les fonctions diffèrent, mais le collaborateur reste un collaborateur. Ils sont tous complices sur le plan légal et pas seulement religieux et moral.  Certes, le châtiment sera différent selon l’ampleur du crime. Ceux qui ont tué, violé, pillé et terrorisé les gens devront avoir une condamnation proportionnelle à leurs actes, mais le fait de juger les collaborateurs doit être une constante. Je ne crois pas que ceux qui ont un lien avec la résistance et ses groupes, au moins eux, accepteraient de faire un compromis sur ce sujet.

Le second point porte sur les gens. Ce collaborateur qui a fui le Liban en 2000 est parti avec sa femme, ses enfants ou même ses parents. Avant l’entente avec le CPL, nous nous étions entendus entre nous avec toutes les forces nationales et islamiques de la résistance sur le fait d’abord qu’il n’y a pas eu d’exilés vers Israël. C’est-à-dire que ceux qui sont partis n’ont pas été poussés à le faire. Certains ont fui vers Israël, d’autres sont restés sur place. Ceux qui sont restés dans leurs villages n’ont pas été inquiétés.  Certains ont quitté le Sud et se sont installés dans d’autres régions du Liban. Ceux-là aussi n’ont pas été inquiétés.  Mais ceux qui se sont enfuis ne peuvent pas être qualifiés d’exilés. Je voudrais rappeler, ici, que même dans les opérations de la résistance, nous prenions soin d’éviter de toucher les proches des collaborateurs, en dépit des dangers encourus. Vous vous souvenez peut-être de l’attaque contre un des chefs des collaborateurs, Akl Hachem, un criminel et un corrupteur. Nous avions placé une charge explosive sur son chemin, mais elle n’a pas été actionnée parce que sa femme et ses enfants se trouvaient à ses côtés. Le film de cette séquence existe encore.  Nous le rediffuserons.  Nous voulions tuer le collaborateur mais nous n’avions rien à faire avec les membres de sa famille.  Nous savions que c’était un chef parmi les agents d’Israël et malgré cela, nous avons reporté l’opération pour ne pas toucher sa famille. Je dis cela pour rappeler le passé de cette résistance en 2000 et même avant. Ce n’est pas pour que les autres soient reconnaissants envers nous. Cette pratique n’est pas dans nos habitudes, ni dans notre culture ni dans notre religion, ni dans notre engagement national.

En comparaison, regardez ce qu’a fait la résistance française après la libération en 1945. Elle a tué des milliers de collaborateurs, sans procès. Il y avait un Etat en exil, mais la résistance n’a pas attendu son retour pour procéder à des règlements de comptes, avec les agents et les collaborateurs. J’ai lu des livres sur ce sujet et il y est écrit que plus de 10000 soldats français ont été liquidés  pour collaboration avec l’ennemi nazi, sans procès, sur une initiative des résistants sur le terrain.

La résistance en 2000 n’a pas tué un poussin. Ceux qui se sont rendus à nous, nous les avons remis à l’armée libanaise et à la justice, indépendamment du comportement de cette dernière par la suite et nous avons des remarques sur le sujet. Ceux qui ont fui vers Israël ont décidé seuls de le faire. Nous disions d’ailleurs toujours que nous n’avons aucun problème à ce qu’ils reviennent. Mais après avoir passé une période chez l’ennemi, qu’il s’agisse de mois ou d’années, ils doivent se livrer au service de renseignements de l’armée pour qu’ils fassent l’objet d’une enquête. Ils doivent être interrogés et cela peut prendre, une heure ou deux, ou deux jours, je n’en sais rien. Mais l’armée doit s’assurer qu’après leur séjour en Israël, ils ne sont pas devenus des espions et qu’ils ne sont pas envoyés au Liban dans ce but. Il faut voir quelle est leur histoire. C’est une procédure naturelle. Aujourd’hui, en 2019, nous disons la même chose. Certains, dans le cadre du débat, ont essayé de soulever cette question en se demandant comment elle se place dans le cadre de l’entente entre le CPL et le Hezbollah. Nous étions clairs. Nous avions dit que tous ceux qui sont partis et qui souhaitent revenir sont les bienvenus. Mais il y a des mécanismes légaux qu’ils doivent respecter. Plus tard, une proposition de loi est arrivée au Parlement et il y a eu une distinction sur la base de la nécessité de trouver des mécanismes d’application. Personne ne dit : ouvrez les frontières et les points de passage et que tous ceux qui ont fui vers Israël doivent revenir au Liban sans qu’on leur pose la moindre question et sans devoir rendre aucun compte. Cette attitude est fausse, sur le plan sécuritaire et sur le plan juridique. C’est aussi une faute sur le plan culturel et national.

Nous disons donc qu’il y a des mécanismes légaux qu’il faut respecter. Ceux qui ne se sont pas impliqués dans l’espionnage pour le compte de l’ennemi peuvent se rendre et ils ne seront pas inquiétés. Beaucoup de gens et de familles sont revenus de cette manière. Des enfants d’espions se sont rendus au service de renseignement de l’armée. Ils ont été interrogés et ils ont dit qu’ils n’étaient pas impliqués dans l’espionnage. Ce mécanisme est clair. Dans ce dossier, je voudrais encore évoquer deux points :

Le premier porte sur la prescription des jugements au bout d’un certain temps. Ce problème s’est posé avec la dernière affaire et il exige d’être traité.  Donc, un agent ennemi qui a fait l’objet d’une condamnation est acquitté au bout de dix ans à cause de la prescription. Finalement, heureusement que cet agent est revenu au Liban pour permettre de faire la lumière sur ce point. Le tapage qui a été fait nous a permis de prendre conscience de ce problème dont nous n’étions pas conscients ou auquel nous n’avions pas vraiment fait attention. Ce problème exige un traitement juridique. En réalité, il y a un véritable débat sur ce genre de crimes. Un homme qui était le responsable de la prison de Khiam, il a tué, torturé, humilié... et il a été condamné par contumace à 15 ans de prison. C’est un jugement par défaut très allégé. Et malgré cela, il tombe par la prescription ? Ce problème comporte donc un volet juridique. Nous nous sommes entendus avec d’autres blocs parlementaires pour lui trouver une solution juridique. Il faut donc expliquer plus le genre de condamnations, le genre des crimes etc... On ne peut pas venir dire au peuple libanais, aux otages et aux familles des martyrs qu’un type qui a torturé, humilié et martyrisé leurs enfants dans la prison de Khiam et qui a fait l’objet d’une condamnation par contumace est désormais acquitté car elle est tombée à cause de la durée de prescription. C’est injuste. En tout cas, il faut trouver une solution juridique.

Le deuxième point porte sur les condamnations allégées qui ont été émises ou qui peuvent encore l’être. Il faut une nouvelle approche qui consolide l’élan national interne et rende leurs droits à ceux qui ont été les victimes de ceux qui bénéficient des jugements allégés, qui ont été torturés et humiliés, tués. Il faut tenir compte de leurs souffrances et des données libanaises internes.

Je voudrais aussi commenter le climat qui a régné sur les réseaux sociaux. Il faut être vigilant dans ce domaine.

Il faut d’abord préciser que beaucoup de ceux qui s’expriment sur les réseaux sociaux sont des inconnus. Ils mettent des photos, mais sont-elles réellement les leurs ? Ils mettent des noms, mais ceux-ci sont-ils exacts ? A chaque événement, certains interviennent pour tout détruire dans ce pays. Cela arrive très souvent.

On se souvient par exemple de ce qui s’est passé lorsque le bateau qui devait nous donner de l’électricité a atteint Zahrani. Les réseaux sociaux n’avaient alors d’autre souci que de parler du commandement d’Amal et de celui du Hezbollah. Or, tous les deux n’avaient rien à voir avec ce qui s’est passé. Mais certains sont intervenus et ils ont fait des provocations envers telle partie puis telle autre. Les gens se sont ainsi affrontés. C’est très facile de provoquer une confrontation sur les réseaux sociaux qui enflamme les gens et se traduit ensuite sur le terrain.

Dans le temps, si une partie politique voulait prendre la parole ou publier un communiqué, cela était précédé d’une longue séance de réflexion, crayon et papier en mains, pour peser chaque mot pour qu’il n’y ait pas de problème avec sa base populaire et les autres.

Aujourd’hui, n’importe qui peut lancer une phrase provocatrice sur les réseaux sociaux et elle circule et finit par provoquer des réactions violentes et le pays tout entier doit faire face à un nouveau problème.

Je voudrais réitérer mon appel au public de la résistance et à l‘ensemble du peuple libanais, de faire attention, d’être prudent et de ne pas chercher à tout détruire dès qu’un sujet ne plaît pas. Malheureusement, c’est ce qui se passe. Bien entendu, une partie de ce phénomène s’inscrit dans la volonté de nous cibler, car ce n’est pas juste pour s’amuser que l’on cherche à soulever les gens les uns contre les autres.

A titre d’exemple, dans un incident comme celui-ci, même s’il a pu y avoir une certaine erreur de la part de l’armée libanaise, elle doit être traitée dans ce cadre. En définitive, la relation avec le commandement de l’armée est excellente. La relation avec l’armée est excellente. Les gens peuvent s’asseoir ensemble et discuter. Tout le monde peut faire des erreurs. Celles-ci doivent être traitées selon les mécanismes adaptés.

Mais il ne faut pas que cette erreur soit exploitée et se transforme en conflit entre l’armée libanaise et le public de la résistance, entre l’armée et les forces de la résistance et pas seulement le Hezbollah. C’est une faute d’agir ainsi et cela profite à qui ? Aux Américains et à leur politique dans le pays. Je n’ai pas besoin pour l’instant d’entrer dans les détails.

Alors que nous parlons depuis des décennies de l’équation en or, l’armée, le peuple et la résistance, voilà que face à un incident précis, nous voyons le peuple se déchirer et nous voyons des gens qui veulent jeter de l’huile sur le feu et créer un conflit entre l’armée et la résistance entre le public de la résistance et ceux qui appuient l’armée. Cela sert les intérêts de qui ?

C’est pourquoi les gens doivent être vigilants, surtout les jeunes sur les réseaux sociaux. Ils doivent rester immunisés, solides, forts et confiants. L’éveil et la conscience du danger doivent rester plus forts que leurs émotions, surtout face aux provocations.

C’est le même processus pour défaire les alliances. Parfois une information fausse, des données erronées peuvent créer des problèmes.

Le plus petit incident peut viser à défaire l’alliance entre Amal et le Hezbollah et tel autre incident a pour objectif de défaire l’alliance entre le Hezbollah et le CPL Et ainsi de suite. Nous devons être vigilants, surtout nos frères et nos sœurs.

Le troisième point porte sur le dossier du retour des déplacés syriens. Je voudrais présenter un élément nouveau qui touche la région de Qousseyr en général.

En raison des événements et des développements militaires, le processus de retour a été retardé dans cette région. Dans d’autres régions, les déplacés reviennent de façon normale. Il y a quelques mois, au cours de l’été, suite à la décision du commandement syrien et au souhait émis par les habitants syriens et libanais de la région, qui faisaient d’ailleurs partie de la bataille, on nous a contactés pour aider au retour. Nous avons organisé notre situation dans la région pour favoriser un retour de tous les habitants de la ville et des villages environnants. Nous n’avions aucun problème à ce sujet. Les démarches en ce sens ont commencé depuis un certain temps de la part du commandement syrien. Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est d’annoncer aux habitants de la région installés au Liban de ne pas se fatiguer et de nous adresser leurs demandes de retour pour que nous les envoyons ensuite à la Sûreté générale. Adressez-vous directement à la Sûreté générale qui, elle, fera le nécessaire avec la partie syrienne pour faciliter le processus de retour. Vous pouvez commencer dès aujourd’hui et la coordination est en place avec le gouvernement syrien en Syrie. Des familles sont revenues chez elles dans la ville de Qousseyr et dans des villages voisins. Selon les mécanismes en vigueur entre la Sûreté générale et les parties concernées en Syrie, l’enregistrement des noms et les mesures qui accompagnent le retour peuvent commencer.

Je voudrais ici évoquer un point précis. Au cours des années précédentes, beaucoup de mensonges ont été avancés sur un changement démographique en Syrie et en particulier dans la zone frontalière. On nous a accusés ainsi que le régime en Syrie, nous avons été accusés tous les deux de comploter ensemble pour un plan de changement démographique  le long de la frontière syrienne, face à la Békaa. Ou à tout le moins dans la région de Zabadani, dans le secteur de Qalamoun et de Qousseyr.

Je profite de cette occasion pour rappeer ce que j’ai déjà dit il y a quelque temps sur le sujet. Ceux qui souhaitent circuler dans la région de Zabadani, la ville et les villages, verront qu’elle est pleine de monde, surtout en été. Y a-t-il donc un changement démographique ? S’il y a 5 ou 10 maisons en plus, cela signifie-t-il qu’il y a un changement démographique ? Pas du tout.

Tous ces slogans mensongers visent à donner au conflit une dimension confessionnelle qui n’existe pas. Chaque jour montre qu’il n’y a rien de tel. Les habitants de Qousseyr rentrent chez eux. Ils avaient leurs maisons sur place et ils y reviennent c’est tout.

Plus de 25000 Libanais habitent dans ces villages et ces localités depuis plus d’un siècle. Ils étaient présents lorsque les événements ont commencé, certains sont restés d’autres sont partis et ils reviennent. Ils sont toujours là.

Il faut donc cesser les slogans mensongers et faciliter le retour des habitants de Qousseyr chez eux, dans la dignité et la sécurité. Il faut donc en finir avec les accusations non fondées de changement démographique dans la zone frontalière.

Je vais encore dire à ce sujet à la Sûreté générale et aux habitants de Qousseyr et des villages voisins, si nous pouvons faire quelque chose pour faciliter le retour, nous sommes prêts, puisque nous avons une présence sur place, des relations et un accès. Nous n’hésiterons pas à répondre à toute demande d’aide.

Le quatrième point porte sur les élections israéliennes ? vous avez vu comment Netanyahu a obligé l’entité sioniste à organiser des élections, quelques mois après les précédentes, pour pouvoir rester Premier ministre. Les élections ont eu lieu et pendant cette période, il a fait tout ce qu’il était possible de faire pour obtenir une plus grande popularité. Il a lancé une agression contre l’Irak sur « les forces de mobilisation populaires ». Il a augmenté l’intensité de son agression en Syrie et il a haussé le ton contre l’Iran. Il a mené des attaques contre Gaza, durci ses mesures en Cisjordanie contre les habitants et il a été encore plus inhumain avec les prisonniers palestiniens. Tout le monde sait ce qu’ils ont subi au cours des derniers mois.

Il a aussi annoncé son intention d’annexer les colonies en Cisjordanie et peut-être toute la Cisjordanie, ainsi qu’une partie de la Jordanie à l’entité qu’il dirige. Il a tenté de changer les équations au Liban. Il a lancé une attaque contre ce pays qui aurait pu entraîner la région dans une grande confrontation.

Il a tout utilisé pour tenter de rester à la tête du gouvernement. Il a même mis ses gens en danger dans ce but. Il a aussi bénéficié de l’aide des Américains. Je ne me souviens pas d’un autre candidat israélien qui a obtenu une telle aide de la part des Etats-Unis. Il y a eu ainsi la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, l’annexion du Golan, l’appui total de Trump à Netanyahu, l’appui de l’Occident et malgré tout cela, il n’a pas réussi à obtenir aux élections une majorité suffisante pour lui permettre de former un gouvernement. Cela veut dire que tous ces efforts ont échoué.

Je voudrais signaler certains éléments :

Face à cette situation, nous pensons que le commandement ennemi traverse une crise qui n’a pas sa pareille dans son histoire. Il y a une absence de leaders historiques et une crise de confiance de la part de la population dans son commandement. Pour vous en convaincre, regardez comment sont divisés les parlementaires. En général, il y a au Parlement, deux ou trois partis. Cette fois, il y en a bien plus. Il y a même une division verticale dans la société de l’ennemi malgré de nombreux points communs entre les différentes composantes.

C’est bien entendu un signe de faiblesse et de fragilité. Cela montre des failles dans la composition de cette entité qui montre ainsi des signes de vieillesse. Ce qui est normal et nous devons le lire de cette manière.

Je voudrais encore préciser un point. En ce qui nous concerne, peu nous importe qui remporte les élections, Netanyahu, Gantz ou un autre, la droite ou la gauche, ou encore le centre. Pour nous, l’agressivité, les ambitions et le terrorisme israéliens restent les mêmes. Ils continueront à viser les peuples de la région, les Etats et à violer les droits des Palestiniens, tout en exerçant la pire injustice contre eux.

Il n’y a pas beaucoup de différences entre eux. Si l’on revient au passé, on découvre que des massacres et des guerres ont été menées par des gouvernements israéliens de droite et d’autres par des gouvernements israéliens de gauche. Quelle est donc la différence entre Shimon Pérès, Itzhak Rabin, Ariel Sharon, Itzhak Shamir, Ben Gourion, Netanyahu, Ehud Barak, Beni Gantz etc… Tous se ressemblent.

Nous devons donc suivre les développements chez l’ennemi, mais sans faire de paris ou miser sur des changements. Le projet sioniste, le gouvernement de l’ennemi, leurs ambitions et leur terrorisme restent les mêmes, quel que soit le gouvernement, s’ils parviennent à en former un ou s’ils entrent dans une longue crise car ils ne peuvent pas procéder à de nouvelles élections pour la troisième fois en quelques mois.

Le dernier point que je voudrais évoquer porte sur l’attaque contre les installations d’Aramco menée par l’armée yéménite et les comités populaires, qui a été revendiquée  pour la première fois officiellement par le porte-parole officiel, dans le cadre d’une conférence de presse.

Je ne vais pas trop m’étendre sur ce sujet. Deux mots suffisent : il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’un événement très important qui a secoué la région et eu un écho important dans le monde entier. Il a eu des conséquences importantes sur le plan international. Je voudrais juste signaler quelques points.

D’abord, il est malheureusement clair que pour l’opinion publique mondiale et pour les médias ainsi que sur le plan politique ou étatique et même au niveau des Nations Unies, le pétrole est plus précieux que le sang. Ce n’est certes pas nouveau. Nous l’avons déjà dit et d’autres que nous l’ont fait aussi au cours des derniers jours. Je voudrais juste préciser à quel point le pétrole est plus précieux que le sang. A ma connaissance, nul n’a été blessé dans l’attaque contre les installations d’Aramco. Dans les médias, il n’a pas été dit que quelqu’un avait été tué ou blessé dans cette attaque. Des installations pétrolières ont été atteintes, c’est-à-dire du pétrole et de l’acier ont brûlé. Il y a des dégâts matériels et le monde entier s’en est ému. Il y a eu des condamnations, des mouvements de solidarité, un élan de solidarité. Dans la guerre du Yémen, qui en est à sa cinquième année, chaque jour, les avions de la coalition saoudo-émiratie et américaine bombardent les civils, les mosquées, les écoles, les hôpitaux, les maisons, les marchés, tuent les femmes et les enfants. Tout cela est vérifié à travers les images diffusées par les chaînes de télévision et pourtant, cela n’émeut personne, ni le monde ni les Nations Unies, ni l’administration américaine ni les pays européens. Ces attaques sont normales et banales aux yeux du monde et cela ne le fait pas réagir. Hier aussi, par exemple, une dame palestinienne a été tuée de sang froid au point de passage de Kalandia en Palestine occupée. Nul n’a condamné cet acte, les médias internationaux n’en ont même pas parlé, parce que là, il s’agit de sang, non de pétrole.

C’est le premier point qui est une condamnation. Ceux qui veulent se solidariser avec Aramco au Liban et ailleurs peuvent le faire. Mais nous leur demandons de se solidariser aussi avec le sang des femmes et des enfants du Yémen, avec les blessés et les malades, ceux qui sont affamés et encerclés, tous les malheureux du Yémen. Qu’il y ait au moins une égalité dans les condamnations.

Mais le monde actuel est ainsi. C’est le monde de la force, de l’argent, de l’économie dans lequel l’homme, son sang, sa dignité, ses droits et son avenir ne comptent pas. Ou il figure en bas de la liste des priorités.

En général, lorsque j’évoque le dossier yéménite, je suis très violent à l’égard  des Saoud et du régime saoudien. Aujourd’hui, je ne veux pas être dur. Je veux donner un conseil. Il n’est pas nouveau, mais il est d’actualité.

Aujourd’hui, leur principal souci est comment ils vont protéger les installations pétrolières. Ils ont commencé à réfléchir quels systèmes de défense anti-aériens ils vont acheter aux Américains, sachant qu’ils en ont déjà beaucoup, notamment des missiles Patriot. Ils vont même en Corée du Sud pour acheter des défenses anti-aériennes. Ils réfléchissent à la proposition que leur a faite le président Poutine  d’acheter comme les Iraniens des missiles S 300 ou comme les Turcs des missiles S400. Ce n’est pas facile pour les Saoudiens, car nous parlons d’un pays immense dont les défenses aériennes ne peuvent pas couvrir tout l’espace aérien et ne peuvent en tout cas pas faire face aux drones qui peuvent venir de tous les côtés et surprendre les défenses installées. Couvrir tout l’espace aérien saoudien coûterait des sommes énormes.

Ce serait donc trop coûteux de protéger tout l’espace aérien saoudien et surtout émirati, car le porte-parole yéménite a menacé aussi les Emirats dont la capacité à supporter les attaques est bien moindre que celle de l’Arabie.

Mon conseil pour eux deux et c’est bien moins coûteux, c’est d’arrêter la guerre qu’ils mènent contre le Yémen. S’ils écoutent ce conseil, ils protègeront leurs installations pétrolières, sans avoir à payer des sommes énormes. Ils n’auront plus besoin d’acheter des systèmes de défense antiaérienne très coûteux. Ce serait aussi une action plus noble et plus honorable que de subir les humiliations américaines. Vous savez devant quelle situation nous nous trouvons aujourd’hui ? Excusez-moi pour ce langage, mais nous sommes devant une nouvelle tentative des Américains de traire les Saoudiens et les Emiratis. Trump est serein et assis tranquillement. Il lance des accusations à tort et à travers Il parle tantôt de paix et tantôt de guerre et il accuse les autres de porter la responsabilité de ses intentions belliqueuses et au final, il offre son aide en demandant aux Saoudiens et aux Emiratis de payer. C’est pourquoi je leur conseille de réduire les humiliations que leur fait subir Trump, tout en préservant leur infrastructure, leur sécurité et leur dignité. La seule voie possible pour cela est d’arrêter la guerre injuste contre le Yémen et son peuple. Laissez le Yémen et son peuple, laissez les Yéménites discuter entre eux et tenter de parvenir à un accord.

Toutes les autres tentatives, solliciter l’aide des Etats-Unis, de la Grande Bretagne ou encore former une coalition internationale, n’aboutiront qu’à un surplus de destructions. Vous savez que l’axe qui vous fait face est très fort. Ce qui s’est passé avec les installations pétrolières d’Aramco est un indice en ce sens. Cela montre que ceux qui se défendent au Yémen sont prêts à aller très, très loin pour se protéger.

Si vous voulez tirer une leçon de ce qui s’est passé, la voici. Quant à inciter les Américains et l’Occident à mener une guerre contre l’Iran, cela ne changera rien. Vous devez désespérer de ces tentatives et renoncer à cette idée. Trump était très clair. Il veut de l’argent. Il ne veut pas faire de guerre. Il a des élections en perspective. Sur quoi donc misez-vous pour poursuivre cette guerre ? Vous misez sur une administration qui a échoué. Nos frères préparent une étude sur l’échec des politiques de Trump et de cette administration. Même le Venezuela a surmonté le piège qui lui était préparé car il ne fait aucun doute qu’il s’agissait d’une tentative de coup d’Etat et de guerre civile, doublés de sanctions et de blocus pour punir ce pays. Trump a échoué au Venezuela et en Corée du Nord. Il n’a pas réussi à faire plier commercialement la Chine. Il a échoué en Syrie et en Irak. Il a échoué dans le deal du siècle, car il s’agit d’un plan impossible. Maintenant, il se peut que Netanyahu saute. C’est une possibilité, mais je ne veux pas devancer les événements. Comme le dit notre ami Mohammed Jawad Zarif, le premier « B » est parti, John Bolton. Le second «B» Benyamin Netanyahu pourrait partir. Le deal du siècle est tombé et il a échoué en Iran. Il n’a pas réussi à pousser l’Iran à la reddition. Aujourd’hui Trump quémande une rencontre avec le président de la République islamique d’Iran cheikh Hassan Rouhani. Et vous continuez à miser sur lui…

Je répète aujourd’hui ce que j’ai déjà dit ; l’Iran est forte au point que tout le tapage que vous avez ces quelques jours, les cris et les menaces ainsi que les accusations que vous avez lancées n’ont pas fait bouger un poil de la barbe des responsables en Iran. Tout cela ne leur fait pas peur et ne les fait pas trembler ; car ils sont forts, car ils sont unis et solidaires  et surtout parce qu’ils savent à merveille travailler dans le cadre des équations.

Mon conseil aujourd’hui est donc de revoir sérieusement vos options. Je ne veux pas attaquer, juste conseiller. L’option de la guerre contre l’Iran vous détruira. Poursuivre la guerre au Yémen n’est pas une solution. C’est une guerre sans horizon. Si vous la poursuivez, vous en paierez le prix. En une seule attaque, la moitié de la production saoudienne en pétrole a été endommagée. Une seconde attaque et tout partira. C’est la réalité. Votre maison est en verre, ainsi que votre économie, ainsi que les villes dans les Emirats. Ceux dont l’économie, les villes et les maisons sont en verre doivent faire preuve de raison  et arrêter une guerre qui n’apporte rien, tout en épargnant les gens et les innocents.

J’ai été long. Pour conclure je dirai à notre cher cheikh Hussein Kourani, paix à son âme, que nous respecterons son testament et nous poursuivrons le chemin sur la voie qu’il a tracée. Ses rêves, ses espoirs dont il parlait avec tant d’amour et avec ses mots émouvants, resteront vivants en nous. Reposez donc en paix avec les Prophètes, les Bons, les martyrs et ceux que vous aimez, les martyrs de la résistance.

 

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