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Discours à l’occasion de la Journée Internationale d’Al Qods

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Chers frères et sœurs,

Je voudrais d’abord vous remercier pour votre présence à cette occasion jihadiste, humaine, religieuse et morale  qui est liée à notre foi  à notre présent, à notre futur, à notre dignité, à notre liberté et à notre sort.

Conformément à ce que déclare Dieu Tout puissant, j’espère que nos propos  seront à la hauteur de cette étape délicate, difficile et décisive.

En ce jour, cela fera 40 ans que l’imam Khomeiny a lancé la Journée Internationale Al Qods, le dernier vendredi du mois du Ramadan. Les ennemis de Jérusalem ont misé sur la lassitude des gens et sur la force de l’oubli pour que cette Journée ne soit plus célébrée. Mais au contraire, d’une année à l’autre, nous remarquons que le souci des peuples et de la oumma pour Jérusalem augmente en dépit des tentatives de présenter cette journée comme une initiative strictement iranienne à coloration confessionnelle. Mais la sincérité de l’imam Khomeiny et sa vision ont été plus fortes que ces tentatives. De même, la sincérité et la fidélité de tous ceux qui avancent sur la voie de la reconquête de Jérusalem et de sa libération ont été plus fortes que le blocus. Au point que cette année en particulier, la Journée Al Qods se prolonge et promet de devenir une semaine, puisqu’il y a eu des célébrations hier et pendant la nuit dans plusieurs villes et Etats. Aujourd’hui, les célébrations s’étendent aux pays d’Asie de l’Ouest comme appelait l’imam Khomeiny le Moyen Orient, mais aussi à certains pays d’Afrique, à l’Indonésie, la Malaisie et à plusieurs pays européens, à certaines villes américaines, à l’Australie et à certains pays d’Amérique latine.

Ces célébrations regroupent des peuples aux orientations différentes, des courants différents et appartenant à plusieurs religions. Certains peuples célébreront même cette Journée samedi et d’autres dimanche dans certains pays européens selon les permis qu’ils obtiendront pour se rendre sur les places publiques et sur les routes.

Donc, la célébration de cette occasion augmente Dieu merci. Naturellement, il était prévu que cela se passe ainsi. Dans ce discours, je compte d’abord parler de l’occasion qui nous rassemble. Le sujet principal sera le «deal du siècle» et notre responsabilité à tous dans ce domaine. Je voudrais aussi parler de ce qui s’est dit ces dernières semaines sur une guerre américaine contre l’Iran, qui a d’ailleurs un peu reculé ces derniers jours, avant de dire deux mots sur le sommet arabe qui s’est tenu à la Mecque.

Je terminerai mon discours par un sujet libanais qui porte sur le tracé des frontières  et qui touche  à un sujet qui est en train d’être exploité actuellement et qui vise à faire pression sur les Libanais, ce sujet est lié à la résistance et «Israël». Je préfère en parler aujourd’hui, parce que ce sujet est en train de s’amplifier dans les coulisses et il pourrait si on n’y prend pas garde, occuper les médias et nous obliger à ce moment-là à le commenter. Je dirais donc l’essentiel aujourd’hui  et j’annoncerai notre position laissant ceux qui veulent commenter le faire comme ils le veulent.

Concernant la Journée Al Qods, nous avons vu aujourd’hui des manifestations nombreuses dans plusieurs Etats du monde, mais nous devons d’abord nous arrêter sur les gigantesques marches regroupant des millions de personnes qui se sont déroulées en Iran. L’an dernier, nous ne nous sommes pas arrêtés sur ce point car nous le considérions comme tout-à-fait naturel. Mais cette année, nous nous y arrêtons, car le monde entier doit voir cela. J’ai regardé plusieurs chaînes de télévision arabes, notamment celles qui sont proches de notre axe, mais aucune n’a réussi à permettre de mesurer l’ampleur du phénomène. J’ai donc vu sur les chaînes iraniennes des manifestations énormes dans plusieurs villes du pays. C’est un message. A qui ? A tous ceux qui misent sur l’affaiblissement de ce pays et sur la lassitude de la population et sa révolte contre ses dirigeants. Chaque jour, Trump déclare que les Iraniens se révoltent contre leur régime et descendent dans la rue pour exprimer leur colère et leur mécontentement... Cette fois, les Iraniens ne sont pas dans la rue pour la célébration de la Révolution islamique qui est un sujet qui les concerne directement. Ils sont descendus par millions dans la rue pour Jérusalem, en plein mois de jeûne, un sujet de politique étrangère. Ils étaient tous là, les responsables, les représentants des autorités religieuses et autres, même ceux qui ont plus de 80 ans, 85 ans et même 90 ans.

Il s’agit en tout cas d’un message destiné d’abord aux Américains et ensuite aux dirigeants de la région et enfin à tous ceux qui surveillent, misent et attendent...

Nous devons aussi nous arrêter, comme nous l’avons fait l’an dernier, à l’ampleur des manifestations au Yémen, à Sanaa et dans d’autres villes du pays. Cette participation populaire massive et le plafond élevé des discours des responsables, en faveur de Jérusalem, dans le cadre de la confrontation avec Israël et les Etats-Unis, s’inscrit dans la ligne de leur présence dans l’équation régionale et dans la confrontation qui se déroule en général dans cette partie du monde.

Nous constatons que cette occasion est de plus en plus célébrée dans le monde. Il y a une longue liste à ce sujet. Certes, en Palestine, c’est normal. Il y a eu des martyrs à Gaza, des manifestations à Jérusalem, mais aussi en Turquie, en Irak, en Syrie, en Inde, en Afghanistan, au Pakistan, au Nigéria, au Ghana, en Malaisie, en Indonésie, en Belgique, aux Etats-Unis même, en Russie, à Amman, à Tunis, en Algérie, en Tanzanie, au Sierra Leone, en Guinée, au Sénégal...C’est ce que nous avons pu voir aujourd’hui, mais demain, il pourrait y avoir d’autres pays à ajouter sur la liste. Je dois aussi parler des manifestations nocturnes qui ont eu lieu hier à Bahrein, dans certaines localités, hier et aujourd’hui, avec pour slogan : le chemin vers Jérusalem.

C’est d’autant plus symbolique qu’en principe, le premier acte concret dans le cadre du « deal du siècle » devrait avoir lieu à Bahrein. Le peuple et les ulémas ont voulu ainsi exprimer leur refus de cette démarche qui ne s’inscrit pas dans leur histoire, ni dans leur passé et qui consiste à obéir aux injonctions américaines.

Aujourd’hui, le véritable défi en cette journée internationale Al Qods est le « deal du siècle » de Trump et le titre général des manifestations qui se sont déroulées est le refus de ce plan qui constitue la véritable menace sur la Palestine et sur Jérusalem.

Notre devoir religieux est de nous opposer à ce plan. Il s’agit aussi d’un devoir humain, moral, national, politique, jihadiste et de principe. Pourquoi ? Tout simplement libanparce que ce plan signifie la liquidation des droits palestiniens, arabes et musulmans. C’est un deal de la honte, un crime historique dans tous les sens du terme. Nous n’avons pas besoin d’en savoir plus pour dire cela et pour le rejeter.

La question aujourd’hui est la suivante : pouvons-nous saboter et annuler ce deal ? La réponse est oui. Je vais d’ailleurs développer autant que possible ce point.

Aujourd’hui, l’administration américaine, et avec elle l’entité sioniste, et certains Etats arabes ( certains sont sérieux d’autres moins, j’en parlerai plus loin), travaillent jour et nuit pour exécuter ce deal. En face, il y a un grand axe, très fort et qui bénéficie d’un large appui populaire, dans la région, dans les pays arabes et islamiques et dans le monde, et qui s’oppose à l’application de ce plan. Il y a donc un conflit entre ces deux courants opposés. S’agit-il d’un combat perdu d’avance ? Non bien sûr que nous. Nous devons avoir une clarté dans la vision et de l’espoir. Quand je dis « nous », je ne parle pas seulement des Libanais, mais aussi des Palestiniens, des Syriens, des Irakiens, des Iraniens, des Yéménites, de tous les peuples arabes et musulmans et de tous ceux qui appuient la cause palestinienne, les droits du peuple palestinien. Nous devons avoir confiance en nous et l’espoir d’empêcher ce crime historique que l’on cherche à commettre sur notre terre et dans notre région. Le plan américain dans la région a toujours tourné autour d’Israël, du consolider de consolider son existence, de normaliser ses relations avec les pays de la région, de lui donner la force et la puissance. Mais en même temps,, cela signifie la liquidation de la cause palestinienne.

Tout propos  sur Jérusalem, sur les terres de 1948, sur la Cisjordanie, les réfugiés palestiniens de la diaspora, l’Etat palestinien indépendant quelle que soit sa superficie doit être effacé et ne pas paraître. Cela a toujours été l’objectif. Ils ont misé sur le temps – je ne vais pas revenir sur l’Histoire car j’ai déjà beaucoup de choses à dire ce soir-, mais je voudrais évoquer la dernière période, c’est-à-dire celle qui précède 2011. Je voudrais parler de la période entre 2000 et 2011, car si je voulais parler d’aujourd’hui j’aurais dit la période actuelle. Entre 2000 et 2011, il y a donc eu une tentative américaine de liquider la cause palestinienne, mais avec une volonté de donner quelque chose aux Palestiniens, même s’il s’agit de broutilles. Cela s’est passé après la victoire de la résistance au Liban en 2000 et le déclenchement de l’intifada d’Al Aqsa. Il y a eu ainsi  l’émergence d’un mouvement de résistance dans la région. Les Américains ont tenté de reprendre l’initiative. Ils ont profité des événements du 11 septembre 2001. Ils ont occupé l’Afghanistan et l’Irak et ont frappé aux portes de la Syrie. Ils ont menacé le Liban et l’Iran et ils ont mis au point un projet pour éliminer les mouvements et les Etats de la résistance, en commençant par la Palestine jusqu’en 2006 au Liban. S’ils avaient réussi, ils auraient continué vers la Syrie et pour isoler l’Iran. Nous nous souvenons tous, surtout les Libanais, de Mme Condoleeza Rice qui a parlé, à partir du Liban, de la naissance du Nouveau Moyen Orient qui visait à renforcer l’Etat d’Israël, comme une entité naturelle, réelle et forte dans la région, tout en donnant des miettes aux Palestiniens, après avoir éliminé tous les mouvements de résistance et les Etats qui les appuient dans la région.

Ce plan a échoué. Je me contente de cela pour parler de la période actuelle. Après 2011, face aux mouvements populaires réels, comme nous les concevons,  et face aux positions à l’égard de ces mouvements, face à l’absence de commandements unifiés et de projets clairs, l’administration américaine, aidée par certains régimes arabes, a réussi à absorber ces mouvements de protestation populaires dans le monde arabe et à les détourner de leur objectif principal, à les dévier et à les orienter dans de fausses directions, comme cela s’est passé en Syrie.

Cette période que nous avons vécue depuis 2011 et que nous continuons à vivre aujourd’hui  devait en principe aboutir, selon les Américains et tous ceux qui sont intervenus dans ce qu’on a appelé «  le printemps arabe », à un fruit pourri, le fameux deal du siècle de Trump dont on parle aujourd’hui. Ils ont misé sur quoi pour atteindre cet objectif ?  Sur les séismes qui ont frappé de nombreux Etats de la région, ainsi qu’une grande partie de nos sociétés.  L’idée était que dans un moment de lassitude et d’épuisement, ils pensaient pouvoir imposer  aux populations arabes et musulmanes et à tous les Etats de la région, ce fameux deal. Ce qui s’est passé depuis 2011 jusqu’à aujourd’hui, s’inscrit dans ce cadre. Nous ne nions pas le fait que nos sociétés, nos Etats et nos populations ont dû affronter beaucoup d’épreuves, d’hémorragies, de fatigue, sur le plan des Etats, des armées, des gouvernements, des populations, de la sécurité, de l’explosion des haines qui divisent et déchirent sur des bases communautaires et confessionnelles, sur des bases religieuses et ethniques, régionales, nationales ... tout cela est vrai. Ils ont donc supposé qu’avec l’arrivée de Trump, sa personnalité et sa façon agressive de faire peur et de menacer à travers les médias, cette région fatiguée, déchirée, affaiblie économiquement allait plier l’échine, surtout que chacun était occupé avec ses propres problèmes. Dans ce contexte, ils ont pensé que nul ne s’intéresserait au sort de la Palestine et de Jérusalem.

Pour eux, ce moment était donc le bon. C’était donc cela l’environnement stratégique, si l’on peut dire, pour Trump et Netanyahu et certains de ceux qui les suivent dans les régimes arabes. C’était le bon moment pour imposer ce deal et ce compromis et en finir avec la cause palestinienne, pour pouvoir se consacrer totalement à lutter contre la République islamique en Iran.

C’est là qu’est arrivé «le deal du siècle», que nous devons affronter, chacun dans son domaine. Ce diagnostic américano-israélien est faux et montre que ces deux parties ne savent pas lire correctement l’Histoire. Les Américains et les Israéliens ne la comprennent pas et ils ne connaissent pas les peuples de la région, leur appartenance culturelle et religieuse et leur civilisation. Ils ne comprennent pas leurs valeurs et leurs principes, certains parce qu’ils sont effectivement étrangers à cette région, d’autres parce qu’ils lui ont été imposés, tout en restant étrangers. Ils se trompent parce qu’ils ne comprennent pas les réalités. Si je fais un survol rapide de l’évolution de la situation dans la région depuis 1982 à aujourd’hui ( je ne remonte pas plus loin, dans les années 60 ou 70, parce que je veux parler d’une période contemporaine que la plupart d’entre nous ont connue), je peux affirmer en toute sincérité que l’axe de la résistance est aujourd’hui plus fort qu’il ne l’a jamais été, contrairement à ce que certains essaient de dire sur une faiblesse là ou là. Je vais donner des preuves concrètes. Je commence par Gaza et la Palestine. Dans les années 70, la résistance palestinienne était au Sud Liban. Elle avait la possibilité de lancer quelques attaques en Palestine occupée. Elle possédait des missiles katiochas d’une portée de 19 à 20 kms. Autrement dit, Tel Aviv ne pouvait pas être atteinte par les missiles de la résistance palestinienne, ainsi qu’Ashkelon et Bir el Sabeh. Aujourd’hui, nous entendons les chefs des différentes factions palestiniennes à Gaza qui disent clairement que lors de la prochaine confrontation, ils comptent frapper Tel Aviv avec un grand nombre de missiles. Aujourd’hui Gaza est en mesure de frapper Tel Aviv et même d’atteindre des zones au-delà de cette ville. Je me contenterai de cela pour l’instant. Depuis quand la résistance palestinienne avait-elle de telles capacités ? Ce sont des données réelles, pas des slogans. La capacité en missiles de la résistance palestinienne se développe donc. Il y a aussi de nouvelles forces qui sont devenues partie intégrante de l’équation, comme les frappes téléguidées, comme nous en avons vu lors de la dernière confrontation. Preuve en est ce qui s’est passé en Arabie à Younboh. Il y a donc de grandes capacités militaires, des dizaines de milliers de combattants à Gaza, capables, dans un moment de grande guerre, de contrôler de larges superficies de la Palestine, aux alentours de Gaza.

Quand la résistance palestinienne avait-elle dans le passé de telles capacités ? Hier encore, nous avons entendu  certains chefs de factions palestiniennes jihadistes dire : nous nous approchons de l’équation suivante : si vous frappez Gaza nous frapperons Tel Aviv. C’est un développement  très important dans les rapports des forces en présence.

J’en arrive au Liban. Il n’est nul besoin que je rappelle le niveau atteint par la résistance au Liban face à Israël. Sa force n’est pas à comparer avec celle qu’elle avait en 1982 et même auparavant. Au point que les Israéliens parlent eux-mêmes de force de dissuasion. Ils parlent désormais de positions défensives dans le Nord de la Palestine occupée et ne cachent pas leur crainte face aux missiles de la résistance...

Parlons maintenant de la Syrie. Ce pays a surmonté les plans fomentés contre lui. Ceux qui ont été préparés et envoyés pour détruire la Syrie et l’armée syrienne avant d’entrer au Liban pour le détruite et d’aller ensuite en Irak pour détruire ce pays avant de combattre l’Iran, en coopération étroite avec les Israéliens  ont été défaits. Chaque jour apporte de nouvelles révélations  sur la coopération étroite entre les Israéliens et les groupes armés au Sud de la Syrie, qu’il s’agisse de Daech et de Nosra, alors que l’opposition politique syrienne a promis de faire la paix avec Israël... tout cela est parti en fumée. Nous ne voyons plus leurs visages sur les chaînes de télévision parce qu’ils n’ont plus rien à dire. La Syrie a surmonté l’épreuve et mis en échec le plan. Elle est toujours dans l’axe de la résistance et elle retrouve peu à peu ses forces, grâce à son courage et à sa solidité.

Nous arrivons à l’Irak. Même après 2011 et le retrait américain d’Irak, toutes les tentatives américaines de reprendre le contrôle de ce pays politiquement et sur le plan sécuritaire ont échoué. Daech a été utilisé comme un prétexte pour assurer le retour des forces américaines en Irak, mais ce plan aussi a échoué. L’Irak est aujourd’hui dans une position différente dans l’équation régionale. Cela a été clair lors du dernier sommet arabe. Il est aussi dans une autre position sur le plan populaire et jihadiste, notamment au sujet de toutes les causes régionales et au sujet de la cause palestinienne.

Le Yémen. Dans ce pays qui entre dans la cinquième année de guerre, des combattants ont été envoyés de tous les coins du monde, en particulier de l’Arabie avec un appui total américain et britannique, les dépôts d’armes américains, britanniques et français ont été ouverts pour les mercenaires et malgré cela, la volonté du peuple yéménite a été la plus forte. Ce peuple n’a pas plié ni cédé. En face que voyons-nous ? Pourquoi ce sommet arabe extraordinaire en Arabie, à la Mecque, à la dernière semaine du mois de Ramadan, alors que les gens suivent le jeûne ?  Pourquoi le roi Selmane a convoqué un sommet extraordinaire des pays du Golfe et un sommet de l’Organisation islamique (OCI) ? Pour appeler à l’aide, les Etats-du Golfe, les Arabes et les musulmans, face à qui ? Aux missiles téléguidés de l’armée yéménite et des ligues populaires qui ont été plus forts  que toute la technologie militaire américaine, israélienne britannique et autre... Toute cette technologie qu’ils ont achetée avec  des centaines de milliards de dollars ne leur a servi à rien et n’a pas réussi à les protéger contre les attaques avec des moyens modestes de l’armée yéménite, des Ligues populaires, des combattants d’Ansarallah et des jeunes yéménites, courageux, déterminés, héroïques La force du peuple yéménite se développe. Entre parenthèses, je voudrais dire à ceux qui ont condamné  l’envoi de drones sur des objectifs pétroliers en Arabie, de prendre la peine de réfléchir en toute conscience et en toute humanité à ce peuple qui est assassiné chaque jour depuis plus de quatre ans. Vous qui condamnez aujourd’hui l’envoi des drones yéménites en Arabie, vous vous êtes tus pendant plus de quatre ans  sur tous les massacres perpétrés contre ce peuple, sur la multiplication des tombes et vous vous faites la course pour vous aplatir devant  les dirigeants saoudiens. Regardez-vous dans le miroir et voyez l’absence d’humanité sur vos visages. De toute façon, toutes ces condamnations et ces sommets ne protègeront pas les envahisseurs, les tyrans et les armées qui mènent les agressions de la colère du peuple yéménite. Celui-ci restera fort et courageux, prêt au sacrifice car il croit en sa cause, tout comme il croit dans la cause palestinienne. Ce peuple est devenu aujourd’hui une partie intégrante et essentielle de l’axe de la résistance. Il refuse « le deal du siècle » et exprime son refus à travers des manifestations populaires. Il se tient aux côtés du peuple palestinien et de Jérusalem.

Les peuples qui manifestent ces jours-ci à l’occasion de la Journée Al Qods pour exprimer leur refus du « deal du siècle » constituent aussi un élément de force dans l’axe de la résistance. Dans cet axe, il y a aussi l’Iran, une grande force régionale, la République islamique d’Iran, qui a une véritable force propre à elle, qui lui a permis de combattre dès le début de son arrivée au pouvoir pendant 8 ans, alors que le monde entier l’encerclait. Certains disent aujourd’hui que la grande force régionale c’est l’Arabie. D’accord. Mais que dit Trump de cette force ? Il a clairement dit en s’adressant aux Saoudiens : Si vos avions montent sans nous dans le ciel, ils tomberont aussitôt. Si nous ne vous protégeons pas,  vos régimes tomberont en deux semaines et en une semaine vous apprendrez le perse. (Je dois dire que je ne comprends pas comment ils pourraient apprendre cette langue en une semaine, alors qu’ils ne savent pas parler même l’arabe. Cette « puissance régionale » ne possède donc pas une force qui lui est propre. Elle s’appuie pour se maintenir sur les Etats-Unis, l’Occident, la CIA, les services de renseignements occidentaux, sur les flottes occidentales et sur les bases militaires américaines. C’est cela la réalité.

Ce n’est pas le cas de l’Iran, qui est une véritable puissance régionale prometteuse et qui se développe ; Elle est d’ailleurs à la tête de l’axe de la résistance. Ce sont donc là nos éléments de force. Ils sont importants et constituent une première dans le monde. Ni la résistance au Liban, ni la résistance en Palestine, ni l’Iran n’ont été aussi forts qu’aujourd’hui , ni le Yémen, ni l’Irak et la Syrie, elle, est en train de reprendre ses forces.

Dans le camp adverse, quels sont les principaux éléments de force de ceux qui veulent imposer « le deal du siècle » ?

D’abord, il y a Israël. Je ne dis pas qu’Israël est faible. Ce serait irréaliste de le prétendre. C’est un grand Etat. C’est surtout une armée autour de laquelle on a fabriqué un Etat. Mais en 2019 Israël est moins fort qu’auparavant. Plus faible, moins fort , ce sont des expressions précises. Même les militaires israéliens disent que cette immense force militaire n’a plus réussi à remporter une seule bataille depuis des années. Son prestige et son autorité se sont affaiblis. Qui a peur des Israéliens aujourd’hui ? Le Liban ? Le peuple palestinien ? Les peuples de la région ? Cela a été brisé en 2000. La force terrestre de l’armée israélienne a régressé de l’aveu des Israéliens eux-mêmes et elle est désormais en position défensive.

Le front interne israélien est désormais plus que jamais à découvert face aux missiles de la résistance. Aujourd’hui, l’entité sioniste craint les missiles en provenance de Gaza, du Liban et de Syrie. Cette entité prétend même qu’il existe des missiles similaires en Irak. Elle craint aussi les missiles iraniens et peut-être ceux du Yémen. Quand dans le passé, le front interne israélien a-t-il été aussi fragile et ouvert aux missiles den la résistance ? Même au plus fort de la puissance arabe, ce n’était pas le cas. Mais aujourd’hui, les confrontations peuvent se dérouler dans la profondeur du front interne.

De même, la corruption en Israël n’avait jamais auparavant atteint ce niveau. Le pouvoir, les juges, les généraux. Les divisions internes sont profondes sur le plan social et sur le plan politique. Les dernières élections et l’échec de Netanyahu à former un gouvernement, l’organisation de nouvelles élections, l’absence de leadership, le besoin grandissant de l’appui américain, tout cela constitue des facteurs dont il faut tenir compte.

Aujourd’hui, les généraux israéliens disent qu’ils veulent que les Américains participent à leurs côtés à toute prochaine guerre. Cela n’avait jamais été le cas auparavant. D’ailleurs, une des raisons de la présence des navires de guerre américains dans la région c’est la protection d’Israël face à l’axe de la résistance. Depuis quand les Israéliens ont besoin de l’armada américaine pour se protéger des résistants ?

Je vais parler maintenant de l’élément le plus fort du camp adverse, le leader de ce camp, les Etats-Unis. Trump mène une guerre psychologique et exerce de grandes pressions sur monde entier. Mais les Etats-Unis ne sont plus ce qu’ils étaient dans le passé, il y a 20 ou 30 ans ou même 50 ans. Les Etats-Unis ont envoyé leurs armées dans la région et elles en sont reparties vaincues, au Liban, en Irak, en Somalie. Les Etats-Unis continuent de frapper en Afghanistan, au Yémen et ailleurs. Ils sont venus avec des projets pour la région. Ces projets ont-ils réussi ? Certes, nous étions en position de défense, concentrés sur la nécessité d’affronter et de mettre en échec ces projets. Regardez aussi la situation interne des Etats-Unis, sur le plan social et économique. L’imam Khaménéi a déclaré il y a quelques jours qu’il y avait un rapport qui dit que 40 ou 41 millions d’Américains souffrent de malnutrition. C’est cela les Etats-Unis qui veulent prendre le leadership du monde et affaiblir tout le monde ?  Les Etats-Unis peuvent-ils supporter une telle situation ? Si le prix du baril de pétrole grimpe à 150 ou 200 dollars que deviendra Trump ? Savez-vous où il se retrouvera ? Devant les tribunaux ou en prison ! Où est aussi la place des Etats-Unis dans le monde ? Où est le respect envers eux ?  Même leurs alliés européens les critiquent. Il y a des confrontations partout dans le monde, avec la Chine, la Russie, l’Europe, l’Amérique latine, le Vénézuela, l’Iran, la Corée du nord. Avec «  le deal du siècle », Trump défie une région entière. Mais le plus important reste encore la crainte des Etats-Unis de se lancer dans de nouvelles guerres.  Trump dit clairement ( revenez à ses déclarations) qu’une nouvelle guerre signifie  des pertes financières et humaines. Bien sûr, pour Trump, le plus important, ce sont les pertes financières, les pertes humaines viennent en second. C’est pourquoi sa stratégie depuis qu’il a pris le pouvoir, c’est d’imposer des sanctions économiques. Il mène des guerres économiques. Mais il n’est pas prêt à envoyer ses soldats pour qu’ils se battent. D’ailleurs, il ne cesse de critiquer ses prédécesseurs qui l’ont fait, en disant qu’ils ont mené des guerres à la place des Etats de la région. Ils ont ainsi dépensé 7 trillions de dollars. Voilà Trump et son idéologie, ses calculs et sa culture. Est-ce un homme de guerre ? un leader guerrier ? Non, il mise sur l’économie.

Je vais parler maintenant de ses instruments dans la région. Ils ont peur, sont anxieux et affaiblis. Les takfiristes sur lesquels ils avaient misé sont affaiblis et le régime saoudien et son armée de mercenaires a échoué  face au peuple yéménite. Les régimes sur lesquels misent les Etats-Unis ne sont pas capables de se protéger. Au contraire, ils réclament la protection américaine. Certains régimes arabes sont aussi dans l’angoisse. La Jordanie craint le « deal du siècle » car il craint que ce deal ne transforme la Jordanie en patrie de rechange pour les Palestiniens. Ce qui signifierait la fin du règne hachémite. Régulièrement, des problèmes politiques et économiques apparaissent. Même l’Egypte, en dépit de sa position officielle, craint « le deal du siècle ». Elle ignore quelle sera sa place et son rôle dans ce deal, car selon ce qui apparaît, le plan en gestation repose sur un trépied : Les Etats-Unis, les Israéliens et le régime saoudien. Les autres devront suivre et n’auront pas de rôle prépondérant.

Jetons un regard autour de nous. La plupart des Etats du monde arabe et islamique sont occupés par leurs problèmes internes. C’est une réalité à double tranchant. Je préfère regarder l’aspect positif. Quel est-il ? Si ces Etats n’étaient pas occupés par leurs affaires internes, ils seraient avec les Américains et les Israéliens, non avec les Palestiniens. C’est donc un point positif dans le paysage global. Sur la base de toutes ces données, l’axe de la résistance et le front de la résistance ainsi que tous ceux qui refusent « le deal du siècle » sont forts et en mesure de l’affronter.

Aujourd’hui, ils se concentrent sur le plus important élément de force dans cet axe, l’Iran. L’Iran est sans conteste l’élément le plus fort de cet axe. L’Iran a aidé l’Irak lorsqu’il a été attaqué par Daech et elle s’est retrouvée aux portes de Karbala et de Bagdad. Elle a aidé la Syrie et l’armée syrienne dans les moments les plus difficiles. Elle s’est tenue aux côtés de la résistance au Liban et en Palestine et sa position était très ferme. Aujourd’hui, tous les efforts se concentrent sur l’Iran. Ce sont eux qui le disent. Trump et Pompéo disent que lorsqu’ils exercent des pressions sur l’Iran et lui imposent des sanctions, c’est tout l’axe qui va s’affaiblir et s’effondrer. Ils attendent chaque fin de mois pour voir si le Hezbollah paie les salaires de ses partisans. Est-ce vrai ou non ? Tous leurs regards sont tournés vers l’Iran. Hier, nos frères à Gaza ont dit que le monde arabe les a abandonnés. Seule l’Iran s’est tenue à leurs côtés, en leur donnant des armes et de l’argent. Donc, ils se sont dirigés vers l’Iran pour la punir et l’affaiblir. Ces Etats ont commencé à comploter contre l’Iran dès le premier jour de la victoire de la Révolution islamique. Cela fait 40 ans qu’ils cherchent à déformer son image, qu’ils lui lancent des accusations injustes et qu’ils cherchent à l’isoler. Ils veulent inciter les autres peuples et Etats contre l’Iran. On se souvient du slogan de la guerre menée par Saddam Hussein contre l’Iran qui était axé sur les Perses contre les Arabes. A cette époque, Saddam ne pouvait pas parler de sunnites contre chiites comme l’ont fait plus tard Al Saoud, car une grande partie de la population irakienne est chiite. Ila donc parlé de Perses. Le conflit s’est ensuite transformé en discorde entre les sunnites et les chiites. Ils ont parlé de chiisation safaouite, de chiisation alaouite puis arabe et je ne sais pas trop quoi encore. Ils ont ajouté les sanctions économiques et la menace permanente de la guerre. C’est d’ailleurs revenu maintenant. Tout le monde se demande s’il y aura ou non la guerre. On parle ici d’une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, de régions différentes. Certains poussent vers cette guerre, ils sont à l’intérieur de l’administration américaine, mais Trump ne veut pas la faire. Je parle ici avant son dernier discours. Bolton est clair, il pousse clairement vers la guerre. Ce menteur qui ressemble à un personnage de Bandes dessinées a déclaré que l’objectif des Etats-Unis n’est pas de renverser le régime en Iran. Mais, il y a quelques mois, dans un congrès de menteurs, il a dit qu’inchallah il célébrera Noël 2019 à Téhéran. Ce n’était pas il y a 20 ans mais il y a quelques mois. Il a donc changé de discours, parce qu’il a plié et s’est rétracté. Bolton, ben Selmane, Netanyahu et d’autres du Golfe poussaient vers la guerre. Il n’y a qu’à regarder les médias du Golfe. On aurait dit que Trump travaille pour le compte de la chaîne Al Arabiya. Ces médias annonçaient la guerre de façon imminente. Ils disaient que Trump allait envoyer sur place son armada. Comme si Trump regardait cette chaîne et allait immédiatement s’exécuter après avoir écouté ses informations et ses analyses. Mais l’imam Khaménéi qui dirige cette oumma depuis 30 ans et qui en connaît toutes les subtilités et tous les détails a déclaré/ Il n’y a pas de guerre et il n’y a pas de négociations. Il n’y a pas de négociations qui concernent les Iraniens et il n’y a pas de guerre pour tous. Pourquoi il n’y aura pas de guerre ? Là c’est notre analyse, ce n’est pas l’imam qui l’a dit. Selon notre analyse, la force de l’Iran est un élément dissuasif. CE n’est donc pas par grandeur d’âme qu’il n’y aura pas de guerre. Si l’Iran était faible, la guerre aurait éclaté il y a longtemps. Le niveau de haine, de rancœur et d’instinct complotiste chez les Etats du Golfe, les Etats-Unis et les sionistes les aurait poussés à mener une guerre contre l’Iran depuis longtemps.  Mais parce que l’Iran est forte grâce à ses capacités militaires, à son peuple, à ses ulémas et à son commandement, surtout à son chef, la guerre a été évitée. Trump ne veut pas mener une guerre contre une partie qui peut tenir. Ils préfèrent ceux qui s’effondrent en deux semaines. Avec l’Iran, il s’agit d’une force réelle. C’est la première raison.

La seconde raison – que tout le monde m’écoute attentivement- c’est que Trump et ses services de renseignements savent parfaitement qu’une guerre contre l’Iran ne restera pas dans le cadre des frontières iraniennes.

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