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Arabie: Moujtaba, l’étudiant prometteur accepté à l’université Western Michigan, a été décapité

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Par AlAhed

Un jeune homme saoudien qui avait été arrêté alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour se rendre en Amérique afin de commencer ses études à l'université Western Michigan a été décapité mardi par le gouvernement.

Moujtaba al-Sweikat avait 17 ans lorsqu'il a été arrêté à l'aéroport international du roi Fahd en 2012. Un peu plus tôt la même année, Al-Sweikat aurait participé à une marche revendiquant la démocratie, ce qui a conduit à son arrestation. Il avait l'intention de se rendre dans l'ouest du Michigan, où il avait été accepté comme étudiant, a confirmé l'université au site Free Press.

Plus de 35 personnes, dont al-Sweikat, ont été mentionnées dans un communiqué de presse publié par l'agence de presse saoudienne pour annoncer leur mort.

Al-Sweikat a été inculpé de désobéissance et d’activité armée contre le roi, d'attaques et de tirs contre les forces de sécurité, les civils et les passants. Il a également été accusé de destruction de biens publics, de chaos et de perturbation de l'ordre public en lançant et livrant des cocktails Molotov, il est également accusé d’être membre d’une cellule terroriste.

Au cours de sa garde à vue, al-Sweikat a été sévèrement battu partout, y compris la plante des pieds. Il a été reconnu coupable sur la base d'aveux extorqués sous la torture, selon Reprieve, un groupe international de défense des droits humains doté de bureaux à New York, et Londres et opérant avec des partenaires du monde entier.

Après son arrestation, il n'a pas été autorisé à contacter qui que ce soit pendant trois jours, et sa famille n'a pas été autorisée à lui rendre visite pendant cette période au cours de laquelle il a été maintenu en isolement, selon Reprieve.

Debbie Dingell, D-Dearborn, membre du Congrès a exprimé sa préoccupation face à ce meurtre.

«Le meurtre violent de Moutjaba al-Sweikat est inquiétant», a-t-elle déclaré dans un communiqué. «Mutjaba avait un avenir radieux devant lui et Michigan était prête à l'accueillir en tant qu'étudiant. Au lieu de cela, il a été confronté à une torture inhumaine et à une douleur qui ont finalement abouti à son exécution».

«Tout être humain, quel que soit l'endroit où il se trouve dans le monde, devrait avoir le droit de parler ouvertement et sans crainte de persécution ni de mort. Je suis solidaire avec la famille et les amis de Moutjaba. Je ne cesserai jamais de parler pour tous ceux qui appellent à la liberté d'expression et le respect et l’égalité dans le monde entier.»

En août 2015, Moujtaba a été traduit devant le tribunal pénal spécialisé de Riyad. Il n'a pas été prévenu de la date de l'audience et n'a pas eu accès à un avocat. Il a été condamné uniquement sur la base d'«aveux» extorqués sous la torture, a déclaré Reprieve dans un communiqué.

En juin 2016, le tribunal de Riyad a condamné Moujtaba et 13 autres coaccusés à la peine capitale. En dépit des tortures et du mauvais traitement lors du procès et des communications fréquentes des Nations Unies, le royaume ne lui a pas fourni de moyen efficace pour porter plainte ou se défendre, il n'a pas eu le droit à une enquête conforme au Protocole d'Istanbul et sa condamnation à mort a été exécutée malgré l'interdiction d'exécution des mineurs, a déclaré Reprieve.

Le royaume a exécuté plus de 100 personnes au cours des quatre premiers mois de 2019 et devrait en tuer plus de 300 cette année, a indiqué Reprieve sur son compte Twitter mardi.

«Il s'agit d'une nouvelle démonstration flagrante de brutalité du prince héritier Mohammed Bin Salman», a déclaré la directrice de Reprieve Maya Foa dans un communiqué. «Au moins trois des personnes exécutées aujourd'hui ont été arrêtées à l'adolescence et torturées jusqu'à obtenir de faux aveux. Certaines d’entre elles ont été reconnues coupables de crimes non mortels, telles que la participation à des manifestations».

«Le fait que le régime saoudien pense avoir l'impunité de procéder à de telles exécutions manifestement illégales, sans préavis, devrait choquer ses partenaires internationaux. Les États-Unis et le Royaume-Uni, en particulier, doivent veiller à ce qu'il y ait des conséquences et qu'aucun autre ne soit illégalement exécutés pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression».

Lorsque la nouvelle de l'emprisonnement d'al-Sweikat a été rendue publique en 2017, les professeurs de l’université de Michigan ont envoyé une lettre ouverte réclamant sa libération.

«En tant qu'académiciens et enseignants, nous sommes fiers de défendre les droits de tous les peuples, où qu'ils se trouvent dans le monde, de parler librement et de débattre ouvertement sans entrave ni crainte. Nous déclarons publiquement notre soutien à Moujtaba et aux 13 autres exécutions, personne ne devrait faire face à la décapitation pour avoir exprimé ses convictions lors de manifestations publiques».

«Moujtaba s'est montré très prometteur en tant qu’étudiant de la langue anglaise et des études en préfinancement. Il a été arrêté aux portes de l'aéroport alors qu'il s'apprêtait à monter dans l’avion pour visiter notre campus. Bien que nous étions prêts à l’accueillir, il a été enfermé, battu, torturé et obligé d'avouer des actes pour lesquels il a été condamné à mort».

 

 

 

 

       

       

       

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