Le Parlement européen demande la reconnaissance de l’opposition libyenne
Le Parlement européen a demandé mercredi à l'Union européenne de reconnaître le Conseil national de transition (CNT) constitué par l'opposition au colonel Mouammar Kadhafi et de soutenir l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne.
Les chefs des grands groupes politiques du Parlement européen se sont prononcés en ce sens, mais avec des nuances, au cours d'un débat sur la situation humanitaire en Libye en présence de la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton, deux jours avant un sommet des dirigeants de l'UE à Bruxelles.
"Nous devons commencer le processus de reconnaissance du Conseil national de transition comme représentant du peuple libyen", a réclamé le chef de file des Libéraux et démocrates Guy Verhofstadt, qui a fait venir à Strasbourg deux représentants de l'opposition libyenne.
"Nous devons neutraliser le plus rapidement le pouvoir de Kadhafi de tuer les gens", a ajouté l'ancien Premier ministre belge.
"Mme Ashton, nous vous demandons de reconnaître le gouvernement intérieur, car c'est la seule force qui peut amener la démocratie en Libye", a insisté le co-président des Verts Daniel Cohn-Bendit.
"Kadhafi ne doit pas gagner, sinon c'est la fin de toute démocratie dans la région. Ce serait une prime aux dictateurs", a-t-il expliqué. "Et si Kadhafi doit perdre, les autres doivent gagner", a-t-il affirmé, plaidant lui aussi pour une zone d'exclusion aérienne et la fourniture d'armes à l'insurrection.
Les représentants des deux grandes formations, le Parti Populaire européen (PPE, conservateurs) et les Socialistes, ont insisté sur la prudence et la nécessité de faire coiffer toute action par les Nations unies.
"Nous ne pouvons pas rester insensibles devant les massacres (...) et nous devons agir de façon claire et nette", a insisté le représentants du PPE, José Ignacio Salafranca, en soulignant la nécessité d'une décision du Conseil de sécurité des Nations unies.
"Nous devons avoir les idées claires", a pour sa part mis en garde le chef de file des Socialistes, l'Allemand Martin Schulz.
"Nous avons le choix entre nos émotions, qui nous poussent à n'exclure aucune option, même les militaires, et le risque de prendre une mauvaise décision", a-t-il expliqué.
"Une zone d'exclusion aérienne impose de détruire l'aviation de Kadhafi. Cela nécessite une décision du Conseil de sécurité, et elle doit impliquer la Ligue arabe et l'Union africaine", a-t-il soutenu.
"C'est la seule solution si nous devons attaquer la Libye, mais n'avançons pas trop vite", a-t-il conclu.
Le Conseil national de transition est dirigé par l'ancien ministre libyen de la Justice, Mustafa Abdel Jalil.
La création d'un "Conseil national indépendant" de transition, représentant les villes tombées aux mains de l'insurrection, avait été annoncée par un porte-parole le 27 février.
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