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Algérie: nouvelle déferlante de manifestants dans le centre d’Alger, heurts avec la police

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Par AlAhed avec AFP

Des centaines de jeunes ont affronté la police vendredi à Alger, renvoyant les grenades lacrymogènes tirées par les policiers, mais ont fini par être dispersés à l'issue d'un 8e vendredi de manifestations hebdomadaires qui a fortement mobilisé, selon des journalistes.

Ces violences sont survenues en marge d'un gigantesque défilé dont les participants ont réclamé le départ du président par intérim Abdelkader Bensalah, après avoir obtenu la démission d'Abdelaziz Bouteflika le 2 avril, après 20 ans au pouvoir.

A la fin de la journée, les policiers ont réussi à repousser quelques centaines d'irréductibles qui les affrontaient aux abords jusqu'au carrefour de la Grande Poste, bâtiment situé au cœur d'Alger, alors que l'essentiel du cortège s'est dispersé dans le calme.

Le nombre exact de manifestants est difficile à établir, ni les autorités ni les protestataires ne communiquant de chiffres, mais en début d'après-midi une foule dense emplit les rues du centre de la capitale, au moins aussi importante que celle des vendredis précédents, dont les mobilisations étaient déjà jugées exceptionnelles.

Sur les réseaux sociaux, où est née la contestation qui a abouti à la démission le 2 avril d'Abdelaziz Bouteflika, les appels à manifester ont repris ces derniers jours pour la 8e semaine consécutive, notamment sous le mot-dièse «Ils partiront tous».

D'importantes manifestations sont aussi en cours dans d'autres villes d'Algérie, notamment à Béjaïa et Tizi Ouzou, principales villes de la région de Kabylie (nord), selon respectivement un professeur d'université et un journaliste sur place.

Des manifestants défilent également sous leurs parapluies à Constantine et Annaba, 3e et 4e ville du pays, selon des journalistes sur place où la pluie semble avoir affaibli la mobilisation.

Les appels à se mobiliser massivement se sont multipliés dès l'annonce mardi de l'entrée en fonctions du président par intérim Abdelkader Bensalah, 77 ans, président de la Chambre haute du Parlement depuis 17 ans et figure de l'appareil mis en place par Bouteflika.

Les slogans visent particulièrement cet apparatchik, chargé selon la Constitution d'organiser des élections annoncées pour le 4 juillet, ainsi que le général Ahmed Gaïd Salah, qui lui a assuré son soutien.

«Bensalah, va dormir chez toi» (et non à la présidence, ndlr), peut-on lire sur de nombreuses affiches.

Mais plusieurs centaines de manifestants les ont devancés en s'installant dès l'aube sur les escaliers de ce bâtiment néo mauresque emblématique du cœur de la capitale, venus pour certains d'autres villes après de longues heures de route, ralentis par de nombreux barrages filtrants de la gendarmerie.

Une tentative de la police, sans force excessive, de les évacuer en fin de matinée a échoué, les policiers en sous nombre se retrouvant encerclés par les manifestants qui criaient «Silmiya, Silmiya» («pacifique, pacifique», en arabe) et les appelaient à les rejoindre.

Les manifestants ont ouvert un passage pour leur permettre de rebrousser chemin, sans incident.

Rejetée par la contestation, la présidentielle devant élire un successeur à M. Bouteflika, a été fixée au 4 juillet par le chef de l'Etat par intérim, Abdelkader Bensalah figure de l'appareil mis en place par le président déchu.

Désigné par la Constitution pour assurer l'intérim, M. Bensalah est devenu la cible des slogans qui visaient initialement Bouteflika, président malade dont il était ces dernières années la «doublure» officielle, en Algérie et à l'étranger.

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