L’Egypte témoigne des manifestations les plus grandes depuis le début de la révolte
La contestation contre le président égyptien Hosni Moubarak s'est intensifiée mardi avec le défilé de centaines de milliers de personnes au Caire et en province, les manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement le 25 janvier.
Au Caire, la place Tahrir, épicentre de la révolte, était noire de monde. La mobilisation ne montrait aucun signe d'essoufflement malgré les nuits fraîches, la fatigue et les conditions de vie spartiates sur ce rond-point devenu un village de tentes retranché.
La foule a réservé un accueil triomphal au cybermilitant et cadre de Google Wael Ghoneim, libéré lundi après 12 jours "les yeux bandés" aux mains des services de sécurité d'Etat.
"J'aime à appeler ça la révolution Facebook mais après avoir vu les gens ici, je dirais que c'est la révolution du peuple égyptien. C'est formidable", a lancé le jeune homme, entouré par des milliers de manifestants.
"Le peuple veut faire tomber le régime", pouvait-on lire sur des banderoles. "Nous sommes le peuple, nous sommes le pouvoir", scandaient certains.
D'après des photographes de l'AFP place Tahrir, le nombre de manifestants a dépassé celui des rassemblements précédents. Selon des témoins à Alexandrie, il en était de même dans la grande ville du nord de l'Egypte.
Dans une tentative d'apaisement, le vice président Omar Souleimane a annoncé la création d'une commission pour amender la Constitution, et une autre pour enquêter sur les incidents du mercredi dernier où des pro-Moubarak ont attaqué les manifestants au centre du Caire.
Dans tous les cas, les mesures politiques -y compris l'annonce le 1er février du président qu'il ne briguerait pas un sixième mandat en septembre- n'ont pas apaisé la colère des protestataires qui exigent toujours un départ immédiat de M. Moubarak.
Des scénarios sur son départ sont envisagés par la presse étrangère. Le site de l'hebdomadaire allemand Der Spiegel écrit ainsi qu'il pourrait venir effectuer "un bilan médical prolongé" en Allemagne.
Le gouvernement allemand a toutefois assuré qu'il n'y avait eu "ni demande officielle, ni demande officieuse" en ce sens.
Mardi, les Etats-Unis ont jugé "crucial" que l'Egypte progresse vers une transition démocratique "en bon ordre", tandis que la France a appelé à "l'émergence des forces démocratiques" pour une transition qui doit se dérouler "sans violence et aussi rapidement que possible".
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