Moubarak reste jusqu’à la fin de son mandat, les manifestants persistent
Le président égyptien, Hosni Moubarak, confronté à une vague de contestation sans précédent, a annoncé à la télévision, qu'il restait au pouvoir mais qu'il ne se représenterait pas à la prochaine élection présidentielle, en septembre. Il a également affirmé qu'il consacrerait les derniers mois de son mandat à la transition.
"Je le dis en toute sincérité, et sans tenir compte de la situation actuelle, je ne comptais pas me présenter à un nouveau mandat présidentiel", a déclaré Moubarak dans son discours. "J'ai passé assez de temps à servir l'Egypte et son peuple, a-t-il ajouté. Je n'ai jamais demandé le pouvoir."
Moubarak a, par ailleurs, appelé le Parlement à "débattre d'un amendement aux articles 76 et 77 de la Constitution pour changer les conditions de la candidature à la présidentielle et limiter les mandats". L'article 76, controversé, a été amendé en 2007: il établit des conditions strictes pour se présenter à la présidentielle, notamment pour les indépendants, qui doivent réunir les parrainages de deux cent cinquante élus émanant de trois institutions différentes, toutes dominées par le parti au pouvoir. L'article 77 établit la durée du mandat à six ans, pour un nombre illimité de mandats.
Enfin Moubarak a appelé au calme après une journée de très forte mobilisation, au cours de laquelle des millions de personnes ont manifesté contre le régime en place dans toute l'Egypte.
L'annonce de Moubarak n'a pas satisfait les manifestants. Peu de temps après son discours, les manifestants réunis au centre de Caire, à Alexandrie et à Port-Saïd scandaient "le peuple réclame la chute du régime", et "Moubarak dégage".
"Le président est très têtu, mais nous sommes plus têtus que lui. Nous ne quitterons pas la place", a déclaré par haut-parleur un leader de la contestation sur la place Tahrir, épicentre de la mobilisation au Caire.
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