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Le pèlerinage, une arme politique aux mains d’Al-Saoud

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Par Claudie Ghassoun

Le Hajj l’un des cinq piliers de l'Islam, est un rituel obligatoire pour les musulmans du monde entier s’ils sont capables de l’accomplir. Le pèlerinage considéré comme l’un des plus grands rassemblements du monde avec plus de 2 millions de pèlerins, est soumis à l'autorité des princes de la famille régnante d’Arabie Saoudite qui se prennent pour « les propriétaires » des lieux saints, empêchant les uns et autorisant les autres à y accéder. Les autorités saoudiennes qui organisent chaque année le « Pèlerinage » dissimulent toutes formes de corruption et d’erreurs produites durant la saison, qui ont provoqué la mort et infligé des blessures à un grand nombre de pèlerins au cours des années. Il y a 3 ans plus de 750 pèlerins ont trouvé la mort à Mina lors du rituel de lapidation. L’Arabie, responsable de ce massacre a refusé de mener une enquête fiable pouvant identifier les vrais responsables de ce drame. L’organisation de la saison du Hajj apporte au royaume d’Al-Saoud des revenus très importants. La trésorerie saoudienne gagne environ 20 milliards de dollars par an grâce au pèlerinage obligatoire et au petit pèlerinage (Oumra).

Malgré son titre obligatoire, le Hajj est un moyen de chantage pour la famille régnante du royaume saoudien, qui utilise le pèlerinage comme carte de pression pour extorquer ses alliés et combattre ses adversaires. Les saisons de pèlerinage ont été marquées par des accusations de politisation et de détournement de la part des autorités saoudiennes qui accordent des visas selon leurs préférences ou « à la tête du client ». La Commission internationale pour la surveillance du Hajj « Al Haramain Watch » a publié une déclaration selon laquelle la saison de Hajj est en réel danger en raison de l'échec des autorités saoudiennes à gérer le pèlerinage au cours des années précédentes, et les violations du droit des musulmans à pratiquer librement leur culte et l’exploitation du Hajj et la Oumra comme moyen de pression face aux gouvernements en désaccord avec les politiques saoudiennes suite à la répartition injuste des quotas du hajj pour les pays islamiques. La Commission a révélé qu'elle avait reçu des centaines de plaintes de la part des musulmans de toutes les nationalités se plaignant d’avoir été interdits d’accomplir leur Hajj et leur Oumra pour des raisons politiques ou sectaires, ou à cause des prix élevés imposés par les autorités saoudiennes. De nombreux musulmans ayant été arrêtés, détenus puis déportés, ont signalé que les interrogatoires étaient humiliants.

Il semble que cette année tout comme les dernières années, les peuples des pays hostiles à la politique de l’Arabie souffrent le plus de la discrimination saoudienne. La Syrie, le Qatar, le Yémen, le Liban et certains pays pauvres d’Afrique ayant rejeté le principe de compromis sur le Hajj ainsi que le Canada, suite à la crise diplomatique provoquée par l’Arabie saoudite, les pèlerins canadiens sont les plus touchés cette année par la politisation du Hajj.

Dans ce contexte, le journal libanais Al-Akhbar a rapporté que le quota de visas remontant au courant du « futur », un allié de l'Arabie Saoudite, diminue de plus en plus, par rapport à une augmentation marquée pour le quota du parti des Forces libanaises, un allié chrétien de l'Arabie Saoudite. Depuis trois ans, Saad Hariri, chef du Mouvement du Futur, non apprécié par la cour royale actuelle subit une grande pression de la part des saoudiens qui ont choisi de l’isoler et de se rapprocher de certain parti sunnite et chrétien. Les visas du Hajj sont l’un des moyens de pression exercés sur ce dernier afin de l’affaiblir devant ses partisans.

De son côté le ministère syrien des Legs islamiques a accusé le gouvernement saoudien d’avoir refusé aux citoyens syriens le droit d’accomplir le Hajj pour la septième année consécutive. Le ministère a indiqué dans un communiqué que «la politisation du Hajj par les autorités saoudiennes, a empêché un grand nombre de Syriens d’accomplir le Hajj en dépit des nombreuses lettres envoyées par le Ministère à l'Organisation de la coopération islamique, et au ministère du Hadj en Arabie saoudite à travers le ministère syrien des Affaires étrangères. » Le ministère des Legs (Awqaf) a mis en garde contre « l'exploitation politique et matérielle menée par les autorités saoudiennes sur l’un pilier de l'Islam, ces derniers avaient accordé les visas du Hajj au soi-disant Comité supérieur du pèlerinage syrien, une organisation hostile au gouvernement légitime syrien qui organise des voyages à la Mecque à travers les territoires libanais ».

Pour sa part, le Qatar a condamné les mesures arbitraires imposées par l’Arabie saoudite face aux pèlerins du Qatar. Le ministère qatari des Legs et des biens islamiques avait indiqué que plusieurs citoyens ont été empêchés de faire la Oumra au cours des derniers mois, en plus de l'incapacité des citoyens de communiquer avec les organisations du Hadj dans le Royaume saoudien ce qui a empêché un grand nombre de Qataris d'accomplir le hajj cette année. Le ministère a appelé les autorités concernées du Royaume à éloigner  les rites religieux des conflits politiques. La Commission des droits de l'homme au Qatar a présenté une plainte au Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de conviction aux nations unies concernant les restrictions imposées aux citoyens qataris qui souhaitent accomplir les rituels du Hajj.

Pour sa part, le responsable du Hajj et de la Oumra yéménite Abdullah Amer, a déclaré que l'entité saoudienne empêche pour la quatrième année consécutive, les pèlerins yéménites de se diriger de manière régularisée vers les lieux saints de La Mecque et de Médine. Amer a souligné lors d'une conférence de presse tenue à Sanaa que l'Arabie Saoudite avait délibérément politisé le Hajj et avait refusé l’entrée officielle des pèlerins yéménites sur ses territoires. Il a noté qu’en plus de tous les obstacles, l'Arabie saoudite avait imposé de lourdes charges financières aux pèlerins yéménites. Amer a ajouté que le seul moyen d’accéder au territoire saoudien était le passage Al-wadiaa considéré comme inadapté pour le passage des pèlerins qui subissent des traitements humiliants de la part des mercenaires saoudiens en charge du point de passage.

Source : French.alahednews

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