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De l’obscurité de la prison de Khiam... elle a résisté et a triomphé

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Par Yasser Rahhal

Elle avait 24 ans, lorsqu’une force israélienne l’a capturée après avoir envahi sa maison, dans un village au sud Liban appelé Mhaybib. Rasmiya Jaber ne se rendait pas compte à l'époque de l'obscurité du cachot dans lequel elle serait enfermée. La date de sa détention s’est gravée dans sa mémoire, le 1/1/1990, le jour où elle a été enlevée de force de la maison de ses parents, après que son père et son frère aient été arrêtés quelques jours plus tôt. Elle a été emmenée à la prison de Khiam, là-bas l'officier israélien a ouvert le coffre de la voiture, et lui a bandé les yeux après lui avoir posé un sac sur la tête. C'était le début d'un voyage dans les vacarmes des cachots.

Ils ont fait le tour de la prison, alors qu’elle avait les yeux bandés, elle traversait des endroits mystérieux afin d’exercer une pression psychologique. Enfin ils la déposèrent dans un endroit où trois femmes et un homme l’attendaient pour la fouiller. Dans cette pièce, elle a vécu les moments les plus difficiles. L'inspecteur lui demanda d'enlever son voile, mais elle refusa, alors la policière israélienne lui arracha le hijab de force et le piétina.

De l’obscurité de la prison de Khiam... elle a résisté et a triomphé

«A ce moment-là, j'ai senti que tout ce que j'avais en ce monde, mon honneur, ma dignité, ma véritable identité, ont été piétinés», a souligné Rasmiya. Après l'inspection, elle a été transportée pour l’interrogation. L’interrogatoire dans la prison de Khiam, ainsi que dans toutes les prisons sionistes, est lié à la torture. Les détenus sont questionnés, torturés, électrocutés, frappées. On leur versait de l'eau froide, puis de l'eau chaude, en plus de la torture psychologique. Voici le résumé des méthodes d’interrogations sionistes comme les décrit Rasmiya.

«L'accusation portée contre moi était la collaboration avec la résistance, l’interrogation se penchait surtout sur les noms», a-t-elle ajouté. Durant les interrogations Rasmiya rassemblait toutes ses forces pour rester ferme et résister aux tortures cruelles et douloureuses.

Après quelque temps, elle a été déposée dans une petite cellule, avec les mains et les pieds menottés. Le geôlier lui mettait de la nourriture devant elle en lui disant: «Tu mangeras comme un chien». Dans cette cellule vide, à l'exception du froid de décembre, la jeune fille s’accroupit, affaiblie elle pleura sa douleur et sa peur, mais elle était décidée à ne pas abandonner. «En ce moment j’ai pensé à la prière, je n'avais pas de voile et pas d'eau pour les ablutions, alors que la cellule été mouillée, l’eau passé de tous les côtés, j’ai prié comme j’ai pu. La prière été mon seul remède et ma seule défense».

Elle est restée environ 33 jours dans cette situation. Un jour, elle entendit des sons proches d'elle, elle réalisa alors qu'il y avait d’autres filles détenues à Khiam. Plus tard elle a été emmenée dans une pièce où il y avait six autres détenues. Elle avait besoin de parler à quelqu'un, mais bien sûr, elle devait être prudente, les israéliens plantaient leurs espions partout même à l'intérieur des cellules. Après une longue période d’interrogation, l'enquêteur lui proposa de travailler à son compte: «Si tu travailles pour nous, tu sortiras de là et tu bénéficieras de nombreux privilèges» lui dit-il. La jeune fille du sud rejeta cette offre avec mépris, malgré les souffrances et les conditions de son arrestation.

De l’obscurité de la prison de Khiam... elle a résisté et a triomphé

Les jours en détention étaient tous similaires, «nous mangions pour vivre pour pouvoir résister encore plus». Une phrase qui résume la situation des femmes détenues. «Là-bas vous comprenez le vrai sens de la résistance et le vrai visage de notre ennemi. Bien que vous êtes dépourvus de toute vos forces, mais vous devez prouver à l'ennemi que vous êtes encore fort». ajouta Rasmiya. Ainsi, la volonté était son seul pouvoir que Dieu lui ait donné.

L’ancienne détenue des prisons israéliennes, raconta les nombreuses violations des droits de l'homme les plus élémentaires, «ils nous permettaient de sortir au soleil pendant dix minutes. Bien que nous fussions sept filles, ils ne nous donnaient que deux sceaux d’eau pour nous doucher et laver nos vêtements. Mais malgré toutes ces conditions nous nous réveillons le matin et commençons le sport le matinal, nous gardions des rituels et des habitudes quotidiennes. Nous avions même réussi à fabriquer un fil et une «aiguille» garce aux ficelles et à un morceau de peigne. Nous n’avions pas de temps libre, nous faisons des prières, et nous menions des discussions politiques et culturelles».

Ces petits détails dévoilent la situation des femmes détenues dans les prisons israéliennes qui ont résisté à l'occupant avec toute leur volonté et leur foi. «Nous avions vécu des moments difficiles, de douleur et de peines mais pas de détresses. Les officiers israéliens répétaient toujours qu’ils nous garderaient très longtemps en prison, et que nous deviendrons des surcharges pour la communauté, alors que nous répondions que seul le corps  peut être emprisonné, nos âmes et nos esprits resteront libres».

Après un an et six mois, Rasmiya Jaber a été libérée suite à un accord d’échange de prisonniers. Elle est aujourd'hui, contrairement à ce que le bourreau israélien voulait, responsable du dossier des femmes libérées des geôles israéliens. Rasmiya confirmait que la prison de Khiam lui apprit beaucoup de chose, et qu’elle en était sortie plus forte, avec des objectifs plus clairs. Elle forma le groupe des détenus de la prison de Khiam et des prisons en Palestine occupée. Rasmiya nota qu’elle frappa toutes les portes pour aider les détenus, «à l’époque nous n’étions qu’un petit groupe de détenus libérés, nous avions visité le président Elias Hraoui, et nous étions choqué quand il nous a demandé s’il y avait des femmes détenues dans les prisons israéliennes».

«Quand la victoire est mêlée à la douleur, elle a un goût et un sens beaucoup plus forts» dit-elle. Rasmiya fait partie de ceux qui connaissent le plus la valeur de la fête de la Résistance et de la Libération le 25 mai 2000. Elle décrit cette date comme «la force et la victoire et la renaissance de la nation». Cette victoire est le fruit du sang des martyrs et des sacrifices des prisonniers et des blessés. Aujourd'hui, nous élevons nos têtes parce que nous avons vaincu l'ennemi israélien, et que la résistance islamique qui a commencé de très peu, a grandement évoluée grâce à Dieu, à ses leaders sincères, et aux jeunes hommes qui ont sacrifié leur vie pour permettre au peuple de vivre avec dignité et fierté.

Source : Al-Ahed, traduit par l’équipe du site

 

 

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