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Apartheid à l’université de "Tel Aviv"

Apartheid à l’université de
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Fadwa Nassar
Au cours de ce mois d’août, les étudiants arabes (Palestiniens de 48, considérés citoyens) de l’université de Tel aviv, réputée pour être de gauche et classée parmi les cent premières universités dans le monde, ont reçu, dans leur majorité, un refus de leur demande de logement dans l’enceinte de l’université. Le prétexte trouvé ? Le fait qu’ils n’accomplissent pas le service
« militaire ou civil », soit ne pas participer à l’effort de guerre de l’entité sioniste.
Avec cette mesure discriminatoire, le registre de l’apartheid israélien envers les Palestiniens de 48 s’accroît et l’université de Tel aviv, réputée de gauche, rejoint l’université de Haïfa, qui a déjà pris la même mesure discriminatoire il y a plusieurs années, envers les étudiants arabes. Non seulement les critères pour entrer à l’université sont discriminatoires, c’est le logement des étudiants qui est aujourd’hui concerné. Selon les étudiants, l’université de Tel Aviv prévoit de s’ouvrir, par le biais des échanges, aux étudiants étrangers et elle a besoin d’un supplément de logements. C’est pourquoi elle a introduit de nouveaux critères dans les demandes de logements, celui d’avoir passé son service militaire ou civil.

L’apartheid qui ne dit pas son nom
Quiconque examine les nouvelles mesures sionistes, prises par le gouvernement, le parlement, les institutions civiles ou les médias, réalise que la société coloniale sioniste se raidit dans son ensemble, prélude à son éclatement et disparition.
Il y a quelques années, l’institution académique sioniste instaure un examen pour entrer dans les universités israéliennes qui devrait statuer sur les aptitudes de l’étudiant et l’aider à choisir sa filière. C’est dans le principe, mais en réalité, il s’est avéré que cet examen est surtout conçu pour éloigner les étudiants palestiniens qui souhaitent rester au pays et y étudier. Cet examen est surtout centré sur la connaissance de la langue, la culture et l’histoire « juives ». Une autre loi précédente prise il y a plus de dix ans, interdit aux étudiants de commencer leurs études de médecine avant d’avoir atteint l’âge de vingt ans, soi-disant pour que les étudiants aient eu le temps de mûrir leur décision. Mais il s’avère qu’il s’agit d’une loi spécifique pour éloigner les étudiants palestiniens qui n’ont pas les moyens d’étudier à l’extérieur de la Palestine occupée, dans les universités arabes ou étrangères. Avant cette loi, les étudiants palestiniens en médecine allaient directement à l’université après le bac puisqu’ils ne faisaient pas leur service militaire, alors que les étudiants juifs devaient attendre la fin de leur service pour aller à l’université ce qui, pour l’institution sioniste, représentait un comble puisqu’elle permettait ainsi aux Palestiniens de devenir médecins avant les étudiants juifs. D’où le besoind d’attendre les 20 ans pour décider. Entre-temps, que font les étudiants palestiniens voulant quand même étudier et se spécialiser? Se rendre à l’étranger (ce qui ravit les sionistes) ou bien changer de spécialisation (ce qui les ravit encore plus), puisque le but recherché est avant tout de priver le peuple palestinien à
l’intérieur de la Palestine occupée en 48 de cadres scientifiques, académiques, intellectuels et dirigeants politiques pouvant permettre à la société palestinienne de résister à l’occupation.
Par ailleurs, ce n’est pas la première fois que les institutions israéliennes utilisent la question du service militaire pour faire de la discrimination. Déjà, de nombreuses sociétés, non seulement publiques, mais privées, accordent la préférence de l’emploi à
« ceux qui ont fait leur service militaire », c’est-à-dire à tous ceux qui sont loyaux envers l’institution coloniale et ses guerres criminelles. Pour priver les familles palestiniennes des aides familiales, les sionistes ont mis ce critère en avant, comme pour obtenir un logement dans certaines villes-colonies gérées par les institutions sionistes, il faut montrer « patte blanche ».
Il faut cependant remarquer que le service militaire imposé aux Palestiniens de confession druze, dans al-Jalil, ne les a pas protégés contre l’arbitraire et la colonisation sionistes. En effet, les villages palestiniens druzes d’al-Jalil ont récemment subi une terrible vague de confiscations de leurs terres, mesures dont la nouvelle génération a bien compris la signification. C’est pourquoi elle s’organise pour refuser d’une part le service militaire humiliant que l’institution sioniste a imposée à leurs parents, et d’autre part, pour prendre part de plus en plus activement aux luttes que mènent les masses palestiniennes de l’intérieur de 48.
L’apartheid colonial sioniste est un apartheid qui ne dit pas son nom, il préfère enrober ses pratiques par un vernis soit d’égalitarisme, soit d’humanisme et de psychologie. Cependant, pour créer, sur la terre de Palestine, un Etat juif pour les Juifs sur le maximum de terres volées en y laissant le minimum possible de Palestiniens, l’Etat sioniste préfère l’épuration ethnico-religieuse à l’apartheid. C’est ce qui s’est passé en 1947-48 et qui continue à se passer dans certaines régions de la Palestine, de 48 ou du reste, comme dans la ville d’al-Qods. L’apartheid israélien n’est qu’une politique provisoire devant aboutir à l’épuration ethnico-religieuse de la Palestine, c’est-à-dire sa judaïsation. Mais le peuple palestinien est coriace. Il a décidé de rester et de lutter.

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