ONU: L’Arabie bombarde écoles, bus et mariages au Yémen
Des experts de l'ONU ont confirmé les accusations selon lesquelles la coalition arabe dirigée par l’Arabie au Yémen a massivement frappé des infrastructures civiles et violé le droit international humanitaire.
Si le rapport de 51 pages n’a pas encore été officiellement publié, une copie, qui a été envoyée au Conseil de sécurité des Nations unies la semaine passée, a été obtenue par le journal britannique The Guardian.
La coalition a ainsi «mené des raids aériens ciblant des civils et des infrastructures civiles, en violation du droit humanitaire international», souligne ce rapport. Il détaille toute une série de cibles touchées dont des écoles, des mosquées, des camps de personnes déplacées, des établissements médicaux ou des aéroports.
«De nombreuses attaques impliquaient des raids multiples contre des cibles civiles multiples», expliquent-ils, excluant ainsi des bavures isolées.
Les experts ont recensé 119 raids de la coalition «impliquant des violations des droits de l'homme» et ayant visé 146 cibles. Dans trois cas, des civils fuyant les bombardements de zones résidentielles «ont été pourchassés par des hélicoptères qui leur ont tiré dessus».
Le groupe d'experts n'a pas pu se rendre sur place et a dû s'appuyer sur des témoignages et une étude comparative d'images satellitaires avant et après les bombardements, en particulier à Sanaa et Taez.
Selon le document, le conflit a eu «un effet dévastateur sur les civils», à la fois à cause de «l'utilisation systématique et largement répandue de tirs d'artillerie et de raids aériens aveugles», mais aussi du blocus naval imposé par la coalition et du siège de Taez, qui ont limité les approvisionnements.
«Les civils ont été affectés de manière disproportionnée» par le conflit, affirment les experts.
Le rapport présente un total de quinze recommandations pour améliorer la situation humanitaire ou le respect de l'embargo sur les armes. Il note à ce propos que «des réseaux bien établis de contrebande d'armes datant d'avant le conflit actuel ont continué à opérer en 2015».
Le rapport affirme aussi que des membres des forces britanniques sont impliquées dans les centres de commande et de contrôle pour les frappes sur le Yémen.
Le Premier ministre David Cameron déclarait pourtant en mars 2014 que son gouvernement «n’accordera […] pas de licence [de vente d’armes] s'il y a un risque clair que les armes pourraient être utilisées pour commettre de sérieuses violations du droit humanitaire international».
La France, de son côté, poursuit ses ventes d’armes à la monarchie du Golfe malgré les critiques. En octobre 2015, Manuel Valls avait annoncé la signature de contrats pour un montant de 10 milliards d’euros. Cette annonce faisait suite à une autre vague de signatures pour une somme similaire, conclue en juin.
Les experts recommandent ainsi au Conseil de sécurité de mettre en place une «commission d'enquête internationale» sur les exactions commises au Yémen.
La commission devra «enquêter sur des violations présumées des droits de l'homme et du droit humanitaire commises par toutes les parties au Yémen» et en identifier les auteurs «afin qu'ils rendent des comptes».
Selon l'ONU, la guerre au Yémen a fait quelque 6.000 morts depuis mars, dont environ la moitié de civils.
Source : agences et rédaction
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