Bagdad convoque l’ambassadeur d’Arabie saoudite pour «ingérence»
Le ministère irakien des Affaires étrangères a convoqué dimanche l'ambassadeur d'Arabie saoudite à Bagdad pour protester contre l'«ingérence» de ce dernier dans les affaires intérieures du pays. Thamer Al-Sabhan avait tenu des propos critiquant les forces de la mobilisation populaire en Irak engagées contre «Daech».
Le ministère des Affaires étrangères a convoqué Thamer Al-Sabhan, premier ambassadeur saoudien en Irak depuis un quart de
siècle, «afin de lui notifier une protestation officielle pour des déclarations dans les médias qui représentent une ingérence dans les affaires intérieures de l'Irak», a-t-il annoncé dans un communiqué. Dans un entretien à la chaîne satellitaire irakienne Al-Sumaria, Thamer Al-Sabhan a déclaré que les forces des Hached al-Chaabi (Unités de mobilisation populaire), devraient se retirer des opérations militaires contre le groupe terroriste.
«Les comités Hached al-Chaabi combattent le terrorisme et défendent la souveraineté de notre pays, ils opèrent sous l'égide et sous le commandement du commandant en chef des forces armées», lui répond le ministère irakien des Affaires étrangères.
Une ingérence flagrante
Un peu plus tôt dimanche, des parlementaires irakiens ont exprimé leur colère contre l'ambassadeur saoudien, certains réclamant son expulsion. «Les propos de l'ambassadeur saoudien témoignent d'une nette hostilité et d'une ingérence flagrante dans les affaires irakiennes», a affirmé dans un communiqué le chef de la liste parlementaire du parti Dawa, au pouvoir, Khalaf Abdulsamad, considérant «ses remarques (sur) les Hached Al-Chaabi» comme «un affront de taille».
Le ministère des Affaires étrangères doit «préserver la dignité de l'Etat irakien, convoquer l'ambassadeur et l'expulser d'Irak», avait-il réclamé. De son côté, le porte-parole des Hached al-Chaabi, Ahmed al-Assadi, a décrit M. Sabhan comme l'«ambassadeur d'un Etat soutenant le terrorisme», appelant les autorités irakiennes à l'expulser et «le punir pour ses déclarations».
«Cette ingérence dans les Hached al-Chaabi (...), ça ne le regarde pas. Il doit respecter les usages diplomatiques», a réagi Khalid al Assadi, membre de la commission parlementaire des Affaires étrangères.
«Si de telles ingérences devaient se répéter, il y aurait des appels pour déclarer l'ambassadeur persona non grata et demander au roi d'Arabie saoudite de le remplacer», a-t-il poursuivi.
Source : agences et rédaction
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